‹ Dictionnaire de théologieChapitre 79 sur 170 · AMM 86 AMO · texte numérisé non relu

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l’on n’en espère quelque avantage. Ils ont consulté sans doute leur propre cœur ; et comme ils se sont sentis incapables d’un sentiment (Tamitié pure, ils ont conclu qu’il en est de meme de tous les hommes. Jésus-Christ , qui connoissoit mieux qu’eux l’humanité, nous a prêché une morale très-opposée à la leur : i Si vous n’aimez , dit-il , que ceux » qui vous aiment, quelle récompense » aurez-vous ? les publicains en font » autant. » Matlh., c. 5 , f. 46. Il se donne lui-même pour exemple d’une amitié parfaite : « Personne , dit-il , ne » peut témoigner un plus grand amour » que celui qui donne sa vie pour ses » amis. B Joan., c. I5, ÿ. 13. Dans ce cas , il ne peut y avoir aucun lieu à l’intérêt.

* Quelques censeurs se sont plaints de ce que l’Evangile ne recommande pas ïamilié.lh dévoient faire attention que c’est un sentiment naturel qui ne se commande point; les lois prescriroient vainement à un homme d’avoir des amis, s’il n’a pas reçu de la nature les qualités propres à lui gagner l’alTection de ses semblables. Mais l’Evangile nous commande certainement toutes les vertus capables de nous concilier Yamilié de ceux avec lesquels nous vivons : la charité, la douceur, l’indulgence pour les défauts d’autrui , la commisération pour ceux qui souffrent, l’empressement à faire du bien à tous , l’oubli des injures , l’amour même des ennemis. Un chrétien , doué de toutes ces qualités, pourroit-ilnepas avoir des amis? Jésus-Christ en a eu plusieurs; Lazare et ses sœurs étoieiit de ce nombre; il a eu une affection particulière pour saint Jean; cet apôtre se nomme lui-même le disciple que Jésus aimait; souvent le Sauveur appelle ses disci|)les scs amis. Luc., c. 112, 4. Il dit à ses auditeurs : « Eaites-

» vous des amis avec les richesses péris- B sables de ce monde, b c. 16, jt. 9. Il ne s’est donc pas borné à nous montrer, par ses paroles et par ses exemples , que Yamitié est un sentiment louable; mais il nous a a|)pris la sanclilicr, à la fonder sur sa vraie base, sur la vertu.

AMMON, AMMOiNlTES. Amman, né

de l’inceste de Lot avec sa lille puînée , a été la tige des Ammanites, peuple placé à l’orient de la Palestine. Certains critiques ont écrit que Moïse avoit inventé cette origine obscure des Ammonites, afin de persuader à son peuple qu’il pouvoit sans scrupule s’emparer de leur pays. Foyez Lot.

Au contraire , Moïse déclare aux Israélites que Dieu ne leur donnera pas un seul pouce du terrain possédé par les Ammonites , par les Moabites, ni par les descendants d’Esaü; il leur défend d’y toucher , parce que c’est Dieu qui a placé ces peuples sur le sol qu’ils occupent, comme il veut établir le sien dans le pays des Chananéens. Deut., c.2,

5 etsuiv. Trois cents ans après, Jephté, bien instruit des intentions de lloïse, soutient aux Ammonites que les Hébreux ne leur ont pas enlevé Im seul coin de terre , non plus qu’aux Moabites. Jud., c. 11 , j}-. 15. Lorsque Moïse décide que ces deux peuples n’entreront jamais dans l’Eglise du Seigneur , il n’allègue point leur origine , mais le refus qu’ils ont fait de laisser passer les Israélites sur leurs frontières en sortant de l’Egypte. Deut., c. 25, 5. II ne parle de cette origine que pour rendre raison à son peuple de la défense qu’il lui fait de la part de Dieu; il n’avoit pas tort de regarder les Ammonites comme des ennemis irréconciliables, ils le furent en effet. Lorsque David les vainquit et les subjugua , ils avoient provoqué la guerre par une insulte faite à ses ambassadeurs.

//. licg., c. 10 et suiv. Et c’est mal à propos que l’on accuse ce roi d’avoir traité ce peuple avec cruauté. Foyez David.

AMORRIIÉENS , peuple. Lorsque Dieu promet à Abraham de donner à sa postérité le pays des Chananéens , il lui dit que cette promesse ne s’accomplira que dans quatre cents ans, parce que les ini(iiiités des Ammorrhéens ne sont pas encore jiarvenues au comble. Gcn., c.

15, v. 16. Dieu accordoit donc quatre siècles de délai è ce peuple pervers pour rentrer en lui-même et désarmer la justice divine. Del exemple de la patience de Dieu à l’égard des pécheurs ! On peut

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voir les observations de M. de Gébelin sur les Ammonites , les Moabites et les Amoirhéens, Monde ‘primit., t. 6 , p. 21 .

AjüIOS, l’im des douze petits prophètes , étoit un pasteur de la ville de Thècuè : il prophétisoit à Béthel , où Jéroboam adoroit des veaux d’or ; il prédit que la maison de ce prince seroit menée en captivité, s’il persistoit dans son idolâtrie. Amasias , prêtre des veaux d’or , choqué de la liberté A^Amos, l’accusa devant Jéroboam , le traitant de visionnaire et d’homme dangereux, propre à soulever le peuple contre son roi ; ce qui obligea le prophète à sortir de Béthel , après avoir prédit à Amasias que sa femme jseroit prostituée au milieu de Samarie, et que ses fils et scs filles périroient par l’épée. Du resle , on ignore le temps et le genre de sa mort.

Le principal objçtde ce prophète est de reprocher aux Juifs des deux royaumes d’Israël et de Juda leurs infidélités et leur idolâtrie , de leur annoncer les châtiments qui tomberont sur eux et sur les peuples voisins; mais il finit par prédire que les Juifs seront rétablis dans leur terre natale , et que le trône de David sera relevé, c. 9, jl. H. Les Juifs modernes abusent de cette prophétie , en se flattant qu’un jour Dieu les rétablira dans la Palestine , et y renouvellera le règne de David. Il su (lit de lire attentivement le texte , pour voir que le projihète a seulement prédit le rétablissement des Juifs après la captivité de Babylone, etque ce qu’il a dit s’est accompli pour lors.

La Bible fait mention d’un autre Atnos, père du prophète Isaïe : on en trouve un troisième dans la généalogie de notre Sauveur, rapportée dans l’évangile selon saint Luc.

AMOUIl DE DIEU. Moïse dit aux Juifs:

« Vous aimerez le Seigneur votre Dieu » de toute votre âme et de toutes vos » forces. » Deut., c. G, A. « Dieu fait » miséricorde à ceux qui l’aiment et qui B gardent scs lois ; il punit ceux qui le » haïssent ou qui violent ses comman- » déments. * fixod., c. 20, 5. Cepen-

dant il y a eu des philosophes assez mal instruits pour aflirmer qu’il n’y avoit ,

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dans les tables de l’ancienne loi, aucun commandement d’aimer Dieu. Nous convenons qu’en général les Juifs accomplissoient assez mal ce précepte, que le motif de leur obéissance à la loi étoit plutôt l’espérance des biens temporels qu’un attachement sincère à Dieu. Ce défaut fut encore plus sensible, lorsque le saducéisme eut infecté une grande partie de la nation.

Jésus-Christ a renfermé toute sa morale dans le commandement d’aimer Dieu sur toutes choses, et le prochain comme soi-même : Dans ces deux commandements , dit-il , sont contenus toute la loi et les prophètes. Matlh., c. 22, j. 37; Marc., c. 12; Luc., c. 10. 11 ne nous laisse pas ignorer en quoi consiste l’nmowr de Dieu : « Celui qui retient » mes commandements et les observe , » m’aime véritablement;... celui qui ne B m’aime point, ne les observe point, b Joan., cap. I I, ji. 21 , 21. Il n'est donc "point ici question de sentiments affectueux, souvent sujets à l’illusion, mais d’obéissance et de fidélité à remplir tous nos devoirs.

Les motifs qui nous portent à aimer Dieu sont sa bonté infinie, les bienfaits dont il nous a comblés dans l’ordre de la nature et dans l’ordre de la grâce, les promesses qu’il nous fait, le bonheur éternel qu’il nous prépare , l’amour qu’il a poumons. Voyez Recoxkoiss.4ncs, Il n’est pas vrai que Jésus-Christ nous ait défendu de rien aimer que Dieu ; cela seroit contradictoire au précepte d’aimer le prochain comme nous-mêmes; mais il nous défend de rien aimer plus que lui. Matlh., c. 10, i. 37. Il vent que nous soyons prêts à tontquitter , lorsque cela est nécessaire pour le service de Dieu et pour le salut du prochain ; c’est le sens de ces paroles : a Si quelqu’un B vient à moi , et ne hait pas son père , B sa mère, son épouse, scs enfants, ses B frères et sœurs, et même sa propre B vie, il ne peut être mon disciple, b Luc., c. I-i, J. 20. Ce courage étoit nécessaire aux apôtres, il l’est encore aux hommes apostoliques ; ont-ils cessé pour cela d’aimer leur famille ? En se confiant à Jésus-Christ, ils assuroient à leurs

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proches la protection du meilleur et du plus puissant de tous les maîtres. Aucune morale ne tend plus directement à resserrer les liens de la nature et de la société que la morale de l’Evangile.

Nous ne nous arrêterons point ici à discuter s’il peut y avoir un amour de Dieu pur et désintéressé, sans aucun rapport à nous-mêmes ; il nous sulTit de savoir que notre plus grand intérêt pour ce monde et pour l’autre est d’aimer Dieu , et qu’un cœur assez ingrat pour ne pas aimer Dieu , n’est pas fort disposé à aimer les hommes. Foyez Cuaiuté.

AMOUR DU PROCHAIN. Lorsque Jésus-Christ nous commande dans l’Evangile d’aimer notre prochain comme nousmêmes , il explique très-clairement en quoi doit consister cet amour. « Faites » aux autres , dit-il , ce que vous voulez » qu’ils vous fassent. ® Matth., c. 7 , i. 12; Luc., C. 6, 32. Il ne nous or-

donne point d’avoir pour tous les hommes les sentiments tendres et affectueux que nous avons pour nos amis , mais de leur témoigner de la bienveillance par des effets. La douceur, la complaisance, l’indulgence, la commisération, les secours , les conseils , les services : voilà ce que nous exigeons de nos semblables , et ce que nous leur devons.

Comme les Juifs entendoient assez mal ce commandement de la loi, et ne comprenoicnt , sous le nom de prochain , que les hommes de leur nation , Jésus- Christ les détrompe par la parabole du Samaritain qui soulage un Juif blessé, dépouillé, abandonné; il leur apprenoil par cet exemple qu’ils dévoient regarder comme prochain les hommes même qu’ils détestoient davantage, les Samaritains. Luc., c. 10,^. 30.

Le commandement qu’ajoute Jésus- Christ d’aimer nos ennemis, dans ce sens, n’a donc rien d’injuste ni d’impossible. Ce sont des hommes , ils ont droit à tous les devoirs d’humanité. Les anciens philosophes regardoient la vengeance comme un droit naturel ; notre divin Maître la réprime, en nous assurant ipie Dieu ne nous pardonnera point nos fautes , si nous ne les [lardonnons nousmêmes à ceux qui nous offensent. Mallh.,

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c. 6 , ji-. lictlS. Si cette leçon n’étoit pas assez claire , que pouvons-nous opposer à l’exemple de Jésus-Christ mourant, qui demande pardon à son Père pour ceux qui l’ont crucifié? »

AMOUR-PROPRE, amour de nousmêmes. Un peu de réflexion suffit pour nous faire comprendre le vrai sens des maximes de l’Evangile , qui condamnent Y amour-propre , qui nous ordonnent de renoncer à nous-mêmes et de nous haïr nous-mêmes. Quoi qu’en disent les incrédules , ces maximes ne sont ni absurdes , ni impossibles à suivre. L’amowrpropre, pour peu qu’on le flatte , est nécessairement aveugle et injuste , et il trouve tôt ou tard sa punition en luimême. Un homme qui s’aime à l’excès, qui rapporte tout à son propre intérêt, qui veut une préférence exclusive, qui ne sait rendre justice .à personne, devient l’ennemi de tous; plus il est sensible et chatouilleux , plus il est aisé de le mortifier et de le chagriner. Combien d’hommes célèbres se sont rendus malheureux par là ! Ils avoient beau s’enivrer d’encens et d’éloges , la moindre censure , le plus léger trait de satire suffisoit pour les mettre en fureur , pour troubler leur repos , pour empoisonner leur . vie. S’ils avoient su réprimer et modérer Yamour- propre, ils auroient été heureux. o

Il n’y a rion d’outré dans le tableau que saint Paul a tracé de cet odieux caractère : « Il viendra, dit- il, des J) hommes amoureux d’eiix-mêmcs, amï bilieux , hautains , superbes , violents, » ennemis de leur propre famille, ingrats » et méchants, sans affection, incapa- » blés d’amitié , calomniateurs , débau- * chés , querelleurs , durs envers tout le » monde, perfides, insolents, orgueilleux, » ennemis de Dieu et de leurs sembla- » blés. » II. Tim., c. 3 , 2. L’on pour-

roit peut-être en citer un plus grand nombre d’exemples dans notre siècle que dans ancim autre. Aiixr’CATio.N^IlAixE.

AMSDOKFIENS. Secte de protestants du seizième siècle , ainsi 'nommés de leur chef Nicolas Àmsdorf, disciple de Luther, ipii le fit d’abord ministre de Magdebourg, et, de sa propre autorité,

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évêque de Nuremberg. Ses sectateurs ctoient des confessionnistes rigides , qui soutenoient que non - seulement les bonnes œuvres étoient inutiles , mais même pernicieuses au salut : doctrine aussi contraire au bon sens qu’à l'Ecriture, et qui futimprouvée par les autres sectateurs de Luther. V oy. Lutiiérieas.

AMULETTE , préservatif. On appelle ainsi certains remèdes superstitieux que l’on porte sur soi , ou que l’on s’attache au cou , pour se préserver de quelque maladie ou de quelque danger.

Pour remonter à l’origine de cet usage, il faut se souvenir que , selon la croyance des païens , les enchanteurs , les magiciens , les sorciers , par de certains charmes, par des paroles ou par des caractères , pouvoient envoyer des maladies ou d’autres malheurs aux personnes auxquelles ils vouloient nuire ; que , par d’autres paroles ou par d’autres ügures , on pouvoit arrêter leur pouvoir et rendre leur ^malice inutile ; qu’ainsi des médailles, des morceaux de vélin ou de parchemin, empreints de certains caractères, étoient un remède ou un préservatif assuré contre toute espèce de maladie et d’accidents. Lucien , dans son Pliilopseudés , a fait de sanglantes railleries de cette absurdité. P'oy. Charme. Les Grecs les nommoientpAy/ac/ères, préservatifs; les Latins, amolimenlum, ou amoletum, du verbe amoliri , détourner : d’où nous avons fait amuleîis, qui a le même sens. Les Orientaux les appellent talisman, et selon l’opinion commune des Arabes, un magicien, par son talisman, peut oj)érer des prodiges.

C’est quelquefois une pierre précieuse, une pierre tirée du corps de quelque animal, scs os réduits en poudre, le signe d’une planète ou d’une constellation, une langue de parchemin , de plomb ou d’étain sur laquelle sont écrites certaines paroles , une figure obscène , etc. Sur ce point, les hommes , dans tous les temps et dans tous les lieux , ont poussé la foiblesse cl la crédulité à un excès incroyable. Les anciens avoient surtout grand soin de pendre une amulette au coudes enfants, pour leur servir de préservatif contre les regards des en-

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vieux ; l’on supposoit qu’à cet âge ils étoient plus sujets aux maléfices et aux enchantements que les adultes ; que le simple regard d’un ennemi jaloux , ou d’une vieille, pouvoit les fasciner.

Comme cette erreur vient d’un attachement excessif à la vie , et d’une crainte puérile de tout ce qui peut nous nuire , le christianisme n’est pas venu à bout de la détruire universellement. Des les premiers siècles, les conciles elles Pères de l’Eglise défendirent aux fidèles ces pratiques du paganisme, sous peine d’anathème. Ils représentèrent que l’usage des amulettes étoit un reste d’idolâtrie , ou de la confiance que l’on avoit aux prétendus génies gouverneurs du monde , une espèce d’apostasie de la foi chrétienne , un défaut de confiance en Dieu , un préjugé aussi ridicule que celui des païens, qui attendoient du secours d’une statue muette et insensible. Thiers, dans son Traité des Superstitions , n® part., liv. S , c. I , a rapporté un grand nombre de passages des Pères à ce sujet, et les canons de plusieurs conciles. <

C’est aux médecins de décider si des poudres , des plantes , des préparations chimiques, renfermées dans des sachets et portés sur la chair , peuvent ou ne peuvent pas être des préservatifs contre certaines maladies. Une vaine confiance à ces sortes de remèdes ne tire à aucune conséquence contre la religion ; il n’y a point de superstition , lorsqu’on ue leur attribue qu’une vertu naturelle , vraie ou fausse. Il n’en est pas de même lorsqu’on porte sur soi des choses qui par leur nature ne peuvent avoir aucune vertu , et que l’on se persuade cependant qu’elles procurent du bonheur ou détournent quelque danger; c’est le cas de ceux qui espèrent de gagner au jeu , lorsqu’ils ont sur eux de la corde d’un pendu, etc. Celle confiance est non-sculcment une absurdité, mais une impiété , pnis(]u’elle suppose qu’il y a sur la terre un autre pouvoir surnaturel que celui de Dieu, qui peut nous faire du bien ou du mal. On pourroit excuser cette erreur par la foiblesse d’esprit de ceux qui y tombent , si elle n’éloit pas ordinairomcnl accompagnée d’opiniâtreté.

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Une autre question est de savoir si c’est une superstition de porter sur soi des reliques des saints, une croix, une image , une chose bénite par les prières de l’Eglise, comme VÂgnus Dei, etc., et si l’on doit mettre ces choses au rang des «înH?eUes, comme le prétendent les protestants. Nous convenons que si l’on attribue à ces choses une vertu surnaturelle de nous préserver d’accident, de mort subite, de mortdans l’état du péché, etc., c’est une superstition. Elle n’estpas du même genre que celle des amulettes, dont le prétendu pouvoir ne peut pas se rapporter à Dieu ; mais c’est ce que les théologiens appellent vaine ois^rvance , parce que l’on attribue à des choses saintes et respectables un pouvoir que Dieu n’y a point attaché.

Un chrétien bien instruit ne les envisage point ainsi ; il sait qiie les saints ne peuvent nous secourir que par leurs prières et par leur intercession auprès de Dieu ; c’est pour cela que l’Eglise a décidé qu’il est utile et louable de les hocerer et de les invoquer. Or , c’est un signe d’invocation et de respect à leur égard , de porter sur soi leur image ou de leurs reliques; de même que c’est une marque d’affection et de respect pour une personne que de garder son portrait ou quelque chose qui lui ait appartenu. Ce n’est donc ni une vainc observance , ni une folle confiance d’espérer qu’en considération du respect et de l’affection que nous témoignons à un saint , il intercédera et priera pour nous.

De même une croix n’a par elle-même aucune vertu, mais c’est le signe du christianisme et de notre rédemption par Jésus-Clirist ; porter ce signe sur nous, est un témoignage de notre foi et de notre confiance aux mérites du Sauveur ; ne sommes-nous pas fondés à espérer qu’en récompense de ces sentiments il nous accordera des grAccs ?

C’est une prière muette dont l’Eglise nous donne l’exemple ; par ce signe, les premiers chrétiens se distinguoient des païens; aujourd’hui il nous distingue des licréti(|ucs et des ’iirrédulcs.

En portant sur nous un Agnus Dei , ou une autre ciiose bénite parles prières

de l’Eglise, nous attestons notre confiance à ces mêmes prières ; qu’y a-t-il là de superstitieux ? l'Agnus Dei est le symbole de Jésus-Christ rédempteur du monde ; il est donc louable de le respecter et de l’aimer. Per vanité l’on étale des bijoux et des pierres précieuses ; il nous paroît mieux de montrer des signes de religion et de piété : plus l’incrédulité affecte de mépris pour ces signes extérieurs , plus nous devons braver ses folles erreurs et ses railleries absurdes.

On nous objectera qu’il est bien difficile de faire comprendre au peuple le véritable esprit de ces usages, le degré de vertu qu’il doit leur attribuer , et de confiance qu’il doit y donner , qu’il s’y trompe aisément , qu’il ne manque presque jamais de tomber dans l’excès et dans quelques abus. Soit. Nous répliquerons toujours que , s’il falloit retrancher tout ce dont on peut abuser , il faudroit renoncer à toute religion ‘et à toute pratique de piété. Quand même les erreurs du peuple seroient inévitables , il vaudroit encore mieux qu’il excédât dans des choses respectables que dans des choses absurdes et détestables; il vaut mieux qu’il donne sa confiance à la croix qu’à une figure obscène , à l’image d’un saint qu’au signe d’une constellation ; à une relique qu’au membre d’un animal, au pouvoir des saints qu’à la puissance des démons. Ceux qui déclament le plus haut contre les superstitions, en sont-ils exempts? Tel qui se joue du pouvoir dos saints, admet les

1 influences de la fortune ; tel qui dédaigneroit d’avoir sur soi une relique, porte de la corde de pendu ; de graves philosophes qui ne croyoient pas en Dieu, ont cru à la magie. 'Voyez Magir.

ANAlîAPTlSTES. Secte d’hérétiques qui soutiennent qu’il ne faut pas baptiser les enfants avant l’âge de discrétion, ou qu’à cet âge on doit leur réitérer le baptême, parce que, .selon eux, ces enfants doivent être en état de rendre raison do leur foi pour recevoir validement ce sacrement.

Ce mot est composé d’àvà de rechef, et de /SktttiÇw , ou (HitTu, baptiser , laver, parce que l’usage des anabaptistes est

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de rebaptiser ceux qui ont été baptisés dans leur enfance. Dans les commencements , ils rebaptisoient aussi tous ceux qui embrassoient leur secte , et qui avoient reçu le baptême ailleurs.

Lesnovaliens, les cataphriges et les donatistes, dans les premiers siècles, ontété les prédécesseurs des nouveaux anabaptistes, avec lesquels cependant il ne faut pas confondre les évêques catholiques d’Asie et d’Afrique, qui, dans le ni® siècle, soutinrent que le baptême des hérétiques n’étoit pas valide , et qu’il falloit rebaptiser ceux des hérétiques qui rentroieut dans le sein de l’Eglise. Voyez Rebaptisants.

Les vaudois , les albigeois , les pétrobrusiens , et la plupart des sectes qui s’élevèrent au treizième siècle, passent pour avoir adopté la même erreur ; mais on ne leur a pas donné le nom (T anabaptistes, et il paroît d’ailleurs qu’ils ne croyaient pas le baptême fort nécessaire.

Les anabaptistes , proprement dits , sont une secte de protestants qui parut d’abord vers l’an 1523 en quelques contrées d’Allemagne , et particulièrement en estphaiie , où ils commirent d’horribles excès, surtout dans la ville de Munster , d’où ils furent nommés Monasténei^s et Munslériens. Ils enseignaient que le baptême donné aux enfants étoit nul et invalide ; que c’étoil un crime que de prêter serment et de porter les armes ; qu’un véritable chrétien ne sauroit être magistrat : ils inspiroient de la haine pour les puissances et pour la noblesse ; vouloicnt que tous les hommes fussent libres et indépendants , et promettoieht un sort heureux à ceux qui s’attacheroient h eux pour exterminer les impies, c’est-à-dire , ceux qui s’opposoient à leurs sentiments.

On ne sait pas au juste quel fut le premier auteur de cette secte : les uns en attribuent l’origine à Carloslad , d’autres à Zuingle , etc. ; mais l’opinion la plus commune est qu’elle doit son origine à Thomas Muncer, de Zwickau , ville de Misnie, et à Nicolas Storchon Pélargue, de Stalberg , en Saxe , qui avoient été tous deux disciples de Luther dont ils se séparèrent ensuite , sous prétexte que sa

doctrine n’étoit pas assez parfaite ; qu’il n’avoi t qu e préparé les voies à la réformation , et que , pour parvenir à établir la véritable religion de Jésus - Christ , il falloit que la révélation vînt à l’appui de la lettre morte de l’Ecriture : conséquemment ces enthousiastes se prétendirent inspirés, et communiquèrent le même fanatisme à leurs prosélytes.

Sleidan observe que Luther avoit prêché avec tant de force pour ce qu’il appeloit la liberté évangélique , que les paysans de Souabe se liguèrent ensemble, sous prétexte de défendre la doctrine évangélique et de secouer le joug de la servitude. Ils commirent de grands désordres : la noblesse, qu’ils se proposoient d’exterminer, prit les armes contre eux, et cette guerre fut sanglante. Luther leur écrivi t plusieurs fois pour les engager à quitter les armes, mais inutilement :

ils rétorquèrent contre lui sa propre doc trine , soutenant que, puisqu’ils avoient été rendus libres par le sang de Jésus- Christ, c’étoit déjà trop d’outrages au nom chrétien, qu’ils eussent été réputés esclaves par la noblesse, et que, s’ils prenoient les armes, c’étoit par ordre de Dieu. Telles étoientles suites du fanatisme où Luther lui-même avoit plongé l’Allemagne. Il crut y remédier en publiant un livre dans lequel il invitoit les princes à prendre les armes contre ces séditieux. Le comte de Mansfeld , soutenu par les princes et la noblesse d’Allemagne , défit et prit Muncer et Pfiffer , qui furent exécutés à Muihausen l’an 1325; mais la secte ne fut que dissipée et non détruite. Luther, suivant son caractère inconstant, désavoua en quelque sorte son premier livre par un second , à la sollicitation des gens de son parti , qui Irouvoicnt sa première démarche dure et même un peu cruelle.

Cependant les anabaptistes se multiplièrent et se trouvèrent assez puissants pour s’emparer de Munster, en 1334, et y soutenir un siège sous la conduite de Jean de Leyde, tailleur d’habits, et qui se fit déclarer leur roi. La ville fut reprise sur eux par l’évêque de Munster, le 24 juin 1333. Le prétendu roi et son confident Knisperdollin y périrent par

fcs supplices ; et depuis cet échec la secte des anabaptistes n’a plus osé se montrer ouvertement en Allemagne.

Vers le même temps , Calvin écrivit contre eux un traité.. Comme ils fondoient surtout leur doctrine sur celle parole de Jésus-Christ, Marc., c. iC,

16 : ï Quiconque croira et scrabap- » tisé, sera sauvé, » et qu’il n’y a que les adultes qui soient capables d’avoir la foi actuelle , ils en inféroient qu’il n’y a qu’eux non plus qui doivent recevoir le baptême, qu’il n’y a aucun passage dans le nouveau Testament où le baptême des enfants soit expressément ordonné ; d’où ils tiroient cette conséquence , qu’on devoit le réitérer à ceux qui l’avoient reçu avant l’âge de raison. Calvin et d’autres auteur.? ^ fort embarrassés de ce sophisme, eurent recours à la tradition et à la pratique de la primitive Eglise. Ils opposèrent aux anabaptistes Origène, qui fait mention du baptême des enfants ; l’auteur des questions attribuées à saint Justin ; un concile tenu en Afrique , qui , au rapport de saint Cyprien , ordonnoit qu’on baptisât les enfants aussitôt qu’ils seroient nés; la pratique du même saint docteur à ce sujet ; les conciles d’Autun , de Mâcon, de Gironne, de Londres, de Vienne, etc.; une foule de témoignages des Pères, tels que saint Irénée, saint Jérôme, saint Aiubroisc, saint Augustin , etc.

Ainsi Calvin et ses sectateurs, après avoir décrié la tradition, furent forcés d’y revenir; mais ils avoient appris à leurs adversaires à la mépriser. D’ailleurs Calvin, en soutenant la validité et l’utilité du baptême des enfants, contre^ disoil son propre système, puisque, selon lui, toute la vertu des sacrements consiste à exciter la foi.

^ On oppose aux anabaptistes que les enfants sont Jugés capables d’entrer dans le royaume des deux. Marc., c. 9, 1 1;

Luc., c. 18, jl. 16. Le Sauveur lui-même en fil approcher quelques-uns de lui et les bénit. Or, ailleurs, c. 3, ÿ. 6, saint Jean assure que (piiconque n’est pas bajilisé no peut entrer dans le royaume do Dieu; d'où il s’ensuit ipi’on doit donner le baptême aux enfants.

Ce que répondent les anabaptistes, que les enfants dont parle Jésus-Christ étoient déjà grands , est faux ; dans saint Matthieu et dans saint Marc ils sont appelés de jeunes enfants Trau' a ; dans saint Luc, ^péfv ; de petits enfants; le même évangéliste dit expressément qu’ils furent amenés à Jésus-Christ ; ils n’étoient donc pas en état d’y aller tout seuls.

Une autre preuve se tire de ces paroles de saint Paul aux Romains, c. S, 17:

« Si , à cause du péché d’un seul , la » mort a régné par ce seul homme, à » plus forte raison ceux qui reçoivent » l’abondance de la grâce et du don de

* la justice règneront-ils dans la vie par » un seul homme qui est Jésus-Christ, i Or , si tous sont devenus criminels par un seul , les enfants sont donc criminels ; et de même si tous sont justifiés par un seul , les enfants sont donc aussi justifiés par lui ; on ne sauroit être justifié sans la foi ; les enfants ont donc la foi nécessaire pour recevoir le baptême, non pas une foi actuelle , telle qu’on l’exige dans les adultes , mais une foi suppléée par celle de l’Eglise, de leurs pères et mères, de leurs parrains et marraines. C’est la doctrine de saint Augustin , serm. 176, De verb. udpost.,\ih.'ô;De lib. arb., c. 23, n“ 67.

A cette erreur capitale les anabaptistes en ont ajouté plusieurs autres des gnosliques et des anciens hérétiques :

quelques-uns ont nié la divinité de Jésus- Christ et sa descente aux enfers ; d’autres ont soutenu que les âmes des morts dormoient jusqu’au jour du jugement, et que les peines de l’enfer n’étoient pas éternelles. Leurs enthousiastes propliétisoient que le jugement dernier approchoil, et en fixoient même le terme. -

Le sommaire de leur doctrine étoit «I que le baptême des enfants est uno s invention du démon; que l’Eglise de » Jésus-Christ doit être exempte de tout ï péché ; que toutes choses doivent être ï communes entre tous les fidèles; qu'il ï faut abolir entièrement l’usure , la » dime, et toute espèce de tribut; que

* tout chrétien est en droit de prêcher )) l'Evangile ; que par conséquent l’Eglise B n'a pas besoin de pasteurs ; que les

» magistrats civils sont absolument inu- » tiles dans le royaume de Jésus-Christ: » que Dieu continue de révéler sa vo- » lonté à des personnes choisies, par » des songes, des visions, des inspiraj> lions, etc. » Mais il ne pouvoity avoir nne croyance uniforme parmi une troupe de fanatiques ignorants, dont chaque membre étoit en droit de se prétendre inspiré.

Aussi à mesure que le nombre des anabaptistes augmenta , les sectes se multiplièrent parmi eux, et on leur donna différents noms , tirés ou de leurs chefs, ou de leurs demeures , ou de leurs opinions particulières , ou de leur conduite. Outre les noms de monastériens, inunstériens et muncériens , ils ont été appelés enthousiastes , catharistes, silencieux, adamistes, géorgiens ou davidiques, huti tes, indépendants, melchioristes, ntsdipédaliens , mennonites, bockholdiens , augustiniens , libertins , dérélictiens, polygamites, sempéroranls, ambrosiens , clanculaires , manifestaires, pacificateurs, pastoricides, sanguinaires, waterlandiens , etc. Les partisans de l’une de ces sectes prétendirent que , pour être sauvé , il ne faut savoir ni lire ni écrire, pas même connoitre les premières kttres de l’alphabet , ce qui les fit nommer abécédaires ou abécédariens.

On prétend que Carlostad finit par embrasser ce parti , qu’il renonça à sa qualité de docteur, se fit portefaix, et se nomma frère André. Mais la distinction la plus commune est celle des anabaptistes rigides et des anabaptistes mitigés. Ces derniers ontété connussous les noms de gabriélites, de huitérites ou frères de Moravie, enfin sous celui de tnennites. Voici l’origine de ces noms.

Lorsque les anabaptistes eurent été défaits et proscrits en Allemagne , à cause de leur conduite sanguinaire, Gabriel et Hutter , deux de leurs principaux chefs , se retirèrent en Moravie : ils rassemblèrent le plus grand nombre qu’ils pureni de leurs partisans. Ilutter donna un symbole et des lois; il leur enseigna, 1“ qu’ils éloient la nation sainte que Dieu avoil choisie pour la rendre dépositaire du vrai culte ; a» que toutes les sociétés qui ne

mettent pas leurs biens en commun sont impies , qu’un chrétien ne doit rien posséder en particulier ; 5° que les chrétiens ne doivent point reconnoître d’autres magistrats , que les pasteurs ecclésiastiques ; 4° que Jésus-Christ n’est pas Dieu , mais prophète ; S® que presque toutes les marques extérieures de religion sont contraires à la pureté du christianisme, qui doit être dans le cœur; 6” que tous ceux qui ne sont pas rebaptisés sont des infidèles, et que le nouveau baptême annule les mariages contractés auparavant ; 1° que le baptême n’est point administré pour effacer le péché originel ni pour donner la grâce, mais que c’est un signe par lequel un fidèle s’unit à l’Eglise; 8® que Jésus-Christ n’est point réellement présent dans l’Eucharistie ; que le sacrifice de la messe, le culte des saints et des images, le purgatoire, etc., sont des superstitions et des abus. Ainsi les opinions des protestants étoient toujours la base de celles des anabaptistes. ^ Hutter ne conserva parmi ses sectateurs point d’autre pratique de religion que le baptême des adultes; il ne leur fit célébrer la cène que deux fois l’année; il leur persuada de mettre en commun tous leurs biens , même les enfants , afin que tous fussent élevés de même. Cette république singulière forma d’abord une société d’excellents cultivateurs, laborieux , sobres , paisibles, très-réglés dans leurs mœurs; mais la discorde , la corruption et l’irréligion ne tardèrent pas de s’y introduire. Hutter et Gabriel ne purent pas s’accorder longtemps; le premier ne cessoit d’invectiver contre les magistrats et contre toute espèce d’autorité ; le second, plus modéré , vouloit que l’on se conformât aux lois du pays où l’on étoit. Il se forma ainsi deux partis, l’un de Gabriélites, et l’autre de Huttérites, qui s’excommunièrent mutuellement. Après la mort de Hutter, qui fut puni du dernier supplice, comme hérétique séditieux , les deux sectes se réunirent sous le gouvernement de Gabriel ; mais il ne put y rétablir l’ordre ni la régularité des mœurs : il devint odieux à toute la secte, qui le fit chasser de la Moravie. Ueliré en Pologne, il finit sa vie dans la mi-

sère. Après la mort de ces deux hommes, les frères de Moravie se dispersèrent , et la plupart se réunirent aux sociniens, ipii ont à peu près la même croyance, llatrou, Ilist. des anabaptistes.

Vers l’an 1536 , Menno Simon , ou Simon Menno, prêtre apostat, né dans 1:>.

Frise , entreprit de faire en Hollande ce que Gabriel et Ilutter avoient fait en Moravie. Il entreprit de réunir les différentes sectes (T anabaptistes. Par ses prédications, par ses écrits, par ses voyages continuels , il en vint à bout , du moins jusqu’il un certain point, et il leur inspira des sentiments plus modérés que ceux de leurs chefs précédents. Il leur fit comprendre la nécessité de retrancher de leur doctrine non-seulement toutes les maximes licencieuses que plusieurs avoient enseignées touchant le divorce et la polygamie , mais encore toutes celtes qui tendoient à détruire le gouvernement civil et à troubler l’ordre public, et les prétendues inspirations qui rendoient leur secte ridicule. S’il en re- ■^int le fond , il trouva du moins le secret de proposer ses opinions sous des expressions moins révoltantes.

Conséquemment , l’on prétend que la croyance actuelle des mennonites se réduit aux points suivants. Ils n’administrent point le baptême aux enfants, mais seulement aux adultes capables de rendre compte de leur foi ; sur l’Eucharistie , ils ont embrassé le sentiment des cal vinistes. A l’égard de la grâce et de la prédestination , ils ne suivent point les opinions rigides de Calvin, mais plutôt celles de Mélancbton et d’Arminius, qui se rapprochent du pélagianisme. Ils s’abstiennent du serment ; leur simple parole leur en tient lieu devant les magistrats. Ils regardent la guerre et la profession des armes comme illicites ; mais ils contribuent de leurs biens .’i la défense de leur patrie. Us ne condamuent j)lus absolument les charges de la magistrature; ils s’abstiennent seulement d’en exercer aucune. Grands partisans de la tolérance, par besoin plutôt que par conviction , ils soufi'reut j)armi eux toutes les opinions qui ne leur paroissent pas attaquer l’essentiel du ebristianisme, et

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