‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 87 sur 114 · ENN 440 ENN · texte numérisé non relu

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lîcécs ; la différence de figure, d'habillé- ; répétés. Tel est aussi l'effet que le chrisment, de langage, de mœurs, inspire J tianisme a produit partout où il s'est naturellement un commencement d'à- ■ établi. « Après le baptême , dit saint version. L'on connoît l'éloigncment que ! » Paul, il n'y a plus ni Juifs , ni gentils, les Egyptiens avoient pour les étrangers; ! » ni circoncis, ni païens, ni Scythe, ni ils ne les admettoient point à leur table, | » barbare; vous clés tous un seul peuple Gcn.} cap., 45, f. 52 ; quelques au- ! » en Jésus-Christ. » Gaîat., c. 3,jK 28 ; teurs ont écrit qu'ils craignoient même i Coloss., c. 5, f. 14. Quoi qu'en disent d'en respirer l'haleine. Les Grecs ni les ; les incrédules, c'est à la religion que les Romains n'ont pas été exempts de ce tra- ; peuples de l'Europe sont redevables de vers ; ils ne l'ont que trop témoigné par j la douceur de leurs mœurs , de la facile mépris qu'ils avoient pour les autres lité qu'ils ont de commercer ensemble , peuples , et il n'y a pas loin du mépris à ; de s'instruire mutuellement; si le chrisla haine. Les païens, dans les Indes, ne ; tianisme n'avoit pas apprivoisé les conmangent point avec ceux d'une autre I quérants farouches qui subjuguèrent secte, comme nous avec ceux d'une j cette belle partie du monde au cinquième autre religion; il en est de même des i siècle, elle seroit encore aujourd'hui Persans mahométans ; ils n'admettent à : plongée dans la barbarie, leur table ni sunnites, ni païens, ni! Mais Jésus-Christ ne s'est pas borné à Parsis, ni juifs, ni chrétiens. Niébuhr, \ combattre les haines, les préventions , Descript. de l } Arabie - pag. 40. les jalousies nationales; il a voulu en-

Moïse, par ses lois, s'étoit appliqué à ? core détruire les inimitiés personnelles, détruire ce funeste préjugé parmi les ' en nous ordonnant d'aimer nos enne- Juifs. Exoà.y c. 22, j. 21 : « Vous ne mis. Cela est-il impossible, comme le » contristerez point et vous ne vexerez soutiennent les censeurs de l'Evangile? » point un étranger , parce que vous Si l'on entend qu'il n'est pas possible » avez été vous-mêmes étrangers en d'avoir, pour un homme qui nous a fait » Egypte. » Levit., c. 49, f. 55 : « Si un ! du mal , les mêmes sentiments d'aflec- » étranger demeure avec vous , ne lui lion et de bienveillance que nous avons » faites point de reproches ; qu'il soit j pour un bienfaiteur ou pour un ami , » parmi vous comme s'il étoit de votre ] cela est certain; mais ce n'est pas là ce » nation ; vous l'aimerez comme vous- que Jésus-Christ nous commande. Lors- » même; c'est moi, votre Dieu et votre ] qu'il nous dit, aimez vos ennemis , il » souverain maître, qui vous l'ordonne. » i ajoute : « Faites du bien à ceux qui vous Deut., c. 2i , f. 19 : « Lorsque vous re- I » persécutent et vous calomnient. » » cueillerez les fruits de la terre, vous j Malth., c. 5 , Jr. 44. Soutiendra- 1 -on •o ne retournerez point chercher ce qui qu'il nous est impossible de faire du bien » restera, mais vous le laisserez aux j à ceux qui nous veulent ou nous ont fait » étrangers et aux pauvres , etc. » Les du mal, de prier pour eux, de nous absétrangers dévoient aussi avoir part à tenir de toute vengeance et de tout toutes les fêtes juives. Si cette humanité j mauvais procédé à leur égard ?Pïus nous

diminua dans la suite chez les Juifs , on doit s'en prendre aux vexations et aux marques de mépris qu'ils essuyèrent continuellement de la part des nations dont ils étoient environnés.

Le dessein de Jésus - Christ a été de détruire , par son Evangile, le caractère invincible des peuples , de les accoutumer à vivre paisiblement ensemble , et à se regarder mutuellement comme frères; c'est à quoi tendent les préceptes de charité universelle qu'il a si souvent

sentons de répugnance à remplir ce devoir , plus il y a de mérite à nous vaincre et à réprimer le ressentiment.

La plupart des anciens philosophes ont jugé la vengeance légitime; les Juifs étoient dans la même erreur, et Jésus- Christ vouloit les détromper. 11 leur dit: o Vous avez ouï dire qu'il est écrit : Vous » aimerez votre pro'iain, et vous ha'i- » rez votre ennemi. » Ces dernières paroles ne sont point dans la loi : c'étoit une fausse addition des docteurs de la

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