CICATRISATION (ACGIDENTS DE LA
1° Complications de la cicatrisation. Une lésion traumatique, une solution de continuité résultant de l’ouverture d’un abcès ou un ulcère, se réparent par une exsudation plastique et une production de bourgeons charnus, riches en tissu fibro-plastique et en éléments de tissu cellulaire, qui se transforment en tissu fibreux et se recouvrent d’une couche épidermique mince. Plus les tissus intéressés sont profondément situés, plus grande est la quantité dé tissu produit. Une cicatrice complète est toujours rouge ou rosée et un peu saillante, une cicatrice ancienne est toujours rétractée.
Pendant le cours d’une cicatrisation, sous l’influence d’un traumatisme, des hémorrhagies peuvent survenir, et elles sont produites, ou bien par la chute prématurée d’une ligature d’artère ou par une ulcération de ce vaisseau, ou bien par les vaisseaux nouveaux des bourgeons charnus. Ailleurs il se fait de la pourriture d’hôpital et de la diphthérite qui détruisent les bourgeons charnus ou les recouvrent de fausses membranes (V. Pourriture d’hôpital et Diphehê- RiTE) ; d’autres fois, les bourgeons charnus se
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multiplient, s’infiltrent de sérosité et deviennent saillants.
Quand une inflammation phlegmoueuse franche apparaît autour des cicatrices, les bourgeons charnus ramollis donnent une grande quantité de pus.
Lorequeles cellules épithéliales sont sécrétées, il y a toujours une diminution de la saillie de la cicatrice ; cependant il est des cas où il y a une véritable hypertrophie de la cicatrice, une sécrétion de tissu embryoplaslique (Robin), de tissu cellulaire (Virchow), de tissu fibro-plastique (Lebert), qui continue après la production de la couche épidermique, et c’est en général, après les brûlures superficielles que ce phénomène se manifeste ; il a lieu aussi dans les cas de plaies étroites de la peau et qui ont pénétré profondément.
Là 'où existe une cicatrice récente, la reproduction du cancer est très-facile ; ainsi la récidive des tumeurs cancéreuses du sein a lieu surtout dans les bourgeons charnus de la cicatrice laissée par l’ablation de la première tumeur.
Le tissu cicatriciel, ou tissu inodulaire (Delpech) est rétractile pendant un temps trèslong, et, dans certains cas, il l’est toujours; la rétraction, à peine sensible au moment où la cicatrisation est terminée, se produit de plus en plus avec la transformation de la cicatrice en un tissu solide.
Thérapeutique. — Contre une hémorrhagie due aux bourgeons charnus d’une cicatrice, on comprimera à l’aide de compresses serrées par une hande roulée ou par un bandage approprié. Si un gros vaisr seau donne, on le liera dans la plaie (Nélaton, Courtin). V. Plaies. Quand les hémorrhagies sont dues à un traumatisme assez violent, des compresses froides seront appliquées sur la plaie.
Contre ce qu’on appelle la pourriture d’hôpital et contre la diphthérite, oh emploiera les remèdes appropriés. V. Plaies et Diphthérite.
On cautérisera les bourgeons charnus exubérants avec le crayon de nitrate d’argent [3- Quelques chirurgiens préfèrent les saupoudrer avec l’alun en poudre. Lorsque les bourgeons charnus sont un peu durs et qu’ils occupent une grande surface, la compression avec une plaque de plomb (A. Paré) est une bonne chose à faire. En cas d’hypertrophie, ce dernier traitement est le plus rationnel. On pourra y adjoindre les scarifications des bourgeons charnus.
Lorsque dans le cours de la cicatrisation d’une plaie faite pour enlever un cancer, il se forme au milieu des bourgeons charnus des masses assez bien limitées, dures, saignant facilement, avec des ecchymoses et quelques points ramollis, il faut les détruire ou bien avec le fer rouge, ou bien avec un disque de pâte au chlorure de zinc laissé en place pendant vingtquatre heures.
Au moment où la cicatrisation se fait, pour prévenir la rétraction du tissu cicatriciel, on tiendra les parties aussi écartées que possible, afin qu’il y ait une plus grande quantité de tissu produit ; if faut aussi, par des manœuvres journalières, essayer le
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mouvement dans le sens opposé à celui que la réti-action de la cicatrice va solliciter.
2° Absence ou ralentissement de la cicatrisation. Lorsqu’une plaie ne se cicatrise point et tourne à l’ulcération, ou d^énère en fistule, ou bien il y a un état défectueux de la santé générale ; ou bien un corps étranger existe dans le fond de la plaie; ou bien un organe enflammé sè détruisant peu à peu, rejette incessamment des produits qui doivent être éliminés ; ou bien un conduit muqueux perforé verse sans cesse dans le foyer primitif de la plaie ou de l’ulcération des liquides qui maintiennent la plaie ouverte ; ou bien par leur situation et les mouvements de la région les parties ne peuvent être maintenues au contact. V. Ulcères, Fistules, Plaies compliquées de corps étrangers, Rupture du périnée.
CIDRE. Boisson alimentaire fermentée trèssaine, faite avec le suc de pommes seul ou avec le suc de pommes mêlé au suc de poires.
CIGARES DÉDiciiVAEX. Des cigares ou des cigarettes se font avec des feuilles de végétaux narcotiques ; avec du papier imbibé de solutions médicamenteuses, ou avec des substances volatiles mises dans des tuyaux à travers lesquels on respire par la bouche.
Il y a les cigarettes camphrées, formées de camphre dont on respire la vapeur après l’avoir placé dans un tuyau de plume ou de verre. Les cigarettes de belladone, de Datura stramonium, à&jusquiame, de digitale, de nicotiane, de varech faites avec ces plantes desséchées et roulées dans un petit tuyau de papier qu’on allume; les cigarettes balsamiques avec la teinture de tolu sur du papier nitré, roulé en petit cylindre ; les cigarettes rdtrées, et toutes sont employées contre l’asthme et la phthisie S. Il y a enfin les cigarettes arsenicales de Boudin, faites avec un morceau de papier ayant reçu la solution de 1 centigramme d’acide arsénieux dans quelques gouttes d’eau et qu’on a fait sécher avant de le rouler. Celles-ci s’emploient comme les autres, on les allume comme un cigare ordinaire pour en aspirer la fumée.
CIGEËS. Ombellifères très-employées en médecine : 1® La grande ciguë ou ciguë ordinaire qui renferme un alcaloïde liquide et volatil nommé conicine. C’est la ciguë de Socrate ; ses feuilles et ses finiits sont d’autant plus actifs qu’ils viennent de latitudes plus chaudes ; se donnent en 5 centigrammes àl gram¬
mes; en extrait aqueux ou alcoolique, 5 à 25 centigrammes ; en alcoolature, 5 à 15 gouttes. On en fait de l’huile et de la pommade pour frictions résolutives, et un emplâtre qu’on met sur les tumeurs à résoudre. La ciguë s’administre dans les affections cancéreuse ŒI, dans la scrofule EJ, dans le rachitisme □, dans la
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syphilis ancienne H, enfin dans la coqueluches et dans les affections spasmodiques ou douloureuses S; 2“ la ciguë vireuse, ou cicutaire aquatique, distincte de la ciguë aquatique, est très-vénéneuse et peu employée.
3° La ciguë aquatique ou phellandrie qui croît dans l’eau ; elle a été conseillée en sirop contre la phthisie et le catarrhe pulmonaire S.
4° petite ciguë, ou ciguë des jardins, ou faux persil, est également active et elle est employée comme sédatif dans les maladies des bnmches et du poumon FR.
ci\CHonii]VE. Alcaloïde tiré du quinquina et surtout du quinquina gris. — Son sulfate est employé contre la fièvre intermittente à dose triple de celle où l’on aurait employé le sulfate de quinine □ ; — son mérite est d’être moins cher que la quinine.
ciRCONCisioïK. C’est à l’amputation du prépuce chez les nouveau-nés des Hébreux, des Égyptiens et chez ceux des Musulmans, dans le but d’empêcher l’accumulation de la matière sébacée autour du gland, qu’on donne le nom de circoncision.
Dans certaines contrées de l’Afrique, on pratique aussi -la circoncision des filles, laquelle consiste dans l’excision d’une partie des petites lèvres naturellement pendantes.
Chez l’adulte, la circoncision se fait pour les maladies de la verge et du gland, lorsque le prépuce trop long couvre les parties malades. On la pratique aussi pour guérir la masturbation.
Fendre le prépuce sur le dos de la verge avec un bistouri et abattre les deux lambeaux, voilà une manière de faire la circoncision. V. Phimosis.
CIRE. Matière sécrétée par les abeilles et dont elles se servent pour bâtir les alvéoles où elles déposent le miel. — A l’état de pureté c’est la cire vierge ou blanche, mais dans l’état habituel elle est jaune et odorante. On la donne à l’intérieur à la dose de 1 à 10 grammes en émulsion ou en potion contre l’entérite chronique et la diarrhée Q. Elle s’emploie pour solidifier l’huile de morue avec le blanc de baleine ŒI (12 grammes de l’un et de l’autre pour 75 grammes d’huile) (Bouchut). La cire fait la base du cérat et de plusieurs composés emplastiques. V. Cérat, Emplâtre.
CiROÈNE. Emplâtre résolutif fonné de poix de Bourgogne, ftOü ; de cire, 150 grammes; de suif, 50 grammes, et quand tout cela est fondu on ajoute lOO parties de bol d’Arménie, 5 de myrrhe, 5 d’encens pulvérisé et 5 de minium également pulvérisé.
C.et emplâtre s’applique entre les deux épaules pendant dix à quinze jours dans la bronchite aiguë et chronique à titre de révulsif S, dans l’asthme, dans la phthisie pulmonaire, etc.
CIRRHOSE DE FOIE. C’està l’endurcîsse-
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ment dü foie et à la gêne apportée par cette lésion aux fonctions hépatiques qu’on reconnaît la cirrhose.
La cirrhose est le résultat de la congestion des capillaires périphériques des acini du foie ce qui entraîne leur oblitération, puis l’atrophie des grains glanduleux hépatiques, de sorte qu’il en résulte une altération de la bile et une gêne dans la circulation de la veine porte.
%,* Il y a une cirrhose générale et une cirrhose partielle, ou en plaques (Laennec).
*** Au début de la cirrhose (première période), le foie est toujours très-volumineux par suite de la congestion dont il est le siège, mais quand les capillaires et les acini qu’ils font vivre sont oblitérés (deuxième période), le foie subit alors une atrophie plus ou moins considérable, ce qui entraîne toujours la suffusion séreuse du péritoine.
A la seconde période de la cirrhose, les grains glanduleux du foie atrophiés sont durs, calcaires, infiltrés de cholestérine jaunâtre et souvent faciles à énucléer de leur paroi vasculaire convertie en tissu celluleux.
Toutes les causes susceptibles de produire la congestion et l’inflammation du foie, particulièrement les excès de table et de nourriture stimulante, fortement épicée, ainsi c{ue l’abus des boissons alcooliques, peuvent être le point de départ de la cirrhose.
Les maladies du cœur, par suite de la gêne permanente qu’elles apportent à la circulation du foie, sont là cause très-fréquente de la cirrhose.
L’ivrognerie amène si souvent la cirrhose suivie d’ascite qu’on a dit plaisamment que ceux qui vivaient dans le vin mouraient dans l’eau.
La cirrhose est une inflammation chronique de la partie vasculaire du foie qui nourrit la portion glandulaire de l’organe.
Il y a une cirrhose aiguë que caractérise la douleur hépatique, un peu d’ictère , l’augmentation de volume du foie; tandis que la cirrhose chronique se révèle par l’atrophie de l’organe, la pâleur du visage, la faiblesse des membres, la dilatation des veines sous-cutanées abdominales, le bruit musical de l’appendice xyphoïde, l’augmentation du volume du ventre par de l’ascite, et enfin le dépôt rosacé d’urate acide d’ammoniacpie dans les urines.
Une ascite suivie d’œdème et d’anasarque chez un ivrogne ou chez un individu ayant un peu d’ictère indique de la cirrhose.
L’oblitération des capillaires de la veine porte dans le foie produit une circulation supplémentaire, au moyen des veines épigastriques, mammaires internes et sous-cutanées abdominales, réunies à la veine dilatée du ligament suspenseur du foie, laquelle communique avec