‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 34 sur 114 · DAG · texte numérisé non relu

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sont solides , mais il y a plusieurs morceaux très-éloquents; et partout on y voit combien un auteur judicieux a d'avantage sur un bel esprit. Il n'est pas vrai qu'il se soit borné à copier Eusèbe ni les autres anciens ; et quand il l'auroit fait , il ne seroit pas blâmable ; il suit son adversaire pied à pied , ne laisse aucune objection sans réponse , et montre beaucoup d'érudition sacrée et profane. Le seul reproche qu'on pourroit peut-être lui faire est d'être un peu diffus; mais Julien lui-même l'est beaucoup, il ne suit aucun ordre , et il s'écarte conti-

nuellement de son objet : il étoit difficile de ne pas tomber dans le même défaut en le réfutant. Avant de porter un jugement sur des ouvrages consacrés par le respect de douze siècles , les critiques modernes devroient y regarder de plus près.

Les ouvrages de saint Cyrille d'Alexandrie ont été publiés en grec et en latin par Jean Auberi, chanoine de Laon, en 6 vol. in-folio, l'an 1658. Spanheim a donné séparément l'ouvrage contre Julien , à la suite de ceux de cet empereur , en 1696 , in-folio.

Jj AGON, divinité et idole des Philistins, dont il est parlé dans l'Ecriture sainte , surtout dans le premier livre des Rois , c. 5. Les interprètes sont partagés sur la figure et sur le nom de ce faux dieu. Les uns disent que c'étoit une figure d'homme avec une queue de poisson comme on représente les sirènes , parce que dag en hébreu signifie poisson :

c'est le sentiment de plusieurs rabbins. L'Ecriture parle des mains de celte idolev mais elle ne dit rien de ses pieds. /. Reg., c. 5, f. A. D'autres pensent que c'étoit le dieu du labourage et des moissons , parce que dagan signifie du blé ou du pain. Les Philistins étoient agriculteurs, et leur pays étoit fertile , nous le voyons par l'histoire de Samson, qui brûla leurs moissons ; il étoit donc naturel que ce peuple se fût forgé un dieu semblable à la Cérés des Grecs et des Latins , pour présider à ses travaux. Il n'est pas fort important de savoir laquelle de ces deux conjectures est la plus vraie. Voyez la dissertation sur ce sujet , dans la Bible d' Avignon , tom. 4, pag. 45.

Ilestdit,/. %.,c.5, f. -4, quelcs Philistins s'élant rendus maîtres de farche du Seigneur, et l'ayant placée dans leur temple d'Azot, à côté de l'idole de Dagon, l'on trouva le lendemain celte idole mutilée , et sa tête avec ses deux mains

sur le seuil de la porte. « C'est pour cela, » dit l'auteur sacré, que les sacrificateurs » de Dagon et tous ceux qui entrentdans » son temple, ne marchent point sur le » seuil delà porte jusqu'aujourd'hui.» De là quelques incrédules ont conclu 1° que le livre des Rois n'a été écrit que longtemps après cet événement ; 2° que l'auteur ignoroit les coutumes des Syriens et des Phéniciens, qui consacroient le seuil de la porte de tous les temples, de manière qu'il n'étoit pas permis d'y poser le pied, et qu'on le baisoit en entrant dans un temple; c'étoit l'usage des Grecs et des Romains.

On répond à ces critiques si instruits, que ces mots jusqii 'aujourd'hui ne désignent pas toujours un temps antérieur fort long , et on peut le prouver par un très-grand nombre de passages. Y auroit-il à présent de l'inconvénient à dire qu'en 1768 les François se sont rendus maîtres de l'île de Corse , et font conservée jusqu'aujourd'hui? Samuel , qui a écrit les livres des Rois dans un âge avancé, a pu parler de même d'un événement arrivé pendant sa jeunesse.

On ne peut pas prouver que, du temps de Samuel , la coutume étoit déjà établie chez les Syriens et les Phéniciens de ne pas marcher sur le seuil de la porte des

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