IV. Dieu rédempteur et sauveur
64. Dieu avoit promis à notre premier père Adam un rédempteur, et aux Juifs un messie : nous le voyons par les prophéties de Noé, d' Abraham, de Jacob sur le sceptre de Juda , de Moïse , de Balaam, de David dans les psaumes; d’Isaïe , sur Emmanuel et sur la passion du Sauveur ; de Daniel , fur les quatre monarchies et les 70 semaines è’Aggée et de Malacliie. Le temps de les acfomplir étoit arrivé , lorsque les peuples se sont trouvés en état de former entr’eux une société religieuse universelle; la loi de Moïse, loi nationale , destinée à un seul peuple, ne pouvoit plus convenir t il falloit une loi nouvelle, xina loi de grâce, une nouvelle alliance ou un nouveau testament pour établir sur la terre le royaume des deux ou le royaume de Dieu; c’est la troisième époque de la révélation. Jésus-Christ a réellement accompli les anciens oracles dans le sens le plus littéral ; les apôtres et les évangélistes ont eu raison de les citer et de les lui appliquer , sans avoir besoin des types ni des prophéties typiques, encore moins des livres sybillins.
65. Sous le règne d’Auguste , et de l’un de» trois Ilérodes , le Verbe divin , seconde
personne de la sainte Trinité, s'est înearruf, a pris un corps et une âme dans le sein de la Vierge Marie par l’opération du St. -Esprit , est né à Bethléem à l’occasion du dénombrement de la Judée, a été mis dans une crèche; sa généalogie tracée par deux évangélistes , prouve qu’il est né du sang de David et d’Abraham. Il avoit eu pour précurseur Jean-Baptiste, fiis du prêtre Zacharie ; on célèbre la décollation du premier.
56. De cette union hypostatique ou substantielle de la divinité avec l’humanité dans une seule personne, résulte le composé théandrique, Jésus-Christ ihéanthrope. Dieu et homme , fils de Dieu et fils de l’homme; conséquemment ses actions sont nommées déiviriles : on doit lui attribuer deux natures , deux volontés et deux opérations, toutes les qualités de la nature divine et de la nature humaine ; c’est ce que les théologiens appellent communication des idiomes : conséquence évidente de l’incarnation.
57. La profondeur de ce mystère , les abaissements du Verbe divin , ont donné occasion à plusieurs sectes d’hérétiques, l® Les uns ont nié la divinité de Jésus- Christ, comme les cérinthiens, les gnostiques barbéliots,\es bonosiaques, ou Bonosiens, mais surtout les ariens nommés aussi acaciens, adoptiens, aëliens , agnoites ou agnoèles , onomdens, eudoxiens, eunomiens, eunomio-eupsy chiens , eusébiens , exocionites , hélérousiens , demi-ariens ou semi-ariens , photiniens, porphyriens, psatyriens , homuncionistes , etc. Ils ont eu pour successeurs les soemt'ens. Ces hérétiques ont appélé les orthodoxes hominicoles , homoousiens, homouncionates , etc. La formule macrostiche des eusébiens ne renfermoit aucune erreur.
2“ Les autres ont nié la réalité de sa chair, par conséquent de ses actions humaines et de ses souffrances ; ils ont été nommés ap- ■pellites, docctes ou dociles, aphtartodocèlés, apollmaristes , ascètes , barules, basilidiens, dimœrites, hadrianistes, incorruptibles , simoniens.
3® Plusieurs ont soutenu qu’en Jésus- Christ les deux natures étoient confondues en une seule, comme les eutychiens, appelés aussi monophysites , métamorphistes , métangismonites , synousiasles , gaianites , timothiens, tropiques, corrupticoles , jacobites , cophtes ou coptes , syriens. Les partisans de {’énolïque publié en faveur des eu.
PLAN DE LA THÉOLOGIE. xvii
tychiens furent nommés pacifiques et hésitants. De là sortirent les monothélües qui n’admettoient en Jésus-Christ qu’une seule volonté; on a beaucoup parlé de l’ecthèse et du type qui favorisoient celte hérésie.
4° Quelques-uns ont supposé dans Jésus- Christ deux personnes ; tels ont été les pau- Uanistes , nommés aussi abrahamiens, les nestoriens surnommés christolyles , chasinxariens , stauroldtres , aujourd’hui chaldéens ou nestoriens orientaux, chrétiens de S. Thomas. Les trois chapitres ont fait du bruit dans la dispute des nestoriens , dont l’erreur fut renouvelée au 8' siècle par Elipand et Félix d’Urgel.
â® Les cerdoniens , les cérinthiens et une partie des ébioniles soulenoient que Jésus- Christ étoit né comme les autres hommes , et que Joseph étoit son père.
6“ L’on a connu des éoniens qui publiolent qu’un certain Eon étoit Je dis de Dieu, des isochristes qui disoient que les apôtres étoient égaux à Jésus-Christ.
68. L’Eglise a proscrit toutes ces erreurs et continue de professer sa foi sur l’incarnation , soit par les fêtes qu’elle célèbre , comme l'Annonciation, le temps de l’Avent et la fête des O, la Nativité ou naissance du Sauveur, appelée Noël, abrégé d’ Emmanuel , sa Circoncision et la fêle du S. Nom de Jésus, souvent exprimé par le mot Ichrys ; l’Epiphanie nommée aussi Théophanie et Théoplie, monument de l’adoration de Jésus par les mages, la fête des saints Innocents, la présentation de Jésus au temple , et la purification de sa sainte Mère , nommée parmi nous Chandeleur, et en Orient panthèse; soit par les prières que nous récitons, comme l’angélus ou pardon, etc.
69. Jésus , après avoir passé son enfance dans l’obscurité, reçoit le baptême, se retire au désert et éprouve une tentation, déclare sa mission , prêche l’évangile ou la bonne nouvelle du salut des hommes. II se choisit pour apôtres et pour premiers disciples douze pécheurs , Simon surnommé Céphas ou Pierre, et André son frère, Jacques le majeur, llls de Zébédée, et Jean son frère , Philippe, Barthélemi , Thomas, Matthieu, Jacques le mineur, fils d’Alphéc, Jude ou Thaddée, Simon le Chananéen et Judas Iscariote.
GO. Jésus prouve sa mission par des miracles , surtout par des guérisons; il change 1 eau en vin aux noces de Cana, guérit les
aveugles, les muets, les sourds, les boiteux, les paralytiques, h Capharnaüm et ailleurs , délivre les démoniaques ou les possédés , multiplie les pains, marche sur les eaux du lac de Génézarelh , calme les tempêtes, guérit une chananéenne, fait dessécher un figuier par une parole , ressuscite des morts , en particulier lasare son ami, fait éclater sa gloire par une transfiguration. Il connoît les pensées des cœurs , fait des prophéties sur l’avenir.
61. La morale qu’il prêche , surtout dans son sermon sur la montagne , est sainte et sublime ; il réduit toute la loi et les prophètes à deux commandements , à l’amour de Dieu , et à l’amour du prochain, même des ennemis. Il y ajoute des conseils de perfection , ordonne l’abnégation ou le renoncement à sol - même , l’amour de la pauvreté, des humiliations, des souffrances; il instruit le peuple par des paraboles , fait accueil aux publicains et .à tous les pécheurs, pardonne à la femme adultère, ne parle du glaive que pour annoncer à ses disciples ce qui doit leur arriver.
62. Il confirme ses leçons par son exemple et par la pratique de toutes les vertus ; il observe les fêtes et les cérémonies de la loi , paie les tributs, souffre les injures. Ses ennemis mêmes n’ont jamais suspecté sa conduite à l’égard de Magdeleine et des saintes femmes qui écoutoient sa doctrine. 11 ordonne d’écouter les scribes, les pharisiens , les princes des prêtres assis sur la chaire de Moïse, mais il réfute leurs fausses traditions , leur reproche leur orgueil , leur avarice , leur hypocrisie , le meurtre de Zacharie, etc. 11 encourt leur haine et leur jalousie , ils le traitent d’imposteur et de séducteur, l’accusent de faire des miracles au nom de Béelsébub; ils forment le dessein de le mettre à mort.
63. Jésus le savoit et l’avoit prédit. Avant do mourir, il célèbre dans le c^node la cène avec ses disciples, mange avec eux l’agneau pascal, leur laveles pieds, instituel’eucharistie ou Va pâque chrétienne. Avec trois J’entre eux il se retire au jardin des oliviers , y subit une agonie , accepte le calice de sa passion, et démontre ainsi qu’il a une chair passible; il se relève avec courage, se livre à ses ennemis, pareil devant les tribunaux de Jérusalem. 11 y rend témoignage de sa divinité, csl condamné à mort, flagellé et couronné d’épines , conduit au calvaire pour être crucifié ou attaché à la croix.
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04. Ainsi s’opère le mystère de la rédemption du genre humain. Jésus-Christ est la victime de propitiation pour les péchés du monde entier, le fondateur d’une nouvelle alliance; par sa mort et par son sang il fait à la justice divine une satisfaction rigoureuse , il est dans le sens le plus exact le sauveur , le rédempteur , le médiateur des hommes. A sa mort les ténèbres couvrent la Judée , la terre tremble , les rochers du calvaire se fendent, le voile du temple se déchire , plusieurs morts ressuscitent.
65. Jésus est enseveli et embaumé par Nicodème et Joseph d’Arimathie, et non enveloppé d’un sindon ou suaire entier, placé dans un tombeau ou sépulcre creusé dans le roc. L’Eglise croit que son âme est descendue aux enfers , mais elle condamne l’erreur des infernaux et des sépulcraux. Au moment marqué pour la résurrection, après trois jours et trois nuits , Jésus sort du tombeau , se montre vivant , se laisse toucher , multiplie les apparitions , boit et^ mange avec ses disciples pour les convaincre qu’il est véritablement ressuscité. La fête de Pâques , le cierge pascal , le dimanche , ont été institués en mémoire de ce miracle, attesté par /osèp/ie historien juif , et par les actes de Pilate ; mais les quartodécimans ou protopaschites ont été condamnés pour n’avoir pas voulu se conformer à l’usage de l’Eglise. Jésus promet à ses apùtres le Saint- Esprit paraclel ou consolateur , et monte au ciel en leur présence le jour de son (wcension.
CG. Après avoir reçu le S.-Esprit le jour de la Pentecôte, fêle de laquelle sont tirés les noms pentécostain et pe/uécostalcs , les apôtres publient tous ces faits , ne rougissent point du scandale ni de la folie de la croix. Us font des disciples , fondent une église à Jérusalem. La communauté des biens s'y établit entre les fidèles et donne lieu à la punition d'Ananie et de Saphire. Les Apôtres ordonnent des diacres, en particulier S. Etienne qui dispute contre les libertini ou affranchis ; sa mort lui a mérité le nom de protomartyr.
Dientôt une autre église se forme à Antioche, où les fidèles prennent le nom de chrétiens , nomment leur religion christianisme , cl les croyants , néophytes ; leur nombre en se multipliant a formé la chrétienté,
67. S. Paul converti va prêcher en Arabie, les autres Apôtres après leur disper-
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sion forment dilTérentes églises de juifs heilénistes et de gentils , détrompés du paganisme, surtout les Eglises de la Grèce. Saint Pierre et S. Paul fondent celle de Rome , et S. Marc celle d’Alexandrie. Rien ne nous oblige de croire l’histoire d’Abgare et sa conversion. Il se tient à Jérusalem un concile , ou assemblée du collège apostolique, pour condamner les ébionites ou judaisans, nommés aussi nasaréens, astatiens, minéens passagers, sabbataires , ou sabbathlens, qui soutenoient la nécessité des observances légales. Il n’y fut pas question des Idolothytes, mais de l’abstinence du sang. On a aussi condamné dans la suite les ethnophrones oa hypsistariens , qui méloient les rites du paganismeà ceux du christianisme. Dans ces premiers temps les don5 du St.- Esprit étoient communs parmi les fidèles ; le don des miracles a persévéré dans l’Eglise , et il y a eu plusieurs saints thaumaturges. jit
68. La plupart des Apôtres et des parents de Jésus-Christ ont souffert le martyre pour attester la vérité des faits qu’ils publiaient , mais ils avaient donné mission à d’autres pour continuer leur ouvrage , et ils ont eu des successeurs : le zèle apostolique des missionnaires ne s’éteindra jamais dans la véritable Eglise.
69. Les Juifs ont été justement punis du déicide qu’ils avoient commis ; les excès de leurs zélateurs ou zélés pendant le siège de Jérusalem font frémir. Depuis ce temps-lù ils paroissent livrés à l'esprit de vertige ; les erreurs et les visions dont les rabbins ont rempli le Talmud , leur cabale , leur gématrie, leur ÿf/ÿulou métempsycose, etc., sont des puérilités.
70. Dès sa naissance le christianisme a essuyé des persécutions sanglantes , des milliers de martyrs ont souffert pour l’Evangile; malgré les clameurs des elcésaites, leur multitude eS. assez allestée par les martyrologes et les nécrologes; le martyre de la légion thébéennen'csi point une fable. L’Eglise n’a commencé à jouir de la paix qu’à la faveur des édits de Constantin converti par une vision céleste; mais il est faux que le christianisme soit redevable de sa propagation à la protection des empereurs. .
71. Ses ennemis n’ont forgé que des calomnies sur les agapes ou repas do charité cl les agapèles , et sur les baisers de paix ; pour prouver les prétendues représailles dont les chrétiens ont usé envers leurs per-
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sécutcifrs, ils n’ont pu citer d'autre exemple d’un faux gèle que celui d’Abdas. IKs l’origine, la sainteté et la divinité de notre religion se sont fait sentir par le changement qu’elle a opéré dans tous les climats, et sur les mœurs de tous les peuples , par la charité et la patience des chrétiens, par le soin des pauvres , des veuves , des orphelins , des malades, des enfants abandonnés, des esclaves ; par la sévérité de la discipline envers les lapses , apostats ou renégats , qui furent appelés libellatiques , mitlentes , traditeurs. Ces malheureux ne furent jamais en grand nombre , et aucun n’a noirci la religion qu’il avoit abandonnée.
72. Les philosophes , surtout les éclectiques, se sont réunis aux persécuteurs :
Celse, Porphyre, Julien, sont les plus célèbres ; la plupart ont déshonoré leur philosophie par la théurgie ou la magie.
73. En général, ce sont des philosophes mal conwrüs qui ont été les premiers hérésiarques, ou qui ont enfanté les premières hérésies; les sectes des simoniens ou eniichites , disciples de Simon le magicien, des Valentiniens , ridicules par leurs éons et par les noms barbares qu’ils ieur donnoient , comme achamoth , saldabaoth, etc.; des gnostiqucs, appelés caïnites , sélhiens , ophitcs , marcnsiens, masbolhéens, héracléonites, melchisédéciens , phibionites , plolémaites , secundiem, etc.; ceux que l’on a nommés appellites , apostoliques, basilidiens , déoliens, docùtes , ménandriens , hématites, gnvsimaques, etc., ont la même origine.
74. lisent eu pour adversaires les Pères de VEytiss, les apologistes du christianisme. Nous ne nommerons que les principaux, la liste des autres seroit trop longue; Cave, Dupin, ïillemont, D. Ceillier les font assez connoitre : les plus anciens ont été injustement accusés de platonisme et on reproche à tous mal à propos d’avoir mêlé la métaphysique k la théologie.
On doit placer au premier siècle et au premier rang les Pères apostoliques , Suint Harnabé, S. Clément, pape, S. Ignace , S. Polycarpe , Uermas , auteur du livre du pasteur. Au second S. Justin, Tatien, Athénagore , Hermias, S. Théophile d’Antioche, S. Irénée. Au 3' Minutius Félix, S. Clément d’Alexandrie, Tertullien , célèbre par son Apologétique et par son livre des Prescriptions, S. // ippolyte de Porto, Origène, S. Cyprien, S. Grégoire thaumaturge. Au 4'-- Lactance, Arnobe, Eusèbe, S. Hilaire de Poi-
THÊOLOGIE. XIX
fe'
tiers , S. Athanase , S. Basile, S. Astere. , S. Ephrem,S. Cynile de Jérusalem, S. Grégoire de Nazianze , S. Grégoire de Nysse, S. Ambroise, S. Pacien, Sulpice-Sévère. Au 5' S. Epiphane, S. Jean Chrysostome, S, Jérôme, S. Augustin , S. Paulin , Cassien, S. Isidore de Peluse ou de Damiette, S. Cyrille d’Alexandrie, Vincent de Lérins, S. Pierre Chrysologue, Théodoret, S. Léon, S. Bûcher de Lyon , S. Prosper, S. Hilaire d’Arles. Au 6“ Boëce, S. Fulgence, S. Césaire d’Arles. Au 7' S. Grégoire le Grand , S. Isidore de Séville, S. Maxime , abbé. Au 8' Bède et S. Jean Damascène.
Les auteurs plus modernes sont appelés écrivains ecclésiastiques plutôt que Pères ou docteurs de l’Eglise. Ainsi on connoît au 9' siècle Alcuin, Agobard de Lyon, Raban-Maur, Paschase-liatbert , ilinemar de Rheims; au 10' S. Odon de Cluni et OEcuménius , et dans le il' S. Odilon, Fulbert de Chartres, S. Pierre Damien, Lanfranc; au 12' S. Anselme, Ives de Chartres, Hugues et Richard de S. Victor , S. Bernard. Dans ce meme siècle, Pierre Lombard , appelé le maitredes sentences , a donné naissance à la théologie scolastique.
Au 13', S. Thomas a formé l’école des thomistes; S. Bonaventure , son contemporain , et Scot au 14', sont les chefs de l'école des scotistes. Le 1 5' a été l’époque de la renaissance des lettres; Gerson, Tostat, évéqiie d’.Avila, le cardinal Bessarion , et une intinité d’autres écrivains controversistes, s’y sont rendus célèbres ; le iG'aété marqué par la naissance de la prétendue réforme et par les panoplies des controversistes.
7.Î. Dans aucun siècle la doctrine chrétienne n’a manqué de défenseurs; pour réprimer les novateurs, l’Eglise a tenu des conciles généraux, œcuméniques ou pléniers, et des conciles particuliers ou synodes ; parmi les conciles généraux , celui de Nicée, le concile Ouinisexte ou in TruUo , et le concile de Trente qui est le dernier , sont remarquables. Elle n toujours été persuadée que, dans ces assemblées; Jésus- Ghrist remplissoit la promesse qu’il lui a faite de lui accorder l'assistance du St.-Esprit. Gonséquemment les pasteurs ainsi réunis ont dressé des décrets ou canons sur le dogme, des confessions ou professions de foi , ont montré quelle éloit la doctrine orthndnre,\a doctrine hétérodoxe, faiis'O , erronée, hérétique, blasphématoire ou sran-
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daleuse. Ils ont dit anathème aux hérésiarques et aux hérétiques , surtout aux relaps, ont rejeté leurs conciliabules, ont censuré et condamné leurs livres , ont exigé d’eux l'abjuration de leurs erreurs , leur ont défendu de dogmatiser, ont effacé leurs noms des dyptiques, leur ont refusé des lettres formées ou lettres de communion.
76. Ils ont opposé à ces faux docteurs non-seulement les livres et le texte de l’Ecriture sainte , mais la tradition catholique ou universelle, venue des apôtres, attestée par toutes les églises particulières , surtout par la chaire de St.-Pierre ou l’Eglise romaine. Ils ont ainsi démontré quelle est la ri'^le de foi , comment se conserve le dépôt (le la foi et la communion de foi , en quel sens l’Eglise est une, sainte, catholique, apostolique , visible , infaillible même dans ies faits dogmatiques ; en quoi consiste cette unité, cette infaillibilité, etc. Ils ont réfuté l’opinion des invisibles. ^
77. De leur côté les hérétiques, par l’enchainement et le progrès de leurs erreurs, par leurs divisions en plusieurs sectes , ont fait voir le danger de l’esprit particulier, la nécessité d’une autorité et d’un centre d’unité en fait de religion , l’illusion de la prétendue réformation qu’ils vouloient faire , l’absurdité de leurs distinctions entre les traditionnaires et les textuaires , la fausseté de leur tolérance, l’inutilité des travaux des sincrélisles ou conciliateurs , l’irréligion des latitudinaires ou collégiens.
78. L’Eglise n’a pas moins réprouvé les schismes et les schismatiques, dissertants ou dissidents, les novatiens et les sabbaliens , les méléliens , les donalisies divisés en claudianisies , pétiliens , maximianisles et rogatistes, leurs circoncellions , les eïcèles , les acéphales ou caucobardites , les agonistiques, biblistes, borrélisles , les itidépendants, les chercheurs , les tropites.
Un des schismes les plus fâcheux est celui qui a séparé les grecs d’avec l’église latine, qui fait distinguer les maronites ou grecs réunis, d’avec les melchües ou grecs non réunis , parmi lesquels se trouvent les mingréliens : le fameux llébed-.Iésu ou Abdissi étolt maronite.
De même 1« schisme de l’Angleterre où l’on distingue les anglicans ou épiscopaux qui se nomment la haute Eglise, d’avec les presbytériens , nou-conformisles , puritaitis ou séparatistes , divisés en plusieurs secles.