‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 121 sur 731 · CAA G · texte numérisé non relu

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la moelle des os. Ces éléments mêlés à des éléments fibro-plastiques ou des plaques à un ou deux noyaux forment certains cancers des os. Les tumeurs développées dans les os et contenant exclusivement des myéloplaxes ne sont pas des cancers francs.

Le cancer nucléaire est un assemblage de noyaux libres, de noyaux embryo-plastiques, de noyaux d’épithélium, de noyaux fibro-plasliques et de granules graisseux qui se réunissent en petites masses pour former une substance homogène {xanthose, Lebert; chloroma, Aran). Le cancer des os des jeunes enfants et le cancer des glandes lymphatiques présentent parfois cette dernière disposition. Dans cette variété de cancer, la production nouvelle envoie des prolongements dans le tissu cellulaire entre les muscles, en suivant les vaisseaux et les nerfs.

De toutes les variétés de cancer, le squirrhe, l’encéphaloïde, le colloïde, l’hématode et le mélanique sont les plus sujettes à récidive après l’ablation et à la métastase.

Les cancers fibro-plastique, épithélial et chondroïde récidivent beaucoup moins souvent que les autres variétés de cancer, et ils amènent moins souvent aussi l’infection de l’organisme. Toutes les variétés de cancer peuvent subir un temps d’arrêt dans leur développement, rester stationnaires, ou rétrograder et s’atrophier de façon à ne pas compromettre les jours des malades pendant plusieurs années.

Plus le cancer est vasculaire et plus grandes sont les chances d’absorption du produit cancéreux et des métastases à l’intérieur.

Toutes les variétés de cancer, mais particulièrement l’encéphaloïde déterminent des ulcérations de la peau et des muqueuses, fréquemment suivies d’hémorrhagie, dont l’effet débilitant s’ajoute aux effets de la diathèse cancéreuse et abrège l’existence des malades.

Certains cancers peuvent être guéris lorsque étant accessibles aux moyens chirui'gicaux on emploie contre eux la compression , les cautérisations arsenicales ou au chlorure de zinc, ou l’ablation par le bistouri ; mais, i)Our quelques chii’urgiens, quand elle est possible, la cautérisation est préférable en ce sens qu’elle dispose moins aux récidives et aux métastases.

Les cancers peuvent être exceptionnellement le siège d’une inflammation et d’une gangrène, qui font tomber la tumeur cancéreuse et, qui, par une cicatrisation heureuse sauvent la vie des malades.

Le cancer ulcéré est presque toujours mortel, et s’il est très-vasculaire, la mort est inévitable.

C’est un singulier phénomène que celui des productions morbides , formées d’éléments normaux, tels que du fibro-plastique , de l’épi-

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thélial, du cartilage constituant des tumeurs malignes, source d’un poison animal, transporté par les lymphatiques dans les ganglions voisins, de là, dans le cœur, et, par la circulation dans les viscères en formant des dépôts métastatiques d’épithélium, de cartilage et de flbro-plastique, et déterminant par intoxication une diathèse et une cachexie promptement mortelles.

On reconnaît les tumeurs cancéreuses qui sont du ressort de la chirurgie aux signes suivants ;

1® Le cancer encéphaloïde forme une tumeur demi molle, se développant avec rapidité, causant des douleurs lancinantes et coïncidant avec un amaigrissement rapide des malades.

2® Le cancer squirrheux, qui est aussi le siège de douleurs lancinantes, adhère de bonne heure à la peau, présente une dureté plus grande c|ue r encéphaloïde, mais moiudi’è que l’enchondrome cancéreux et cause toujours l’atrophie de l’organe oû il est développé.

3° Le cancer fibro-plastiqüe se développe lentement, forme des tumeurs arrondies multilobées, molles, étendues en divers sens, adhérentes aux parties profondes et en partie séparées entre elles par de véritables bourses séreuses. C’est le sarcome d’Abernethy et de Virchow.

h° Les cancers à myéloplaxes se révèlent par les mêmes symptômes que l’encéphaloïde, et siègent habituellement dans les os où on ne les confondra pas avec la tumeur à myéloplaxes franche qui existe chez les jeunes sujets, et met en général un très-long temps à arriver à un grand volume, car elle ne grossit beaucoup que quand elle a usé les os.

5° Le cancer épithélial ou cancroïde s’annonce par un petit bouton causant quelques cuissons passagères, se recouvrant bientôt d’une croûte, au-dessous de laquelle existe une ulcération à bords indurés tendant à s’étendre.

6° Le cancer cartilagineux est très-dur ; quant au cancer à myéloplaxes et au cancer mélanique ils ont les caractères du cancer encéphaloïde, sauf que le premier est plus lent à se développer et que le second a une coloration noire.

Le diagnostic différentiel des cancers, et surtout du cancer fibro-plastique, sera fait avec le lipome au début, mais la rapidité de développement, un peu plus grande pour les tumeurs fibro-plastiques , permettra d’éviter cette erreur; en cas d’incertitude, une ponction exploratrice ramènerait im peu de tissu cancéreux que l’examen microscopique ferait connaître, mais comme le même traitement est applicable aux tumeurs fibro -plastiques et aux lipomes, une erreur de diagnostic dans ce cas ne sera pas un danger.

Tous les cancers peuvent être confondus à leur période de ranioUissement avec des abcès.

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mais les antécédents et les commémoratifs, le siège du mal, les indurations ganglionnaires voisines,la marche chronique des symptômes,raraai. grissement du sujet et la cachexie cancéreuse, ne laisseront aucun doute sur la nature du mal.

Les cancers ulcérés peuvent être confondus aux lèvres, aux orifices muqueux et sur la peau, au moment de leur ulcération, avec des syphilides primitives (V. Chancre, Syphieide turercüleuse) , mais les antécédents du malade mettront sur la voie pour reconnaître la nature vénérienne du mal ; il en sera de même des antécédents scrofuleux qui devront empêcher de faire confondre une plaie cancéreuse avec des ulcères scrofuleux du lupus (Y. ces mots). Ces dernières lésions sont d’ailleurs compatibles avec une santé florissante, même lorsqu’elles datent de longtemps. Puis, les cancers ulcérés s’accompagnent d’engorgements ganglionnaires.

On ne confondra pas le cancer mélanique avec la mélanose, et le cancer myéloplaxique avec la tumeur à myéloplaxes, ni le cancer cartilagineux avec les exostoses cartilagineuses et les rares enchondromes vrais des glandes. V. Glande PAROTIDE, Mélanose, Myéloplaxe, Tumeur.

*,5,* A sa dernière période le cancer, dont les éléments résorbés altèrent profondément la composition du sang engendre toujours ce qu’on appelle la diathèse cancéreuse, c’est-à-dire un état cachectique caractérisé par la faiblesse, l’amaigrissement, la fièvre, le dégoût des aliments, et enfin la pâleur et la teinte jaune paille du visage qui est caractéristique de la maladie.

Thérapeutique. — Bien que le -cancer soit souvent le résultat d’une diathèse contre laquelle il n’y a que des remèdes palliatifs à employer, il y a des cas où la maladie acquise est au début localisée sur un point qu’il suffit de détruire sur place avant sa généralisation pôiir guérir le mal»

il y a des tumeurs non cancércUSès qu’Oli enlève et qui 5é . Céproduisent à l’état de càùeei'j ce qui prouve la transformation sur place de certaines tumeurs dites bénignes. V. Adéxomes.

S’il n’y a rien à faire contre le cancer gémilVilisé, on peut exceptionnellement guérir certains càûcers lorsqu’ils n’ont pas encore infecté l’organisme.

traitement chirurgical. — Les cancers ne guérissent pas seuls et entraînent tous la récidive et Une généralisation par infection ou multiplication de tumeurs sans infection; quand il est possible de détruire un cancer, soit par l’ablation, soit par des cautérisations, on le fera et le plus vite p(»5ible,. sans attendre qu’il y ait quelques engorgements gîîiiglionnnires et des cancers viscéraux. ^lais même encore qu’il y ait quelques engorgements gàtigtiounaires, Oii peut opérer si les ganglions peuveiit être enlevés en même temps que la turnem'.

Au début du cancer, la compression complète et bien établie peut eu ralentir la marche et amener Is guérison. Cela est très-rare.

Pendant qu’on fait la compression, on doit toujours faire subir au malade un traitement antisj*?^'

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iitique pom* s'assurer si la tumeur n'est pas une tumeur syphilitique. V. Cancer du rectum^ Langue (Cancer de la).

Quand les tumeurs cancéreuses sont très-vasculaires elles sont très-grayes^ et si elles sont nourries par un gros yaisseau, on peut essayer d’en faire la Ugature, mais V ablation vaut mieux.

U faut enlever une grande quantité de tissus sains avec les tumeurs cancéreuses, amputer le membre ou la totalité de l’organe malade, c’est quelquefois une garantie contre la récidive; pour une tumeur petite, bien limitée, le traitement par ablation est toujours préférable, on pansera aplat ou l’on réunira par première intention.

La cautérisation avec la pâte au chlorure de zinc (■y. Cautérisation) est un excellent moyen d’amputation du mal, mais il est long, car dix jours sont nécessaires à la chute de la tumeur. Ce procédé convient aussi pour les tumeurs déjà ulcérées, pour les tumeurs récidivées, et quand il y a des engorgements ganglionnaires cancéreux. On couvre la plaie de disques de pâte au chlorure de zinc ou l’on introduit des flèches caustiques en dehors de l’ulcération à travers les tissus, tout autour de la tumeur, au moyen de ponctions avec le bistouri (Girouard de Chartres) ; la pâte arsenicale, employée comme moyen de guérison des cancers, n’est bonne que pour cautériser les cancroïdes (A. Dubois). i

On peut enlever les tumeurs à l’aide de Vécraseur linéaire, à condition de ne rien laisser, et par ce moyen on fait quelquefois de grandes pertes de substance ; l’écraseur linéaire convient mieux que tout autre moyen pour les tumeurs pédiculées, telles que les .cancers de la langue, de la verge et le col de l’utérus.

Le galvano-cautère n’est pas avantageux, si ce n’est pour détruire peu à peu par la cautérisation les ulcères cancéreux, situés dans des cavités profondes ; pour tous les autres cancers, la cautérisation au fer rouge a les mêmes avantages que le galvanocautère ; les ulcérations des cancers fibroplastiqucs, des cicatrices ne réclament pas d’autre traitement, à moins qu’il ne soit possible d’enlever en entier la tumeur avec le bistouri.

Les saignées locales (Lisfranc), la section des nerfs (Jobert de Lamballe), la ligature de l’artère principale de la région où s’est développé le cancer (Colas, 1814 ; Travers) ne conviennent que comme ressource ultime, et les chirurgiens raisonnables s’en abstiendront. La compression (Desault,Young, Récamier), ne donne qu’un résultat, celui de faire résorber les produits plastiques, qui sont exsudés autour du cancer, et de cette façon ils retardent peut-être un peu le développement de la tumeur.

L’eau de Goulard en topique, les solutions de percblorure de fer (Carmichael), la teinture d’iode, ne sont pas des topiques curatifs efficaces.

L’opium et la belladone en lotions seules doivent être conservés dans la pratique pour calmer les douleurs. Pas plus que ces topiques, la galvanisation n’est efficace pour guérh’ le caucer. La congélation (J. Arnott) qui est appliquée au moyen de sachets pleins de glace pilée et de sel qu’on laisse quatre ou cinq minutes sm* la tumeur, n’ont eu jusqu’ici pour effet’ que de calmer les douleurs.

Les cancers des viscères ne peuvent être atteints par l’instrument ti-anchant, et c’est pour eux surtout

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