‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 89 sur 114 · EON · texte numérisé non relu

EON

sainte doit être expliquée par les lumières de cette inspiration.

ENTICHITES. On nomma ainsi , dans les premiers siècles , certains sectateurs de Simon le Magicien , qui célébroient des sacrifices abominables, et que la pudeur défend de décrire.

ENVIE , jalousie aveugle et malicieuse. Il n'est point de vice plus opposé à l'esprit du christianisme , qui ne prêche que la charité. Où régnent V envie et la dissension , dit saint Jacques , là se trouvent la vie malheureuse et toutes sortes de crimes , c. 3, f. 46. Saint Jean Chrysostome veut qu'un envieux soit

ENTHOUSIASME , inspiration divine.

Les poètes, dans l'accès de leur verve, se croy oient divinement inspirés ; il en étoit de même des devins ou prophètes du paganisme.Ce terme se prend en mauvaise part pour toute persuasion religieuse aveugle et mal fondée, ou pour le zèle de religion trop vif, qui vient de passion et d'ignorance. Les incrédules accusent d'enthousiasme tous ceux qui aiment la religion , comme s'ils n'avoient aucun motif raisonnable de l'aimer; mais quand on voit la passion et la prévention qui dominent dans les écrits des incrédules, on se trouve très-bien fondé à leur attribuer la maladie qu'ils reprochent aux croyants. Voyez Fanatisme.

ENTHOUSIASTES, sectaires qui furent aussi appelés massaliens et euchites. On leur avoit donné ce nom , dit Théodoret, parce qu'étant agités du démon, ils se croyoient inspirés. On nomme encore aujourd'hui enthousiastes les anabaptistes, les quakers ou trembleurs, qui se croient remplis de l'inspiration divine, et soutiennent que l'Ecriture

banni de l'Eglise , avec autant d'horreur qu'un fornicateur public. Hom. il , in Mare. Saint Cyprien a fait un traité particulier contre ce vice, et le peint comme la source des plus grands maux de l'Eglise. C'est de là, selon lui, que viennent l'ambition, les brigues, la perfidie , la calomnie, les schismes , l'hérésie, De zelo et livore. De tout temps, la contre le clergé a suscité des ennemis à la religion. Voyez Jalousie.

ÉNUMÉRATION. V. Dénombrement.

ÉONIENS. Dans le douzième siècle , un certain Eon de l'Etoile, gentilhomme breton , abusant de la manière dont on prononçoit ces paroles : Per eum ( on prononçoit per eon) qui venturus est , etc., prétendit qu'il étoit le Fils de Dieu, qui devoit juger un jour les vivants et les morts. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est qu'il eut des sectateurs , que l'on appela éoniens , et qu'ils causèrent des troubles. Quelques - uns se laissèrent brûler vifs , plutôt que de renoncer à cette folie : tant il est vrai que tout homme qui se mêle de dogmatiser et d'ameuter le peuple, est un personnage dangereux et punissable.

Au jugement de quelques ennemis de l'Eglise, cet événement prouve l'étonnante crédulité et l'ignorance slupide de la multitude durant ce siècle , et l'imbécillité des chefs quigouvernoient alorsl'Eglise , aussi bien que le peu de connoissance qu'ils avoient de la vraie religion. Dans la vérité, ce fait ne prouve ni l'un ni l'autre. 1° Pendant le seizième et le dix -septième siècle, qui n'étc-ient

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