III. Inflammation aiguë des bourses séreuses
Une violence, ou une exagération de la cause qui produit la bourse séreuse accidentelle, une plaie et une inflammation du voisinage causeut l’inflannnation de la bourse séreuse, c’est-à-dire un hygroma aigu.
Il s’épanche de la sérosité claire, quelquefois un peu louche, dans la bourse séreuse enflammée, qui se tuméfie et devient douloureuse. Si la résolution a lieu, elle arrive en peu de jours, mais si l’inflammation se propage au tissu cellulaire, il y a phlegmon, et il est caractérisé eu général par une diffusion de la rougeur à une distance assez éloignée de la bourse malade.
Dans la suppuration aiguë des bourses séreuses une perforation analogue à celle du furoncle se fait, il s’écoule du pus séreux, puis le phlegmon disparaît ou suppure, suivant les soins appliqués. Une fistule persiste quelquefois après l’ouverture de la bourse séreuse. Les os peuvent être atteints par l’inflammation.
L’absence de crépitation, sous le stylet introduit dans une fistule consécutive à la suppuration d’une bourse séreuse, empêchera de la confondre avec une fistule osseuse.
Thérapeutique. — Contre l’hygroma aigu, il faut prescrire les compresses d^eau blanche et les cataplasmes arrosés d’eau blanche, puis on fera des frictions mercurielles sur les parties voisines enflammées. Si l’inflammation est vive, si l’on suppose qu’il y a du pus, on ouvrira largement, dans le cas où la plaie resterait fistuleuse et sécréterait toujours du pus en abondance, on cautériserait l’intérieur de la poche en y passant le crayon de nitrate d’argent. Lorsque l'inflammation aura passé à l’état chronique sans suppurer, on aura recours aux vésicatoires, aux lotions avec la teinture d’iode, puis à la compression méthodique. V. ImAMMATiox chronique.
lY. Infifammation clironiquc, Uygroma ciifonique. Apparaissant après un hygroma aigu ou d’emblée, l’hygroma chronique est caractérisé par une dilatation de la bourse séreuse, par un épaississement, puis par un amincissement de ses parois et la production de petites fongosités analogues à des franges synoviales ; rarement il y existe des plaques cartilagineuses. Le liquide contenu est clair, quelquefois séro-sanguinolent lorsqu’il s’est fait une hémorrhagie dans le kyste.
Du volume variable entre celui d’un œuf et celui d’une tête de fœtus, généralement globuleux, un hygroma est transparent, présente une fluctuation évidente, est mobile sous la peau et n’est pas réductible, à moins qu’il ne soit près d'une petite articulation du poignet, ou des doigts, où il peut s’enfoncer dans les inlerstices des tendons.
Un ganglion ramolli simule une bourse séreuse; mais la notion de l’existence d’une bourse séreuse là où est la tumeur, permettra d’en établir le diagnostic.
Ou bien l’hygroma disparaît par résorption du liquide et l’oblitération de la bourse séreuse, ou bien il suppure, et l’on a alors devant soi les caractères d’un hygroma aigu enté sur un hygroma chronique.
! L’hygroma chronique s’observe assez
souvent comme complication de la phlegmasie articulaire chez les goutteux.
Des dégénérescences fibro-plastiques de la bourse séreuse chroniquement enflammée ont été pris pour des hygroma récidivés.
11 est rare qu’une bourse séreuse (excepté celles des doigts et des orteils) communique avec l’articulation voisine.
Thérapeutique. — On comprime avec avantage les hygromas chroniques à leur début avec ou sans compresses d’eau blanche. L’emplâtre de savon, une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque (Boyer) ; le sel ammoniac, 50 grammes, dissous dans vinaigre et alcool, de chaque 50 grammes, dans i» sachet appliqué sur la tumeur ; le cérat mercmiel, également employés, sont moins efficaces que la compression.
On peut appliquer des compresses imbibées de la solution :
Sel ammoniac . 60 grammes.
Eau-de-vie camphrée . 60 id.
Eau . 6 litres.
(Debreyne.)
et l’on comprime.
Les vésicatoires volants répétés seront ensuite mis en usage, et alterneront avec une compression méthodique. Si la tumeur augmente on écrasera par pression la bourse séreuse, le liquide épanché dans le tissu cellulaire se résorbera. On pourra, pour produire le même effet, faire une ponction sous-cutanée, mais cette opération n’est pas toujours sans dangers.
Les tubes à drainages passés dans le kyste (Ghassaignac) valent mieux que le séton (B. Bell et Monro), surtout quand on complète le traitement par le^