‹ Dictionnaire de théologieChapitre 8 sur 170 · II. Dieu créateur et conservateur · texte numérisé non relu

II. Dieu créateur et conservateur

126. Les anciens philosophes n’ont point admis la création proprement dite , mais les

XII PLAN DE LA

livres saints nous l’enseignent, ils nous en montrent un monument dans le nombre septénaire ou la semaine; par là sont condamnés les albanais et les bagnolois qui croyoient le monde éternel , les hermiens , les hermogéniens , et les séleuciens qui soutenoient la matière éternelle.

27. Dieu a créé 1® les anges, purs esprits , substances spirituelles , incorporelles, immatérielles. Les uns sont bons, les autres mauvais. Les premiers , selon la croyance de l’Eglise , sont distribués en neuf ordres ou chœurs , savoir les anges, les archanges, les principautés , les puissances , les trônes, les dominations , les vertus , les chérubins et les séraphins, d’où est venu le mot séraphique. Dieu a donné à chaque homme un ange gardien, mais souvent il s’est aussi servi des anges pour exécuter ses vengeances; l’Ecriture nous apprend les noms de quelques-uns, comme Michaël ou Michel, Gabriel , Raphaël, Abaddon. Les mauvais anges sont désignés sous les noms de démons, diables, Satan, Àsmodée , Béelxébub, etc.

28. 2° Dieu a créé le monde visible et tout ce qu’il renferme. C’est mal à propos que divers hérétiques nommés cerdoniens, cérinthiens , Valentiniens , gnostiques , antitactes, carpocratiens, archonliques, marcioniles , manichéens , baanites , brachites , caiharistes , sévériens , prisciUianistes , pauliciens , poplicains , albigeois, etc., ont censuré Yhéxaméron ou l’ouvrage des six jours, ont admis le dualisme ou deux principes créateurs; les incrédules modernes ont tort de répéter leurs objections et de nier les causes finales. Ce que dit Moïse du ciel ou du firmament, de la terre ou du globe, des eaux de l’abime, des astres , du jour et de la nuit, etc., n’est point contraire à la physique.

29. 3“ Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance , lui a donné une âme spirituelle , tmmortcRc , douée du libre arbitre , ou de liberté exempte de toute nécessité aussi bien que de coaction; cette âme n’est point sortie de la substance divine par émanation. Adam est justement nommé proloplaste , ou premier créé, d’où il s’ensuit que tous les hommes sont frères et parents. L’on doit donc rejeter l’erreur des préadamites, celle des origénisles , celle des protoclistes qui croyoient la préexistence des âmes , celles des ihnétopsycliiqucs qui souicnolcnt la mortalité des âmes, celle des

arabiques qui pensoient que l’âme mouroit et ressuscitoit.

30. Par sa providence Dieu conserve ses créatures, maintient dans l’univers l’ordre physique qu’il a établi. De là nous tirons la notion de plusieurs attributs divins, relatifs aux créatures , tels sont la science de toutes choses, même des événements futurs, que l’on nomme prescience ou prévision ; les volontés antécédentes ou conséauentes , les décrets absolus ou conditionnels , la prédétermination que soutiennent quelques théologiens. D’où l’on conclut que rien n’est cas fortuit ou hasard à l’égard de Dieu , qu’il n’y a point de destin, que les Agnoétes étoient dans l’erreur. De là encore la bonté, la sagesse, que nous attribuons à Dieu, les noms Ab ou Abba, père , bienfaiteur, Âdo~ nat, seigneur, que nous lui donnons. ■

3 1 . L’inégalité que Dieu a mise entre les créatures , leurs imperfections , le mal qui est dans le monde , ne dérogent point à la bonté divine. A proprement parler il n’y a ni bien ni mal absolu, mais seulement par comparaison ; les termes de perfection ei d'imperfection , de bonheur et de malheur , sont purement relatifs , et il n’est pas nécessaire que l’homme soit impeccable. Aucune créature n’est entièrement privée des bienfaits naturels ni des grâces surnaturelles. 11 n’est donc pas nécessaire de recourir à l'optimisme pour justiüer la conduite de Dieu , les afflictions et les châtiments qu’il envoie; pour prouverque ce n’est point un effet de partialité , do l\aine, d’aversion, pour répondre aux plaintes des marcionites, des manichéens et des théocatagnosles, pour réfuter les colluthiens qui disoient que les maux ne viennent point de Dieu.

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