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et non sur les principes de la morale. D'autres enfin , plus téméraires , ont accusé le saint docteur d'avoir été d'un caractère inquiet , turbulent , austère à l'excès ; de s'être attiré par humeur la persécution de l'impératrice Eudoxie et des courtisans , à laquelle il succomba. C'est une calomnie. Ce saint évêque n'avoit pas tort de désapprouver les assemblées tumultueuses de baladins , qui se faisoient auprès de la statue de l'impératrice , et qui troubloient l'office divin, ni de censurer les vices des courtisans. S'il avoit agi autrement , on l'accuseroit d'avoir fait bassement sa cour , et dissimulé des désordres auxquels il auroit dû s'opposer.
Mosheim convient que la conduite d'Eudoxie , de Théophile , patriarche ! d'Alexandrie , et des autres évêques | qui déposèrent saint Jean Chrysostome pour plaire à cette princesse , et le firent condamner à l'exil , fut également cruelle et injuste ; mais il dit que ce saint | est blâmable d'avoir accepté le rang et l'autorité que le concile de Constantinople avoit accordés aux évêques de cette ville impériale ; de s'être porté pour juge dans le démêlé qu'eut Théophile avec les moines d'Egypte ; de s'être ainsi attiré mal à propos la haine et le ressentiment de cet évêque : le traducteur ajoute, dans une note, que ce même saint blâma d'une manière indécente Eudoxie d'avoir fait placer sa statue d'argent près de l'église.
Ici la prévention des protestants contre les Pères est palpable. A l'article Nestorianisme , nous verrons qu'ils n'ont pas blâmé Nestorius d'avoir exercé la même autorité que saint Jean Chrysostome; au contraire, ils ont pris sa défense. Il se sont emportés contre saint ! Cyrille , qui cependant ne procéda point I contre Nestorius, coupable d'hérésie, ! avec la même passion que Théophile | son oncle avoit poursuivi saint Jean ! Chrysostome , dont l'innocence est con- | nue. Il n'est pas vrai que celui-ci se soit porté pour juge entre Théophile et les moines de Nitrie, que ce prélat accusoit d'origénisme. Ils se réfugièrent à Constantinople ; saint Jean Chrysostome
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les accueillit avec bonté, leur fit rendre | toutes les austérités de la vie monascompte de leur foi, les admit ensuite à tique ; qu'il exalta le mérite de la vir-
la communion. Ce n'étoit pas la prononcer une sentence contre Théophile.
ginité et de la continence; qu'il fit envisager cet état comme plus parfait que
Une preuve que ces moines n'étoient le mariage; qu'il a parlé des secondes pas coupables , c'est qu'après la mort ; noces comme tous les autres Pères de de saint Jean Chrysostome , Théophile l'Eglise; et dans tout cela nous soute-
les remit dans ses bonnes grâces, sans aucune formalité. Lui-môme se repentit,
nons qu il a eu raison ; que c est pour lui un sujet d'éloge, et non de censure.
au lit de la mort, d'avoir persécuté un j Voyez Bigamie , Célibat , etc.
avoir l'image auprès i Saint Jean Chrysoston de son lit.
saint, et voulut en av
Il n'est pas plus vrai que ce saint se soit emporté avec indécence contre l'impératrice Eudoxie ; il ne déclama que contre le tumulte et les désordres auxquels le peuple se livroit autour de la
ysostome a mérilé à tous égards , soit la réputation dont il a joui pendant sa vie , soit le culte qui lui a été décerné après sa mort. On ne peut contester ni ses talents , ni ses vertus , ni la sagesse de sa conduite ; l'empereur Théodose II, fils d'Eudoxie, rendit pleine
statue de cette princesse. Le père de j justice à la mémoire du saint évêque ,
Monlfaucon a prouvé la fausseté d'un prétendu discours attribué à saint Jean Chrysostome sur ce sujet.
Un incrédule de notre siècle, auteur d'un prétendu Tableau des Saints, qui n'est qu'un tissu d'invectives et de calomnies, ajoute aux reproches des protestants, que ce saint patriarche fut un chef de parti ; qu'il manqua de tendresse pour sa mère en la quittant ; qu'il afibiblit sa santé par les austérités ; que l'on fut obligé de l'exiler à cause de son orgueil ?K de son opiniâtreté ; qu'il a condamné absolument les secondes noces , et a blâmé le mariage comme une imperfection ; qu'il n'a prêché contre la persécution que parce qu'il étoit le plus foible.
Il est constant néanmoins que saint Jean Chrysostome ne fut jamais à la tète d'aucun parti ; c'est une absurdité de lui faire un crime de l'attachement que son peuple témoigna pour lui , lorsqu'il le vit injustement persécuté; pour prévenir toute espèce de sédition, ce saint évêque «e déroba secrètement à son clergé et à son peuple, et exécuta sans murmurer les ordres de l'empereur. Il ne quitta sa mère que pour un temps, et il ne tarda pas de revenir auprès d'elle ; il en a toujours parlé avec le plus grand respect, et cette mère vertueuse eut tout lieu de se féliciter de la gloire dont elle le vit couvert par ses talents et par ses succès. Nous convenons qu'il pratiqua
et demanda pardon du crime de ses parents. Aucun autre Père n'a eu une plus parfaite intelligence de l'Ecriture sainte, et n'en a fait un usage plus judicieux. Il a été par excellence le prédicateur de la miséricorde de Dieu, et de la charité envers les pauvres. Peut-être seroit- il à souhaiter que l'on ne se fût jamais écarté du sens qu'il a donné aux épîtres de saint Paul. On sait avec quel respect saint Augustin a cité ce Père dans ses écrits contre les pélagiens, et la haute opinion qu'il avoit de son orthodoxie.
La liturgie de saint Jean ChrysosU.me est encore en usage dans l'Eglise grecque; nous en parlerons au mot Liturgie.
Voy. Tillemont, tome 1 1 ; Fies des Pères et des Martyrs, tom. 1; les OEuvres de saint Jean Chrysostome , tom. "13, etc. Il y a , dans le Recueil de V Académie des Inscriptions, tom. 20, ?n-12,p. 197, un mémoire dans lequel le père deMontfauteon a fait le détail des mœurs et des usages du quatrième siècle, uniquement tiré des ouvrages de saint Jean Chrysostome.
CHUTE D'ADAM. Voyez Adam.
CIBOIRE. Vase sacré , fait en forme de grand calice couvert , qui sert à conserver les hosties consacrées pour la communion des fidèles dans l'Eglise catholique.
On gardoit autrefois ce vase dans une colombe d'argent suspendue dans le baptistère, sur le tombeau des martyrs,
ou au-dessus de l'autel , comme le Père Mabillon l'a remarqué dans sa liturgie gallicane; le concile de Tours ordonna de placer le ciboire sous la croix qui est sur l'autel.
Les théologiens catholiques ont observé que l'usage de conserver l'eucharistie pour la communion des malades , est une preuve invincible de la foi de l'Eglise à la présence réelle. Les protestants ont retranché cette coutume, parce qu'ils n'admettent la présence de Jésus -Christ que dans l'usage ou dans la communion, plutôt que dans les espèces consacrées. Or , il est prouvé que l'usage de les conserver est très-ancien, qu'il est observé dans les Eglises orientales séparées de l'Eglise romaine depuis plus de douze cents ans. Voyez la Perpétuité de la Foi, tome 4 , liv. 5 , c. 1, et tome 5, liv. 8 , c. 2.
Ciboire, chez les auteurs ecclésiastiques, désigne encore un petit dais élevé sur quatre colonnes au-dessus de l'autel. On en voit dans quelques églises de Paris et de Rome; c'est la même chose que baldaquin; les Italiens appellent ciborio un tabernacle isolé. Voy. Vaurien Sacramenlaire , par Grandcolas , première partie, page 92 et 728.
CIEL; ce terme dans l'Ecriture sainte,
comme dans le langage de tous les peu- I
pics , signifie l'espace immense qui en- j
vironne la terre , et qui , selon notre J
manière de voir , est au-dessus de nous; !
tel est le sens des noms qui le désignent
dans toutes les langues. Conséquemment ciel signifie, 1° l'air ou l'atmosphère; 2° l'espace plus éloigné dans lequel roulent les astres ; 3° le lieu où Dieu fait éclater sa gloire , rend heureux les anges et les saints.
Quelques écrivains de nos jours ont prétendu que les Hébreux avoient une fausse idée du ciel, qu'ils le regardoient comme une voûte solide , à laquelle les étoiles sont attachées , au-dessus de laquelle il y a des réservoirs d'eau et des eataractes ou des portes pour en faire tomber la pluie, etc. Toutes ces rêveries n'ont aucun fondement dans l'Ecriture sainte ; il est ridicule de prendre au pied de la lettre les expressions populaires ,
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qui sont en usage parmi nous aussi bien que chez les Hébreux.
Une tour élevée jusqu'au ciel , L,7ie tour élevée jusqu'aux nues, est une tour très-haute; les cataractes du ciel sont les chutes d'eau de l'atmosphère ; le feu du ciel est un feu qui tombe d'en haut; Y armée du ciel sont les astres; les gonds du ciel , cardines cœli, sont les pôles sur lesquels le ciel paroît tourner , etc.
On a vainement insisté sur ce que le ciel est souvent appelé firmament. L'hébreu raquiah, que les Septante ont rendu par çapkapa et la vulgate par ftrmamentum , signifie espace ou étendue, et rien de plus. Un des interlocuteurs du livre de Job , qui avoit dit que les cieux sont très - solides et aussi fermes que l'airain , est appelé dans le chapitre suivant, un vain discoureur qui parle comme un ignorant. Job, c. 57, f. 18 ; c. 58, f. 2. Il est dit dans le même livre, que Dieu a suspendu la terre sur le vide ou sur le rien , chap. 26 , f. 7. Les Hébreux nommoient comme nous la terre le globe; ilsn'avoient donc pas une idée fausse de la structure du monde.
Ciel , dans le langage des théologiens, est le séjour du bonheur éternel , le lieu dans lequel Dieu se fait connoître aux justes d'une manière plus parfaite que sur la terre, et les rend heureux par la possession de lui - même. Nous concevons ce lieu comme placé au delà de l'espace immense que nous voyons au-dessus de nous, et rien ne peut prouver que cette idée soit fausse. Elle paroît fondée sur l'Ecriture sainte, qui nomme ce séjour divin les cieux des cieux , ou les cieux les plus élevés , îo troisième ciel. Il est encore appelé la Jérusalem céleste, le paradis, Yempirée, c'est-à-dire , le séjour du feu ou de la lumière , le royaume des cieux et le royaume de Dieu ; mais ces deux dernières expressions signifient souvent dans l'Evangile le royaume du Messie, ou le règne de Jésus - Christ sur son Eglise.
Le prophète Isaïe et l'apôtre saint Jean ont fait des descriptions magnifiques du ciel, des richesses qu'il renferme , du bonheur de ceux qui l'habitent ; mais
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saint Paul nous avertit que l'œil n'a point vu , que l'oreille n'a point entendu , que le cœur de l'homme n'a pas senti ce que que Dieu prépare à ceux qui l'aiment.
/. Cor., c. 2 , f. 9. Ce bonheur est audessus de toutes nos pensées et de nos expressions ; il ne peut être conçu que par ceux qui en jouissent. Voyez Bonheur ÉTERNEL.
CIERGE , chandelle de cire que l'on allume dans les cérémonies religieuses.
Comme les premiers chrétiens, dans le temps des persécutions, n'osoient s'assembler que la nuit , et souvent dans des lieux souterrains, ils furent obligés de se servir de cierges et de flambeaux pour célébrer les saints mystères. Ils en eurent encore besoin lorsqu'on leur eut permis de bâtir des églises ; celles - ci étoient construites de manière qu'elles recevoient très-peu de jour ; l'obscurité inspiroit plus de recueillement et de respect : plus les églises sont anciennes, plus elles sont obscures.
Il n'est donc pas nécessaire de recourir aux usages des païens ni à ceux des Juifs pour trouver l'origine des cierges dans les églises ; saint Jean , qui a représenté dans l'Apocalypse les assemblées chrétiennes , fait mention de cierges et de chandeliers d'or; dans les canons apostoliques , can. 5 , il est parlé des lampes qui brûloient dans l'église.
De tout temps et chez tous les peuples, les illuminations ont été un signe de joie, une manière d'honorer les grands : il est donc très-naturel que ce signe ait été employé pour honorer aussi ld Divinité. « Dans tout l'Orient , dit saint Jé- » rôme, on allume dans les églises des ■o cierges en plein jour, non pour dis- » siper les ténèbres, mais en signe de ■d joie , et alin de représenter, par cette » lumière sensible, la lumière intérieure » de laquelle a parlé le psalmiste , lors- » qu'il a dit : Votre parole , Seigneur , » est un flambeau qui m'éclaire et qui » dirige mes pas dans le chemin de la » vertu. » Tom. 4, lre part., p. 284.
Les cierges nous font souvenir que Jésus - Christ est la vraie lumière qui éclaire tous les hommes, que c'est au pied de ses autels que nous recevons la