BRID
sence du bouton d’Alep, qui se développe souvent sur le visage, cette dermatose n’a aucun danger.
C’est par mois qu’il faut estimer la durée du bouton d’Alep, trop heureux les malades chez lesquels il ne dure pas plusieurs années.
Thérapeutique. ■ — La cautérisation avec le fer rougi à blanc (Satina) avant l’ulcération cutanée, de façon à carboniser toute la partie malade de la peau abrège un peu la durée et limite l’étendue du bouton d’Alep. Les malades devront en outre changer de pays, boire une tisane rafraîchissante et se mettre à la diète végétale.
BOtlTOlV DE B1SKR.4 (BOUTON DE COchinghine). Le bouton de Biskra existe à la face et sur les membres; il est ordinairement unique; cependant il se développe quelquefois en assez grand nombre sur le même individu.
Des tubercules rouges, saillants, violacés, qui apparaissent sur la peau et s’ulcèrent, en se recouvrant parfois de croûtes épaisses et en s’entourant de bords saillants et taillés à pic, telles sont les lésions ordinaires du bouton de Biskra.
Deux mois après que le bouton de Biskra s’est développé, la réparation commence et la cicatrisation se fait comme pour les ulcères de nos contrées. Il est probable que le bouton de Biskra et l’ulcère de Mozambique sont une même affection. L’ulcère dure de deux à dixhuit mois. V. Ulcère de Mozambique.
Thérapeutique. — Faites émigrer vers les pays froids un individu atteint du bouton de Biskra. C’est un excellent moyen d’activer la guérison.
Les amers, les antiscrofuleux et les antisyphilitiques seront employés; l’iodure de potassium à la dose de 0S‘',50 par jour dans une potion est particulièrement d’un bon usage; la teinture d’iode appliquée localement et les caustiques modifieront l’ulcération, mais on devra traiter l’ulcération par la compression avec les bandelettes de diachylon ou l’emplâtre de Vigo.
BOUTOiv DE FEE. La cautérisation des parties molles ou des tumeurs blanches avec le cautère actuel, en forme d’olive, constitue le bouton de feu. C’est un excellent révulsif. V. Cautérisation.
BOETONi-D’OR. Plante de la famille des renonculacées, très-commune dans les prairies, et considérée comme fébrifuge
BOETOiVNiÈRE. Les incisions qu’on pratique au périné ou sur le pénis, pour extraire des calculs immobilisés dans l’urèthre et pour frayer passage au pus des abcès urineux, ou à l’urine, sont des boutonnières. V. Calculs VÉSICAUX, Polypes naso-pharyngiens.
BRADYPEPSIE. La lenteur des digestions constitue la hradypepsie et n’est qu’une forme de la dyspepsie. V. ce mot.
BRIDES OU EA PERRIÈRE (SaVOie).
Eau minérale sulfureuse, calcique, d’une température de 36®. Elle s’emploie en boisson, en
170 BRON
bains et en douches, contre raménorrhée, ]
l’anémie et la scrofule pFi.
BRIDES SOI S -CET AXÉES. V. ClCA- TBicE, Rétraction des doigts, j
BROBE. Coi'ps simple, extrait des eauxmères des salines, sous forme d’un liquide rouge, d’odeur très-désagréable. — Dissous dans l’eau, 1 gramme pour ^50 grammes, il est employé contre la scrofule □.
BROREBES. Combinaisons du brome avec les autres corps simples. — On connaît le bromure de baryum, — le bromure de cyanogène,
— le bromure de fer, — le proto et le deutobromure de mercure, — le bromure de sodium,
— enfin le bromure de potassium. Ce dernier sel est assez fréquemment employé en médecine pour bains, à la dose de 50 grammes ; — à l’intérieur, 011 le donne à la dose de 1 à 2 grammes, contre la photophobie □, contre le satyriasis [+], contre les érections de la blennorrhagie Q ; contre la syphilis tertiaire [+], l'épilepsie ou l’hystéro-épilepsie □, enfin comme anesthésique [3, etc,
BRO.X'CHES. Les bronches sont des tuyaux membraneux qui font Suite à la trachée-artère pour servir à l’entrée et à la sortie de l’air dans
?0Cb!ET.DEL.
Fig. 59, — Ensemble des bronches, des poumons et du cœur. — 1. Ventricule gauche. — 2. Artère aorte, portant aux tissus le sang qui doit les nourrir. — 4, i. Veines caves supérieure et inférieure, ramenant le sang veineux de toutes les parties du corps à l’oreillette droite.— 5. Oreillette droite. — 6. Ventricule droit. — 7, 7, 7. Artère pulmonaire et ses divisions dans le poumon. — 8, 8, 8 Trachée-artère et divisions des bronches amenant l’air dans les cellules pulmonaires. — 9, 9, 9. Veines pulmonaires ramenant le sang dans l’oreillette gauche. — 10. Oreillette gauche.
Dans cette figure, les vaisseaux et les ramifications bronchiques se détachent à droite sur un fond noir et à gauche sur un fond blanc. (A. Tripier.)
les poumons. — Elles peuvent être malades de différentes manières : par inflammaiion aiguë et
BRON
chronique de la muqueuse, ou bronchite, par dilatation partielle, par vice de sécrétion muqueuse, ou bronchorrhée, et par rétrécissement ou oblitération.
Bronclie.s (INFLAMMATION DES). V, BRON¬ CHITE.
Bronches (FLUX D£S). Y. BRONCHORRHÉE.
Bronches (DlLATA'fJON DES). Laennec a montré que les bronches pouvaient être le siège d’une dilatation partielle, donnant lieu à la bronchorrhée et simulant quelquefois des cavernes tuberculeuses du poumon,
*„,* La dilatation des bronches n’existe que sur un point de l’arbre bronchique, presque toujours à la base du lobe supérieur et à la partie moyenne du lobe inférieur, et elle se présente à l’état de dilatation uniforme tubulaire, de dilatation sphérique, enfin de dilatation en chapelet, renfermant des mucosités plus ou moins abondantes.
L’expectoration épaisse, abondante, puriforme, souvent fétide, quelquefois d’odeur gangréneuse, rendue par intervalle à la suite de quintes pénibles de toux et d’efforts de vomissements, caractérise la dilatation des bronches.
Dans la dilatation des bronches, il y a ordinaii’emeut de la matité, du souffle bronchique^ de la bronchophonie et des râles muqueux ; quand il y a des râles caverneux, on rencontre alors une véritable pectoriloquie.
Sauf les cas où la sécrétion des bronches dilatées épuise les malades, cette lésion n’aggrave pas sensiblement le pronostic des bronchites chroniques.
On confond souvent la dilatation des bronches avec la phthisie tuberculeuse au deuxième degré; mais dans celle-ci il y a des sueurs, des hémoptysies, de l’amaigrissement, de la fièvre et une égale continuité d’expectoration qui n’existe pas dans l’autre.
Dans les crachats de la dilatation des bronches, il n’y a jamais que du rnuco-pus, tandis que dans les crachats d’une caverne tuberculeuse le microscope permet souvent de découvrir des fibres du tissu élastique des bronches, dont la présence révèle sûrement une ulcération du poumon.
L’expéctoration fétide de la dilatation des bronches simule c[uelquefois la gangrène des poumons, mais il y manc[ue l’hémoptysie et les fragments gangréneux du poumon mortifié.
Le dilatation des bronches est la conséquence de la bronchite aiguë et chronique et de la coqueluche, qui amènent la rétention du mucus bronchique.
Thérapeutique. — Les balsamiques, les sulfureux, les expectorants et tous les remèdes conseillés daus la bronchite chronique trouvent ici leur emploi. V. BrOXCUITE CimONlQUE,
BKOXCiiiTE. On donne le nom de broii-
BRON
chite à la phlegmasie de la membrane muqueuse des bronches. —Cette maladie se montre à X état aigu et à Xétat chronique.
La bronchite affectant les bronches moyennes constitue la bronchite simple, et celle qui s’étend aux dernières ramifications bronchiques caractérise la bronchite capillaire.
Le coryza et l’angine gutturale précèdent sourent la bronchite aiguë simple qui produit un peu de fièvre, de la toux, de l’expectoration d’abord séreuse, puis muco-puruleiite, de la chaleur sous-sternale, et enfin des râles ronflant, sibilant et muqueux dans les deux côtés de la poitrine,
%* Dans la bronchite capillaire, appelée catarrhe suffocant, la toux est très -fréquente, l’expectoration séreuse, filante, abondante; la gêne de la respiration très-considérable; la fièvre intense, et sans matité de la poitrine; il y a dans les deux poumons des râles ronflant, muqueux et sous-crépitant, disséminés, extrêmement nombreux.
De fréquentes bronchites aiguës amènent nécessairement la bronchite chronique, la congestion pulmonaire chronique et l’emphysème pulmonaire, avec une dyspnée continue, souvent compliquée d’asthme.
Chez un sujet prédisposé, la bronchite amène souvent la tuberculose des poumons et la phthisie dite pulmonaire.
La bronchite accidentelle se développe à la suite d’un refroidissement du corps baigné de sueur, à la suite de la rougeole , ou de la respiration de vapeurs et de poussières irritantes, qui pénètrent dans les bronches.
Il y a une bronchite épidémique dont la cause inconnue se révèle par des effets dont la fréquence et la gravité ne sauraient être contestées, c’est la grippe.
La bronchite est souvent symptomatique d’une maladie des organes respiratoires, de la tuberculose et des maladies organiques du poumon; des lésions organiques du cœur, entravant la circulation pulmonaire ; des fièvres graves, notamment du typhus et de la rougeole; de la laryngite aiguë, du croup et de la stomatite causée par la dentition.
Chez les enfants, de fréquentes bronchites sont un indice de scrofule et une menace de phthisie pulmonaire.
La rougeole est une cause ordinaire de bronchite, et, dans ce cas, l’inflammation des bronches est souvent suivie de pneumonie, ou de tuberculisation pulmonaire et de phthisie.
Bronchite aiguë. La bronchite aiguë, inflammation de la membrane muqueuse des bronches, offre différents degrés : selon sa limite, aux grosses bronches ou aux bronches terminales ; d’après son état aigu ou son état chronique; ou, enfin, d’après les causes générales
BRON 171
sporadiques ou épidémiques qui lui ont donné naissance, telles que la scrofule, la rougeole et la grippe.
L’inflammation légère des bronches, chez les sujets de bonne constitution, est une maladie très-simple, que l’on soigne par mesure de prudence, et qui se termine ordinairement bien. C’est le rhume ordinaire, affection trèscommune dans nos climats tempérés.
Quand la bronchite est plus intense et se trouve étendue aux grosses bronches, accompagnée d’ailleurs par de la fièvre et de l’abattement, elle mérite toute l’attention du médecin.
Thérapeutique. — Il faut d’abord prescrire le repos de l’organe malade, c’est-à-dire le silence, le séjour à la chambre dans une douce température et au milieu de vapeurs humides émollientes. La diète, plus ou moins sévère, suivant le degré de la fièvre, est de rigueur. Les boissons doivent être prises en quantité modérée et à une température ordinaire, car, trop abondantes ou trop chaudes, elles fout tousser et augmentent beaucoup l’expectoration. 11 y a même des sujets qui se trouvent bien de s’abstenir des tisanes qu’on a l’habitude de prendre ordinairement.
Les émissions sanguines, telles que la saignée ou les sangsues, sont rarement nécessaires dans la bronchite, et leur usage dépend de l’excessive intensité de l’inflammation.
Les tisanes émollientes avec la violette, la mauve, le bouillon blanc, etc., en infusion, avec les quatre fruits en décoction et de plus du sirop de gomme, de guimauve, de capillaire, sont d’un usage habituel dans la bronchite. On les rend quelquefois plus calmantes à l’aide du sirop diacode, du sirop de pavots et du sirop d’opium à la dose de 15 à 30 grammes par jour. Ou y peut joindre le julep béchique, le julep gommeux ou le looch blanc, simples ou additionnés avec des composés d’opium.
Différents narcotiques peuvent être donnés en nature pour calmer la toux de la bronchite, ainsi: 30 grammes de sirop diacode le soir, ou une pilule de 3 ou 4 centigrammes d’extrait gommeux d’opium, de 5 à 10 centigrammes de cynoglosse, de 2 à 3 centigrammes d’extrait de belladone ou 4e datura stramonium suivant l’opportunité.
Les vomitifs sont donnés avec succès au début de la bronchite, d’abord comme antiphlogistiques et contre-stimulants, ensuite comme agents mécaniques provoquant des contractions diaphragmatiques qui sont de nature à désobstruer les bronches engouées. On donne alors le tartre stibié à 5 centigrammes dans une tasse de bouillon d’herbes, ou l’ipécacuanha à la dose de 2 grammes dans le même liquide. Les médecins qui ont adopté ce système font généralement suivre cette médication d’un pm*gatif à vingt-quatre hem-es de distance, soit 40 grammes de manne dans du lait, soit de l’eau de Sedlitz, de la limonade purgative au citrate de maguésie, de l’huile de ricin à 25 ou 30 grammes, etc.
Une méthode de traitement bien différente, perturbatrice et sudorifique très-vantée par Laennec, consiste à faire prendre aux sujets affectés de bronchite aiguë, uue assez forte quantité de vin chaud ou de punch très-léger, par doses fréquentes et
172 BRON
minimes. Beaucoup de malades ainsi surexcités sont pris de transpiration et la phlegmasie bronchique sc dissipe rapidement. Ce moyen est peut-être bon chez les sujets foi-ts et bien constitués, mais il est dangereux chez les personnes faibles et dont l'état intérieur de la poitrine a fait naître des inquiétudes.
Au bout de quelques jom-s de bronchite, il est bon d'opérer sur la peau de la poitrine une révulsion salutaire avec un emplâtre de diaebylon, de poix de Bourgogne, ou avec les frictions d’huile de croton, ou de pommade stibiée, enfin avec des vésicatoires volants successivement répétés. V. un peu plus loin le Formulaire de la bronchite.
Bronchite capillaire. La toux avec expectoration aqueuse, abondante, spumeuse, striée de sang avec dyspnée ou orthopnée, fièvre vive et abondance de râles sibilant, ronflant, sonore et muqueux fin, disséminés dans les deux côtés de la poitrine, caractérisent la bronchite capillaire.
Thérapeutique. — Dans la bronchite capillaire générale ou catarrhe aigu suffocant, les indications sont plus pressantes , car la vie des malades est sou- | vent compromise, et il est quelquefois difficile d’empêcher la production de l’asphyxie. Il n’y a pas à différer. Chez des adultes, la saignée doit être employée une ou deux fois et, de plus, il faut mettre des sinapismes aux jambes et y faire appliquer la ventouse Junod.
Dans la bronchite capillaire, il faut faire vomir les malades une ou deux fois selon la circonstance, appliquer un vésicatoire sur le thorax et donner à l’intérieur, soit de la décoction de polygala de Virginie ou de bourgeons de sapin du Nord, 4 à 8 grammes par litre d’eau, soit des juleps gommeux et narcotiques, soit enfin des loochs rendus expectorants par de l’oxymel scillitique, 15 grammes, ou par 1 gramme de gomme ammoniaque ou d’oxyde blanc d’antimoine.
Bronchite de l'enfance. Chez les jeunes enfants, la bronchite simple doit être combattue seulement par les remèdes dits émollients, par quelques bains de pieds, par le vomitif ipécacuanha, et quelquefois par un vésicatoire volant sur le sternum, si l’inflammation paraît s’éterniser. Quand la bronchite est grave et s’étend aux petites bronches, de façon à for mer une bronchite capillaire, lorsqu’elle est accompagnée d’une réaction vive, et peut-être de cette respiration que j’ai appelée expiratrice, c’est-à-dire gémissante et saccadée, il faut tout de suite mettre une sangsue à l’épigastre, deux quelquefois si les enfants sont vigoureux, ne pas trop les laisser couler ] afin d’y revenir, si l’état des forces le permet. Il faut faire vomir, avec l’ipécacuanha, et recommencer plusieui*s fois de suite, d’après l’état de gêne de la respiration. Il faut aussi mettre, dès le début, un vésicatoire volant sur le devant de la poitrine, en réappliquer un deuxième au bout de trois jours, au-dessus ou à côté, un troisième quelquefois, à côté des premiers ou sur le premier, de manière à traiter par les vésicatoires volants multiples. Ces vésicatoires doivent être petits, à peine de 3 centimètres, car ils ont toujours trop de tendance à s’agrandir, et il faut éviter chez les enfants de faire naître de trop grandes plaies qui seraient alors plus graves que la maladie primitive.
BRON
Bronchite des vieillards. Chez les vieillards atteints de bronchite aiguë, la saignée doit être proscrite. Leur bronchite capillaire doit être combattue par les vomitifs, et ici c’est le tartre stibié qu’il faut employer, par des légers purgatifs, et aussi par de nombreux vésicatoires volants. Il faut aussi dans ces cas veiller avec soin sur l’état des forces, alimenter le malade le plus tôt possible, lui donner du bouillon, un peu de macération de quinquina et d’eau vineuse. Ici, c’est uuire au malade que trop s’acharner sur sa maladie, il est nécessaire d’unir la résolution à la prudence et de n’agir qu’avec circonspection.
Lorsque la bronchite se développe chez des sujets faibles, lymphatiques, et fait craindre pour l’avenir le développement des tubercules pulmonaires, il faut veiller sur la convalescence, et l’entourer de toutes les précautions convenables. De légers toniques, une bonne nourriture, et surtout le voyage, le séjour dans le Midi ou dans les pays chauds, sont ce qu’il y a de plus utile à ordonner.
Bronchite chronique OU Catarrhe pulmonaire. La bronchite chronique, jadis appelée catarrhe pulmonaire chronique, réclame des soins très-multipliés et différents, selon quelle est simple, qu’elle est compliquée d’emphysème pulmonaire, sa conséquence inévitable, ou qu’elle est accompagnée d’asthme, de maladie du cœur ou de tubercules pulmonaires.
Thérapeutique. — On soulage beaucoup les malades affectés de bronchite chronique, on fait disparaître momentanément les symptômes de cette maladie, mais on ne la guérit presque jamais à moins de circonstances exceptionnelles comme le serait le déplacement et l’émigration dans les pays chauds.
Les saignées générales ou locales, que Broussais et Amstrong conseillèrent contre la bronchite chronique, sont du plus mauvais effet. L’élément qu’on dit inflammatoire n’y existe plus depuis longtemps, et les évacuations sanguines restent sans motif comme sans résultat. Elles ne sont utiles que dans les cas de maladies du cœur ou de dyspnée et d’asphyxie menaçante, mais alors ce n’est plus qu’une médication palliative appropriée à l’un des symptômes de la maladie.
Les infusions émollientes de fleurs pectorales, des fruits béchiques, le bouillon blanc, le lierre terrestre, etc:, les fumigations émollientes et les bains généraux de vapeurs émollientes peuvent être indifféremment employés contre la bronchite chronique.
Les vomitifs et les purgatifs, administrés de temps à autre à intervalles plus ou moins rapprochés, sont des plus utiles dans la bronchite chronique, car ils modèrent la toux et l’expectoration. 5 centigrammes de tartre stibié tous les deux ou trois jours (Laennec), 1 gramme 50 ceutigrainmes de poudre d’ipécaenanha tous les jours (Elliotson), produisent, dit-on, des résultats avantageux. Quelques médecins ne donnent pas l’ipécacuanha à si forte dose, ils se contentent de l’administrer à la dose expectorante 5 ou 10 centigrammes par jour et non la dose vomitive.
Ou peut administrer le calomel dans la bronchite chronique, ainsi que le pratiquent les Anglais, et le faire prendre seul ou uni à des poudres toniques et narcotiques soit au quinquina, soit à l’ipécacuanha, la thridacc et l’opium. Le calomel doit être donné
ËUÔN
à 10 ou 15 centigrammes par jour, continué longtemps. La teinture de colchique à 20 ou 30 gouttes par jour, ou de temps à autre de l’huile de ricin, de l’eau de Sedlitz ou de citrate de magnésie, de l’aloès à 5 centigrammes par jour, etc., sont les purgatifs qui ont souvent été employés.
Toute une série de remèdes dits expectorants vient tirer le médecin d’embarras, dans les efforts qu’il est obligé de faire pour arriver à soulager les malheureux affectés de bronchite chronique.
On peut employer à l’exemple d’Arétée les bols résineux suivants :
Miel . 25 grammes.
Térébenthine . 8 id.
Galbanum . 50 id.
Faire cuire et quand le mélange aura acquis une bomie consistance, faire des bols dont on prendra un ou deux matin et soir.
Il faut en outre prescrire les infusions d’hyssopc, de lierre terrestre, les décoctions de bourgeons de sapin du Nord à 4 grammes par litre d’eau, l’eau de goudron ou de copahu, les fumigations de créosote, etc.
Le copahu a été donné intérieurement à la dose de 1 gramme par jour, solidifié avec de la magnésie. Chez les malades qui ne peuvent le supporter dans l’estomac, on l’a donné aussi en lavement tenu en suspension à l’aide d’un jaune d’œuf.
L’ipécacuanha à 15 ou 20 centigrammes en nature ou mieux en pastilles facilite beaucoup l’expectoration et diminue notablement les efforts de la toux.
C’est dans le même but, et souvent avec succès que le soufre et les préparations sulfureuses ont été administrées. On donnait autrefois le soufre en tablettes à la dose de 1 à 3 grammes par jour, on peut le faire prendre en poudre dans du lait, dans du miel, ou sous la foi’me d’eau sulfureuse. Les eaux d’Enghien, de Bonnes, de Baréges, de Gauterets, qui sont plus ou moins chargées de principes sulfureux se prennent à petite dose d’abord, le matin à jeun, un quart de verre dans du lait, puis un demi-verre et même plus, lorsque les intestins n’en souffrent pas. Quelques malades sont purgés par l’usage de ces eaux, il faut aloi’s les suspendre, en diminuer la dose jusqu’à ce qu’elles puissent être digérées sans nul inconvénient. Ce traitement doit être continué plusieurs mois. Si les malades en ont la possibilité ils feront bien d’aller dans la saison prendre des eaux sur place, à la source même qui les fournit.
Les révulsifs cutanés méritent d’être employés dans la bronchite chronique, surtout lorsqu’une exagération des symptômes fait présumer l’existence d’un état aigu d’inflammation bronchique. Il est quelquefois bon de laisser à demeure, soit au bras, soit à la cuisse, un cautère ou un vésicatoire dont on entretient chaque jour la suppuration. En dehors de ce fait, et comme circonstance exceptionnelle, lors d’une recrudescence des symptômes, il faut ordonner sur la peau de la poitrine des frictions avec quelques gouttes d’huile de croton, et on les répète matin et soir jusqu’à l’éruption vésiculeuse, un emplâtre de poix de Bourgogne avec 20 ou 25 centigrammes de tartre stibié, des frictions matin et soir avec la pommade stibiéc jusqu’à pustulation, ou enfin des vésicatoires volants sur le thorax. Tous ces moyens sont fort utiles et rendent indifféremment de très-grands services,
fiiiôN lis
Les astringents donnés avec mesure, réussissent à diminuer l’expectoration et à soulager les malades affectés de bronchite chronique, mais c’est là une médication que l’expérience n’a pas complètement ratifiée. Quand on croira devoir la mettre en u-sage, c’est à l’exti'ait de ratanhia ou de mouésia en potion à 1 gramme par jour, au tannin à 20 ou 25 centigrammes, et à l’acétate de plomb qu’il faudra recourir.
Acétate de plomb . 2 grammes.
Extrait de jusquiame . 2 id.
Scille. . ‘ . 2 id.
pour 40 pilules dont on prendra 3 ou 4 par jour (Henderson).
La médication narcotique est une des plus usitées dans la bronchite chronique, car elle remédie au plus pressant besoin des malades en leur donnant le repos qu’ils désirent avec tant d’impatience. On peut donner tous les soirs 30 grammes de sirop diacode dans une tasse de tisane ou dans une potion à prendre par cuillerées; du laudanum de Sydenham, 10 ou 15 gouttes, à prendre de la même manière 5 du sirop de thridace à 40 grammes de la même manière encore, ou une pilule de cynoglosse, 5 à 10 centigrammes; de thridace, 5 à 10 centigrammes, ou d’extrait gommeux d’opium, 2 à 5 centigrammes ; à prendre le soir.
Le sulfate de morphine par la méthode endermique, à 2 ou 5 centigrammes, réussit également bien sur un vésicatoire à la pointe du sternum, au creux épigastrique. Ces vésicatoires doivent être placés tous les trois jours et n’ont pas besoin d’avoir plus de 2 centimètres de diamètre ; si on les veut instantanés, il faut les appliquer avec de l’ammcniaque sur une rondelle de drap.
On peut encore donner la teinture de belladone 6 à 10 gouttes, l’extrait à 2 et à 5 centigrammes, l’aconit de la même manière, et le datura stramonium en fumigations. Cette dernière substance sert à composer des cigarettes pour fumer trois ou quatre fois par jour, de manière à absorber autant que possible la vapeur qui s’en émane. Une cigarette absorbe environ 20 centigrammes de datura, qu’on peut brûler, si l’on préfère, au moyen d’une pipe. Ce moyen réussit souvent à calmer la toux.
Le camphre peut être employé de la même manière et avec avantage. C’est un vieux et excellent remède dont on abuse aujourd’hui et dont on peut se servir avec réserve et utilité.
A l’exemple de Williams, Pioi’ry conseille l’abslinence des boissons, et il croit qu’on peut arriver de cette manière à supprimer l’expectoration, diminuer la toux et guérir la bronchite. C’est un moyen à essayer et on peut le prescrire sans inconvénient.
Une autre méthode thérapeutique qu’on doit à Dracke et sur laquelle la science est loin d’être fixée consiste dans l’usage des aspirations d’air froid.
Le malade étant placé dans un lit bien chaud, la poitrine enveloppée de ouate, de laines, ou de fourrures, on lui fait respirer pendant une heure, jusqu’à trois fois par jour de l’air à 4 ou 5° centigrades qu’on vient de faire passer dans un réservoir entouré de glace. Lorsque l’air inspiré n’a pas moins de 6 ou 8’ centigrades, la sensation de fraîcheur dans la poitrine qui eu résulte est fort agréable, et il existe seulement des douleurs assez vives dans les épaules que les ma-
illi BROX
lades rapportent aux muscles. Le pouls est, dil-oUj
réduit à 10 ou 12 pulsations par minute.
Sous l'influeuce de cette médication, la toux et l expecioration diminuent notablement et les malades se trouxent fort soulagés. Je ne juge pas cette méthode que je n'ai pas xu employer, mais j’ai suixi les effets d’une médication analogue au moyen de l’eau froide en boisson, et les effets m’ont semblé trèséxidents.
Une malade affectée de bronchite chronique simple axec expectoration très-abondante, fatiguée quelquefois de la fréquence de la toux et de la fatigue de son catarrhe, axalait un xerre d’eau glacée. Immédiatement la toux diminuait et cessait presque aussitôt, l’expectoration était tarie, le pouls réduit à 50 ou 60, et un instant de bien-être suivait l’ingestion de ce xeiTe d’eau froide. Mais bientôt des douleurs ! intolérables entre les deux épaules, des douleurs à faire crier se faisaient sentir, la malade était obligée de prendre le lit, de se faire suer et de rappeler la toux et l'expectoration qui ne revenaient qu’au bout de vingt-quatre heures, au moment de la cessation des douleurs scapulaires. Plusieurs fois, à plusieurs années de distance, la malade, oublieuse des douleurs qu’elle avait éprouvées, rechercha dans l’eau froide un remède contre sa toux, et chaque fois ce phénomène des douleurs scapulaires lui faisait regretter son imprudence, et elle cessa enfin de recourir à ce moyen qui n’était qu’un douloureux palliatif. V. le Formulaire de la rroxxuite.
Bronchite symptomaticiue d'une maladie de cæur. Oii observe souvent la bronchite chronique dans le cours des maladies organiques du cœur, telles que l’hypertrophie, le rétrécissement ou l’insuffisance des valvules mitrales ou sigmoïdes, et comme, dans ces cas, la toux et l’expectoration dépendent d’une congestion mécanique passive des poumons et des bronches, il faut avoir recours à un traitement particulier.
La bronchite chronique occasionnée par une maladie du cœur avec obstacle à la circulation pulmonaire exige :
1“ La saignée d’après les forces du sujet, des sangsues à l’anus ou des ventouses scarifiées à la base du thorax.
2° La digitale en poudre, de 10 centigrammes à 1 gramme et 1 gramme 50 centigrammes.
Le nitrate de potasse, de 1 à 3 grammes.