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le? incrcdiiles en appelant ce zèle fanatisme, enthousiasme, intolérance, en font sentir la nécessité. La matière de ce sacrement est la chirotonie ou l'imposition des mains, et l’onction du S. Chrême qui est le myron des Grecs.
90. Sous les espèces ou accidents du pain et du vin , l’eucharistie contient le corps et le sang de Jésus-Christ ; telle a été dès l’origine la foi de l’Eglise. Conséquemment elle a condamné , i° tous ceux qui ont attaqué la présence réelle, les hérengariens , les pétroirusiens , les calvinistes nommés antiluthériens, arrhébonaires , énergiques ou énergistes , figuristes , sacramentaires , significatifs , giüingliens , capuciati, et qui ont disputé mal à propos sur le mot antitype.
2“ Ceux qui nient la transsubstantiation, les hxissites , ou frères de Bohême , les luthériens appelés impanateurs , consubstantiateurs , ubiquistes, adessénaires , les uns adiaphoristes ou indifférents, les autres anti-adiaphoristes , les pdleliers, etc., qui admettent tous dans l’eucharistie la consubstantiation.
3“ Ceux qui blâment l’adoration du S. Sacrement , rejettent le sacrifice de la messe et l’élévation de l’hostie, soutiennent qu’il n’y a point là d’immolation; l’Eglise enseigne la croyance contraire , atteste sa foi par la Fête-Dieu, par les dévotions de l’adoration perpétuelle des quarante heures, des bénédictions ou saluts, par le viatique porté aux malades et les fonctions de porte-Dieu.
4° Ceux qui ont changé la matière du sacrement , les artotyriles , les barsaniens ou sémidulites , les hydroparasles ou aquariens. C’est avec raison que l’Eglise latine SC sert de pain asyme, ou pain à chanter, malgré les clameurs des Grecs que nous nommons fermentaires , comme il nous appellent azymites.
5® Ceux qui soutiennent la nécessité de la communion sous les deux espèces , de la coupe ou du calice , et qui ont été nommés calixtins; il seroit injuste que les abslèmes fussent privés de la participation à la table du Seigneur.
G® Les stcrcoraiiistcs dont les incrédules atlribuent mal à propos l'erreur auxcutlioliqucs.
L’Eglise n’approuve aucun des excès dans les(iuels on est tombé pour ou contre la communion fréquente; souvent elle a puni des clercs coupables en les réduisant
à la communion laïque ou à la communion étrangère.
91. 11 importe peu que la pénitence soit nommée métanoca, réconciliation, repentance, etc., pourvu que l’on convienne que c’est un sacrement qui remet les péchés et les efface. Il exige les actes du pénitent, qui sont la contrition ou au moins l’attrition , qui nait de la crainte filiale , la confession auriculaire, ou exhomologèse, et I;> satisfaction. Ces actes supposent l'examen de conscience , et la contrition ou componction renferme le ferme propos ou la résolution de ne plus pécher. Le sacrement opère son effet par l'absolution , conçue en forme judiciaire ou en forme déprécative. Pour absoudre validement , le prêtre a besoin de pouvoirs ou d'approbation, et ces pouvoirs peuvent être limités par les cas réservés, ou ôtés en certains cas par l’interdit ou l'interdiction. La satisfaction e.xigc toujours la restitution et la réparation du dommage causé au prochain.
92. Dans la pratique de la pénitence , l’Eglise n’admet ni le relâchement , ni la rigueur des novatiens, des montanistes , des lucifériens , des hofmanistes, ni la prétendue consolation des albigeois. Quoiqu’elle approuve les anciens canons pénitentiaux , ou règles du pénitentiel, la pénitence publiqueusitée autrefois, elle soutient que cela n’est pas absolument nécessaire; conséquemment elle admet les pardons ou indulgences plénières ou limitées , les bulles et brefs de la pénitencerie qui les accordent , le jubilé et les stations; elle ne condamne point l’indulgence de portioncule. Elle ordonne un secret inviolable, et recommande la prudence aux confesseurs , aux directeurs deconscience, aux pénitenciers; elle déplore le malheur des pécheurs qui meurent dams. l'impénitence.
93. L'extrême- onction est destinée à effacer les restes du péché, à fortifier les malades, à leur adoucir les angoisses de l'agonie et de la mort ; c’est dans le meme dessein que l’on a établi les prières et les confréries des agonisants.
94. Pur le sacrement de l’ordre, par la chirotonie ou l’imposition des mains que l’on nomme l'ordination, l’Eglise consacre à Dieu des ministres ilu culte divin , des évêques, des prêtres , des diacres, des sous-diacres ; c’est ce (|u'on nomme les ordres majeurs , les trois premiers forment la hiérarchie. Il est constant , parmi les théologiens catho-
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liques , queVêpiscopat est un sacrement et un ordre différent du simple sacerdoce , il en est de même du sous-diaconat ; mais que l’état des diaconesses n’étoit ni un ordre ni un sacrement.
Les ordres mineurs â’acolythe, de lecteur, A’ exorciste, de portier, sont destinés à maintenir la décence du culte divin; quoique les énergumènes , les possédés et les obsédés ne soient pas aussi communs aujourd’hui qu’aulrefois , il ne s’ensuit pas que les possessions ou obsessions aient été des maladies naturelles , et que les exorcismes soient des abus.
95. Par les ordres l’Eglise donne la mission à ses ministres et établit leur succession; pour tous elle exige la vocation, y prépare les simples clercs par la tonsure et par les exercices des séminaires.
On a disputé sur la validité des ordinations anglicanes et du rit de l’ordinal des Anglois, l’Eglise a suffisamment décidé la question en obligeant les anglicans qui rentrent dans son sein à une réordination.
Le sacrement de mariage est nécessaire pour perpétuer la société des fidèles , la bénédiction nuptiale pour sanctifier les engagements des époux , pour rendre les devoirs des pères , des mères , des enfants , plus sacrés ; les fiançailles pour y préparer. On doit donc proscrire la polygamie et le divorce, mais les secondes noces n’ont rien d’illégitime. Aussi l’Eglise a également condamné d’un côté la licence des barallots , des communicants, des polygamistes, etc.; de l’autre la témérité de ceux qui condamnoienl le mariage des abstinents nommés abélites , agynnicns , apostoliques , apolaciiqu.es, des latianistes , encralistcs ou cathares, dosithéens , hiéracites, lucianistes , des priscillianistes , des eusthathiens , qu’il ne faut pas confondre avec les partisans A’Eustalhe, patriarche d’Antioche. Elle n’approuve plus les mariages contractés avant l’âge de puberté, elle veut que les femmes ne soient pas censées des esclaves.
Morale chrétienne.
07. C’est principalement par la sainteté et paj la sublimité de la morale que l’on démontre la divinité du christianisme.
Cette morale enseignée dans l’Evangile prescrit toutes les vertus , et proscrit tous les vices , établit clairement tous les de- 'oirs de l’homme envers Dieu, envers le prochain, envers lui-méme, réprime toutes
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les passions en défendant non - seulement les actions criminelles, mais les pensées et les désirs qui tendent au crime, même les péchés d’ommion , surtout le scandale ou les mauvais exemples. Elle réduit tous nos devoirs à deux grands préceptes, savoir celui de l’oTnowr de Dieu , et celui de l’amour du prochain; elle ne se contente pas des sentiments habituels des différentes vertus, elle veut que nous en fassions des actes et que nous prouvions nos sentiments par nos bonnes œuvres. Elle développe ainsi et perfectionne la morale naturelle qui n’a jamais été bien connue avant la publication de l’Evangile.
98. Entre les vertus , celles que l’on nomme théologales tiennent le premier rang : ce sont la foi , l’espérance et la charité. La foi est un hommage que nous devons à la véracité souveraine de. Dieu , lorsqu’il daigne nous instruire; elle exclut non-seulement l’incrédulité , l’infidélité, l’apostasie et l’hérésie , mais le doute ou le septicisme volontaire , l’indifférence entre la vérité et l’erreur , la profession des religions particulières fausses.
L’espérance chrétienne est fondée sur les promesses de Dieu, sur sa vérité ou fidélité à les accomplir, sur les mérites de Jésus- Christ; cette confiance tient le milieu entre la présomption et le désespoir , entre la témérité de tenter Dieu et la défiance de sa bonté; elle bannit la crainte excessive , les scrupules mal fondés , la mélancolie religieuse ; procure la paix intérieure et la joie du St. -Esprit.
On entend par la charité non-seulement l'amour de Dieu , mais encore l’amour du prochain. Sous le premier aspect cette vertu renferme la reconnoissance envers Dieu, la soumission et l’obéissance à ses ordres , la résignation à ses décrets. .Sous le second elle s’étend plus loin que la justice, puisqu’elle renferme l’humanité et la pitié; elle ne commande pas seulement l’oumdne, mais toute espèce de bienfaisance , bannit la haine , la malignité , la jalousie.
^99. Ce n’est passons raison que l’on place immédiatement après les vertus théologales la religion; celle-ci renferme la piété ou la dévotion; d’un coté elle condamne toute espèce d’impiété, comme le blasphème, les jurements , les livres écrits contre la religion, l'irréligion, l’irrévérence à l’égard des choses saintes, leur profanation , le parjure, le sacrilège , la simonie; de l’autre
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elle réprouve l’hypocrisie , la superstition et foutes ses pratiques , comme les ordalies ou épreuves superstitieuses , le pain conjuré, les prétendues sciences secrètes, l'art des esprits , les arts de S. Paul, les sorts des saints , la sorcellerie et la magie, la divination, l'idolâtrie, l’usage des idolothytes ou viandes immolées , etc. Mais la religion ne défend point toute espèce de serment.
100. De tout temps les moralistes ont distingué quatre vertus principales ou cardinales : la prudence, la justice, la force et la tempérance ; mais ils n’en ont pas développé les devoirs aussi parfaitement que l’Evangile. Par la prudence , ils entendoient principalement la sagacité à démêler nos véritables intérêts pour ce monde ; par cette vertu, au contraire, l’Evangile entend la précaution à éviter ce qui peut mettre en danger notre salut ou celui des autres, sans exclure la simplicité chrétienne.
La justice évangélique proscrit fout ce qui peut blesser le prochain et lui porter du préjudice, soit dans sa personne, comme le meurtre ou l'homicide , sous lequel sont compris le parricide , l'infanticide, et toute espèce de violence; soit dans ses biens, comme le vol , la fraude , les ravages , l’usure; soit dans son honneur , comme la calomnie, la médisance, les outrages, le mépris ; soit dans son amour pour la vérité, qui lui fait détester l’imposture , le mensonge, même les fraudes pieuses et la patterie, mais qui exige la candeur et la sincérité; soit dans scs vertus, par le scandale : par conséquent la justice exige les restitutions ou les réparations, lorsque le droit d’autrui a été blessé.
Sous le nom de /brcc. l’Evangile commande non-seulement la patience dans les peines et la persévérance dans le bien , mais l’amour des souffrances ; il n’est pas vrai qu’il nous ordonne l'apathie des stoïciens, condamne le suicide, ni qu’il nous interdise la défense de nous-rnémes.
La tempérance chrétienne ne se borne point à condamner la gourmandise, à prescrire la sobriété , elle va jusqu’à recommander l’abstinence, elle jeûne; non-seulement elle interdit les crimes opposés a la chasteté, tels que la fornication, l'adultère, l’inceste , la sodomie , la pédérastie , la bestialité; mais l’Evangile a mis en honneur la continence , les vierges cl la virginité; ii nous fait sentir les dangers du hixc , des spectacles , de la lecture des romans et des ,
livres obscènes ; sans nous ordonner le sac ou le cilice, les flagellations ni les excès des flagellants.
101. De même qu’il y a des vertus principales desquelles les autres sont des conséquences , il y a aussi des vices ou péchés que l’on nomme capitaux ; l’Evangile n’en souffre et n’en excuse aucun. Il réprime 1° l’orgueil, la vaine gloire , l’amour-propra excessif, l’ambition des honneurs; il nous ordonne la modestie , l’humilité, même l’amour des humiliations. 2° L’avarice ou l’attachement aux richesses ; il commande le désintéressement et l’aumône, sans approuver la prodigalité. 3° La luxure ou la volupté, et ses suites dont nous avons parlé. 4° La gourmandise , et tout ce qui est opposé à la tempérance , sans nous ordonner des austérités ou mortifications excessives. 5° L’envie et la jalousie, passion très-différente de l’émulation. 6® La colère, la vengeance , les disputes et les procès ; il nous commande la douceur et même l’obéissance envers les maîtres dyscoles. 7® La paresse et l’oisiveté , en nous prescrivant le travail, et en nous apprenant à le sanctifier.
102. A ces lois sages l’Evangile ajoute les conseils de perfection que l’on nomme les huit béatitudes , et nous exhorte aux bonnes œuvres de surérogation.
103. Aussi l’Eglise a condamné avec autant de sévérité les corrupteurs de la morale , que ceux qui altéroient le dogme. Elle a proscrit d’un côté les faux rigoristes, comme les novatiens , les montanistes nommés phrygiens, cataphryges, pépusiens , quintiliens , passalorynchiles, les familisles, les majorités, les massaliens , les saccophores , les eunuques ou valésiens qui se mutiioient, etc. De l'autre les enthousiastes et les faux spirituels , comme les quakers ou prophètes, les quiétistes, bourignonistes, bohmisles , euchites , hernhutes, frères blancs, joachimistes , labadistes, méthodistes , piélistes , les hcsychastes et les fauteurs do rinaetton ; elle n’approuve point Indifféremment les illaps ou extases, les prétendues transformations , les ligatures , etc. Elle a exclu de son sein les sectes licencieuses, ceux que l’on a nommés adamites , amsdorfiens , antinomiens, beggards et béguins, borborites, carpocratiens ou harpocratiens , condormans, davidiques, docètes, dulcinistes , ethicoproscoptes , floriniens , gnostiqurs , hélicites , hoinmes d'intelligcncc, hutites. illuminés, incestueux.
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latitudinaires , libres, libertins , mamillaires. marciles, molinosistes , nicolaües , oingts, opinionistes , paterniens , rhéloriens, segaréliens, sinistres, turlupins. Elle a réprimé les opinions des probabilistes et des casïiistes relâchés.
104. C’est donc injustement que les ennemis du christianisme l’accusent de nourrir le fanatisme, de relâcher les liens de la société, de ne point commander V amitié, de défendre la profession des armes, les fonctions civiles, le commerce; de déprimer les sciences et les arts , comme des occupations mondaines; d’avoir nui au progrès des lettres. Aucune autre religion n’inspire autant de zèle pour établir des écoles et surtout des écoles de charité. D’autres , avec aussi peu de raison , lui reprochent d’autoriser l’abus de la puissance politique, d’approuver la guerre, etc., et aux prédicateurs d’avoir banni de la chaire la morale naturelle , humaine et sociale.
Culte religieux du clirislianisme.
105. Le culte religieux consiste principalement dans les sentiments intérieurs d’adoration , d’amour , de reconnoissance envers Dieu ; on les entretient par la méditation nommée oraison mentale ou contemplation, par les oraisons jaculatoires; l’habitude de s’y exercer est appelée vie intérieure, et l’on a quelquefois appelé phrontisles ou méditatifs ceux qui ont celte habitude , et bigots pac un mépris injuste. Mais le culte intérieur a besoin d’élre excité par le culte extérieur , par les rites ou cérémonies , et la pompe de ce culte n’est pas blâmable.
106. Selon les divers objets auxquels le culte est adressé , l’on distingue le culte de latrie, ou culte suprême rendu à Dieu seul et à Jésus-Christ Dieu ; le culte de dulie rendu aux saints, et l’hyperdulie , ou culte plus profond rendu à la vierge Marie, mère de Dieu.
107. Un point de croyance de l’Eglise catholique est qu’il est permis et louable d’honorer les saints, de les tntioquer, de compter sur leur intercession, d’honorer même leurs images et leurs reliques, tirées des catacombes ou d’ailleurs , leurs corps incorrupts, etc. Elle a condamné autrefois les iconoclastes et les iconomaques, ([ui nommolent les catholiques iconolûtres ; ell(î a loué le zèle des abrahamites , moines mis à mort en haine de ce culte, contre lequel
on ne peut tirer aucune conséquence des livres carolins. Les actes des saints ont été recueillis par les bollandistes , avec plus de sagesse que n’en avoient eu les anciens légendaires; mais nous ne sommes pas obligés de croire tout ce qui est rapporté dans les légendes, ce qui est dit des piètres d’Achaîe dans les actes de St.-André , la 7éronique, etc. Les bulles de béatification et de canonisation des saints ne sont point répréhensibles.
108. A plus forte raison devons-nous honorer la sainte Vierge, par respect pour Jésus-Christ même ; en la nommant Notre- Dame, nous ne prétendons point l’égaler à Notre-Scigneur. L’Eglise a justement condamné les antldico-marianitesou helvidiens, ennemis de ce culte; les nestoriens, qui refusoient â Marie le titre de mère de Dieu; les disciples de Jovinien , qui contestoient sa vii'ginité perpétuelle; mais elle n’a point approuvé la superstition des collyridiens. Conséquemment elle célèbre la conception immaculée de Marie , comme les Grecs qui la nomment ponachrantc , sa nativité, sa présentation, S9 visitation, sa. compassion , son assomption, malgré ce qui est dit de son sépulcre, et la fête de son saint nom ; elle applaudit à la dévotion des fidèles qui' récitent la salutation angélique ou l’ave Maria, le chapelet, \e rosaire, le salve, etc.
109. On ne doit donc pas blâmer les confréries ou congrégations érigées à l’honneur de la sainte Vierge ou des saints , comme celle du consorl, de Milan , celle du scapulaire, celle du cordon de St.-François , la fête de ses stigmates, les neuvaines, les pèlerinages.
Quant au culte de la croix et du crucifix, aux fêtes de l’invention et de l’exaltation de la Ste. Croix, il est évident que tout cela se rapporte à Jésus - Christ même, et n’a rien de commun avec l’entêtement des staurolàtres ou chazinzariens.
1 10. Le culte extérieur renferme la prière, soit particulière, soit publique; celle-ci se nomme liturgie, service ou office divin. Dans les dilférentes parties de l’Eglise il se célèbre selon dilférents rites; ainsi l’on a distingué le rit grec , le rit latin , le romain et le gallican, le rit mozarabique, cophte ou cophtique , arménien, malabare. On y a toujours mêlé le chant , soit ambrosien , soit grégorien , mais il n’a jamais été nécessaire de le célébrer en langue vulgaire; on appelle ruhrique les rites qu’il y faut observer.
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111. Dans l’Eglise ratholiqiie, la partie principale du service divin est le saint sacrifice delà viesse, nommé autrefois synaac. On y distingue l’tnlrofl , les Kyrie , le cantique des anges ou gloria, les collectes, Yépitre, le graduel, Yalleluia, le trait, la prose, Yévangile, le symbole de Nicée, Y offertoire, les secrètes, la préface, quelquefois nommée illation, le trisagion, le canon, la consécration , les memento, Yoraison dominicale, Yagnus Dei , la communion et la post-communion, la bénédiction du prêtre , le mol amen que l’on répond à la fin des prières.
112. Le reste de l’office divin , soit du jour, soit de la nuit, est partagé en sept heures canoniales, qui sont matines et laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies que les Grecs nomment apodipne. I.es laudes sont censées faire partie de matines ou ténèbres; et celles-ci sont ordinairement partagées en trois nocturnes. On y distingue Yinvitatoire , les hymnes, les antiennes, les psaumes, la doxologie, les versets , les bénédictions, les leçons , les répons, les réclames, le te Deum, les capitules, les cantiques, les oraisons, les commémorations, les suffrages, les litanies.
1 13. Dans ces divers offices , les personnes qui contribuent à la cérémonie ont difïérents noms ; il y a le célébrant ou officiant, l’assistant , le diacre, le sous- diacre , les induts, les acoîyles , céroféraires ou portecierges , le thuriféraire, les choristes, le porte-croix, les enfants de choeur. Chez les Grecs, on connoit un protapostolaire , un lampadaire , les hydromites , un paraphronislc, etc. Ils ont aussi des noms particuliers pour désigner plusieurs parties de l’office, comme apolitique, hymne chérubique, hirme, idiomèle, mucarisme , menées , triodion , tétraodion, tropain ou tropaire, etc., triadique , etc.
ll-i. Les prières, les offices, le chant, les rubriques, sont renfermés dans dilïércnts livres que l’on nomme antiphonaire, bref, directoire ou ordo , bréviaire, cérémonial, diurnal, cuchologe ou heures, rpistolier , évangile ou texte, graduel, missel, pontifical , processional , rational, rituel, sacramentaire. Les Grecs en ont d’autres qu’ils appellent anl/iofoyc, horologion, ménologc , paraclétique , synaxarion . typique.
1 là. Il y a dilïérentcs cérémonies dont les unes sont plus communes, les autres plus
rares : les bénédictions de Y eau, du feu, da pain bénit, du cierge pascal, des agnus Dei, des femmes après leurs couches , des drapeaux militaires, des cloches, des aliments ou eulogies; les oblations, oblata ou offrandes , les colybes des Grecs ; les génuflexions, les prosternations , les processions, les exorcismes , adjurationsMu conjurations. la cène ou le lavement des pieds , la consécration des églises et des autels, l’alphabet, le sacre des rois et des évêques , la cérémonie des particules chez les Grecs , etc.
116. Les lieux consacrés au culte divin sont les temples, églises ou basiliques , dont les unes sont caf/iédraici ou métropolitaines, les autres collégiales, paroissiales, succursales ou annexes; les chapelles, les proseuches ou oratoires , les cimetières ; on nommoit autrefois titres les églises paroissiales.
117. Dans les églises on distingue le ianctuaire , les autels, la chaire ou la prothèse des Grecs, le trône de l’évêque, Yapsis, la nef, l’ambon ou jubé , la chaire du ptédicateur , le baptistère ou les fonts baptismaux , les confessionaux , les niches , le vestiaire , revestiaire ou sacristie.
118. Parmi les vases, instruments ou meubles qui servent au culte divin , il y a des vases sacrés, comme calice, disque ou patène, ciboire, pixide ; d’autres qui ne le sont point, comme les soleils et les burettes; des linges sacrés , nommés corporaux, purificatoires , des nappes d’autel appelées antimenses et aplomes, des pales; la nappe do communion est aussi appelée dominicale. Les tabernacles , les chandeliers , les herses, le lutrin, les dais ou poêles, les gonfalons ou gonfanons , bannières ou porlifuria , les châsses ou fiertés , le brandeum, les encolpes ou reliquaires , les chapelets ou patenôtres, les cloches auxquelles les Grecs ont suppléé par Yhagiosidère et le simadiri.
119. On distingue les jours parliculièrcment consacrés au service de Dieu , qui sont les dimanches et les fêtes , d’avec les fériés; parmi les fêtes, les unes sont mobiles , les autres fixes et non mobiles ; toutes sont marquées dans le calendrier, lielativement au degré de solennité, on appelle lc.s unes annuelles, les autres solennelles ; on distingue les ollices doubles , semi-doubles , simples , le? veilles ou vigiles, les octaves; on remarque leur concurrence ou leur occurrence.
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120. Outre les fêtes des mystères dont nous avons déjà parlé , les plus solennelles sont Pâques, YÂscension , la Pentecôte, la Fête-Dieu, les encênies ou la dédicace des églises , la fête de leur patron , la Toussaint. Les dimanches de l’avent , de la sepluagésime nommée par les Grecs apocréas et azote, la sexagésime , la quînquagésime , ceux du carême ou quadragésime , de la passion , des rameaux, de quasimodo, sont marqués spécialement, de même que le mercredi des cendres, la semaine-sainte , le jeudi saint ou absolu , parce qu’on y fait l’absoute , les quatre-temps , les rogations. Autrefois pendant le temps quadragésimal on observoit la xérophagie. L’Eglise a sagement supprimé les indécences de la fête des fous , de l’àne , etc.
Discipline du chrislianisme.
121. Pour conserver Je dogme, la morale, le culte du christianisme sans altération, il a fallu des lois de dwapit'ne; le recueil de ces lois est le droit ecclésiastique ou canonique, mais en plusieurs choses il tient à la théologie. C’est aux théologiens de prouver que l’Eglise a reçu de Jésus- Christ le pouvoir de faire des commandements, qu’ils obligent les fidèles en conscience , sans avoir la force coactive ; que l’Eglise a le droit d’infliger des peines spirituelles , des censures , V excommunication, la suspense , l’interdit , de déclarer certaines personnes irrégulières , que la hiérarchie , la distinction entre les ecclésiastiques ou le clergé, et les laïques, est de droit divin , etc. 11 n’est pas nécessaire pour cela de croire ce que les Grecs publient de leurs hroucolacas, ntoupi, ou excommuniés.
L’irruption des Barbares dans l’Occident et d’autres événements ont introduit des changements dans la discipline, ont donné lieu à des abus, comme au rachat des autels, etc.
-122. Mais de tout temps l’Eglise a condamné les indépendants , ceux qui se ré- Vültoient contre ses lois , comme les léviifques, branche des nicolaïles, les aériens, les agonyclites , les ny ctages , les érastiens, les consobabdites , et autres nommés pélrobusiens , henriciens , cornarisles , vaudois , picards, ensabatés , runcaires , patarins , vd défi tes , hussites , tabnriles et orébiles , frères bohémiens , pastoricides , protestants, camêroniens , brotcnistcs , anglicans ,pres-
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bytériens, puritains, laïcocéphales , etc.
La discipline qu’ils ont établie parmi eux , leurs synodes , leurs proposants-ministres , surintendants , etc., n’intéressent pas beaucoup un théologien catholique.
123. Jésus-Christ lui-même a établi des pasteurs pour gouverner son Eglise. A leur tête est placé le pape ou souverain pontife, vicaire de Jésus-Christ sur la terre, qui a de droit divin non-seulement la primauté, figurée par les clefs du royaume des deux, mais une autorité de juridiction, sur tout le corps de l’Eglise et sur les membres, autorité réglée par les canons , et qui ne s’étend point sur le temporel des rois. Le siège de St.-Pierre , qu’il occupe, est justement nommé le S. Siège, le Siège apostolique, et sa succession n’est pas douteuse. La «tare dont quelques auteurs lui ont fait un crime est un symbole très-indilTérent ; ses rescrits ou décrets sont appelés bulles, brefs apostoliques , constitutions; il a établi des congrégations et des consulleurs pour s’aider de leurs lumières.
Plusieurs papes ont été faussement accusés , Libère d’avoir signé l’arianisme , St.- Grégoire d’avoir fait brûler les livres , Zacharie d’avoir condamné ceux qui soutenoient l’existence des antipodes. Les protestants ont publié des fables sur une prétendue papesse Jeanne et sur la chaise percée; personne n’y croit plus. 11 y a eu plusieurs antipapes.
124. L’épiscopat et les évêques sont d’institution divine , leur juridiction ne s’étend point au delà de leurs diocèses, mais leurs mandements obligent leurs diocésains. Les privilèges et la prééminence de certains sièges, la distinction des patriarches, dèsprimats , des archevêques ou métropolitains, des protothrones , des aulocéphales, des corévêques ou co-évêques , des évêques in partibus , des intercesseurs , des métrocomies , etc., sont de pure discipline, appartiennent au droit canonique plus qu’à la théologie. U en est de même des prélalures, des prélats régionaires , des périodeutes , des syncelles et prolosyncelles , des déjcnseurs , des archi-prétres , etc.
125. Outre les évêques il a fallu des pasteurs du second ordre , qui furent d’abord nommés anciens, et ensuite papas par les Grecs; des curés ou recteurs de paroisse, et (les vicaires , des sous - vicaires , des porte-Dieu , (les clercs pour les aider dans leurs fonctions.