V. Larynx, Bouche {Plaies par armes à feu
BRYONiE OU Vigne blanche. Plante grimpante de la famille des cucurbitacées, dont le suc purge très-violemment □ (fig. 60). Sa ra-
Fig. 60. - Bryone.
cine énorme sert à préparer une alcoolature dont 10 ou 20 gouttes sont employées contre l’état fébrile des maladies aiguës (3 et contre la dysenterie ŒL
BEBOX OU ADÉIKITE STPDILITIQIE. Le
bubon est une phlegmasie des ganglions lym-
phatiques engendrée par une ulcéralion syphilitkpie voisine. Il occupe ordinairement la région inguinale.
Quoique Hunter ait admis deux sortes de bubons : un bubon d'emblée., c’est-à-dire sans lésion de la verge et un bubon symptomatique d’une blennorrhagie ou d’un chancre, il n’y a qu’une espèce de bubon et il est symptomatique.
Les bubons se présentent à l’état aigu ou chronique ; les symptômes et la marche de la maladie ne varient que parce que la septicité du pus qui a déterminé la phlegmasie ganglionnaire est variable et que les soins primitifs ont été inégalement bien observés au moment de la lésion d’origine sur la verge.
I. Bubon syniptomatiqne d’an chancre indnré. Bubon syphilitique. Lorsqu’un chancre induré existe, du premier au deuxième septénaire de son évolution, soit que les malades aient pris toutes les précautions désirables, ce qui est rare, soit qu’ils continuent à vaquer à leurs affaires, en même temps qu’ils placent sur leurs chancres des médicaments irritants ou des caustiques, ils voient apparaître une tuméfaction indolente, des ganglions de l’aine, faisant des progrès lents. Les glandes se tuméfient une à une , le tissu cellulaire finit même par s’enflammer et s’indurer : il y a adénite chronique. Une masse oblongue ou arrondie occupe l’aine, en dedans s’il y a chancre sur la verge ; en dehors, si le chancre est à l’anus; à la région sousmaxillaire, dans le cas de chancre labial ; dans l’aisselle enfin s’il y a syphilis vaccinale.
Plus ou moins caché suivant l’embonpoint des sujets, le bubon symptomatique d’un chancre induré persiste après la cicatrisation du chancre. Il suppure dans deux cas : ou bien parce que le sujet est scrofuleux et que la syphilis se double de la diathèse scrofuleuse qu’elle réveille (Bazin) , ou bien parce que les malades marchent et continuent à se livrer à leurs occupations, commettent des excès, ou parce qu’ils ont des rapports avec des femmes.
Le pus d’un bubon consécutif à un chancre induré, lorsqu’il y a accidentellement suppuration, n’est pas ordinairement inoculable sur le malade lui-même.
Le bubon syphilitique ou consécutif au chancre induré est quelquefois double. Il est généralement suivi d’infection de l’économie. Quelquefois une roséole existe en même temps que lui.
Les lésions anatomiques, l’és'olutiou et la marche d’un bubon d’emblée sont les mêmes que celles du bubon consécutif à un chancre induré, mais il y a lieu d’admettre une écorchure antérieure (Ricord, Calvo) et une absorption du virus sans accident local, à moins que l’on n’admette l’absorption cutanée et muqueuse (Astruc, Swédiaur, etc,).
Un antécédent syphilitique, tel qu’un chancre, et la multiplicité des glandes enflammées feront diagnostiquer un bubon de l’aine d’avec une hernie, parce que les bubons sont toujours mobiles avec la peau, taudis que les hernies enflammées sont fixes. Ce caractère fera également reconnaître le bubon dit d’emblée, qui n’a pas d’antécédent syphilitique.
II. Bnbon symptomatique d’im chancre mon, OU Bnbon dit vénérien. Peu de temps après l’apparition d’un chancre mou , si une adénite apparaît, elle dure de un à plusieurs mois. Il n’y a ordinairement qu’un seul ganglion de pris. Peu à peu ce ganglion se ramollit et suppure, la peau s’amincit et l’abcès s’ouvre : il y a eu adénite aiguë.
On voit quelquefois un bubon se développer de chaque côté des parties génitales, c’est le bubon double.
Le bubon du chancre mou s’étant ouvert spontanément, il en sort du pus plus ou moins bien lié, la peau est décollée, circonstance qui entraîne une longue suppuration, et il n’est pas rare de voir les bords de l’ouverture cutanée s’ulcérer, devenir grisâtres et comme taillés à pic ; puis former mie ulcération qui reste pendant longtemps stationnaire.
L’ulcération d’un bubon ou d’un chancre mou, laisse écouler un pus quelquefois inoculable reproduisant sur l’individu des chancres mous. L’extension de l’ulcération au voisinage, dans l’aine et sur la paroi abdominale, constitue un bubon phagédénique.
Les bubons suppurés ne sont presque jamais suivis d’infection syphilitique.
Tous les bubons qui accompagnent les chancres mous ne suppurent pas ; il y en a qui sont de simples adénites sympathiques ou qui, étant mieux soignés, n’arrivent pas à la suppuration, et guérissent seuls quelquefois dans un espace de huit jours.
Les malades atteints de bubon souffrent peu, ils éprouvent des douleurs pendant les mouvements du membre, et au moment où le pus s’amasse au centre des ganglions, quelques douleurs lancinantes sont ressenties, aussi bien dans le bubon consécutif à un chancre mou que sans le bubon consécutif au chancre induré.
III. Bubon inflammatoire et sympathique. Chez les femmes, comme chez les hommes, au lieu que l’ulcère chancreux lui-même soit la cause de l’adénite, on voit des engorgements ganglionnaires consécutifs à un érythème de voisinage , à une irritation locale. Le bubon, dans ce cas , est comme celui qui résulte d’une inflammation du conduit de la glande vulvovaginale, d’une vulvite simple ou d’une blennorrhagie, une inflammation simple des ganglions. Ces adénites peuvent être doubles, exister à l’état aigu ou chronique. V. Adénite.
Thérapeutique. ~ Les bubons se terminent pap résolution, par suppuration ou par gangrène et par ulcération phagédénique.
Tant que l’on peut espérer que le bubon ne suppurera pas, il faut bâter la résolution; mais il faut de même hâter la suppuration si le ganglion doit suppurer, aussi lorsqu’il y a un chancre mou, il vaut mieux que l’adénite suppure vite.
1“ Dès que les ganglions commencent à s’engorger et quand les accidents inflammatoires suivent une marche lente, les malades observeront le repos au lit, on appliquera des cataplasmes et l’on fera des lotions avec la teinture d’iode (Richond des Brus). Un pui’gatif et un vomitif (Hunter) administrés au début de la maladie sont quelquefois utiles (A. Guérin). Les sangsues appliquées sur le bubon, alors qu’une inflammation vive n’est pas évidente, sont clangereuses. Les frictions mercurielles (Hunter) ont plus d’efficacité, mais leur action n’est pas régulièrement efficace, et elles engendrent quelquefois une stomatite mercurielle grave. L’emplâtre deVigo, l’eau mercurielle sur l’adénite virulente, sont encore d’assez bons moyens, mais on ne les emploiera que contre le bubon qui commence à suppurer.
Quand le bubon est dur, douloureux, une ponction abortive peut être faite (Aubry, 1840) ; il faut alors aller chéreber le pus pour ainsi dire au centre du ganglion. Cette ponction abortive n’est, à proprement parler, qu’une ouverture prématurée (Ricord). On peut aussi pratiquer plusieurs ponctions capillaires avec le bistomâ (Vidal de Cassis, Broca), si les malades sont capables de résister aux douleurs que ce traitement occasionne.
La compression (Ricord), soit avec une plaque de bois ou de gutta-percha maintenue par un spica, soit simplement avec un spica, est un traitement susceptible de favoriser la résolution de bubons assez avancés, mais on joue quitte ou double : on peut faire accroître l’inflammation.
Les applications de glace ne sont pas un moyeu abortif sûr, elles exaspèrent peut-être la maladie.
2° Lorsque la tumeur monoganglionnaire ou polyganglionnaire se présente sous forme d’une tumeur dure, légèrement rouge, plus ou moins indolente, lorsqu’il y a de l’empâtement avec ou sans fluctuation plus ou moins obscure, limitée ou non, on appliquera un vésicatoire ; le lendemain, la plaie sera badigeonnée avec un pinceau trempé dans la teinture d’iode pure ou mêlée à parties égales d’eau; on renouvellera ce pansement les jours suivants; on enlèvera la croûte formée par la cautérisation produite par la teinture d’iode, et l’on badigeonnera de nouveau avec ce liquide (Pirondi, 185.5). Ce moyen est une amélioration des méthodes de vésication préalable, et application consécutive de topiques mercuriels et caustiques ; soit la vésication suivie d’un pansement de la plaie avec l’onguent mercuriel (Ricord); soit la vésication suivie de pansements avec une solution :
Sublimé . 1 gramme.
Eau distillée . 30 id.
et dont on renouvelle l’application à la chute de l’eschare qui se forme (Malapert), Ces méthodes et eu particulier la vésication et les pansements à la teinture d’iode, doivent être préférés; elles sont suffisantes pour arrêter la marche de l’adénite chronique, mais elles ne tarissent pas la suppuration. Si l’on
BpBO
ne peut appliquer le traitement de Piroiidi, les vésicatoires successifs (Velpeau, A. Guérin) sont d’un emploi commode et presque aussi efficace que les badigeonnages à la teinture d’iode.
Les petites mouchetures multiples avec la pâte de Vienne (Melchior Robert) sont bonnes parce qu’elles ouvrent l’abcès dès qu’il se forme ; puis lorsque les eschares tombent, les ouvertures de la peau ne tendent pas à devenir chancreuses.
3° Lorsque le pus est formé et lorsqu’il y a de la fluctuation évidente , ouvrez , n’attendez pas , quoi qu’ait dit Hunter (Ricord).
Le bistouri sera préféré, on fera une ou plusieurs ponctions (Vidal, de Cassis) ; ou une ponction souscutanée, si le bubon suppuré est consécutif à un chancre induré (J. Guérin).
Lorsque l’on a affaire à un bubon vénérien, le' bistouri peut être employé; il n’est pas de règle que la plaie se transforme en un chancre mou. Du reste, on cautérisera immédiatement les bords de l’ouverture pratiquée avec le crayon de nitrate d’argent et l’on répétéra ces cautérisations tous les jours.
La ponction avec le trocart (J. Roux) ou les ponctions multiples avec le trocai't explorateur (Voillemier) ne sont pas aussi avantageuses que les ponctions avec un cautère filiforme (Reynaud, de Toulon), l’ouverture avec la potasse caustique (Hunter) ou la pâte de Vienne. On fera dans ce dernier cas une incision cruciale sur l’eschare formée en laissant l’eschare adhérente à la peau (Mel. Robert). Ces méthodes, et surtout la dernière, préviennent bien la contamination de la plaie par le pus du ganglion.
On peut laisser l’abcès s’ouvrir seul sous des vésicatoires successivement appliqués (A. Guérin) ; l’inflammation n’augmente pas, et la peau, peu à peu amincie, laisse sourdre le pus par un pertuis très-fin.
Quelle que soit l’origine d’un bubori, le traitement général antisyphilitique par le mercure ne sera pas employé, il n’est acceptable que quand il existe en même temps des syphilides de transition ou même secondaires.
On pansera tous les jours avec soin la plaie faite à la tumeur; des cataplasmes, puis un pansement simple seront appliqués; s’il reste une induration, on placera une petite plaque de pâte au chlorure de zinc dans la cavité de l’abcès, et on la laissera six heures; ou bien on fera des injections avec un mélange à parties égales d’eau et de teinture d’iode.
Si l’ouverture devient chancreuse, on pansera avec le vin aromatique, la solution de tartrate ferricopotassique au dixième, la solution de coaltar au trentième, ou avec du perchlorure de fer à 30°. V. Ghan-
CiE.
Si un ulcère phagédénique se développe, on lotionnera une ou deux fois par jour la plaie avec la teinture d’iode pure, ou avec le liquide suivant :
Acide elilorhydrique . 4 grammes.
Acide citrique . 4 id.
Perchlorure de fer . 4 id.
Eau distillée . 32 - id.
(Rodet.)
Ou bien on appliquera des rondelles de pâte au chlorure de zinc, et même on cautérisera profondément avec le fer rouge (Rodet) . On donnera à l’intérieur l’opium à haute dose, 60 à 80 centigrammes et si l’individu est débile, on prescrira un bon régime, du