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donne le pouvoir de faire le bien , afin que les bonnes œuvres viennent de lui et de nous. 4° Que ceux qui veulent le bien , reçoivent le secours de Dieu , et que ceux qui se servent bien des forces de la nature , obtiennent par ce moyen les dons surnaturels , comme l'immor-
de sectaires rejetèrent ce concile, le»
uns par un attachement au sentiment de rsestorius, les autres par prévention pour celui d'Eu ty eh es» La plupart de ceux qui n'attachoient pas une idée nette aux mots nature, personne, substance, se persuadèrent que l'on ne pouvoit
talité et l'union avec Dieu. Voilà, dit \ condamner l'une de ces hérésies, sans Basnage, le pélagianisme pur. De là il j tomber dans l'autre; quoique cathoconclut que saint Jean Damascène est ! liques dans le fond , ils ne savoient s'ils honoré très-mal à propos comme un ! dévoient admettre ou rejeter le concile saint. Selon lui, du dogme de la prédes- ; de Chalcédoine. D'autres enfin firent semtination s'ensuit qu'il faut une grâce j blant de s'y soumettre, mais en donnant efficace qui convertisse nécessairement ' dans une autre erreur; ils ruèrent,
l'homme, et le conduise sûrement au ciel. Histoire de V Eglise, 1. 12, c. 6 , §10 et 11.
Il suffit d'avoir la moindre connoissance du pélagianisme, pour voir que
comme Sabellius , toute distinction entre les trois Personnes divines, regardèrent les noms de Père , de Fils et de Saint- Esprit, comme de simples dénominations. Comme ils n'eurent d'abord point
Hasnage en impose sur saint Jean Da- \ de chef à leur tête , ils furent appelés mascène. Ce Père suppose évidemment j acéphales. Sévère, évêque d'Antioche , que l'homme ne fait le bien que quand | se mit ensuite à la tête de ce parti , qui il suit Dieu qui rappelle ; donc il en- | se divisa de nouveau. Les uns suivirent tend que l'homme a besoin d'être pré- [ un évêque d'Alexandrie , nommé Davenu par la vocation de Dieu ou par la I mien , et furent nommés damianislcs ; grâce ; donc , lorsqu'il parle de ceux j les autres furent appelés sévériens péqui se serrent bien des forces de la na- \ trites, parce qu'ils s'étoient attachés à ture, il entend qu'ils s'en servent bien j Pierre Mongus, usurpateur du siège avec le secours de la grâce; et il n'est j d'Alexandrie. Jl est clair que ces secpas vrai que, parce secours, il entende ; taires ne s'entendoient pas les uns les seulement nos forces naturelles, comme j autres, qu'ils éloient animés parla fuie prétend Basnage. Il est singulier que j reur de disputer, plutôt que conduits ce critique regarde comme pélagien ou | par un véritable zèle pour la pureté de
semi-pélagien, quiconque n'admet pas avec lui une grâce qui convertisse nécessairement l'homme, et qui détruise le libre arbitre. Voyez Pélagianisme.
Il s'est efforcé de tourner en ridicule la manière dont saint Jean Damascène a parlé de la présence de Jésus-Christ dans l'eucharistie : il en a conclu que ce Père ne croyoit pas la transsubstantiation; mais il l'a aussi mal prouvé que le prétendu pélagianisme de ce saint docleur.
DAMIANISTES, nom de secte : c'étoit une branche des acéphales sévériens.
Voyez EuTYCiiiEixs. Comme le concile de Chalcédoine, en 451, avoit également condamné les nestoriens, qui supposoient deux personnes en Jésus-Christ, et les eutychiens, qui n'y reconnoissoient qu'une seule nature, un grand nombre
la foi. Voyez Nicéphore Calixte , 1. 18 , c. 49.
DANIEL , l'un des quatre grands prophètes, étoit sorti de la race royale de David. Il fut mené à Dabylonc , dans sa première jeunesse, avec un grand nombre d'autres Juifs, sous le règne de Joakim, roi de Juda. Il prophétisa pendant la captivité de Babylone, et parvint au plus haut degré de faveur sous les monarques assyriens et mèdes. On montre encore son tombeau dans la Susiane.
Des quatorze chapitres dont sa prophétie est composée, les douze premiers sont écrits partie en hébreu et partie en chaldéen ; les deux derniers, qui renferment l'histoire de Susanne, de Bel et du dragon , ne se trouvent plus qu'en grec. Daniel parle hébreu, lorsqu'il récite simplement; mais il rapporte en.
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chaldéen les entretiens qu'il a eus en cette langue avec les mages , avec les rois Nabuchodonosor, Balthasar, et Darius le Mède. Il cite , dans la même langue , l'édit que Nabuchodonosor fit publier, après que Daniel lui eut expliqué le songe que ce prince avoit eu , et dans lequel il avoit vu une grande statue de différents métaux. Ce qui montre l'exactitude extrême de ce prophète à rendre jusqu'aux propres paroles des personnages qu'il introduit.
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de la synagogue les en avoient ôtés, à cause de l'opprobre que jetoit sur eux l'histoire de Susanne. En effet , les deux derniers chapitres de Daniel étoient dans la version des Septante , ils sont dans l'édition que l'on a donnée à Rome, en 1772 , de la traduction de Daniel par les Septante, copiée sur les tétraples d'Origène ; et le manuscrit, qui appartenoit au cardinal Chigi, à plus de huit cents ans d'antiquité. Daniel y est en quatorze chapitres, comme dans laver-
Dans le chap. 5 , le verset 24 et les sui- [ sion de Théodotion et dans la vulgale , vants, jusqu'au 91e, qui contiennent le j sans omettre le cantique des trois en-
cantique des trois enfants dans la fournaise, ne subsistent plus qu'en grec, non plus que les chap. 15 et 14, qui renferment l'histoire de Susanne , de Bel et du dragon.
Tout ce qui est écrit en hébreu ou en chaldéen , dans ce prophète , a été généralement reconnu pour canonique , soit par les Juifs, soit par les chrétiens; mais ce qui ne subsiste plus qu'en grec a souffert de grandes contradictions , et n'a été unanimement reçu comme canonique , même par les orthodoxes , que depuis la décision du concile de Trente. Les protestants ont persisté à le rejeter. Du temps de saint Jérôme , les Juifs eux-mêmes étoient partagés à cet égard; ce Père nous l'apprend dans sa préface sur Daniel , et dans ses remarques sur le chap. 15. Les uns recevoient toute l'histoire de Susanne , d'autres la rejetoient, plusieurs n'en admettoient qu'une partie. Josèphe l'historien n'a rien dit de l'histoire de Susanne, ni de celle-de Bel ; Joseph Ben-Gorion rapporte ce qui regarde Bel et le dragon, et ne dit rien de l'histoire de Susanne.
Plus d'un siècle avant saint Jérôme, vers l'an 240, Jules Africain avoit écrit à Oiigène , et lui avoit exposé toutes les objections que l'on faisoit contre cette partie du livre de Daniel. Origène en soutint l'authenticité, et répondit à toutes les objections : ce sont encore les mêmes que les protestants renouvellent aujourd'hui. OH g. Opt., tom. 1er.
1° Origène pense que les trois fragments contestés étoient autrefois dans le texte hébreu, mais que les anciens
fants. Or, ii a été plus aisé aux anciens de la synagogue de retrancher du texte hébreu , dont ils étoient seuls dépositaires, qu'à un Grec d'interpoler tous les exemplaires de la version des Septante, pour y mettre ces trois fragments; et il faut que Théodotion les ait encore trouvés dans l'exemplaire hébreu sur lequel il a fait sa version , puisqu'en cet endroit il n'a pas copié les Septante.
2° Africain disoitque le style de l'histoire de Suzanne lui paroissoit différent de celui du reste du livre; Origène répond que pour lui il n'y voit aucune différence.
5° Dans cette histoire, continuoit Africain , Daniel parle par inspiration , au lieu que partout ailleurs il parle d'après une vision. Origène lui oppose le mot de saint Paul, Hel., c. 4, f. 4 : « Dieu » a parlé autrefois à nos Pères, par les » prophètes , en plusieurs manières. »
4° Au jugement de ce même critique, cette histoire n'est point conforme à la gravité ordinaire des écrivains sacrés.
» Je m'étonne, répond Origène, de ce » qu'un homme aussi sage et aussi reli- » gieux que vous , ose blâmer la ma- » nière de narrer de l'Ecriture ; si cela » étoit permis , l'on tourneroit en ridi- » cule , avec plus de raison , l'histoire » des deux femmes qui disputèrent de- » vant Salomon , au sujet d'un enfant. »
5° La plus forte objection étoit le jeu de mots que fait l'historien sur le nom de deux arbres, et qui ne peut avoir lieu qu'en grec. Origène avoue que comme l'hébreu n'existe plus , ii ne peut pas y montrer la même allusion j mai»
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saint Jérôme , dans son prologue sur Daniel , fait voir que Ton pourroit en faire voir une à peu près semblable en latin.
6° Les protestants nous objectent aujourd'hui qu'Eusèbe, Apollinaire et saint Jérôme ont rejeté cette histoire comme fabuleuse. Saint Jérôme atteste le contraire, contra Rufin, 1. 2, Op., tom. 4, col. 451. « Je n'ai fait, dit-il , que rap- » porter les objections des Juifs et de » Porphyre; et si je n'y ai pas répondu, y> c'est que je ne voulois pas faire un
» livre Mélhodius, Eusèbe , Apolli-
» naire, se sont contentés de répondre j> à Porphyre que ce morceau ne se » trouve point dans l'hébreu ; je ne sais » pas s'ils ont satisfait la curiosité des » lecteurs. » C'est donc avec raison que l'Eglise catholique, au concile de Trente, a jugé que les fragments de Daniel sont authentiques. Les protestants ne fondent l'opinion contraire que sur les objections des Juifs et de Porphyre , rapportées par Africain , et auxquelles on a répondu il y a plu« de seize cents ans.
Mais toutes les prophéties de Daniel sont suspectes aux incrédules. Comme ses prédictions leur paroissent trop claires , ils prétendent, comme Porphyre et Spinosa, que Daniel n'a vécu qu'après la persécution d'Antiochus , qu'il en fait l'histoire et non la prophétie.
Mais il est prouvé que Daniel a véritablement vécu à Babylone, sous les sois assyriens , mèdes et perses , et qu'il a écrit son livre près de quatre cents ans avant le règne d'Antiochus. Ezéchiel , son contemporain , parle de lui comme d'un prophète , c. 1 4 , f. 1 4 et 20, c. 28 , y. 5. L'auteur du premier livre des Machabées , c. 1 , £• 57 , et c. 2, f. 59, le nomme encore, et cite deux traits de ses prophéties. L'historien Josèphe l'ail de même , Antiq.,\. 10, c. 12, et 1. 11 , c. 8. Il est certain d'ailleurs que le canon des livres saints étoil formé plus de trois siècles avant le règne d'Antiochus , cl que depuis cette époque les Juifs n'y ont ajouté aucun livre ; Josèphe, contra jdpp., I. 1 ; cette tradition est constante chez eux. Il y a de plus une réflexion à faire h laquelle les incrédules ne répon-
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dront jamais. Selon les remarques Astronomiques de M. Cheseaux , sur le livre de Daniel, il faut ou que ce prophète ait été l'un des plus habiles astronomes qui aient jamais existé , ou qu'il ait été divinement inspiré, pour trouver les cycles parfaits qu'il a indiqués. Donc ce livre a été écrit dans le temps que l'astronomie éloit cultivée avec le plus de succès chez les Chaldéens; sous le règne d'Antiochus , aucun Juif n'étoit ni astronome ni prophète.
M. de Gébelin, dans ses Dissertât, sur VHist. orientale, page 54 et suivantes, adonné une chronologie exacte de la prophétie de Daniel; il a fait voir que le livre de ce prophète , non plus que ceux d'Ezéchiel et de Jérémie , ne peuvent pas être des livres supposés ; il a très-bien concilié la narration de ces prophètes avec celle des historiens profanes. Ces savantes observations sont d'un tout autre poids que les conjectures frivoles de quelques incrédules ignorants.
Ezéchiel , c. 50 , prédit que Nabuchodonosor subjuguera Chus,Phut, Lud, tout le Warb, le Chub , la terre d'Alliance et l'Egypte. M. de Gébelin prouve que Chus est l'Arabie, Phut l'Afrique, qui est à l'occident de l'Egypte, ou la Cyrénaïque , Lud la Nubie , Chub la Maréotide; que tout le Warb , ce sont les côtes occidentales de l'Afrique , et les côtes méridionales de l'Espagne ; qu'en effet Nabuchodonosor a parcouru toutes ces parties du monde en conquérant , après avoir ravagé la Judée et l'Egypte. C'est lui qui lit assiéger Tyr et Jérusalem , qui détruisit le temple , et transplanta les Juifs dans la Chaldée; c'est lui qui est l'objet des prophéties de Daniel. Notre savant critique observe que, dans le chapitre 1er de ce prophète, )-. 21 , le nom de Cyrus a été mis mal à propos dans le texte , par une fausse comparaison de ce verset avec le 28° du chapitre 6. Daniel a seulement voulu faire entendre qu'il étoit à Babylone la première année du règne de Nabuchodonosor.
Chap. 2 , ^, 51 , le prophète explique à ce prince un songe qu'il avoit eu et
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qu'il avoit oublié. Sous la figure d'une grande statue, composée de quatre métaux différents , Dieu avoit voulu lui annoncer le sort de sa monarchie , et de trois autres qui dévoient y succéder , savoir, celle des Mèdes,que Daniel appelle un règne d'argent; celle des Perses, qui est nommée un royaume d'airain ; celle d'Alexandre et des Grecs, semblable au fer, et qui devoit briser toutes les autres. Le prophète n'oublie pas de faire remarquer les divisions qui dévoient régner entre les successeurs d'Alexandre; enfin, il promet l'avénement du royaume des cieux ou du Messie , qui devoit commencer après la destruction des précédents , subjugués parles Romains.
Les incrédules ont confondu ce songe prophétique avec celui qui est rapporté dans le chapitre 4 , et ont prétendu qu'il y a contradiction entre l'un et l'autre ; nous verrons dans un moment que ce sont deux songes très-différents , et qui n'ont aucun rapport.
Chap. 3 , Nabuchodonosor fait jeter dans une fournaise ardente trois compagnons de Daniel, qui avoient refusé d'adorer la statue d'or de ce prince ; ils en furent sauvés par miracle , et ce prodige est raconté entièrement dans le texte hébreu ; c'est seulement le cantique d'action de grâces de ces trois jeunes hébreux qui ne s'y trouve point.
Chap. 4 , Dieu envoie à ce prince un autre songe prophétique, où il lui révèle sa propre destinée ; sous la figure d'un grand arbre que l'on coupe et que l'on dépouille , mais dont la racine est conservée. Daniel , pour le lui expliquer , lui annonce qu'il sera banni de la société des hommes , qu'il demeurera parmi les bêtes sauvages , qu'il mangera de l'herbe comme un bœuf, mais qu'après sept années de châtiment, il sera rétabli sur son trône. Cette prophétie fut accomplie. Pour la rendre ridicule, les incrédules ont supposé qu'elle annontoit que Nabuchodonosor seroit changé en bête,
Mais les expressions du prophète signifient seulement que , par un effet de la puissance de Dieu , Nabuchodonosor
tomba dans la maladie nommée lycanthropie , dans laquelle un homme s'imagine qu'il est devenu loup, bœuf, chien ou cerf, prend les manières et les goûts de ces animaux , fuit dans les forêts , hurle , frappe, dévore, etc. Cette maladie n'est ni inconnue aux médecins, ni incurable ; mais pour en prédire les accès , la durée , la guérison , comme le fait Daniel, il falloit être éclairé d'une lumière surnaturelle. Foy. le ch.5, f. 21.
Quand aucun auteur profane n'auroit parlé de cette maladie de Nabuchodonosor, cela ne seroit pas étonnant, puisque presque toutesles anciennes histoires desChaldéens sont perdues; mais parmi les fragments qu'Eusèbe en a conservés, Prép. ev., 1. 9, il rapporte, d'après Abydène et Mégasthène,que Nabuchodonosor, saisi d'une fureur divine, annonça aux Babyloniens la destruction de son empire par un mulet persan ; et qu'après celte prédiction il disparut de le société des hommes. Dissertation sur la métamorph. de Nabuchodonosor. Bible d'Avignon, tome 11 , p. 53.
Chap. 5, Daniel explique à Balthasar, fils et successeur de Nabuchodonosor , l'inscription tracée sur un mur , par une main invisible qui lui prédisoit sa chute et sa mort prochaine. Ce prince est nommé, par les auteurs grecs, Evil- Mérodach, ou Mérodac l'insensé.
Chap. 6, Darius le Mède, meurtrier de Balthasar, et qui est appelé Nériglissor par les auteurs profanes, fait jeter Daniel dans la fosse aux lions , à l'instigation des grands de son royaume, jaloux du crédit et de la faveur de ce prophète.
Chap. 7 , Daniel a un songe prophétique , dans lequel il voit de nouveau quatre monarchies qui se succèdent , sous la figure de quatre animaux qui se dévorent successivement ; ensuite il voit descendre sur les nuées le Fils de l'homme, à qui Dieu a donné la puissance , la gloire et la royauté , dont le pouvoir est éternel , dont le royaume est celui des saints , etc.
Chap. 8 , l'ange Gabriel apprend au prophète que le premier des animaux qu'il a vus est le roi des Mèdes et des
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Perses ; le second le roi des Grecs , qui aura quatre successeurs moins puissants que lui ; qu'après eux viendra un roi cruel qui persécutera le peuple saint, et ôtera la vie à plusieurs. Dans le premier de ces princes , on ne peut méconnoître Cyrus , Alexandre dans le second, Antiochus dans le troisième. Daniel les désigne de nouveau, chap. 11, et les caractérise par leurs exploits. 11 prédit que le roi de la dernière monarchie sera ■attaqué et vaincu par des peuples qu'il iiomme Kiltim ou Occidentaux; ce sont évidemment les Romains, qui se sont rendus maîtres de la Syrie , et en ont dépouillé les Antiochus. C'est la clarté de cette prophétie , et l'exactitude avec laquelle elle a été accomplie, qui ont fait dire aux incrédules que celui qui l'a faite est un imposteur, qu'il a vécu après l'événement , et qu'il l'a raconté d'une manière prophétique, pour faire illusion à ses lecteurs.
Tel est l'entêtement des incrédules ; quand on leur cite des prophéties qui ont quelque chose d'obscur , ils disent que ces prédictions ne prouvent rien, parce qu'on peut les appliquer à divers événements et à des personnages différents ; quand elles sont claires , et qu'il n'est pas possible d'en méconnoître le véritable objet, ils soutiennent qu'elles ont été faites après coup.
Chap. 9 , le prophète marque le temps auquel doit commencer le royaume des saints et du Fils de l'homme dont il a parlé, ch. 7. Il dit qu'en lisant Jérémie, il vit que la désolation de Jérusalem ne devoit durer que soixante-dix ans, par conséquent la captivité de Babylone alloit finir; Daniel demande à Dieu l'accomplissement de sa parole. L'ange Gabriel, envoyé pour l'instruire, lui apprend que ces soixante-dix ans a sont l'abrégé de s soixante-dix semaines qui regardent » son peuple et la ville sainte, pour » mettre (in aux prévarications et au t péché, effacer les iniquités, faire naître » la justice éternelle, accomplir les vi- » sions et les prophéties , et oindre le » Saint des saints , ou le Saint par exs ceiience. Sachez donc, continue l'ange, * et faites attention que du moment
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» auquel la prédiction du rétablissement » de Jérusalem sera accomplie, jusqu'au » Christ, chef du peuple, il s'écoulera » sept semaines et soixante-deux : or » les places publiques et les murs se- » ront rebâtis dans peu de temps. Et » après soixante -deux semaines , le » Christ sera mis à mort , non pas pour » lui. Alors un peuple , qui doit venir » avec un chef, ruinera la viile et le » sanctuaire, et la guerre finira par une » destruction et une désolation entière. » Pendant une semaine , l'aliiance sera » conclue avec plusieurs ; au milieu de » cette semaine , les victimes et les sa- » ci ifices cesseront , l'abomination sera » dans le temple, et celte désolation » durera jusqu'à la fin et à la consom- » mation de toutes choses. »
Le paraphraste chaïdéen et les anciens docteurs juifs , aussi bien que les chrétiens , ont entendu par le Christ, chef du peuple, le Messie ; tous sont convenus que cette prédiction marque le temps auquel il doit arriver. Lui seul est le Saint des saints , il doit faire cesser les péchés, effacer les iniquités, faire régner la justice , accomplir les prophéties. Tous conviennent encore que les semaines dont parle Daniel , sont des semaines d'années , puisque 70 ans en sont l'abrégé : or 70 semaines d'années font 190 ans , après lesquels la ville de Jérusalem et le temple doivent être détruits pour toujours.
La difficulté est de savoir à quelle époque on doit commencer, à compter ces 490 ans. On sait qu'il y a eu trois édits des rois de Perse, portant permission de rétablir Jérusalem : le premier, accordé à Esdras par Cyrus , qui permet aux Juifs de rebâtir le temple ; le second, donné par Darius Ilystaspes , la quatrième année de son règne , qui permet d'achever cet édifice , dont la construction avoit été interrompue ; le troisième accordé à Néhémie par Artaxerxès Longue-main, la vingtième année de son règne , et qui permet de rebâtir les murs de Jérusalem. Il pareil que ce troisième édit est celui que le prophète a eu en vue, puisqu'il parle de la reconstruction des murs et des places publiques ;mais il est
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encore difficile de fixer l'année à laquelle on doit compter la vingtième d'Artaxerxès.
Sans nous embarrasser d'aucun calcul, il nous suffit de remarquer 1° que l'époque précise de la reconstruction dos murs de Jérusalem par Néhémie ne pouvoir pas être ignorée au temps de Jésus-Christ; lui-même a dit que l'abomination et la désolation, prédites par Daniel, étoient prochaines. Malt., c. 24, f. 15. En effet , la ruine de Jérusalem et du temple est arrivée moins de 40 ans après sa mort , et cette désolation dure depuis plus de J700 ans. 2° Que quand Jésus-Christ a paru dans la Judée , on étoit persuadé que la prophétie de Daniel, touchant la venue du Messie, alloit s'accomplir ; Tacite , Suétone , Josèphe , font mention de cette persuasion des Juifs; plusieurs prétendus messies parurent en effet , et séduisirent les peuples. 5° De tous ceux qui se sont donnés pour tels, nous demandons quel est celui qui a rempli les fonctions que Daniel lui attribue , qui a fait cesser les péchés et fait régner la justice, qui a effacé les iniquités, accompli les prophéties, qui a été mis à mort , non pas pour lui, mais pour le peuple , selon l'expression même du pontife juif , qui a condamné Jésus -Christ à la mort. Joan., c. 11, y. 49; c. 18, f. 14. 4° Quand nous ne pourrions pas faire cadrer exactement le nombre des années avec l'événement, ni résoudre toutes les difficultés de chronologie, il ne s'ensuivroit pas moins que le Messie est arrivé depuis plus de 1700 ans ; qu'ainsi les Juifs ont tort de prétendre qu'il n'est pas encore venu. Ils ont cherché vainement dans leur histoire un personnage auquel on pût adapter les caractères tracés par Daniel; ils n'en ont point trouvé, et les incrédules n'y réussiront pas mieux. Voyez la Dissert, sur ce sujet, Bio\e (T Avignon , tome ll,pag. 110.
Dans le chap. 11 , Daniel annonce la conquête du royaume de Perse par les Grecs, sous Alexandre , les guerres qui dévoient régner entre les successeurs de ce conquérant , la destruction de leurs royaumes par les Romains. Le chap. 12,
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^.7,11 et 12 , renferme les cycles astronomiques dont nous avons parlé; le chap. 15, l'histoire de Susannc, et le 14e , celle de l'idole de Bel et du dragon.
Les Juifs mettent Daniel au rang des hagiographes , et non des prophètes; mais ils n'en ont pas moins de respect pour ses prophéties, et jamais ils n'ont douté de l'authenticité de ce livre.
DANSE. Si nous voulons en croire la plupart de nos littérateurs modernes , la danse 3 chez presque tous les peuples, a fait partie du culte divin. Les hommes, disent-ils, rassemblés au pied des autels, sous les yeux de la Divinité, pénétrés de joie , de reconnoissance , de sentiments de fraternité , ont exprimé naturellement leurs transports par les accents de leurs voix et par les mouvements du corps les plus animés. On ne peut pas douter que les païens n'aient souvent dansé autour des statues de leurs dieux. Chez les sauvages, la danse est encore un exercice important , qui fait partie de toutes les cérémonies ; ils s'y livrent pour faire honneur à un étranger , pour cimenter une alliance , pour entamer une négociation , pour faire la paix , pour se préparer à la guerre , même pour honorer les morts ; et l'on peut citer plusieurs exemples de cet exercice religieux parmi les adorateurs du vrai Dieu.
Suivant l'opinion d'un savant écrivain, les plus anciens monuments poétiques sont des chants. Chanter et parler furent, dans les premiers temps, une seule et même chose. La danse , qui exigeoit des vibrations plus fortes , appela les instruments sonores au secours de la voix : ainsi le pas , la voix , le son, allèrent toujours d'accord. Lorsque les événements astronomiques furent devenus religieux par l'influence du sabisme , on les chanta dans les grandes fêtes , dans les jeux , dans les mystères. La danse, à laquelle cette musique servoit d'accompagnement, fut par conséquent une cérémonie religieuse ; et puisque c'est ici une expression de joie aussi naturelle que le chant , il n'est pas étonnant que les anciens aient cru pouvoir honorer leurs dieux par des pas
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symétriques aussi bien que par des sons cadencés.
Si tout cela est vrai , c'est une réfutation complète du préjugé des incrédules , qui ont prétendu que la religion , dans son origine, est née des sentiments de tristesse et de la crainte des fléaux qui ont souvent affligé la terre ; que la plupart des fêtes et des cérémonies étoient destinées à rappeler le souvenir des malheurs du genre humain ; que la joie et le contentement du cœur sont incompatibles avec la piété. Certainement la danse ne fut jamais l'expression de la tristesse , de la crainte ou de la douleur.
Mais nous n'avons pas besoin de suppositions arbitraires ni de vaines conjectures pour réfuter les incrédules. Ce que pratiquent les Sauvages , ce qui s'est fait chez les païens , ne conclut rien pour ni contre les adorateurs du vrai Dieu : nous soutenons que parmi ceux - ci la danse n'a jamais fait partie du culte divin. Les religions fausses ont été l'ouvrage des passions humaines , la vraie religion a toujours eu Dieu pour auteur : or , Dieu n'a jamais commandé la danse à ses adorateurs , et il n'y a aucune preuve positive qu'il l'ait formellement approuvée dans son culte.
On ne peut en citer aucun exemple parmi les patriarches, sous la loi de nature, pendant un espace de deux mille cinq cents ans ; cela seroit étonnant , si la danse avoit été un exercice naturellement inspiré par les sentiments de religion.
Avant que Moïse eût publié ses lois , immédiatement après le passage de la mer Rouge , les Israélites , sauvés par un miracle, chantèrent un cantique d'actions de grâces. 11 est dit que Marie , sœur d'Aaron , prit un tambour, et que, suivie par toutes les femmes, elle répétait en çrand chœur le refrein du cantique , Exod., c. 15, f. 20; mais l'historien n'ajoute point qu'elles dansèrent:
du moins le mot hébreu mecholah ne signifie pas toujours la danse , quoique les Septante et Onkélos l'aient ainsi entendu. Quand les femmes auroientdansé, il ne s'ensuivroit pas que les hommes firent de même , et que la danse éloit
une pratique ordinaire de religion. A la vérité , il paroît que les Israélites dansèrent autour du veau d'or , Exod., c. 52, f. 6 et 19 ; mais ce fut une profanation , et une imitation des danses que ce peuple avoit vu pratiquer par les Egyptiens autour du bœuf Apis. Cet exemple n'est pas propre à prouver la thèse que nous attaquons , mais plutôt à la détruire.
Le seul que l'on puisse nous opposer est celui de David. Il est dit que , quand ce roi fit transporter l'arche du Seigneur, de la maison d'Obédédom dans la ville de David, il dansoit de toutes ses forces devant le Seigneur, //. Reg.,c. 6, £.14; mais on ajoute mal à propos qu'?7 se joignit aux lévites , pour donner à entendre que les lévites dansèrent avec lui ; le texte n'en dit rien, et le reproche que Michol , épouse de David , lui fit d'avoir dansé et de s'être dépouillé de ses ornements devant ses sujets, prouve que ce n'étoit ni un usage commun, ni un usage pieux.
Il est probable , dit-on , que plusieurs des psaumes de David ont été composés pour être chantés par des chœurs de musique et accompagnés de danses.
Nous répondons qu'il est beaucoup plus probable que cela n'est point. Dans tous les psaumes, il n'est question de danses que dans un seul endroit, Ps. 67, y. 26, et ce sont des danses de jeunes filles; le lexte même peut signifier simplement des chœurs de musique. Dans tous les autres endroits de l'ancien Testament, il n'est fait mention de la danse que comme un exercice apurement profane. Moïse , en parlant aux Israélites de leurs létes, leur dit : Fous vous réjouirez devant le Seigneur votre Dieu. Il n'ajoute point : Vous exprimerez votre joie par des danses. Ainsi , quoique les filles juives aient dansé les jours de fêtes , JikL, c. 21 , jr. 21 , il ne s'ensuit point que cet exercice ait été un acte de piété.
On nous allègue le témoignage de Plnlon , qui nous apprend que les thérapeutes d'Egypte, après leur repas, pratiquoient une danse sacrée, dans laquelle les deux sexes se réunissoient; mais il faudroit prouver que les théra-
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peutes avoieut pris cet usage des anciens Juifs, et non des Egyptiens, au milieu desquels ils vivoient.
Puisque Ton ne peut pas faire voir que la danse a jamais fait partie du culte religieux chez les Juifs, beaucoup moins en trouvera-t-on des vestiges dans le culte des chrétiens.
Au second siècle, un célèbre imposteur nommé Leuce Carin , qui profes-
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fête. Les Pères de l'Eglise ont montré le danger de la danse , par l'exemple delà fille d'Hérodiade , dont le funeste ta lent fut cause de la mort de saint Jean Baptiste.
Ainsi nous n'ajoutons aucune foi à ce que disent nos dissertateurs , savoir ,
marcïonites , forgea une histoire intitulée les Voyages des Jpôtres , dans laquelle il racontoit , qu'après la dernière cène du Sauveur , la veille de sa mort , les apôtres chantèrent avec lui un cantique, et dansèrent en rond autour de lui. Beausobre , qui avoue que cette Imagination paroit extravagante, prétend néanmoins que Leuce n'éloit point un insensé ; qu'ainsi il faut que son récit n'ait rien eu de contraire aux bienséances du temps et du lieu où cet auteur écrivoit , d'où il donne à conclure que la danse pouvoit être regardée pour îors comme un exercice sacré. Hist. du Manich., 1. 2, c. 4, § 6.
Si un Père de l'Eglise, ou un écrivain catholique , avoit rêvé quelque chose de semblable, Beausobre l'auroit couvert d'ignominie; mais comme il s'agissoit d'un hérétique dont les priscillianistes respectoient les écrits , ce critique a cru devoir les excuser. Mais n'est-il pas absurde d'imaginer qu'au second siècle , lorsque les chrétiens étoient obligés de se cacher pour s'assembler et pour célébrer les saints mystères, ils y mêloient des chants bruyants et des danses ; que les repas de charité , nommés agaves , finissoient ordinairement par une danse, etc. ? Tout cela est faux et avancé sans preuve.
Au contraire , dès que l'Eglise chrétienne a eu la liberté de donner de l'éclat à son culte extérieur , les conciles ont défendu aux fidèles de danser, même sous prétexte de religion. Le concile de Laodicée , l'an 567, can. 54 ; le troisième concile de Tolède, l'an 589; le concile in Trullo, l'an 692, et plusieurs autres dans la suite des siècles, ont absolument défendu la danse, surtout les jours de
îi.
que les anciens cénobites, dans leurs déserts, se livroient à l'exercice de la danse les jours de fête , par motif de re-
soit l'hérésie des docètes et celle des ligion ; que l'on voit encore à Rome et
ailleurs d'anciennes églises , dont le
chœur, plus élevé que la nef, est disposé de manière que l'on pouvoit y danser aux grandes solennités ; que , dans l'origine , le mot de chœur signifioit plutôt une assemblée de danseurs qu'une troupe de chantres et de musiciens, etc. Rien de tout cela n'est fondé sur des preuves positives , et ce sont des suppositions formellement contraires aux lois ecclésiastiques. 11 est absolument faux que la danse ait fait partie du rituel mozarabique, rétabli dans la cathédrale de Tolède par le cardinal Ximénès.
Les abus qui se sont souvent introduits au milieu de l'ignorance et de la grossièreté des mœurs qui ont régné dans les bas siècles , ne prouvent rien , puisque cela s'est fait au mépris des lois de l'Eglise. Peu nous importe de savoir s'il est vrai que, dans plusieurs villes , les fidèles passoient une partie de la nuit, la veille des fêles, à chanter des cantiques et à danser devant la porte des églises ; qu'en Portugal, en Espagne et en Roussillon , cela se fait encore par les jeunes filles , la veille des fêtes de la Vierge; que vers le milieu du dernier siècle on dansoit encore à Limoges, dans l'église de saint Martial; que le père Ménétrier a vu , dans quelques cathédrales, les chanoines danser avec les enfants de chœur , le jour de Pâques. Toutes ces indécences doivent être mises au même rang que la fête des fous, et les processions absurdes que l'on a faites, pendant si longtemps , dans les ville» de Flandre et ailleurs.
Quand il seroit vrai que les danses prétendues religieuses ont été sans inconvénient lorsque les mœurs étoient simples et pures, et lorsque les peuples
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ne pouvoient point trouver de consola- donner presque aucun signe de vie. Ils tion ailleurs que dans les pratiques de prétendoient être favorisés dp visions religion, elle ne peut entrer décemment merveilleuses pendant celte agitation dans le culte divin , dès qu'elle sert sur extraordinaire. Ils demandoient Taule théâtre à exciter les passions. Les mône de ville en ville comme les flagelpasteurs, bien convaincus des désordres | lants; ils tenoient des assemblées sequ'elle peut produire, font tous leurs crêtes, et méprisoient, comme les autres efforts pour en détourner les jeunes sectaires , le clergé et le culte reçu dans gens, et l'on ne peut trop applaudir à | VEglise. Les circonstances de cette es-
leur zèle,
On a beau dire que la danse est un des exercices qui contribuent à former le corps des jeunes gens ; on pourroit le former sans imiter les gestes efféminés et les attitudes lascives des acteurs de théâtre. Il en est de cet art comme de
pèce de frénésie parurent si extraordinaires, que les prêtres de Liège prirent ces sectaires pour des possédés , et employèrent les exorcismes pour les guérir. DAVID, fils d'isaïe ou Jessé de Bethléem , successeur de Saul dans la dignité de roi des Juifs. Il est souvent appelé le
celui de l'escrime, qui aboutit souvent i roi prophète, parce qu'il a réuni ces à produire des spadassins et des meur- ! deux qualités , et le psalmiste , à cause triers. Plusieurs laïques sensés ont pensé des psaumes qu'il a composés. Les masur ce sujet comme les Pères de l'Eglise; ! nichéens, Bayle , les incrédules de notre le comte de Bussi-Rabutin , que l'on ne siècle , ont formé contre ce roi des acpeut accuser d'une morale trop sévère, ; cusations dont l'odieux retombe sur les dans son traité de V Usage de l'adver- | historiens sacrés ; les théologiens sont site, adressé à ses enfants , leur repré- ! donc forcés d'y répondre, sente, dans les termes les plus forts, David, disent ces censeurs bilieux, les dangers de la danse, il va jusqu'à ' fut rebelle envers Saûlet usurpateur de dire qu'un bal seroit à craindre, même ; sa couronne, chef de brigands , perfide pour un anachorète; que les jeunes gens envers Achis, qui lui avoit donné recourent le plus grand risque d'y perdre traite , infidèleàson ami Jonathas, cruel leur innocence , quoi qu'en puisse dire I envers les Ammonites, après les avoir la coutume; que ce n'est point un lieu ! vaincus ; adultère et homicide; volupque doive fréquenter un chrétien. L'his- ! lueux dans sa vieillesse, vindicatif à torien Salluste, dont les mœurs étoient ! l'article de la mort. Ce malfaiteur est d'ailleurs très - corrompues , dit d'une ! cependant appelé dans l'Ecriture un dame romaine nommée Sempronia , j Jiomme selon le cœur de Dieu, proposé" qu'elle dansoit et chantoit trop bien pour i aux rois comme un modèle ; la prospéune honnête femme. Un historien an- j rite dont il a joui semble avoir justifié
glois a fait l'application de ces paroles à la reine Elisabeth. Ce qui est dit des danses religieuses dans le Dictionnaire de Jurisprudence , a besoin de correctif. DANSEUKS. Dans Y Histoire ecclésiastique de Mosheim, quatorzième siècle, deuxième partie, c. 5, § 8 , il est fait mention d'une secte de danseurs qui se forma , l'an i573 , à Aix - la - Chapelle , d'où ils se répandirent dans le pays de Liège , le Hainaut et la Flandre. Ces fanatiques, tant hommes que femmes, se metloient tout à coup à danser, se tenoient les uns les autres par la main, et s'agitoient au point qu'ils perdoient haleine , et tomboient à la renverse , sans
tous ses crimes. ,
,\Tous supprimons les termes indécents *i grossiers dans lesquels la plupart do ces reproches ont été faits : nous y réuondrons le plus brièvement qu'il nous sera possible.
4° En quoi David fut-il rebelle? Par sa victoire sur Goliath, il donna de la jaiousieà Saul; celui-ci, attaqué de mélancolie, veut tuer David, après lui a oir donné sa fille en mariage. David s'enfuit. Maître d'oter la vie à Saul , qui le poursuivoit à main armée, il l'épargne et se justifie. Saul confondu reconnoit son tort, pleure sa faute et s'écrie : David, mon (ils, vous êtes plus juste
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que moi ; vous ne m'avez fait que du bien, et je vous rends le mal. I. Reg., c. 24. Il n'y a point là de rébellion.
2° Dans sa fuite, il se met à la tête d'une troupe de brigands et fait avec eux des incursions chez les ennemis de sa nation. Mais , dans les premiers âges du monde, cette guerre privée étoit regardée comme une profession honorable , c'étoit le métier des braves ; les philosophes grecs ne Font point désapprouvé ; ils l'ont considéré comme une espèce de chasse. Une connoissance plus exacte du droit des gens nous le fait envisager bien différemment; mais il ne faut pas chercher au siècle de David des idées dont nous sommes redevables à l'Evangile, et qui ne font loi que chez les nations chrétiennes. Il n'est dit nulle part que David a exercé des violences contre les Israélites.
David, prêt à tirer vengeance de la brutalité de Nabal, remercie Dieu d'en avoir été détourné par la prudence et par les prières d'Abigaïl. Après la mort de Nabal, à laquelle il n'eut aucune part, il épouse cette femme : Saûl lui avoit enlevé celle qu'il lui avoit donnée , et l'avoit mariée à un autre. /. Reg., c. 25, f. 44. Dans tout cela nous ne voyons aucun crime.
3° Réfugié chez Achis, il fait des incursions chez les Amalécites , qui étoient autant ennemis d'Achis que des Israélites , puisqu'ils ravagèrent les terres des uns et des autres. /. Reg., c. 50 , f. 16. Il ne garde point pour lui les dépouilles qu'il enlève aux Amalécites , il les envoie aux différentes personnes chez lesquelles il avoit séjourné avec son monde , afin de les dédommager, ibid., V. 51 ; à la vérité il trompe Achis, en lui persuadant qu'il fait des expéditions contre les Israélites ; mais un simple mensonge, quoique répréhensible , ne doit pas être nommé une perfidie. Il servit utilement ce roi même en le trompant.
4° Il n'est pas vrai que David ait usurpé la couronne. Il fut sacré par Samuel, sans l'avoir prévu et sans avoir rien fait pour attirer sur lui le choix de Dieu. Pendant la vie de Saûl, il ne
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montra aucun désir de remplir sa place; on le calomnie sans preuve, quand on suppose que les larmes qu'il répandit sur la mort funeste de ce roi ne furent pas sincères. 11 fut élevé sur le trône par le choix libre de deux tribus ; il n'y avoit aucune loi qui rendît le royaume héréditaire : il laissa régner pendant sept ans Isboseth , fils de Saiil , sur dix tribus; il ne fit aucun effort pour s'emparer du royaume entier : après la mort d'Isboseth, les tribus vinrent d'ellesmêmes se ranger sous l'obéissance de David.
5° On l'accuse encore injustement d'avoir été perfide envers Saûl son' beau-père , ingrat et infidèle à son ami Jonathas : il n'a été ni l'un ni l'autre. À la conquête de la Palestine par Josué , les Gabaonites le trompèrent, ils feignirent que leur pays étoit fort éloigné , et il leur promit par serment de ne pas les détruire. Il leur tint parole ; mais pour les punir de leur imposture , il les condamna à l'esclavage, à couper du bois et à porter de l'eau pour le service du tabernacle. Il les sauva même de la fureur des autres Chananéens qui vouloient les détruire. Jos., c. 9 et 10. Ainsi les Gabaonites furent conservés parmi les Israélites pendant quatre cents ans et jusque sous les rois.
Saûl, par un trait de cruauté, en extermina une partie contre la foi de l'ancien traité ; après sa mort, Dieu envoya la famine dans Israël, et déclara que c'étoit en punition de ce crime. Les Gabaonites exigèrent qu'on leur livrât ce qui restoit des descendants de Saûl, pour usersur eux de représailles ; David fut forcé d'y consentir. H. -Reg., c. 2.
Il n'est pas vrai qu'il eût juré à Saûl de n'ôter la vie à aucun de ses enfants; il lui avoit seulement promis de ne poinl détruire sa race , de ne point effacer sou nom. /. Reg., c. 24, f. 11. Il fut fidèle à sa parole, il ne voulut point livrer aux Gabaonites Miphiboseth , fils de Jonathas et petit-fils de Saûl : il garda donc exactement ce qu'il avoit juré à l'un et à l'autre. Sans l'ordre exprès de Dieu, David ne pouvoit avoir aucun intérêt à détruire les autres descendants
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de Saiil , puisqu'aucun d'eux n'avoit ni droit ni prétention à la royauté.
6° Il condamne les Ammonites vaincus aux travaux des esclaves, à couper et à scier du bois , à traîner les chariots et les herses de fer , à façonner et à cuire les briques. //. Reg., c. 12, f. 51 ; /. Paralip., c. 20, f. 5. C'est ainsi que Ton traitoit les prisonniers de guerre. Ici nos 7ersions ne rendent pas exactement le sens du texte ; mais il ne s'ensuit rien : le texte de l'histoire est très-susceptible du sens que nous lui donnons , et l'on ne peut y opposer aucune raison solide. «a 7° David fut adultère et homicide, l'Ecriture ne le dissimule point; un prophète lui reprocha ces deux crimes de la part de Dieu ; David les confessa et en lit pénitence toute sa vie ; il les expia par une suite de malheurs que Dieu fit tomber sur lui et sur sa famille. Ferons-nous à Dieu un reproche d'avoir pardonné au repentir ?
8° Ce ne fut point par volupté que dans sa vieillesse David mit une jeune personne au nombre de ses femmes :
l'Ecriture sainte nous fait remarquer qu'il ne la toucha pas. ///. lieg., c. I, f. 4. Dans ce temps la polygamie n'étoil pas défendue. Voxjez Polygamie.
9° David, à l'heure de sa mort, n'ordonna ni vengeance ni supplice; il avertit seulement Salomon son fils des dangers qu'il pouvoit courir de la part de Joab et de Séméi , deux hommes d'une fidélité très-suspecte. Salomon ne s'en délit dans la suite que parce que l'un et l'autre se rendirent coupables.
David a commis deux grands crimes; l'Ecriture les lui reproche avec toute la sévérité qu'ils méritoient ; elle nous montre la vengeance éclatante que Dieu eu a tirée; mais ce roi ne les avoit pas encore commis lorsqu'il est appelé komme selon le cœur de Dieu; cela lignifie que pour lors il éloit irrépréhensible, et non qu'il l'a toujours été.
En parlant des personnages de l'ancien Testament, l'Ecriture en dit le bien et le mal, sans exagérer l'un et sans exténuer l'autre. La manière dont elle parle nous montre deux grandes vérités, la perversité de l'homme et la miséri-
corde infinie de Dieu. De tous les exemples qu'elle nous propose, il n'en est aucun de parfait , et nous sommes obligés de conclure avec David : Seigneur, si vous examinez à la rigueur nos iniquités , qui pourra tenir devant vous? Ps. 129, f. 3.
DAVIDIQUES, DAVIDISTES, ou DA- VID GÉORGIENS , sorte d'hérétiques , sectateurs de David George, vitrier, ou, selon d'autres, peintre de Gand, qui, en 1525, commença de prêcher une nouvelle doctrine. Après avoir été d'abord anabaptiste , il publia qu'il étoit le Messie, envoyé pour remplir le ciel, qui demeuroil vide faute de gens qui méritassent d'y entrer.
Il rejetoit le mariage comme les adamites ; il nioit la résurrection comme les sadducéens ; il soulenoit, avec Manès, que l'âme n'est point souillée par le péché; il se moquoit de l'abnégation de soi-même que Jésus-Christ nous recommande dans l'Evangile ; il regardoit comme inutiles tous les exercices de piété , et réduisoit la religion à une pure contemplation : telles sont les principales erreurs qu'on lui attribue.
Il se sauva de Gand , se retira d'abord en Frise, ensuite à Baie, où il changea de nom , et se fit appeler Jean Bruch ; il mourut en 1556. Il laissa quelques disciples, auxquels il avoit promis de ressusciter trois ans après sa mort ; mais au bout de trois ans les magistrats de Bâ!e, informés de ce qu'il avoit enseigné, le firent déterrer et brûler avec ses écrits par la main du bourreau. On prétend qu'il y a encore des restes de cette secte ridicule dans le Holslein, surtout à Fridérichstadt, et qu'ils y sont mêlés avec les arminiens.
Il ne faut pas confondre ce David George avec David de Dinant , sectateur d'Amauri , et qui a vécu au commencement du treizième siècle , ni avec François Davidi , socinien célèbre , mort en 1579.
Mosheim nous apprend que le fanatique dont nous parlons a laissé un assez grand nombre d'écrits , dont le style est grossier, mais où il y a du bon sens; il a de la peine à se persuader que cet
ignorant ait enseigné toutes les erreurs qu'on lui attribue. Ce doute ne nous paroit pas trop bien fondé. On voit, par l'exemple de plusieurs autres sectes de ces temps -là , de quoi l'ignorance , jointe au fanatisme, est capable.
DÉCALOGUE , dix commandements que Dieu donna udx Hébreux par le ministère de Moïse, et qui sont l'abrégé des devoirs de l'homme. Ils étoient gravés sur deux tables de pierre, dont la première contenoit les commandements qui ont Dieu pour objet, la seconde ceux qui regardent le prochain ; ils sont rapportés dans le vingtième chapitre de l'Exode , et sont répétés dans le cinquième du Deutéronome.
Comme ils subsistent encore dans le christianisme, et qu'ils sont la base de la morale évangélique , il n'est aucun chrétien qui ne les connoisse.
Plusieurs moralistes ont démontré que ces commandements ne nous imposent aucune obligation dont la droite raison ne sente la justice et la nécessité, que ce n'est rien autre chose que la loi naturelle mise par écrit; Jésus-Christ en a fait l'abrégé le plus simple en les réduisant à deux, savoir, d'aimer Dieu sur toutes choses et le prochain comme nous-mêmes.
Dieu s'étoit fait connoître aux Hébreux comme créateur et souverain Seigneur de l'univers, et comme leur bienfaiteur particulier ; c'est à ce double titre qu'il exige leurs hommages, non qu'il en ait besoin , mais parce qu'il est utile à l'homme d'être reconnoissant et soumis à Dieu. Conséquemment il leur défend de rendre un culte à d'autres dieux qu'à lui , de se faire des idoles pour les adorer , comme faisoient alors les peuples dont les Hébreux étoient environnés.
Il leur défend de prendre en vain son saint nom , c'est-à-dire , de jurer en son nom contre la vérité , contre la justice et sans nécessité. Le serment fait au nom de Dieu est un acte de religion , un témoignage de respect envers sa majesté suprême ; mais s'en servir pour attester le mensonge , pour s'obliger à commettre un crime, pour confirmer de
vains discours qui ne servent à rien, c'est profaner ce nom vénérable.
Dieu leur ordonne de consacrer un jour de la semaine à lui rendre le culte qui lui est dû, et il désigne le septième qu'il nomme sabbat ou repos, parce que c'est le jour auquel il avoit terminé l'ouvrage de la création. Il étoit important de conserver la mémoire de ce fait essentiel, de graver profondément dans l'esprit des hommes l'idée d'un Dieu créateur; l'oubli de cette idée a été la source de la plupart des erreurs en fait de religion. Ôïeu fait remarquer que le sabbat, commandé dès le commencement du monde, Gen., c. 2, f. 3, est non-seulement un acte de religion , mais un devoir d'humanité ; qu'il a pour objet de procurer du repos aux esclaves, aux mercenaires, et même aux animaux, atin que l'homme n'abuse point de leurs forces et de leur travail.
Pour imprimer aux Hébreux le respect pour ses lois , Dieu déclare qu'il est le Dieu puissant et jaloux , qu'il punit jusqu'à la quatrième génération ceux qui l'offensent, mais qu'il fait miséricorde jusqu'à la millième à ceux qui l'aiment et lui obéissent. Les incrédules, qui ont objecté que Moïse n'a pas commandé aux Hébreux l'amour de Dieu dans le Décalogue , n'ont pas vu qu'il suppose l'amour et la reconnoissance comme la base de l'obéissance à la loi. Ceux qui ont été scandalisés du terme de Dieu jaloux, n'ont pas montré beaucoup de sagacité. Voyez Jalousie.
Tels sont les commandements de la première table.
Dans la seconde , Dieu ordonne d'honorer les pères et mères. On conçoit que, sous le terme (T honorer , sont compris tous les devoirs de respect, d'amour, d'obéissance , d'assistance , que la reconnoissance peut nous inspirer pour les auteurs de nos jours ; et que la reconnoissance doit s'étendre à tous ceux dont l'autorité est établie jpour notre avantage : sans cette subordination , la société ne pourroit pas subsister.
Dieu défend le meurtre, par conséquent tout ce qui peut nuire au prochain
dans sa personne; l'adultère, et l'on doit sous-entendre toute impudicité qui de près ou de loin peut porter à ce crime; le vol, conséquemment toute injustice , qui dans le fond se réduit toujours à un vol; le faux témoignage , et celui-ci comprend la calomnie et même la médisance qui produisent à peu près le même effet sur la réputation du prochain ; enfin les désirs injustes de ce qui appartient à autrui, parce que ces désirs mal réprimés portent infailliblement à violer le droit du prochain.
Dans la suite de ses lois , Moïse détaille plus au long les différentes actions qui peuvent blesser la justice, nuire ai prochain, troubler l'ordre et la paix de la société ; il les défend , établit des peines pour les punir, et des précautions pour les prévenir ; mais toutes ces lois , soit celles qui commandent des vertus, soit celles qui proscrivent des crimes, peuvent se rapporter à quelqu'un des préceptes du Décalogue. Là se trouve concentrée, pour ainsi dire, toute la législation; dès qu'il réprime la cupidité, la jalousie ,ia volupté, la vengeance , passions terribles, il suffit pour arrêter tous les crimes.
Ce code de morale si court, si simple, si sage , si fécond dans ses conséquences, a été formé environ l'an 2500 du monde, près de mille ans avant la naissance de la philosophie chez les Grecs. Quiconque voudra le comparer avec tout ce qu'ont produit dans ce genre les législateurs philosophes , appelés les sages par excellence, verra aisément si ce Décalogue est parti de la main de Dieu ou de celle des hommes. Moïse ne le donne point comme son ouvrage , il le montre pratiqué déjà par les patriarches longtemps avant lui. Dans le livre de Job, que plusieurs savants croient plus ancien que Moïse, nous voyons ce saint homme suivre exactement cette morale dans sa conduite. A proprement parler, le Décalogue est aussi ancien que le monde, c'est la première leçon que Dieu a donnée au genre humain.
Pour le faire observer par les Hébreux , Dieu y ajoute la sanction des récompenses et des peines temporelles ;
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mais cette sanction particulière pour la nation juive nedérogeoit pointàîasanc tion primitive des peines et des récompenses éternelles que Dieu y avoit attachées pour tous les hommes. Parla destinée d'Abel , Dieu avoit assez fait voir que les récompenses de la vertu ne sont point de ce monde, et la prospérité des méchants avertissoit assez qu'il y a pour le crime des peines dans une autre vie. j Les incrédules qui ont accusé Moïse de les avoir laissé ignorer aux Hébreux, se sont trompés lourdement; nous le prouverons ailleurs.
Mais il y a ici d'autres remarques à faire. 1° Malgré l'évidence de cette loi divine , elle n'a jamais été bien connue que parla révélation. Aucun philosophe ne l'a exactement suivie dans ses leçons de morale , tous l'ont attaquée et contredite dans quelque article. Fait essentiel , qui prouve combien les déistes se trompent, lorsqu'ils supposent qu'il ne faut point de révélation pour apprendre à l'homme des vérités spéculatives ou pratiques conformes à la lumière naturelle ou à la droiîe raison. Autre chose est de les découvrir sans autre secours que la lumière naturelle , et autre chose d'en voir l'évidence lorsque la révélation nous les a découvertes; c'est sur cette équivoque sensible que sont fondées la plupart des objections que font les déistes contre la révélation.
Les anciens philosophes avoient-ils une faculté de raisonner moins parfaite que la nôtre? Non, sans doute ; cependant quelques-uns ont jugé que la communauté des femmes , la prostitution publique , les impudicilés contre nature, le meurtre des enfants mal conformés , la vengeance , le droit de vie et de mort sur les esclaves , les guerres cruelles faites aux peuples qu'ils nommoient barbares , le brigandage exercé chez les ('(rangers, ne sont pas contraires au droit naturel. Où avons-nous puisé les lumières qui nous en font juger autrement, sinon dans la révélation , dans la morale de l'ancien et du nouveau Testament ?
2° Moïse a mis une très-grande différence entre les lois morales naturelles renfermées dans le Décalogue, et .'es
lois cérémonielles , civiles, politiques, qu'il a aussi données aux Juifs de la part de Dieu. Le Décalogue fut dicté par la bouche de Dieu même au milieu des feux de Sinaï , avec un appareil redoutable ; les lois cérémonielles furent données à Moïse successivement et à mesure que l'occasion se présenta. La loi morale tut imposée d'abord après la sortie d'Egypte; c'est par là que Dieu commence ; la plupart des cérémonies lie furent prescrites qu'après l'adoration du veau d'or , et comme un préservatif contre l'idolâtrie. Moïse renferma dans l'arche d'alliance les préceptes moraux gravés sur deux tables ; il n'y plaça point les ordonnances du cérémonial.
A l'entrée de la Terre promise , le Décalogue fut gravé sur un au tel de pierres, il n'en fut pas de même des autres lois. Les prophètes ont souvent répété aux Juifs que Dieu faisoit fort peu de cas de leurs cérémonies , mais qu'il exigeoit d'eux l'obéissance à sa loi , la justice , la charité , la pureté des mœurs. Par là est réfuté l'entêtement des Juifs pour leur loi cérémonielle , à laquelle ils donnent la préférence sur la loi morale.
5° Lorsque Jésus-Christ donne des lois morales dans l'Evangile , il ne les oppose point aux lois du Décalogue, telles que Dieu les a données, mais aux fausses interprétations des docteurs juifs. « Vous » avez ouï dire qu'il a été dit aux an- * ciens : Tu aimeras ton prochain , et tu » haïras ton ennemi, d Matt., c. 5, f. 20 et Aô. Ces dernières paroles ne se trouvent point dans la loi , c'étoit une glose fausse des scribes et des pharisiens. Le dessein de Jésus-Christ n'est donc point de montrer des erreurs de morale dans la loi , mais de réfuter les commentaires erronés des Juifs.
4° Les conseils de perfection qu'il y ajoute , loin du nuire à l'observation de la loi , tendent au contraire à en rendre la pratique plus sûre et plus facile , à déraciner les passions qui nous portent à l'enfreindre. Voyez Conseils. Si les docteurs juifs et les incrédules avoient daigné faire toutes ces observations, ils se seroient épargné la peine de faire plusieurs objections très-déplacées.
DÉCOLLATION ; ce mot n'est d'usage en françois que pour exprimer le martyre de saint Jean-Baptiste , à qui liérode fit couper la tête. Il se dit même moins fréquemment du martyre de ce saint, que de la fête qu'on célèbre en mémoire de ce martyr, ou des tableaux de saint Jean dans lesquels la tête est représentée séparée du tronc.
L'historien Josèphe , parlant du saint précurseur, dit : o C'étoit un homme p d'une grande vertu, qui exhortoit les » Juifs à la justice et à la piété , à rece- » voir le baptême et joindre la pureté » de l'âme à celle du corps. Hérode , qui » redoutoit son pouvoir , l'envoya pri- » sonnicr dans la forteresse de Maché- » rus, où il le fit mourir. » Josèphe ajoute que les Juifs attribuèrent à cette injustice les malheurs qu'Hérode éprouva.
Peu de temps après , son armée fut taillée en pièces par Arétas , roi de l'Arabie Pétrée , qui se rendit maître du château de Machérus et d'une partie des états d'Hérode. Anliq. Jud., 1. 18 , c. 7.
DÉCRET DE DIEU. Vouez Volonté de Dieu , Prédestination.
Décrets des Conciles. Vouez Conciles.
Décrets , Décrétales. On peut voir, dans l'article Concile , la différence qu'il y a entre les décrets qui regardent le dogme et ceux qui concernent la discipline. Quant aux décrétales des papes , le soin de distinguer celles qui sont vraies ou fausses appartient aux canonistes plutôt qu'aux théologiens. Il suffit de remarquer que personne n'est plus assez ignorant, pour vouloir fonder un point de croyance ou de discipline sur les fausses décrétales , forgées sur la fin du huitième siècle.
Quelques censeurs fort mal instruits ont attribué ces fausses décrétales à l'ambition des papes. Mais celui qui les a fabriquées n'a été suscité ni payé par les pa pes ; il les a faites en Espagne et non en Italie ; il a voulu étayer, par de faux titres , une jurisprudence établie avant lui. Comme tous les romanciers, il a prêté aux personnages des quatre premiers siècles de l'Eglise les idées et le langage du huitième siècle. Le pouvoir
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temporel des papes sur tout l'Occident avoit commencé longtemps avant cette époque, et c'a été l'ouvrage de la nécessité plutôt que de l'ambition. Quand on examine de sang -froid l'histoire de ces temps-là , on voit que ce pouvoir , quoique porté à l'excès et devenu abusif, a fait beaucoup plus de bien que de mal.
DÉDICACE, cérémonie par laquelle on voue ou l'on consacre un temple , un autel à l'honneur de la Divinité.
* L'usage des dédicaces est très-ancien. Les Hébreux appelèrent cette cérémonie Ilannchah; ce que les Septante ont rendu par lyxAt-jia, renouvellement. 11 est pourtant bon d'observer que les Juifs ni les Septante ne donnent ce nom qu'à la dédicace du temple faite par les ÂJachabées, qui y renouvelèrent l'exercice de la religion interdit par Antiochus , qui avoit profané le temple.
Les Juifs célébrèrent cette fête pendant huit jours avec la plus grande solennité. /. RJachab., c. 4 , jr. 56 et seq. Ils la célèbrent encore aujourd'hui.
Jésus-Christ honora cette fcte de sa présence, Joan., c. 10, y. 22; mais il ne paroît pas qu'ils aient jamais fait l'anniversaire de la première dédicace du temple qui se fit sous Salomon , ni de la seconde , qui fut célébrée après sa reconstruction sous Zorobabel. Jieland, antiq. vet. Hebrœor., A part. c. 10 , g 6 ; Pr idéaux , hist. des Juifs, liv. 1 j , tom. 2, pag. 79.
On trouve dans l'Ecriture des dédicaces du tabernacle, des autels du premier et du second temple , et même des maisons de particuliers , de prêtres, de lévites. Chez les chrétiens, on nomme ces sortes de cérémonies consécrations, bénédictions , ordinations, et non dédicace, ce terme n'étant usité que lorsqu'il s'agit d'un lieu spécialement destiné au culte divin.
La fêle de la dédicace dans l'Eglise romaine est l'anniversaire du jour auquel une église a été consacrée. Cette cérémonie a commencé à se faire avec solennité sous Constantin, lorsque la paix fut rendue à l'Eglise. On assembloit plusieurs évoques pour la faire , et ils solcnnisoient cette fête, qui duroit plu-
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sieurs jours, par la célébration des saints mystères , et par des discours sur le but et la fin de cette cérémonie. Eusèbe nous a conservé la description des dédicaces des églises de Tyr et de Jérusalem. Sozomène, Hist. ecclés., liv. 2 , c. 26, nous apprend que tous les ans l'on en célébroit l'anniversaire à Jérusalem pendant huit jours.
On jugea depuis cette consécration si nécessaire, qu'il n'étoit pas permis de célébrer dans une église qui n'avoit pas été dédiée , et que les ennemis de saint Alhanaselui tirent un crime d'avoir tenu les assemblées du peuple dans une pareille église. Depuis le quatrième siècle, on a observé diverses cérémonies pour la dédicace, qui ne peut se faire que par un évêque;elle est accompagnée d'une octave solennelle. Il y a cependant beaucoup d'églises , surtout à la campagne y qui ne sont pas dédiées, mais seulement bénites : comme elles n'ont point de dédicaces propres, elles prennent celles de la cathédrale ou de la métropole du diocèse dont elles sont. On faisoit même autrefois la dédicace particulière des fonts baplismaux, comme nous l'apprenons du pape Gélase dans son sacramentaire ; Ménard, Notes sur le sacramenfvp.20o.
Les protestants ont affecté de remarquer que Ton ne trouve aucun vestige de la dédicace des églises avant le quatrième siècle. N'est-ce donc pas là une assez haute antiquité, pour qu'elle ait dû leur paroilre respectable? Dans ce siècle, qui a été incontestablement l'un des plus éclairés et des plus fertiles en grands évèques , on faisoit profession comme aujourd'hui de suivre la doctrine et les usages des trois siècles précédents; c'en est assez pour nous faire présumer que la consécration ou la dédicace des églises n'étoit pas alors une nouveauté. Dans un moment nous verrons les conséquences qui s'ensuivent.
Ils ont encore observé que l'on ne dédioit pas pour lors les églises aux saints, mais à Dieu seul. Nous le savons, et quoi qu'ils en pensent, cet usage dure encore. Parce que l'on dédie une église à Dieu sous l'invocation dun
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tel saint , il ne s'ensuit pas qu'elle est dédiée ou consacrée au saint; et lorsque l'on dit : V église de Notre-Dame ou de saint Pierre, on n'entend pas qu'elle est destinée au culte de ces patrons plutôt qu'au culte de Dieu. Les anglicans même ont conservé ces dénominations vulgaires ; les luthériens et les calvinistes donnent encore à leurs temples les mêmes noms qu'ils portoient lorsque c'étoient des églises à l'usage des catholiques. S'ils doutent de l'intention de l'Eglise romaine , ils n'ont qu'à ouvrir le pontifical ; ils verront que les prières que l'on fait pour la dédicace d'une église sont adressées à Dieu et non aux saints. Bingham , qui a tant étudié l'antiquité , et qui a fait la remarque dont nous parlons , nous apprend aussi que, dès les premiers siècles , les églises furent non-seulement appelées Dominieum, la maison du Seigneur , mais encore Martyria , Apostolœa et Prophetœa, parce que la plupart étoient bâties sur le tombeau des martyrs , et parce que c'étoient autant de monuments qui conservoient la mémoire des apôtres et des prophètes. Orig. ecclés., liv. 8, c. 1, §8;c.9,§8.
De tout cela , il s'ensuit que les enrétiens des premiers siècles n'avoient pas de leurs églises la même idée que les protestants ont de leurs temples. Ceuxci sont simplement des lieux d'assemblée , où il ne se passe rien que l'on ne puisse faire partout ailleurs ; conséquemmentles protestants ont supprimé les bénédictions, les consécrations , les dédicaces, comme autant de superstitions du papisme ; qu'en est-il besoin , en effet, pour un lieu profane? C'est autre chose , quand on croit , comme les premiers chrétiens , que les églises sont consacrées par la présence réelle et corporelle de Jésus-Christ, qu'il daigne y habiter aussi véritablement qu'il est dans le ciel ; alors on est en droit de dire comme Jacob : Cest ici la maison de Dieu et la porte du Ciel ; d'en faire une consécration , comme il consacra , par une effusion d'huile, la pierre sur laquelle il avoiteu une vision mystérieuse. 11 est à propos d'en renouveler chaque