II. Contusion et héœatocèle des bourses séreuses
Une violence directe et une pression incessante déterminent dans les bourses séreuses des épanchements sanguins qui, à leur tour, occasionnent le plus ordinairement un hygroma chronique ou un hygroma aigu, si les malades ne prennent pas soin d’eux.
Lorsque l’épanchement sanguin n’est pas compliqué d’inflammation, le sang se coagule, une exsudation fibrineuse se produit, et le sérum du sang se résorbe. Mais chez quelques malades, les caillots se dissolvent dans la sérosité sécrétée, les globules sanguins disparaissent et il reste un épanchement séreux (Velpeau).
Le développement rapide d’une tumeur faussement fluctuante, là où existe une bourse séreuse, avec une crépitation fine comme de l’amidon fi'oissé entre les doigts, et des ecchymoses dans le voisinage caractérisent l’épanchement de sang dans ime bourse séreuse.
Si une inflammation survient, le kyste
finit, à la longue, par s’ouvrir, veree du pus ; il bourgeonne et guérit, ou bien il reste fîstuleux et les caillots durs restent emprisonnés dans la poche, de façon à entretenir une suppuration constante. On a pris quelques-uns de ces caillots dans la bourse séreuse trochantérienne pour une nécrose du fémur (Robert).
La contusion d’un hygroma chronique produit un épanchement de sang qui colore le liquide de l’hygroma : il y a hémo-hygroma consécutif, ou hématocèle consécutive de la bourse séreuse.
Thérapeutique. — Le premier traitement de la contusion des bourses séreuses est une application de compresses résolutives maintenue par une bande roulée serrée.
S’il survient une inflammation, des cataplasmes en permanence, une incision, dès que la fluctuation sera évidente, sont indiqués; mais si la suppuration n’a pas lieu et s’il reste une hématocèle, on traitera l’hygroma chronique qui résulte de l’inflammation lente de la bourse séreuse par les moyens chirurgicaux appropriés.