ANN 124 ANO
Les Syriens l’appellent J]uscarahé, information, et leur calendrier l’a fixée au 1" décembre. Les Arméniens la font le S janvier , afin qu’elle n’arrive pas en carême. Selon l’ancienne discipline, les fêtes et le jeûne étoient regardés comme incompatibles.
En Occident, même variation. L’on prétend que l’Eglise du Puy-en-Vélay a conservé l’usage de célébrer cette fête pendant la semaine sainte , lorsqu’elle y tombe , même le vendredi saint : celle de Milan et les Eglises d’Espagne la mettent au dimanche avant Noël ; mais ces dernières la font aussi en carême. Eh 656, le dixième concile de Tolède ordonna que la fête de V Annonciation de Notre- Dame et de l’Incarnation du Verbe divin se célébreroit huit jours avant Noël , parce que le 25 de mars , jour auquel ce mystère a été accompli , arrive ordinairement en carême , quelquefois dans la semaine sainte ou pendant la solennité de Pâques , temps auquel l’Eglise est occupée d’autres mystères et de cérémonies différentes. Saint Ildefonse confirma ce décret , et nomma cette fête V attente des couches de Notre-Dame. Elle fut encore appelée la fête des d, ou de l’d ; parce que , durant cette octave, on chante chaque jour pour \& Magnificat , une antienne solennelle qui commence par d, comme, ô Rex gentium, ô Emmanuel, etc. C’est une exclamation de joie et de désir.
Dans l’Eglise de Rome et dans celles de France, cette dernière fête ne se fait point, si ce n’est dans quelques monastères d’annonciades ou d’autres religieuses ; mais depuis le 15 décembre jusqu’au 25, l’on chante tous les jours à vêpres, au son des cloches, une de ces antiennes , (pie le peuple nomme les d de Noël, et (pic les rubricaircs appellent les grandes aiUiennes , antiphoncc majores; elles expriment les dilïércnls titres sous lesquels les prophètes ont annoncé le Messie.
Les Juifs donnent aussi le nom d’^niionciation h une partie de la cérémonie de Pâipies , celle où ils exposent l’origine et l’occasion de cette solennité, ex[»osilion (pi’ils appellent Zhaygadu , qui signifie Annonciation.
ANNOTINE , pâque annotine. C’est ainsi qu’on appeloit l’anniversaire du baptême, ou la fête qu’on célébroit tous les ans en mémoire de son baptême , ou, selon d’autres , le bout de l’an dans lequel on avoit été baptisé. Tous ceux qui avoient reçu le baptême dans la même année, s’assembloient , dit-on, au bout de cette année , et célébroient l’anniversaire de leur génération spirituelle.
ANNUELLES ( offrandes ). Ce sont celles que faisoient anciennement les parents (ies personnes décédées , le jour anniversaire de leur mort.
On appeloit ce jour un jour d’an, et l’on y célébroit la messe avec une grande solennité.
On nomme encore à Paris annuel, une fondation de messes pour tous les jours de l’année, à l’intention d’un défunt : Fonder un annuel. Voyez Y Ancien Na(;ram(;?îfafreparGrandcolas,lf'part., pag. 529.
ANOMÉENS , ou dissemblables. On donna ce nom , dans le quatrième siècle, aux purs ariens, parce qu’ils enseignoient que Dieu le Fils étoit dissemblable, KvdjjLoaov, à son Père en essence et dans tout le r?ste.
Ils eurent encore différents noms, comme aétiens , eunomiens, etc., qu’on leur donna à cause d’Aélius et d’Eunomius , leurs chefs. Ils étoient opposés aux semi-ariens , quinioient, àlavérité, la consubstantialité du Verbe avec le Père , mais qui lui allribuoicnt une ressemblance en toutes choses avec le Père. Foy. Arie.vs , Semi-Aiuexs.
Ces variations firent que ces hérétiques ne s’attaquèrent pas moins vivement entre eux , qu’ils avoient attaqué les catholiques ; car les semi-ariens condamnèrent les anomêens dans le concile de Séleucie , et les anomêens à leur tour condamnèrent les semi-ariens dans les conciles de Constantinople et d’Antioche ; ils efl’acèrent le mot iixooônoi de la formule de Riinini et de celle d’Antioche, en protestant que le Verbe avoit nonsenlcmcntunedilVérente substance, mais encore une volonté dilVércnte de celle du Père. Socrate, livre 2 ; Sozomène, liv. 4; Théodorcl , liv. 4.
ANOMIENS. Foyez Aji-tinomiexs.
ANSELME ( saint ) , archevêque de Canlorbéry, mort l’an 1109, est compté parmi les docteurs de l’Eglise. Il a laissé plusieurs ouvrages de théologie et de piété , dont le père Gerberon , bénédictin, a donné une bonne édition infolio. Ce saint a été plus instruit et meilleur écrivain que son siècle ne sembloit le comporter.
Mosbeim convient qu’il excella dans la dialectique , la métaphysique et la théologie naturelle ; qu’il est l’auteur de l’argument dont on a faussement attribué l’invention à Descartes, c’est-à-dire de la démonstration de l’existence de Dieu, tirée de l’idée innée qu’ont tous les hommes d’un être infiniment parfait. Il ajoute que ce saint archevêque et Lanfranc, son prédécesseur et son maître, sont les vrais fondateurs de la théologie scolastique, mais qu’ils la traitèrent avec plus de sagesse , de discernement et de solidité que leurs successeurs. Il dit enfin que laini Anselme fut le meilleur moraliste de son temps ; qu’il est le premier qui ait donné un système général ou un corps complet de théologie , mais que cet ouvrage fut surpassé par celui que composa sur la fin de ce meme siècle Hildebert, archevêque de Tours. Hist.
ecclés. du onzième siècle, 2' part., c. 1, § 7 ; c. 5 , § 5 et C.
Cet éloge est confirmé par le suffrage du traducteur anglois de Mosheim, et par Drucker, Nist. de la Philos., tom. 5, p. 664. 11 n’est pas ordinaire aux protestants de parler si avantageusement des Pères de l’Eglise. Il y a une bonne notice des ouvrages de saint Anselme dans les Fies des Pères et des martyrs, tom. 3 , p. 373.
ANTÉCÉDENT. Ce terme est usité en théologie, où l’on dit, en parlant de Dieu , décret antécédent, volonté antécédente.
^ Un décret antécédent est celui qui précède , ou un autre décret , ou quelque action de la créature , ou la prévision même de cette action.
Les théologiens sont fort partagés pour savoir si la prédestination à la gloire est un décret antécédent ou subséquent
à la prévision de la foi et des mérites de ceux qui sont appelés ; c’est une opinion qu’on agite librement pour et contre dans les écoles catholiques , et toutes deux sont fondées sur des autorités et des raisons très - fortes. Foyez Paédestina-