‹ Dictionnaire de théologieChapitre 52 sur 170 · ABU · texte numérisé non relu

ABU

avarice , lorsque l’on trafique des choses saintes, que l’on emploie des impostures et des fraudes pieuses pour extorquer les aumônes des fidèles ; par envie ou par jalousie, lorsque l’on ne rend pas justice aux talents , aux vertus , aux travaux , aux succès d’un ouvrier évangélique; par violence de caractère, quand on voudroit faire tomber le feu du ciel sur les Samaritains ou exterminer tous les mécréants ; par paresse , lorsque , par une fausse humilité , l’on refuse de travailler au salut des âmes , etc.

Mais ne sont- ce pas ces mêmes passions qui font naître l’incrédulité? On l’embrasse par orgueil , parce qu’elle donne un relief d’esprit fort aux yeux des ignorants , et que l’on se pique de mieux penser que les autres hommes ; par ambition et par cupidité, lorsqu’on l’envisage comme un moyen de plaire aux grands , de se donner du crédit, de parvenir aux honneurs littéraires et aux récompenses des talents ; par lubricité , parce que c’est un moyen de séduire les femmes et de les débarrasser du joug de la religion ; par jalousie contre le clergé ,-parce que l’on est fâché du crédit et de là considération dont il jouit; par emportement d’humeur, lorsque l’on déclame et que l’on invective contre lui , sans garder aucune bienséance ; par mollesse , parce que les pratiques de religion sont incommodes , etc.

De quoi servent donc aux incrédules leurs dissertations continuelles touchant les abus en fait de religion? Il y aura des vices tant qu’il y aura des hommes , vitia erunt donec homines;ce n’est pas l’incrédulité qui guérira les imperfections de l’humanité.

Que faire pour prévenir tous les abus?

Les lois, les défenses , les menaces, les peines, sont souvent inutiles; l’homme passionné les esquive ou les brave. l’Eglise , qui ne peut infliger que des peines spirituelles , qui craint d’aigrir le mal par des remèdes violents, gémit, exliorte, instruit, se borne à des réprimandes et à des menaces ; elle tolère des abus qu’elle ne peut ni empêcher ni réformer. L’exp^jrience des maux causés par les réformes imprudentes , la résis-

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tance qu’elle a souvent éprouvée de la part de ceux qui étoient intéressés à perpétuer les abus, la jalousie et les alarmes que produit presque toujours l’usage de son autorité, la retiennent et l’empêchent de sévir. Ceux qui la blâment seroient peut-être les premiers à maintenir les abus qu’elle voudroit corriger, et ils abusent eux-mêmes de la simplicité des hommes, souvent dupes de ce zèle hypocrite.

ABYSSINS. Foyez Ethiopiens.

ACACIENS, Acace , surnommé le Borgne, fut disciple et successeur d’Eusèbe dans le siège de Césarée , et eut comme lui une grande part aux troubles de l’arianisme. 11 avoit de l’érudition et de l’éloquence, mais beaucoup d’ambition ; et ce vice lui fit faire un très-mauvais usage de ses talents. C’étoit un de ces hommes inquiets, intrigants et ardents, quisemêlentde toutesles affaires, veulent avoir du crédit à quelque prix que ce soit , et qui n’ont de religion qu’autant qu’elle peut servir à leur intérêt. Acace fut arien déterminé sous l’empereur Constance; il redevint catholique sous Jovien, et rentra dans le parti des ariens sous Valons. On ne peut pas savoir quelle étoit la croyance de ceux qui se laissoient conduire par lui et qui furent nommés Acaciens. Il fit déposer saint Cyrille de Jérusalem , qu’il avoit ordonné lui-même; il eut part au bannissement du pape Libère et à l’intrusion de l’anti-pape Félix ; il fut déposé à son tour par le concile de Séleucie en 539, et par celui de Lampsaque en 563; et il mourut probablement sans savoir ce qu’il croyoit ou ne croyoit pas. F oyez Tillemont, Mém., t. 6. p. 504 et suiv.

II y a eu plusieurs autres évêques du même nom , qu’il no faut pas confondre avec lui. Acace de Bérée, en Palestine, fut ami de saint Epiphane et se fit longtemps respecter par scs vertus ; mais il déshonora sa vieillesse en sc mettant à la tète des persécuteurs de saint Jean Chrysostomc. Acace, évêque d’.Vmide, se rendit célèbre par sa charité envers les pauvres. Acace de Constantinople fut un des partisans d’Eutychès, etc.

ACCEPTION DE PEBSÜNNES. L’Ecri-

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lure nomme ainsi la faute d’un juge qui favorise un parti au préjudice de l’autre, qui a plus d’égard pour un homme puissant que pour un pauvre : Dieu le défend, Deuteron., c. i , f. 17, et ailleurs : c’est un crime contraire à la loi naturelle : Job en témoigne de l’horreur, c. et 31. Il est dit dans l’ancien et le nouveau Testament que Dieu ne fait point acception de personnes ; que quand il est question de justice , de bonnes œuvres , de récompenses , il traite de meme les Juifs et les païens. Il ne s’ensuit pas de là que Dieu ne puisse, sans blesser sa justice, accorder plus de bienfaits naturels ou surnaturels à une personne , à une famille , à une nation qu’à une autre. Quand il s’agit de grâces ou de dons purement gratuits , ce n’est plus une affaire de justice; ce que Dieu donne à un homme ne porte aucun préjudice à un autre. Il peut donc accorder à Tun la grâce de la foi , le baptême , tel ou tel moyen de salut, et ne pas l’accorder à l’autre. Il peut punir un pécheur en ce monde, différer le châtiment d’un autre jusqu’après la mort : dès qu’il ne rend au coupable que ce qu’il a mérité , la justice est observée ; personne n’a droit de se plaindre ; Dieu ne demande compte à personne que de ce qu’il lui a donné. Voyez Justice de Dieu , Paktia-

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