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XIV PLAN DE LA THÉOLOGIE

39. Cette religion primitive, que l’on appelle loi de nature, n’est point une religion naturelle dans ce sens que l’homme l’ait formée par ses réflexions , Dieu lui - même l’avoit révélée ; mais elle est naturelle dans ce sens qu’elle étoit très - convenable à la nature de Dieu , et à la nature de l’homme dans les circonstances où il étoit placé. Telle est la première époque de la révélation. Cette religion devoit se maintenir et se perpétuer par la tradition domestique ; mais les hommes ne tardèrent pas de s’en écarter. En effet l’Ecriture met une distinction entre les enfants de Dieu et les enfants des hommes ; elle nous parle de la corruption des hommes antédiluviens et des géants, de laquelle Noé sut se préserver; du déluge universel et de l’arche , du crime de Chant fils de Noé , de la malédiction portée contre Chanaan et sa postérité , de la tour bâtie par les Noachides, de la confusion des langues attestée par le nom de Babel, de la dispersion.

40. Peu après , l’Ecriture nous montre l’origine du polythéisme et de l’idolâtrie dans le culte des astres ou de l'armée du ciel, culte nommé sabaisme , pratiqué par les sabéens ou zabiens , par les sampléens, nommés aussi éliognostiques , et hypsistariens. Les gentils ou païens ont pris pour leurs dieux les prétendus Génies , intelligences ou démons dont ils supposoient que toutes les parties de la nature étoient animées, et les âmes des morts; ils les ont représentés par des théraphims ou idoles, et les ont adorées. De là sont nées toutes les superstitions, les apothéoses , la magie, les sorciers et les aoriiléges , les enchantements, la divination, la fol aux songes, les augures, les arusplces , la nécromancie, les mystères du paganisme , les sacriQces des victimes humaines, etc. Toutes les pratiques destinées d’abord à honorer le vrai Dieu ont été profanées pour honorer des dieux imaginaires.

41. Dans ce même âge du monde , l’histoire sainte place la ruine de Sodome, la formation du lac asphaltite appelé mer Morte; la punition de lu femme de Lot changée en statue, les incestes de Lot desquels sont nés les Ammonites et les Moabites ; quoiqu’elle dorme aux patriarches le nom de justes, leurs mœurs n’étolent pas absolument irrépréhensibles; la polygamie assez fréquente parmi eux n’étoit cependant ni un crime ni un concubinage. Les

mœurs des Amorrhéens , des Chananéens , des Egyptiens, étoient encore moins pures. Alors la Providence divine étoit occupée d’un grand dessein.

42. En effet la vocation ù'Abraham attestée par la circoncision et accompagnée de promesses magnifiques , les voyages de ce patriarche , son séjour sous ie chêne ou le térébinthe de Mambré , l’histoire de Sara, nièce et non sœur d’Abraham, d’Agar,d’lsmaël , d’isaac , de Jacob, de ses douze enfants chefs de douze tribus, de Joseph, le testament de Jacob , etc., ont le prélude d’une seconde alliance que Dieu vouloit former , d’une seconde loi positive plus ample que la première , et qui étoit devenue nécessaire à l’état dans lequel se trouvoit alors le genre humain. C’est la seconde époque de la révélation.

43. Ce grand événement fut précédé de la mission de Moïse attestée par ses miracles , par les plaies de l’Egypte, par l’institution de la pâque ou de l’agneau pascal, par le passage de la mer Rouge, par l’arrivée des Israélites dans le désert près du mont Sinaï, par une suite d’autres prodiges, tels que la colonne de nuée, la manne du désert, etc. Ainsi par le choix ou l’élection de Dieu , les descendants d’Abraham nommés Hébreux , Israélites , ensuite Juifs, sont devenus le peuple de Dieu ; mais on ne doit pas les accuser d’avoir volé les Egyptiens , d’avoir été une horde d’Arabes bédouins , etc.

44. Les lois que Dieu leur donna par Moïse , les promesses qu’il y ajouta , sont appelées l’ancien Testament, la loi ancienne, ia loi écrite , la loi de Moïse, la religion juive, le judaïsme. Dieu ne leur révéla point de nouveaux dogmes ; ceux qu’ils avoient appris par la tradition de leurs pères étoient suffisants. Mais il renouvela les commandements de la loi primitive renfermés dans ie décalogue , les Ht graver sur deux tables , y ajouta pour nouvelle sanction lu promesse des récompenses temporelles. 11 défendit rigoureusement l’idolâtrie, la superstition des hauts lieux, des songes , dos présages , des stigmates, toutes les pj-atiques des païens, comme de consulter les ob et les morts , d’honorcr le mort, de faire les repas du mort; de là l’impureté contractée par l’attouchement des cadavres.

45. Toute espèce d’impudicité , toute espèce d’injustice ou d’acception de personnes

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à l’égard du prochain, furent sévèrement interdites, toutes ies œuvres de charité et d’humanité furent expressément commandées. Dieu y ajouta des lois civiles , judiciaires, politiques et militaires. Celles qui regardent l’année sabbatique, l’année jubilative ou de la rémission, les villes de refuge , le mariage d'une veuve nommée Ibum, la flagellation de quarante coups, la lapidation , les vengeurs du sang, etc., la servitude, le jugement de zèle, les serviteurs ou esclaves ; ainsi le gouvernement des Israélites fut d’abord une théocratie.

46. Mais les lois cérémonielles furent le plus grand nombre. Elles ordonnoient 1 ° des offrandes , comme la présentation des premiers nés ou des aînés des familles , des prémices, de la gerbe avant la moisson, des pains de proposition, des parfums ou de l’encens ,

2® des sacrifices et le choix des victimes , les holocaustes, les sacrifices pour le péché, celui du bouc émissaire nommé zazel, celui de la vache rousse , etc.; 3® des abstinences , comme celle de la chair de pourceau, du sang , des chairs suffoquées , par conséquent le choix des viandes ;

4® des expiations et des purifications pour effacer les souillures ou les impuretés légales, même des épreuves, comme celle des eaux de jalousie;

5® des consécrations , comme celle qui se faisoit avec l’huile d'onction , celle des Nathinéens , des Nazaréens ou du Nazaréat, des vœux ; mais l’anathème étoit une exécration ;

6° des fêtes , le sabbat, les néoménies, la pèque, la pentecôte, la fête des tabernacles, des expiations ou pardon , des trompettes , la fête des sorts nommée purim ou phurim. Les encénies ou la fête de la dédicace du temple sont d’une institution plus récente.

47. Pour remplir le culte divin avec plus de dignité , Moïse construisit un tabernacle en forme de temple , plaça dans le saint des saints une arche d’alliance et un propitiatoire , fit faire des autels , une table des pains de proposition , un chandelier d’or. Aaron son frère fut choisi de Dieu pour être souverain pontife. Les habits de sa dignité étoient une robe de lin , une tiare, une lame d’or placée sur son front , un éphod ou super-huméral , un pectoral ou rational auquel étoit attaché l’oracle nommé urim et thummim. Les lévites furent chargés des fonctions du sacerdoce, et simples prêtres.

48. Bientôt les Israélites se rendirent coupables d’idolâtrie en adorant le veau d’or Kijoun ou Remphan, Baal, Astaroth ou Astarté, Béelphégor , Chamos , Moloch, la reine du ciel et l’armée du ciel. Dieu punit leurs murmures et leurs révoltes , surtout celle de Coré , et leur complaisance pour les Madianites. Us ne sont point accusés d’avoir adoré dagon, mais le serpent d’airain sous les Rois. Les auteurs profanes, qui ont nommé les Juifs célicoles , et leur ont attribué le culte d’un prétendu dieu Anonichyte , connoissoient mal leur religion , aussi bien que ceux qui ont blâmé leurs prières.

49. Après la mort de Moïse, Josué gouverna ce peuple sous le nom de juge , lui fil passer le Jourdain, prit Jéricho , arrêta le soleil dans sa course , fit sur les Chananéens la conquête de la Palestine, terre promise à Abraham. Parmi les guerres des Juifs on distingue celle qu’ils tirent aux Benjamites de Gabaa, et celle dans laquelle Ja/ieJ acheva la victoire ; Âod , Jephté, Samson , Samuel sont célèbres entre les juges ; on accuse mal à propos de cruauté le dernier à cause du meurtre d’Agag.

50. Les Israélites voulurent avoir des rois ; le premier fut Saûl qui consulta la pythonisse d’Endor; il fut remplacé par David sous le pontificat d’Abiathar et d’Achimélech ; David punit les Ammonites et fut repris de ses fautes par le prophète Nathan. Salomon, son fils et son successeur, fut visité par la reine de Saba, fit construire le temple de Jérusalem dans lequel , outre les choses qui avoient été dans le tabernacle , on voyoit une mer d’airain et un voile magnifique ; on y admiroit les parvis, les pastophories , les galeries appelées péribolos , le pinacle , la plate-forme, etc. Salomon établit des portiers, des musiciens, et d’autres officiers pour le service du temple, dont les richesses et la magnificence surpassoient celles des temples du paganisme.

61. Sous Roboam un schisme de dix tribus sépara le royaume d’Israël de celui de Juda. Sous les rois idolâtres parurent plusieurs faux prophètes qui donnoient leurs songes pour des visions prophétiques; mais Dieu suscita de vrais prophètes , tels qu’J?lie, Elisée , Isaïe , Jérémie , etc. Ou accuse mal à propos Osée d’avoir fait des imprécations, Elisée d’avoir été cruel , et d’avoir permis à Naarnan le culte de Remnon, dieu des Syriens.

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62. Pour punir les fréquentes idolâtries de son peuple , Dieu le livra aux Assyriens, lui fit essuyer une transmigration et une captivité à Babylone. Dans cet intervalle arriva le miracle des trois enfants sauvés de la fournaise et le châtiment de Nabuchodonosor. Après soixante et dix ans, Dieu lit reconduire son peuple dans la Judée. La résistance des Machabées et leurs victoires sur les rois de Syrie sont une époque célèbre dans l’histoire juive.

53. Alors il se forma différentes sectes chez les Juifs. On y vit éclore les assidéens, les pharisiens , les saducéens , les samaritains adorateurs de Nergal , les esséniens , les thérapeutes, les galüéens , les sébuséens, les hérodiens ; on établit les synagogues, les scribes ou les docteurs de la loi ; on distingua les juifs géniles et les juifs prosélytes. La distinction des rabbanistes et des caraxtes est plus moderne j les réchahiles , dont a parlé Jérémie, n’étoient pas une secte. Ce sont les rabbanistes qui ont forgé la prétendue loi orale renfermée dans la mischna. 11 n’est pas certain que les auteurs profanes aient emprunté des Juifs quelques-unes de leurs connoissances.

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