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peu que l’on ait lu l’histoire , on sait que ce fut en Europe un effet de l’inondation des Barbares, et en Asie une suite des ravages des mahométans ; que sans la religion chrétienne tous les arts de dessin auToient été anéantis. Les mahoniétans ont en horreur les statues : les iconoclastes , pour leur plaire , brisèrent les images-, les Barbares venus du Nord étoient trop grossiers pour faire aucun cas de la peinture, de la sculpture, de l’architecture , de l'art des décorations ; toute pompe extérieure fut bannie, excepté du culte divin et des temples du Seigneur. C’est là qu’il s’en est conservé un reste de goût, qui s’est ranimé à la renaissance des lettres ; et celles-ci n’ont été préservées de leur ruine entière que parla religion. Foy. Lettres, Sciences.
Art des Esprits, ou art Angélique, moyen superstitieux pour acquérir la connoissance de tout ce qu’on veut savoir avec le secours de son ange gardien, ou de quelque autre bon ange. On distingue deux sortes d’ari angélique : l’un obscur, qui s’exerce par la voie d’élévation ou d’extase; l’autre clair et distinct, lequel se pratique par le ministère des anges, qui apparoissent aux hommes sous des formes corporelles , et qui s’entretiennent avec eux. Ce fut peut-être cet art dont se servit le père du célèbre Cardan , lorsqu’il disputa contre les trois esprits qui soutenoient la doctrine d’Averroës , et qu’il reçut ou crut recevoir des lumières d’un génie qu’il eut avec lui pendant trente-trois ans. Il est certain que cet art est superstitieux , puisqu’il n’est autorisé ni de Dieu ni de l’Eglise, et que les anges, par le ministère desquels on suppose qu’il s’exerce , ne sont autres que des esprits de ténèbres et des anges de Satan. D’ailleurs, les cérémonies dont on se sert ne sont que des üonjurations par lesquelles on oblige les démons, en vertu de quelque pacte, de dire ce qu’ils savent , et rendre les services qu’on exige d’eux. Foyez Art Notoire. Cardan, lib. 16, de rer. Famt. Thiers, Traité des superstitions , tom. 1, pog. 278.
Art notoire, moyen superstitieux par lequel on promet l’acquisition des
sciences par infusion et sans peine, en pratiquant quelques jeûnes et en faisant certaines cérémonies inventées à ce dessein. Ceux qui font profession de cet art, assurent que Salomon en est l’auteur, et que ce fut par ce moyen qu’il acquit en une nuit cette grande sagesse qui l’a rendu si célèbre dans le monde. Ils ajoutent qu’il a renfermé les préceptes et la méthode de cet art dans un petit livre qu'ils prennent pour modèle. Voici la manière par laquelle ils prétendent acquérir les sciences, selon le témoignage du père Delrio : ils ordonnent à leurs aspirants de fréquenter les sacrements, de jeûner tous les vendredis au pain et à l’eau, et de faire plusieurs prières pendant sept semaines ; ensuite ils leur prescrivent d’autres prières , et leur font adorer certaines images les sept premiers jours de la nouvelle lune, au lever du soleil , durant trois mois ; ils leur font encore choisir un jour où ils se sentent plus pieux qu’à l’ordinaire et plus disposés à recevoir les inspirations divines : ces jours-là ils les font mettre à genoux dans une église ou oratoire , ou en pleine campagne, et leur font dire trois fois le premier verset de l’hymne Feni, Creator Spiritus, etc., les assurant qu’ils seront après cela remplis de la science comme Salomon, les prophètes et les apôtres. Saint Thomas d’Aquin montre la vanité de cet art prétendu : saint Antonin, archevêque de Florence, Denys le Chartreux, Gerson et le cardinal Cajetan , prouvent que c’est une curiosité criminelle par laquelle on tente Dieu , et un pacte tacite avec le démon : aussi cet art fut-il condamné comme superstitieux, par la faculté de théologie de Paris , l’an 1320. Delrio , Disquis.
Magic., part. 2. Thiers, Traité des superstitions, ibid.
Art de saint Anselme, moyen de guérir les plaies les plus dangereuses, en touchant seulement aux linges qui ont été appliqués sur les blessures. Quelques soldats italiens, qui font encore ce métier, en attribuent l’invention à saint Anselme; mais Delrio assure que c’est une superstition inventée par Anselme de Parme, fameux magicien, et remarq ue
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que ceux qui sont ainsi guéris , si toutefois ils en guérissent, retombent ensuite dans de plus grands maux, et finissent malheureusement leur vie. Delrio , Disquis. Magic., liv. i.
Art de saint Paul , sorte d’ar^ notoire, que quelques superstitieux disent avoir été enseigné par saint Paul, après qu’il eut été ravi jusqu’au troisième ciel : on ne sait pas bien les cérémonies que pratiquent ceux qui prétendent acquérir les sciences par ce moyen , sans aucune élude et par inspiration ; mais on ne peut douter que cet art ne soit illicite ; et il est constant que saint Paul n’a Jamais révélé ce qu’il ouït dans son ravissement, puisqu’il dit lui-même qu’il entendit des paroles ineffables , qu’il n’est pas permis à un homme de raconter.
Voyez Art notoire. Thiers, Traité des superstitions.
ARTICLE DE FOI. Voyez Dogme.
ARTOTYRITES. Voyez Montaxistes.
ARÜSPICE. Voyez Divination.
ASCENSION, se dit proprement de l’élévation miraculeuse de Jésus-Christ quand il monta au ciel en corps et en ame , en présence et à la vue de ses apôtres.
Tertullien fait une énumération succincte des différentes erreurs que l’on a enseignées sur l’ascension du Sauveur.
Les apellites pensoient que Jésus- Christ laissa son corps dans les airs (saint Augustin dit qu’ils prétendoient que ce fut sur la terre ), et qu’il monta sans corps au ciel : comme Jésus-Christ n’avoit point apporté de corps du ciel , mais qu’il l’avoit reçu des éléments du monde , ils soutenoient qu’en retournant au ciel il l’avoit restitué à ces éléments.
Les séleuciens et les hermiens croyoient que le corps de Jésus - Christ ne monta pas plus haut que le soleil, et qu’il y resta en dépôt. Ils se fondoient sur ce passage des psaumes : Il a placé son tabernacle dans le soleil. Saml Grégoire de Nazianze altrihuc la même opinion aux manichéens.
Le jour de Vylscension est une fêle célébrée par l’Eglise dix jours avant la Pentecôte, en mémoire de l'ascension de Notre - Seigneur. Selon saint Augus-
tin, Epist., 1 18, n. I , elle a été instituée par les apôtres mêmes. La célébration en est commandée par les constitutions apostoliques, 1.8, cap. 3. Thomassin, Traité des fêtes , p. 570.
Quelques incrédules modernes ont comparé malicieusement l’ascension de Jésus-Christ à l’apothéose de Romulus, pour insinuer que l’une n’est pas mieux prouvée que l’autre. Selon l’histoire romaine , un seul homme a dit que Romulus lui étoit apparu et l’avoit assuré de son transport dans le ciel. Voyez Tite-Live. Il ne risquoit rien d’inventer celte fable. Douze apôtres et une multitude de disciples ont assuré qu’ils avoient vu Jésus -Christ ressuscité s’élever au ciel , et ils ont répandu leur sang pour sceller la vérité de leur témoignage. L’apothéose de Romulus n’avoit été ni prévue ni prédite ; elle fut imaginée pour écarter le soupçon d’un régicide commis par les sénateurs; la résurrection et l’ascension de Jésus-Christ avoient été annoncées par les prophètes et par lui-même ; ces deux prodiges ont fondé le christianisme. On pouvoit croire sans conséquence ou ne pas croire la fable de Romulus ; on ne pouvoit pas être chrétien sans croire la résurrection et l’ascension de Jésus-Christ, professées dans le symbole , et l’on ne pouvoit embrasser le christianisme sans s’exposer à la haine des Juifs et des païens. Personne n’a eu intérêt de contester la divinité de Romulus ; elle se concilioit trèsbien avec le système du paganisme : les Juifs, au contraire, ont eu un très-grand intérêt à démontrer la fausseté de la narration des apôtres, et pour l’adopter il falloit renoncer au judaïsme ou au paganisme. La fable de Romulus n’a pu servir qu’à rendre les romains ambitieux, usurpateurs, ennemis de l’univers entier; la croyance de la divinité de Jésus - Christ a banni du monde les folies, l’impiété, les crimes du paganisme , a établi le règne de la vérité et de la vertu. Voilà des différences incontestables.
ASCÈTES, du grec, Mxvrhft mot qui signifie à la lettre une personne qui s'exerce, qui travaille. Ce nom a été
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donné en général à tous ceux qui cinbrassoient un genre de vie plus austère , et qui parla s’exerçoientplus à la vertu, ou travailloient plus fortement à l’acquérir que le commun des hommes. En ce sens, les esséniens chez les Juifs, les pythagoriciens entre les philosophes , pouvoient être appelés ascètes. Parmi les chrétiens", dans les premiers temps, on donnoitle même titre à tous ceux qui se distinguoient des autres par l’austé rité de leurs mœurs , qui s’abstenoient, par exemple, de vin et de viande. Depuis , la vie monastique ayant été mise en honneur dans l’Orient , et regardée comme plus parfaite que la vie commune , le nom (T ascètes est demeuré aux moines, et particulièrement à ceux qui se retiroient dans les déserts , et n’avoient d’autre occupation que de s’exercer à la méditation, à la lecture, aux jeûnes et aux autres mortifications. On l’a aussi donné à des religieuses; en conséquence on a nommé asceteria les monastères, mais surtout certaines maisons dans lesquelles il y avoit des moniales et des acolytes, dont l’office étoit d’ensevelir les morts. Les Grecs donnent généralement le nom ô^ascètes à tous les moines , soit anachorètes et solitaires, soit cénobites.
M. de Valois , dans ses notes sur Eusèbe , et le père Pagi , remarquent que , dans les premiers temps , le nom d’ascètes et celui de moines n’étoient pas synonymes. Il y a toujours eu des ascètes dans l’Eglise, et la vie monastique n’a commencé à y être en honneur que dans le quatrième siècle. Bingham observe plusieurs différences entre les moines anciens et les ascètes; par exemple, que ceux-ci vivoient dans les villes , qu’il y en avoit de toute condition , même des clercs, et qu’ils ne suivoicn t point d’autres règles particulières que les lois de l’Eglise , au lieu que les moines vivoient dans la solitude, étoient tous laïques, du moins dans les commencements, et assujettis aux règles ou constitutions de leurs fondateurs. De là on a nommé vie ascétique, la vie aue menaient les chrétiens fervents.
Elle consisloit, selon M. Fleury, à
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pratiquer volontairement tous les exercices de la pénitence. Les ascétiques s’enfermoient d’ordinaire dans des maisons, où ils vivoient en grande retraite , gardant la continence, et ajoutant à la frugalité chrétienne des abstinences et des jeûnes extraordinaires. Ils pratiquoient la xéropbagie ou nourriture sèche, et les jeûnes de deux ou trois jours de suite , ou plus encore ; ils s’exerçoient à porter le ciliee, à marcher nu-pieds, à dormir sur la terre , à veiller une grande partie de la nuit , à lire assidûment l’Ecriture sainte, à prier le plus continuellement qu’il étoit possible. Telle étoit la vie ascétique : de grands évêques et de fameux doeteurs, entr’autres Origène, l’avoient menée. On nommoit par excellence ceux qui la pratiquoient , les élus entre les élus, ixXcxrav ixXsxroripot. Clément Alexandrin , Eusèbe, Hist., 1. 6, cap. 3. Fleury, Mœurs des chrétiens, 2® part. n. 26. Bingham , Orig., ecclés., lib. 7, c. I, § 6.
On conçoit que la vie ascétique telle que nous venons de la décrire , ne pouvoit manquer de déplaire aux protestants, et qu’il est de leur intérêt de la faire envisager comme un effet de l’enthousiasme de quelques chrétiens mal instruits. Ce fut , selon leur opinion, une erreur capitale , un système extravagant, qui a causé dans tous les siècles les plus grands maux dans l’Eglise. On distingua , dit Mosheim , les ■préceptes que Jésus-Christ a établis pour tous les hommes , d’avec les conseils auxquels il a exhorté seulement quelques personnes; on se flatta de s’élever , par la pratique de ceux - ci , à un degré supérieur de vertu et de sainteté, et de jouir d’une union plus intime avec Dieu. Dans cette persuasion , plusieurs chrétiens du second siècle s’interdirent l’usage du vin , delà viande , du mariage , du commerce; ils exténuèrent leurs corps par des veilles , l’abstinence , le travail et la faim; bientôt ils allèrent chercher le bonheur dans les déserts loin de la société des hommes. Ce travers d’esprit lui a paru né de deux causes ; la première fut l’ambition d’imiter les philosophes platoniciens et pythagoriciens, dont Porphyre
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a rendu les folles idées dans son Traité de V abstinence ; la seconde fut la mélancolie qu’inspire naturellement le climat de l’Egypte , maladie de laquelle étoient affectés les esséniens et les thérapeutes, qui avoient déjà mené cette vie triste et lugubre longtemps avant la venue de Jésus-Christ. De là, dit-il, elle passa dans la Syrie et dans les contrées voisines , dont les habitants sont à peu près du même tempérament que les Egyptiens; et dans la suite elle infecta même les nations européennes : telle a été l’origine des vœux , des mortifications monastiques , du célibat des prêtres , des pénitences infructueuses, et des autres superstitions qui ont terni la beauté et la simplicité du christianisme. Hist. ecclés. du second siècle, ‘2.’^ part., cap. 5, g H et suiv. C’est le langage de tous les protestants.
Ainsi, suivant leur opinion, c’est dès le second siècle, et immédiatement après la mort du dernier des apôtres , que le christianisme a commencé à se corrompre , à devenir un chaos d’erreurs et de superstitions; ce sont les disciples mêmes des apôtres qui ont préféré à la doctrine de leurs maîtres celle des philosophes païens , et qui ont fait dominer celle-ci dans l’Eglise. Et c’est ainsi que Jésus- Christ a tenu la promesse qu’il avoit faite d’être avec son Eglise jusqu’à la consommation des siècles. Quand on considère ce système des protestants, on est tenté de leur demander s’ils croient en Jésus-Christ.
.\u mot Co.xsEiLS EvancEliqoes, nous ferons voir que la distinction que les premiers chrétiens en ont faite d’avec les préceptes , n'a pas été une vaine imagination de leur part, et que Jésus- Christ l’a faite lui -même ; que c’est lui qui a dit qu’il y a quelque chose de plus parfait que ce qu’il a prescrit ou ordonné à tous les hommes, et qu’en le faisant on peut mériter une plus grande récompense. Ici nous avons à prouver ipic c’est encore lui qui a donné l’exemple (le la y\c ascétique, et que scs apôtres l’ont prati([uéc comme lui : les chréliens n’ont donc j)as eu besoin d’en aller chercher le modèle chez les philosophes
païens , ni chez les esséniens ou chez les thérapeutes juifs.
Jésus - Christ a loué la vie solitaire , pénitente, chaste et mortifiée de saint Jean-Baptiste , Matth., c. W ,ÿ. 8, vie ascétique, s’il en fut jamais ; il a pratiqué lui-même la chasteté, la pauvreté , la mortification , le jeûne , le renoncement à toutes choses , la prière continuelle ; tout cela cependant n’est pas commandé à tous les hommes : nous persuadera -t- on qu’il y a de l’enthousiasme et de la folie à vouloir imiter Jésus-Christ? Il dit qu’il y a des hommes qui se sont faits eunuques pour le royaume des deux. Matth., c. 19, 12. Il ap-
pelle bienheureux ceux qui pleurent ; il prédit que ses disciples jeûneront lorsqu’ils seront privés de sa présence ; il leur promet le centuple , parce qu’ils ont tout quitté pour le suivre, cap. 5, b; c. 9, ÿ. 15; c. 19, f. 29. Il ne reste aux protestants qu’à se joindre aux incrédules et à dire comme eux que Jésus- Christ étoit d’un caractère austère, fâcheux , mélancolique , comme les Egyptiens ; qu’il avoit été élevé parmi les esséniens , et s’étoit imbu de leur morale atrabilaire ; que le christianisme , tel qu’il l’a prêché , n’est propre qu’à des moines.
Ils auront encore le même reproche à faire à saint Paul : « Je châtie mon » corps et je le réduis en servitude, dit- » il , de peur qu’après avoir prêché aux » autres, je ne sois moi -même réprour vé. ï /. Cor., c. 9 , 27. t Ceux qui
» sont à Jésus-Christ crucifient leur chair » avec ses vices et scs convoitises. » Gâtât., c. 5, f. 21. Montrons - nous dignes ministres de Dieu , par la patience, par les souffrances , par le travail, par les veilles, par les jeûnes, "fetc. //. Cor., c. C,
i. 11 a loué la vie pauvre, austère et pénitente des prophètes. Ilebr., c. 11 ,
57. Nous avons cherché vainement tlans les commentateurs protestants des explications et des subterfuges pour es- (juiver les conséquences de ces jiassagcs; nous n’y en avons point trouvé ; no*i^:' serons forcé de les répéter aux mdts' AnsTiNENCE, Célibat, Jeune , Moium- CATiON, Moines , Voeu , etc., parce quo
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les protestants ont blâmé toutes ces pratiques avec la même opiniâtreté et toujours sans fondement.
Mais ils se flattent de répondre à tout par un seul passage de saint Paul , qui dit à Timothée, I. Tim., cap. 4, Ÿ. 7 : a Exercez-vous à la piété ; car les exer- » cices corporels sont utiles à peu de » chose , mais la piété est utile à tout ; » elle a les promesses de la vie présente I et de la vie future. » La question est de savoir si , par exercices corporels , l’apôtre entend la prière , le travail, les veilles, les jeûnes, etc., qu’il recomniandoit aux fidèles : dans ce cas l’apôtre se seroit contredit grossièrement, et nous demanderions encore ce qu’il faut entendre par s'exercer à la piété. Pour nous , qui craignons de mettre saint Paul en contradiction avec lui - meme , nous pensons que , par les exercices corporels, il a entendu la course, la lutte , le pugilat, le jeu du disque, et les autres exercices violents dont les Grecs et les llomains faisoient beaucoup de cas et beaucoup d’usage; que s'exercer à la piété *c'cil s’occuper de la prière , de la méditation , de la lecture , des louanges de Dieu, des veilles et des jeûnes, comme i’apôtre le recommande, et comme faisoient les ascètes de l’Eglise primitive : nous soutenons que ces exercices font partie de la vraie piété , à laquelle Jésus-Christ a promis les récompenses de la vie présente et de la vie future.
Matth., c. 19, î. 29.
A.SCTTES, ASCODRÜGITES , ASCO- DRUPITES, ASCODRÜTES. Foyez Mon-
TAXISTES.
ASÉITÉ , terme factice , dérivé du latin ens à se, être qui existe de lui-même, par la nécessité de sa nature. Cet attribut ne convient qu’à Dieu , il se l’est attribué lui -même, lorsqu’il a dit : « Je » suis l'Etre; vous direz aux Israélites : » Celui qui est m’a envoyé vers vous. » Exod., cap. 3, jf. 11. De cet attribut de Dic" s’ensuivent tous les autres. En effet , rien n’est borné sans cause : or , l’être nécessaire , qui existe de soi-même, ^n’a point de cause ; il est lui -même la cause de tout ce qui existe hors de lui : on ne peut donc le supposer privé d’au-
cune perfection , et aucune des perfections qui lui appartiennent par nécessité de nature ne peut être bornée. La raison pour laquelle tout être créé a des bornes, est que le Créateur a été le maître de lui donner tel degré de perfection qu’il lui a plu ; de là vient l’inégalité des êtres créés. Conséquemment les théologiens regardent Vaséité comme l’essence de Dieu, comme l’attribut qui le distingue éminemment de tous les autres êtres. Par là on démontre encore, contre les matérialistes , que la matière n’est point un être nécessaire , éternel , existant de soi-même , puisqu’elle a des homes, et qu’elle n’est certainement pas douée de toute perfection.
Malgré l’évidence de ce raisonnement, Reausobre a écrit que les anciens philosophes ne le concevoient pas ainsi ; que, selon leur sentiment, la nécessité d’être , ou l’éternité , n’emportoit pas toute perfection, et il a douté si les Pères de l’Eglise le concevoient mieux. Hist.
du Manich., 1. 5 , c. 3, § -i. Peu nous importe de savoir si les anciens philosophes raisonnoient mal; cependant Mosheim, dans sa Dissert, sur la création, a cité un passage d’Hiéroclès, qui prouve que ce platonicien comprencit très - bien les conséquences de l'aséité. Quant aux Pères de l’Eglise, Tertullieii, dans son livre contre Hermogène, c. l et suiv., a constamment raisonné sur le principe que nous venons d’établir , et il l’a développé en profond métaphysicien. Reausobre lui-même a cité un passage de saint Denys d’.\lexandrie , qui prouve que cet évêque a pensé comme Tertullien. Celui que Reausobre allègue de saint Augustin ne conclut rien , et l’on pourroit en citer vingt autres dans lesquels le saint docteur établit que l'être est le caractère propre de Dieu , qu’en lui l'être ou l’essence emporte toute perfection , qu’aucune perfection n’est distinguée de son essence , etc.
Il ne faut pas confondre, comme a fait Spinosa, l’être qui existe par soimême , per se, sans avoir besoin d’un sujet ou d’un suppôt dans lequel il subsiste, avec l’être qui existe de soi-même, à se , sans avoir aucune cause de son
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existence ; le premier de ces caractères est le propre de toute substance ; le second ne convient qu’à l’être nécessaire, qui est Dieu. C’est sur cette confusion des termes que Spinosa fonde son paradoxe , qu’il n’y a dans l’univers qu’une seule substance qui est tout.
ASIATIQUES, ASIE. Indépendamment de l’attachement opiniâtre des Asiatiques à leurs anciennes mœurs , on conçoit qu’il n’a pas été aisé de faire goûter la morale chrétienne à des peuples aussi livrés au luxe et à la mollesse. C’est là cependant que le christianisme s’est établi d’abord , et qu’il a fait des progrès rapides; VAsie mineure , la Syrie , l’Arménie , la Perse, ont vu éclore des prodiges de vertus dont on n’avoit pas seulement l’idée avant la naissance du christianisme. Il n’est presque pas possible de convertir aujourd’hui les Turcs qui habitent ces mêmes contrées ; les païens dévoient être pour le moins aussi vicieux et aussi opiniâtres que le sont les mahométans. Pline, dans sa lettre à Trajan , Lucien dans ses dialogues , Julien dans ses lettres, rendent témoignage aux vertus des chrétiens ; c’est une preuve que cette religion a fait dans les mœurs des peuples autant de changement que dans leur croyance. On ne peut en dire autant d’aucune autre religion de l’univers.
ASILE. Voyez Asyle.
ASIMA. Voy. Samaritain.
ASMODAI ou ASMODÉE , est le nom que les juifs donnent au prince des démons , comme on peut voir dans la paraphrase chaldaique sur l’Ecclésiastique, caj). \ . Rabbi Elias , dans son dictionnaire intitulé Thisbi , dit qu’ Asmodaî est lemêmequcSamaêl qui tire son nom du verbe hébreu snmad, détruire ; et ainsi Asmodaî signifie un démon destructeur.
ASPERSION, du latin aspergere , arroser. C’est l’action de jeter de l’eau çà et là avec un goupillon ou une branche de quelque arbrisseau.
Ce terme est principalement consacré aux cérémonies de la religion pour exprimer l’action du prêtre , lorsque dans l’Eglise il répand de l’eau bénite sur les
assistants ou sur les sépultures des fidèles. La plupart des bénédictions se terminent par une ou plusieurs aspersions. Dans les paroisses , Vaspersion de l’eau bénite tous les dimanches précède la grand’messe.
Quelques-uns ont soutenu qu’on dcvoit donner le baptême par aspersion ; d’autres prétendoient que ce devoit être par immersion , et cette dernière coutume a été assez longtemps en usage dans l’Eglise. On ne voit pas que la première y ait été pratiquée, si ce n’est peut-être lorsqu’il falloit baptiser un grand nombre de personnes en même temps. Voyez l’ancien Sacramentaire par Grandcolas, seconde partie , p. 71 , et l’article Purification.
Les païens avoient leurs aspersions , auxquelles ils attribuoientla vertu d’expier et de purifier. Les prêtres et les sacrificateurs se préparoient aux sacrifices par des ablutions; c’est pourquoi il y avoit à l’entrée des temples , et quelquefois dans les lieux souterrains , des réservoirs d’eau où ils se lavoient. Cette ablution étoit pour les dieux du ciel; car pour ceux des enfers , ils se contentoient de l’aspersion. Voyez Eau dêxite.
ASPHALTE, lac Asphaltile. Voyez Mer morte.
ASSIDÉENS ou HASIDÉENS, secte de Juifs , ainsi nommés du mol hébreu hhasîdim, justes. Les assidéens croyoient les œuvres de surérogation nécessaires au salut; ils furent les prédécesseurs des pharisiens , desquels sortirent les esséniens qui enseignoient comme eux que leurs traditions étoient plus parfaites que la loi de Moïse.
Serrarius , jésuite , et Drusius , théologien protestant, ont écrit l’un contre l’autre touchant les assidéens , à l’occasion d’un passage do Joseph , fils de Gorion. Le premier a soutenu que, par le nom d'assidéens , Joseph entend les esséniens, et le second a prétendu qu'il entendoit les pharisiens. Il seroit facile de concilier ces deux sentiments , en observant qii’assidéens a été un nom gclUTiipic donné à toutes les sectes des Juifs qui aspiroient à une perfection plus haute (pic celle qui étoit prescrite par la