‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 2 sur 114 · CHR · texte numérisé non relu

CHR

d'Israël et de Juda , et d'autres faits particuliers : n'est-ce pas assez pour nous faire présumer que l'on peut dissiper de même les autres embarras qui peuvent encore se trouver dans l'histoire sainte?

« Le plus grand de tous est de concilier le texte hébreu avec la version des Septante et avec le texte samaritain , au sujet de la date du déluge et touchant l'âge des patriarches, avant ou après cette grande révolution. Suivant le texte hébreu, il ne s'est écoulé qu'environ six mille ans depuis la création jusqu'à nous, et le déluge est arrivé l'an du monde 1656. Les Septante ajoutent 1860 ans de plus à l'antiquité du monde; le pentateuque samaritain ne s'accorde avec aucun des deux. L'hébreu place le déluge 2348 ans avant Jésus-Christ ; les Septante 5617; voilà près de 1500 ans de différence. Pour savoir d'où elle a pu venir, les savants se partagent. Les uns pensent que les Hébreux ont raccourci exprès leur chronologie ; mais on ne peut pas deviner par quel motifv en quel temps ni comment ils auroient pu altérer tous les exemplaires du texte.

D'autres jugent que ce sont les Septante qui ont allongé la durée des temps, pour se rapprocher de l'opinion des Egyptiens, qui supposoient le monde très -ancien. D'autres enfin ont donné la préférence au samaritain qui garde une espèce de milieu entre les deux autres monuments. Aucun de ces trois sentiments n'est fondé sur des preuves démonstratives.

Nos philosophes, plus habiles que tous les savants , ont fait profession de mépriser tous les travaux de ceux-ci ; ils ont entrepris de créer une nouvelle chronologie, de fixer la durée du monde et les époques de la nature par des conjectures de physique, par l'inspection du globe, par les matériaux des montagnes, par la manière dont les lits en sont disposés, par les déplacements de la mer , etc. La question est de savoii s'ils ont deviné juste , si toutes les montagnes du globe sont faites comme celles qu'ils ont examinées, s'ils n'ont pas altéré les faits pour les faire cadrer

CHK avec leurs idées , etc. Déjà plusieurs physiciens ont fait voir que la plupart de leurs observations sont fausses.

Lettres physiques et morales sur V Histoire des montagnes et de Vhommc; Etudes de la nature, etc.

Ceux qui ont voulu attaquer l'histoire sainte par des observations astronomiques , n'ont pas mieux réussi. Nous pouvons donc en toute sûreté nous en tenir à ce que l'Ecriture nous apprend. Voyez Histoire sainte, Monde, etc.

CHRYSOSTOME ( saint Jean, ) ou bouihe d'or, patriarche de Constantinople, et docteur de l'Eglise, fut ainsi nommé à cause de son éloquence : il a vécu au quatrième siècle. La meilleure édition de ses ouvrages est celle qu'a publiée le père de Montfaucon , en grec et en latin , en 15 volumes in-folio, à Paris 1718.

Les censeurs des Pères ont reproché à saint Jean Chrysostome de s'être exprimé d'une manière scandaleuse sur la conduite qu'Abraham tint en Egypte à l'égard de Sara son épouse. Quand cette accusation seroit mieux fondée , ce n'étoit pas la peine de relever celte tache dans un corps d'ouvrages de 15 volumes in-folio, et dans un Père de l'Eglise, respectable d'ailleurs par la pureté de sa morale et par la modération de ses sentiments. Ce saint docteur n'a entraîné personne dans de fausses opinions de morale , et ses censeurs sont forcés d'avouer que si le fait d'Abraham étoit rapporté par Moïse avec toutes ses circonstances , probablement il seroit aisé d'excuser ce patriarche. Voyez Barbeyrac, Traité de la Morale des Pères, c. 14, § 24. Sans recourir à cette présomption, l'on peut voir dans l'article Abraham , qu'il n'est pas fort difficile de justifier sa conduite.

D'autres ont trouvé mauvais que saint Jean Chrysostome ait condamné absolument le commerce. La vérité est qu'il Fa condamné, non absolument, mais tel qu'on le faisoit de son temps , c'està-dire , l'usure , le monopole , la mauvaise foi , les fourberies , les mensonges des marchands : s'il a cru que le comanerce ne pouvoit pas se faire autrement, il s'est trompé sur un objet de politique,

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