I. Dieu en lui-même
21. C’est Dieu considéré dans sa nature divine , dans ses perfections, dans ses attributs, soit absolus, soit relatifs. Les premiers sont Vaséité ou la nécessité d’être , exprimée par le nom Jéhovah , ou Tetragrammaton; Véternité, Vunitd , la spiritualité, la simplicité, l’infinité , l’immensité, l’immutabilité , la liberté, l’intelligence, la volonté, la félicité. Dieu est un pur esprit, un être immatériel; ces qualités n’ont aucun rapport aux créatures; elles ne sont point distinguées de l’Etre divin , comme l’entendoient les porr^tairw; ce n’est point dans un sens abusif que Dieu est un Etre parfait, et il n’est pas vrai que l’idée que nous en avons soit une théotropie , ou un antropomorphisme spirituel.
22. L’existence de Dieu est attaquée par les athées, les matérialistes , les spinosistes, les sceptiques. Son unité l’a été par les polythéistes, les Valentiniens, les bardesanistes, les colarbasiens ; sa spiritualité par les anthropomorphites , les audiens , les homuncionites, les hermiens ou saciens; son immutabilité et sa liberté par les philosophes qui l’ont envisagé comme l’dme du monde.
23. Pour éviter ces erreurs, il faut prendre le sens des anthropologies , des expressions de l’Ecriture , qui attribuent à Dieu des membres corporels , des yeux, des oreilles ,
THÉOLOGIE. XI
un visage, une bouche, un cœur, des pieds, des mains ; ou des actions humaines , comme la voix, la parole , la vue : des anthropopathies ou des phrases qui lui attribuent les passions humaines , comme l’amour , la haine , la pitié ou la compassion, la colère, la jalousie, la vengeance.
24. Nous apprénons parla révélation que Dieu est un en trois personnes. Père, Fils , et S.-Esprit , mystère nommé la Sainte Trinité; que le Fils ou le Verbe par voie de génération procède du Père ; que le St.-Esprit procède du Père et du Fils ; qu’il y a entre ces personnes divines une coégalité et une coéternité parfaites, conséquemment, que le Verbe est homoousios ou consubstantiel au Père. De là sont nés les termes hypostase, actes immanents, paternité, filiation , spiration, procession, mission, relation, circumincession. Ce dogme n’a rien de commun avec la prétendue Trinité de Platon. L’Eglise en professe la croyance par la fête de la Sle. Trinité, par des confréries érigées sous son nom , par le Trisagion, la doxologie; le signe de la croix, le nombre de trois alFecté dans la plupart des cérémonies , etc. Elle y applique avec raison le passage des trois témoins, dont parle St. Jean.
26. 11 n’est pas étonnant que ce mystère ait été attaqué par un grand nombre d’hérétiques. 1® Les sabelliens, disciples de Sabellius, confondoient les personnes, et les réduisoient à une seule ; ils ont été aussi appelés acéphales, angélites , damianistes , marcelliens , noétiens, paulianistes , samosatiens, patripassiens , théopaschites , praxéens,ele. 2® Les aloges et ensuite lesanens nièrent la divinité du Verbe ; ils ont porté ilHlêrents noms que l’on verra n® 67. 3® Les macédoniens , nommés aussi pneumatomaques , ont attaqué la divinité du St. -Esprit. 4® Ces trois erreurs ont été renouvelées par les sociniens, connus sous les noms d’unitaires , à’antilrinitaires , de frères polonois, de collégiens , de heshusiens , de servétistes , etc. 6® Les Irilhéistes , les cononites , Abailard et quelques autres ont fait trois dieux différents des trois personnes divines. C® Les Grecs et les arméniens schismatiques soutiennent que le St.-Esprit procède du Père et non du Fils.