‹ Dictionnaire de théologieChapitre 53 sur 170 · L.ITÉ · texte numérisé non relu

L.ITÉ

ACCIDENTS EUCHARISTIQUES. Selon la croyance catholique , après les paroles de la consécration , la spbslance du pain et du vin est détruite; elle est changée au corps et au sang de Jésus-Christ ; mais les qualités sensibles du pain et du vin, la grandeur, la couleur, le goût, etc., demeurent : ces qualités sensibles sont nommées par les théologiens, accidents, espèces, apparences. Comme la sidjstance des corps abstraite ou séparée par notre esprit d’avec les qualités sensibles n’est point une idée claire, les accidents séparés de la substance ne nous présentent pas non plus une idée fort nette ; il est donc inutile d’argumenter contre ce dogme fie foi sur des notions philosophiques. Si le mystère de l’Eucharistie poiivoit être clairement conçu , ce neseroil plus un mysi^TC. Voyez Eucuauistie.

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ACCOMPLISSEMENT DES PROPHÉ- TIES. Voyez Phophéties.

ACCORD DE LA RAISON ET DE LA FOI. Voyez Foi , Raison.

ACÉPHALES , sans chef. L nistoirc ecclésiastique fait mention de plusieurs sectes nommées acéphales. De ce nombre sont, 1 O ceux qui ne voulurent adhérer ni à Jean , patriarche d’Antioche , ni à saint Cyrille d’Alexandrie, au sujet de la condamnation de Nestorius au concile d’Éphèse. 2° Certains hérétiques du cinquième siècle , qui suivirent d’abord les erreurs de Pierre Mongus , évêque d’Alexandrie , et l’abandonnèrent ensuite , parce qu’il avoit feint de souscrire à la décision du concile de Chalcédoine; c’étoient des sectateurs d’Eutychès. Voy. Eütyciiiens. 3» Les partisans de Sévère, évêque d’Antioche, et tous ceux qui refusoient d’admettre le concile de Chalcédoine , c’étoient encore des eutychiens.

On a aussi nommé acéphales les prêtres qui se soustraient à la juridiction de leur évêque , les évêques qui refusent de SC soumettre à celle de leur métropolitain , les chapitres et les monastères qui se prétendent indépendants de la juridiction des ordinaires. Ce point de discipline regarde les canonistes.

ACHIAS. Voyez Auias.

ACIHMELECH. Voyez AnuTiiAR.

ACOE.METES, qui ne dorment point.

Nom de certains religieux fort célèbres dans les premiers siècles de l’Eglise, surtout dans l’Orient, appelés ainsi, non qu’ils eussent les yeux toujours ouverts sans dormir un seul moment , comme fpiclques auteurs l’ont écrit, mais parce (|u’ils observoient dans leurs églises une psalmodie perpétuelle, sans l’inlcrromlu e ni jour ni nuit. Ce mot est grec, composé d’a privatif, et de Koi/xàu , dormir.

Les acœmètes étoient partagés en trois bandes, dont chacune psalmodioit à son tour et rclcvoil les autres ; de sorte que cet exercice duroit sans interruption pendant toutes les heures du jour et de la nuit. Suivant ce partage chaque acaméte consacroit religieusement tous les jours huit heures entières au chant des psaumes , à quoi ils joignoient la vie la plus exemplaire et la plus édifiante :

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aussi ont-ils illustré l’Eglise orientale par un grand nombre de saints , d’évêques et de patriarches.

Nicéphore donne pour fondateur aux acœtnèies un nommé Marcellus , que quelques écrivains modernes appellent Marcellus d’Apamée ; mais Bollandus nous apprend que ce fut Alexandre , moine de Syrie , antérieur de plusieurs années à Marcellus. Suivant Bollandus , celui-là mourut vers l’an 350. Il fut remplacé dans le gouvernement des acœmétes par Jean Calybe, et celui-ci par Marcellus.

On lit dans saint Grégoire de Tours et plusieurs autres écrivains, queSigisinond , roi de Bourgogne , inconsolable d’avoir, à l’instigation d’une méchante princesse qu’il avoit épousée en secondes noces, et qui étoit fille de Théodoric, roi d’Italie, fait périr Géséric son fds, prince qu’il avoit eu de sa première femme, se retira dans le monastère de Saint-Maurice , connu autrefois sous le nom d’Agaune , et y établit les acœmèles , pour laisser dans l’Eglise un monument durable de sa douleur et de sa pénitence.

Il n’en fallut pas davantage pour que le nom d’acœmèle et la psalmodie perpétuelle fussent mis en usage dans l’Occident, et surtout en France. Plusieurs monastères , entr’autres 'celui de Saint- Denys , suivirent l’exemple de Saint- Maurice. Quelques monastères de filles se conformèrent à la même règle. Il paroît par l’abrégé des actes de saint Saicberge , recueillis dans un manuscrit de Gompiègne cité par le Père Ménard , que cette sainte, après avoir fait bâtir un vaste monastère et y avoir rassemblé trois cents religieuses, les partagea en plusieurs chœurs différents , de manière qu’elles pussent faire retentir nuit et jour leur église du chant des psaumes.

On pourroit encore donner aujourd’hui le nom d’aeœméles à quelques maisons religieuses , où l’adoration perpétuelle du saint Sacrement fait partie de la règle ; en sorte qu’il y a jour et nuit quelques personnes de la communauté occupées de ce pieux exercice.

y (jijez i’sALMoniE.

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