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faire sentir à nos premiers parents les suites terribles de leur péché , l’excès des misères auxquelles étoit condamnée leur postérité. 2° La destinée d'Abel démontre que les récompenses de la vertu ne sont pas de ce monde. Dieu avoit dit à Caïn , pendant qu’il méditoit son crime : a Si tu fais bien , n’en recevras-tu pas la » récompense ? Si tu fais mal , ton péché » s’élèvera contre toi. » Cependant Abel reçoit pour toute récompense de sa piété une mort violente et prématurée. Dieu a donc accompli sa promesse dans une autre vie. Selon saint Paul, Abel, par sa foi, a offert à Dieu de meilleurs sacrifices que Caïn ; par là il a mérité le nom de juste; Dieu lui-même a rendu témoignage à ses offrandes, et par cette foi il parle encore après sa mort. Hebr., c. 1 1 , ÿ. 4.
Quelle a pu être la foi d'Abel, sinon une ferme croyance à la vie future ? Le témoignage que Dieu lui a rendu seroifc illusoire , si la piété d'Abel étoit frustrée de toute récompense. L’indulgence avec laquelle Dieu traite Caïn après son crime scroit un nouveau sujet de scandale.
Foyez Caïn.
‘"Comme saint Cyprien , L. de bonopatientiœ, a loué y/èeZ de ne s’être pas défendu contre son frère, et d’avoir ainsi donné un prélude de la constance des marrfrs et de la patience des justes, Barbeyrac accuse ce Père d’avoir détruit par là le droit naturel d’une juste défense de soi-même ; Traité de la morale des Pères, c. 8 , § 41 .
Mais le droit de se défendre et \'obli~ gation de le faire , est-ce la même chose? Barbeyrac convient que non ; qu’il y a des cas dans lesquels un juste peut êfro louable de se laisser mettre à mort, plutôt que de tuer l’injuste agresseur; il donne pour exemple Jésus-Christ et les martyrs. La question est donc de savoir si Abel n’a pu avoir aucun motif louable de SC laisser ôter la vie : or, nous soutenons que le dessein de laisser à sou frère le temps de faire pénitence, de donner à scs propres enfants un exemple de palioncc , de remettre à Dieu seul le soin de la vengeance, est un motif très-louable, et que saint Cyprien n’a pas eu tort de
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le louer. Voyez Défense de soi-mêjie,
ABÉLIEISS, ABÉLOITES, secle d’hérétiques assez obscurs et en petit nombre, qui olit subsisté pendant quelques années auprès d’IIippone en Afrique.
Quoique mariés , ils s’abstcnoient de tout commerce conjugal avec leurs femmes.
Le motif de cette conduite bizarre étoit probablement d’imiter la chasteté d’Abel, que l’on suppose n’avoir jamais eu d’enfants. Mais, outre l’incertitude de ce fait , il auroit été plus simple de s’abstenir du mariage. Cette continence mal entendue ne pouvoit manquer de produire bientôt du désordre dans un climat tel que l’Afrique. Quels qu’aient pu être leurs motifs , ils ne valoient pas la peine que plusieurs écrivains se sont donnée pbur les deviner. S.Aug.,deIIœr.,x\. 87.
Mosbeim , Jlist. Ecclésiast., 2' siècle, 2“ part., c. S , n. 18, a pris les Abéliens pour une secle de gnosliques. Il nous paroît qu’il s’est trompé. Saint Augustin parle de ceux d’Afrique comme d’une secte qui venoit de s’éteindre , et qui n’avoit pas duré longtemps.
ABGABE , roi d’Edesse , ville de la Mésopotamie, est connu dans l’histoire ecclésiastique par ce que Eusèbe en rapporte, liv. 1, c. 13; il dit que ce roi écrivit à Jésus-Christ pour le prier de venir le guérir d’une maladie : que le Sauveur lui lit réponse et promit de lui envoyer un de ses disciples; qu’après l’ascension , saint Thomas envoya en effet saint Thadée, qui guérit Abgare et convertit la ville d’Edesse. Eusèbe rapporte la letirc et la réponse, et prétend les avoir tirées des archives de la ville d’Edesse.
De savants critiques ont regardé ces deux pièces comme supposées; Tillemont, Cave et d’autres, les reçoivent comme authentiques, et répondent aux difficultés qu’on leur oppose. Mosheim n’oseroit garantir l’aulhenlicité de ces deux lettres ; mais il ne voit aucune raison de rejeter l’iiisloire qui y a donné lieu. D’autres protestants plus hardis s’inscrivent également en faux contre l’histoire et contre les lettres; mais ils n’allèguent que des preuves négatives.
Il n’csl pas fort nécessaire à un théo-
logien de prendre parti dans cette dispute, qui est dans le fond très-indifférente à la religion chrétienne. On ne fonde sur ce monument aucun fait, aucun dogme, aucun point de morale, et c’est pour cela même qu’il ne paroît pas probable que l’on ait fait une supercherie sans motif. La lettre d’Abgare pourroit fournir une preuve de plus de la réalité de l’éclat des miracles de Jésus-Christ ; mais nous en avons assez d’autres pour pouvoir aisément nous passer de celle-là.
Voyez les notes Variorum sur VHist.
E celés. d’Eusèbe, elTillemonl, tom. I, pag. 560 et suiv.
ABIATHAR, fils d’Achimelech , fut le dixième grand-prêtre des Juifs, depuis Aaron. 11 est dit, I. Eeg.,c. 22, f. 18 et suiv., queSaül ayant appris qu’Achimelech avoit fourni à David des vivres et une épée, fit massacrer ce sacrificateur et tous ceux de la ville de Kobé, au nombre de qualre-vingl-cinq hommes, et fit pa^er tous les habitants de celle ville au fil de l’épée ; qu’un fils d’Achimelech, nommé Abiathar, se sauva auprès de David , qui le prit sous sa protection. De là on a conclu qu’il y eut alors deux grands-prêtres ; savoir : Sadoc dans le parti de Saûl, et Abiathar dans celui de David. Sous le règne de Salomon , Abiathar, s’étant attaché au parti d’Adonias , fut privé du sacerdoce et relégué à Analholh.
Mais il est dit dans saint Marc, c. 2, f. 26, que le fait de David arriva sous le grand-yrêlre Abiathar. Comment cela s’accorde-l-il avec le premier livre des Rois qui nous apprend que ce fut sous Achimelech ?
On répond ordinairement, 1® que, sous le règne de Saül , A bialhar exerçait déjà le souverain sacerdoce -conjointement avec son père , et que cela s’est vu plus d’une fois; qu’ainsi l’évangéliste a pu nommer l’un ou l’autre indifl’éremment. 2” Que comme Abiathar a été revêtu de celte dignité pendant tout le règne de David, et même pendant la première année de Salomon , il étoit plus convenable de le nommer que son père.
Mais un auteur anglois , nommé ton, a résolu autrement cette difficulté;
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il soutient qu’Achinielech, et son fils Ahiathar, dont il est parlé dans le livre des Rois , ne sont point deux grandsprêtres, mais de simples sacrificateurs, aussi bien que les autres prêtres de la ville de Nobé , que Saül fit mourir. En effet, ni l’un ni l’autre ne sont appelés grands-prêtres , mais seulement Sacrificateurs, et il n’est pas probable que Saül eût osé faire massacrer deux grandsprêtres. Wiston prétend encore qu’il y a eu deux grands-prêtres nommés Ahiathar, l’un sous Saül , et qui étoit frère d’Achimelech ; l’autre sous David et sous Salomon , et qui étoit fils d’Achimelech ; mais qu’ils ne sont point les mêmes personnages que les sacrificateurs de Nobé dont il est question dans le 21® chap. du 1®® livre des Rois. Voyez la bible de Chais sur cet endroit.
ABISME , ou plutôt Abysme , formé d’a privatif et de fiùaeoi, fond; il signifie sans fond. Ce mot se prend dans l’Ecriture, 1° pour l’immensité des eaux qui cnvironnoient le globe de la terre au moment de la création, et avant que Dieu les eût renfermées dans un même lit. Genes., c. 1, 2 et 9. 2® Pour la mer; en
parlant du déluge , il est dit que les sources du grand abimeiurenl rompues, c’est-à-dire, que la mer sortit de son lit. Genes. c. 7, 1 1 . Au sujet des Egyptiens
submergés dans la mer Rouge , Moïse dit qu’ils ont été couverts par les abîmes. Exod., c. 15, % 5, etc. 5® Pour les lieux les plus profonds de la mer. Eccli., c. 1, 2. 4® Pour l’enfer. Il est repré-
senté comme un gouffre placé sous les eaux et vers le centre de la terre, dans lequel sont renfermés les impies , les géants qui ont fait trembler les peuples, les rois de Tyr, de Babylone, d’Egypte, toujours vivants, et portant la peine de leur orgueil et de leur cruauté. Isaïe, parlant de la mort du roi de Babylone, lui adresse ainsi la parole : t Tou arrivée » a troublé les enfers, aévcillélesgéanls;
» les rois des nations se sont levés de » leurs sièges : ils te diront : Te voilà » donc blessé aussi bien que nous, et dep venu semblable à nous; tou orgueil a » été [irécipité aux enfers, ton cadavre » est tombé ; il sera la proie de la pour-
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* rilure et des vers, etc. > Isaxe, c. 14,
9 et suiv. Ezéchiel dit la même chose du roi de Tyr, chap. 28, 8; du roi
d’Egypte et de ses sujets , c. 52 , ^. 18 et suiv. V abîme est aussi pris pour l’enfer dans l’Apocalypse , c. 9, 11, 20, etc.
Les conjectures des savants, sur la manière dont les Hébreux concevoient le centre de la terre ou le fond de V abîme, la source des fontaines et des rivières, etc., nous importent fort peu; il nous suffit de présenter le sens littéral et naturel des livres saints : il en résulte que ceux qui ont assuré que les anciens Hébreux n’avoient aucune idée de l’enfer, se sont trompés. Voyez Enfer.
ABISSINS. Voyez Éthiopiens.
ABJURATION , est le serment par lequel un hérétique converti renonce à ses erreurs et fait profession delà foi catholique ; cette cérémonie est nécessaire pour qu’il puisse être absous des censures qu’il a encourues, et être réconcilié à l’Eglise.
Les protestants ont souvent tourné en ridicule les conversions et les abjurations de ceux d’entre eux qui rentrent dans le sein de l’Eglise catholique; pour prévenir cette espèce de désertion , ils ont posé pour maxime qu’un honnête liommene change jamais de religion. Ils ne voient pas qu’ils couvrent d’ignominie, non-seulement leurs pères, mais les apôtres de la prétendue réforme , qui ont certainement changé de religion, et qui ont engagé les autres à en changer; ils rendent suspects les conversions des juifs, desmahométans, des païens, qui se font protestants ; et leur censure retombe même sur tous ceux qui se sont convertis à la prédication des apôtres. Leur maxime ne peut être fondée que sur une indifférence absolue pour toutes les religions, par conséquent sur une incrédulité décidée. Voyez Conversion.
ABLUTION. C’est l’action de se laver le corps. Tous les peuples, dans tous les temps , ont compris que la propreté du corps étoit le symbole de la |)ropreté de l’àme; que le péché pouvoit être envisagé comme une tache de la conscience; (pi'en SC lavant le corps, un homme témoigne le désir qu'il a de se purifier
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Tàme? Ainsi les ablutions, très-néccssoircs à la santé dans les climats chauds , où l’on ne connoissoit pas l’usage du linge, sont devenues un acte religieux universelJementpratiqué. A-t-on cru pour cela que cette cérémonie avoit la vertu d’effacer le péché aux yeux delaDivinité ? Si les ignorants l’ont pensé, les sages du moins ont senti qu’un rite extérieur ne peut être efficace qu’autant qu’il plaît à Dieu de l’agréer et qu’il est accompagné d’un sentiment intérieur de pénitence.
Il paroît que les ablutions ont été en usage chez les patriarches , puisqu’il en est parlé dans le livre de Job , ch, 9,
30. Moïse en prescrivit aux Juifs un grand nombre; Jésus -Christ les a consacrées en donnant au baptême , conféré en son nom , la force d’effacer le péché. Voyez Baptême. L’Eglise, animée par le même esprit, a conservé l’usage de l’eau bénite. On sait que les païens pratiquoient aussi différentes espèces d’abluiions ; que les mahométans se lavent plusieurs fois le jour, surtout avant la prière ; que les peuples les plus grossiers pensent sur ce sujet comme les nations les pliïs éclairées.
Est-ce une superstition générale qui a saisi tous les esprits ? Quiconque se persuade que, pour effacer le crime, il suffit de se laver le corps, sans avoir aucun sentiment de componction et de regret , sans aucun désir de se corriger, est superstitieux sans doute ; il abuse d’un signe destiné à lui rappeler ce qu’il doit faire intérieurement : mais l’abus dans aucun genre ne prouve rien contre un usage utile en lui-même. Il n’est aucune institution de laquelle on ne puisse abuser ; l’ignorance , la stupidité , l’hypocrisie, ne prescriront jamais contre les signes naturels de la piété et de la religion. Voyez Expiations.
En terme de liturgie, l’on nomme ablution l’eau et le vin que le prêtre met dans le calice après la communion, afin qu’il n’y reste rien du vin consacré. 11 convient de tenir dans la plus grande projircté les vases destinés à contenir l’Eucharistie.
AHM:(;atI0N. Renoncement à soimême. Jésus-Christ dit dans l’Evangile :