‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 86 sur 114 · ENN · texte numérisé non relu

ENN

Le sentiment commun des théologiens orthodoxes et des Pères de l'Eglise est que , pendant que le corps de Jésus- Christ étoit renfermé dans le combeau , son âme descendit dans le lieu où étoient renfermées les âmes des anciens justes, et leur annonça leur délivrance.

Ils fondent cette croyance sur ce que dit saint Pierre , Epist., 1 , c. 5, f. 19 ; c. 4, f. 6, que Jésus-Christ est mort corporellement , mais qu'il a repris la vie | par son esprit , par lequel il est allé prêcher aux esprits qui étoient détenus en prison, et que l'Evangile a été prêché aux morts. C'est ainsi que l'on entend

voir et vouloir ne sont pas la même | communément ces paroles d'Osée, c. 13, chose; une prévoyance et un dessein \f. 14 : « 0 mort, je serai ta mort; 6

formel sont fort différents. Le dessein de Dieu , au contraire , est de les sauver ; ce dessein , cette volonté , sont prouvés par les grâces et les moyens suffisants de salut que Dieu donne à tous les hommes, ■et c'est lui-même qui nous en assure.

Voyez Salut. Le dessein, au contraire, que les incrédules attribuent à Dieu, n'est prouvé que par l'événement, et cet événement vient de l'homme et non de Dieu.

Il y a, contre les incrédules, une dé-

» enfer , je serai ta morsure. » Et celle ; de saint Paul , Eph., c. 4, f. 8 : « Jésus- | » Christ, dans son ascension, a conduit [ » les captifs sous sa captivité. i> Petau , ! de Incarnat., lib. 15, c. 15.

j C'est donc contre toute vérité que Le | Clerc , d'accord avec les sociniens , a j donné ce point de doctrine comme un | nouveau dogme, duquel les apôtres n'ont | pas parlé ; et qui est venu de ce que l'on ( n'enlendoit pas l'hébreu. C'est mal à | propos , dit-il , que l'on a traduit le mot

monstration plus forte que tous leurs so- \ scheol , le tombeau, le séjour des morts, phismes, et à laquelle ils ne répondront j par le grec à&?ç, et par infernus, X 'enfer, jamais; leur doctrine n'est capable que j qui ont une signification toute différente, d'enhardir tous les scélérats de l'univers, | et qui désignent un séjour des âmes au-

et de leur faire espérer l'impunité ; donc elle est fausse. Si la croyance d'un enfer éternel n'est pas capable de réprimer leur malice, le dogme d'une punition temporelle et passagère les arrêteroit encore moins ; le monde ne seroit plus ha-

bitable , si les méchants n'avoient rien à scheol a désigné en général le séjour des

redouter après cette vie.

IV. Les théologiens sont divisés sur le sens de l'article du symbole des apôtres, où il est dit que Notre-Seigneur a été

crucifié, qu'il est mort , qu'il a été ense- choses. Si l'on dit que les Hébreux n'y

veli , et qu'il est descendu aux enfers.

quel les Hébreux n'ont jamais pensé.

Puisque nous avons prouvé que les Hébreux ont cru , de tout temps , l'immortalilé de l'âme , ils n'ont pas pu supposer que l'âme , après la mort, demeure dans le tombeau avec le corps ; et puisque

morts , il faut nécessairement qu'il ait signifié une demeure des âmes, aussi bien que le séjour des corps ; aucun peuple du monde n'a confondu ces deux

pensoient pas, l'on suppose qu'ils étoient

(<>Jr)ç.) Quelques-uns entendent par là j plus stupides que les Sauvages. Voyez qu'il est descendu dans le tombeau; mais j Ame, § 2.

le symbole distingue la sépulture d'avec j la descente aux enfers.

ENNEMI. Un préjugé universellement répandu chez les anciens peuples , étoit

Il y a eu autrefois des hérétiques qui t de regarder tout étranger comme un enont nié que Jésus-Christ soit descendu nerni ; il règne encore parmi les Sauaux enfers; on les nomma sépulcraux, j vages , et chez toutes les nations peu po-

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