‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 157 sur 731 · V. Inflammation du coeur · texte numérisé non relu

V. Inflammation du coeur

Cœur (Palpitations du). Y. Palpitations.

Cœur (Plaies du). Plaies pénétrantes du cœur. La blessure du cœur, par un instrument piquant ou tranchant, par un corps contondant comme une balle ou un instrument piquant et contondant et par un fragment de côte (Dupuytren), donne ordinairement lieu à une mort subite; les plaies par piqûres, comme celles produites par l’acupuncture, ne sont pas ordinairement suivies d’accidents (Bretonneau).

Le cœur peut être atteint, dans les plaies situées au niveau du quatrième ou cinquième et même sixième espace intercostal ; il est aussi des blessures faites au-dessous de l'appendice xiphoïde qui, produites par un instrument dirigé de bas en haut, atteignent le cœur.

Les individus atteints d’une plaie du cœur périssent tantôt par une hémorrhagie abondante dans le péricarde (Morgagni) ou bien au dehors ; tantôt par un arrêt brusque de l’innervation du cœur, c’est-à-dire, par une syncope analogue à la cessation des battements qui succède à la galvanisation du pneumogastrique. En général, les plaies des oreillettes entraînent la mort par hémorrhagie, et les plaies des ventricules la mort par syncope.

Lorsque les malades résistent, si la plaie du cœur est petite un caillot se forme et oblitère la plaie pendant une syncope, après les battements cardiaques reparaissent irréguliers et tumultueux ; mais plusieurs complications redoutables peuvent encore atteindre les blessés. Ce sont : la réapparition des palpitations et une sorte d’anémie, puis la cardite (Fantoni) et la péricardite. Les lésions des plèvres expo-

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sent à des pleurésies ; les plaies qui ont intéressé l’abdomen et le cœur à la fois sont suivies de péi itonite.

Les corps étrangers des plaies du cœur, tels que les balles et les aiguilles n’en augmentent pas la gravité lorsqu’ils restent enfermés dans le tissu de l’organe, mais s’il s’agit d’une lame faisant saillie à l’extérieur, la plaie est mortelle, parce qu’il est impossible de laisser le corps étranger, et qu’en l’enlevant le malade qui résiste encore est presque toujours voué à la mort.

Toutes les plaies du cœur, et même celles qui sont compliquées de corps étrangers, n’entraînent pas la mort (Latour d’Orléans ; Bou gon, Velpeau, Al. Samson).

%* Un individu atteint de plaie du cœur chancelle, pâlit, tombe quelquefois comme foudroyé, et il meurt par suite de syncope, ou d’hémorrhagie si le cœur est largement ouvert.

Dans les cas où il n’y a pas syncope instantanée, le malade pâlit et une hémorrhagie se produit, il coule du sang noir ou rutilant, qui se répand au dehors ou s’épanche dans le péricarde et les plèvres. 11 y a des défaillances, les extrémités se refroidissent, le malade est couvert de sueur, le pouls est filiforme, inégal, intermittent (Diemerbroeck); une syncope survient, puis le malade se réveille et est en proie à une grande anxiété, il a des palpitations, de la dyspnée, une petite toux, et la position couchée sur le côté gauche est celle qui est la moins pénible pour le malade. A l’auscultation, on constate que les bruits du cœur sont sourds et quelquefois couverts par un bruit de souffle rude au premier temps.

\* Sur un individu portant une petite plaie à la région du cœur, il est difficile de diagnostiquer une plaie pénétrante autrement que par les signes d’une hémorrhagie interne, d’un hémo -péricarde et d’un hémo-thorax.

*,j.* On ne doit jamais explorer une plaie du cœur avec un stylet, dût-on y laisser un corps étranger.

Thérapeutique. — Les individus soupçonnés de plaie pénétrante du cœur seront placés dans une chambre froide, tenus dans le repos complet, à la diète absolue. S’il y a une hémorrhagie, on comprimera en tenant le doigt dans la plaie ; et s’il survient une syncope on appliquera des sachets remplis de glace sur la région du cœur. Au besoin, pour avoir un plus grand froid, on mélangerait du sel marin' avec la glace. Quelle que soit la rapidité des accidents, il faudra toujours se borner au froid localement sur la plaie. On n’agitera pas le malade. On ne débridera pas les plaies pour évacuer le sang épanché, car celui-ci exerce une compression qui peut être salutaire.

On diminuera la tension du sang dans les vaisseaux par des saignées répétées à de courts intervalles de façon à ne laisser au malade que la quantité de sang strictement nécessaire à la vie (Du-

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puytreji). On saignera à mesure que le pouls se relèvera, et l’on fera des saignées de 150 à 200 grammes.

. Ou -prescrira des potions avec 08%10 de poudre dè feuilles de digitale, ou 2 granules de digitaline, ou une potion avec 10 centigrammes d’extrait de belladone. Pour éviter les efforts de toux, il faudra associer les préparations opiacées à la digitale ,

30 grammes de sirop diacode ou mieux de sirop de morphine.

Si ime complication inflammatoire survient du côté des plèvres et du péricarde, on appliquei’a huit ou dix ventouses scarifiées, puis des vésicatoires répétés.

Les corps étrangers saillants au dehors ne seront pas extraits immédiatement, on attendra quelques heures. Peut-être un caillot se sera formé autour de la plaie du cœur, et en enlevant l’instrument et en plaçant le doigt.sur l'a plaié pendant un certain temps, on favorisera da 'formation d’un caillot (Velpeau, Al. Samsqn). , . . .

Il ne faut jamais aller à la recherche d’une balle dans le cœur.

Plaie non pénétrante. La blessure du péricarde, et des couches musculaires superficielles du cœur peut tuer en produisant une syncope; Elle occasionne un hémo-péricarde quand les artères ou les veines coronaires ont été coupées; mais elle est beaucoup moins grave qu’une plaie pénétrante. Seulement pour avoir évité la mort immédiate, les malades sont presque fatalement exposés à une péricardite.

, Les signes des plaies non pénétrantes du cœur sont fugaces, mais l’obscurité des battements cardiaques, les palpitations coïncidant avec une plaie dans la région du cœur feront diagnostiquer la lésion. Toutefois il sera difficile de préciser s’il y a simplement plaie du péricarde, plaie pénétrante du cœur ou plaie non pénétrante. Le bruit de frottement péricardique indiquera l’une ou l’autre de ces lésions.

Thérapeutique. — On appliquera des cataplasmes froids sur la- région du cœur, et l’on donnera la digitale et 'la belladone, comme pour les plaies pénétrantes du cœur. Le repos absolu et la diète seront rigoureusement prescrits.

Aux premières douleurs continues, des ventouses scarifiées seront placées sur la région du cœur ; s’il y a' péricardite, on aura recours à des vésicatoires volants et à des sinapismes sur les membres inférieurs. V. Ck)F.ÜR (iNFLAMaATIOX Dû).

. Cœur (Rupture du). Une contusion, une pression violente sur le thorax causent quelquefois la rupture du cœur, et la mort instantanée. Contre une pareille lésion, il n’y a rien à faire.

Dans les cas de dégénérescence graisseuse du cœur, de cardite chronique, d’anévTysme du cœur existant dans les parois des ventricules ou -des- oreillettes, nne rupture peut encore avoir lieu spontanément ou sous l’influence d’un effort et la mort est instantanée, par suite d’un épanchement de sang qui a lieu dans le

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péricarde, ou qui s’ouvre une voie dans les plèvres et souvent dans la trachée-artère. Y. Anévrysmes DU COEUR.

Si l’on a constaté quelques signes révélant une altération du cœur, pouvant amener la rupture de cet organe, il faut prévenir cet accident en conseillant au malade d’éviter les efforts musculaires, mais si la rupture a lieu, il n’y a rien à faire pour guérir les malades.

conoB4TiO]V. Distillation répétée d’une substance dont le produit est reversé sur une nouvelle quantité de matière n’ayant pas subi la. distillation.

coiNfCi. Fruit du cognassier, arbre de la famille des rosacées. Le suc sert à faire de la gelée, de la pâte et du sirop astringent contre la diarrhée È. On se sert des semences comme de mucilage pour faire des lavements ou des collyres Q.

COÏT, Acte instinctif du rapprochement des sexes pour l’accomplissement de la loi de perpétuité des êtres. Le coït est nécessaire a l’homme, qui n’est pas fait pour vivre seul. Dans quelques cas, c’est le meilleur remède des pertes séminales, de l’hypochondrie, de la chlorose et de rhystérie. •

coiLATfjiiii:. Filtration incomplète d’uii liquide épais sur iine toile peu serrée.

coLCiii4jïJE (Narcisse d’automne. Safran DES prés). Plante de la famille des colchicacées, dont les bulbes, les semences et les fleurs sont employés comme diurétique, comme drastique, dans la goutte et le rhumatisme r++]. On en tire de la colchicine jusqu’ici peu employée.

La colchique se donne en poudre de bulbe, 10 à 50 centigrammes; en teinture, 1 à 5 grammes ; en alcoolature, 50 centigrammes à 1 gramme; en vin, 2 à 10 grammes. Si l’on emploie les préparations faites avec des semences qui sont plus actives, il faut diminuer la dose.

Dans la goutte, il faut donner 3 h 4 gramnùes de teinture de bulbe toutes les trois heures dans une tasse de thé (Fiévée), et si le remède ne pouvait être supporté par l’estomac, on le donnerait h dose double en lavement, de façon h provoquer des selles nombreuses ou des urines abondantes.

COLIQCE. Le mot colique ne doit être employé que pour les douleurs de l’intestin et du côlon, mais il s’applique à toutes les douleurs profondes dii ventre, et l’on admet aujourd’hui des coliques hépatiques, utérines, néphrétiques, hémorrho'ïdales, pancréatiques, etc.

%* La colique est l’indice habituel d’une souffrance de l’intestin, par suite de la rétention des gaz ou des excréments solides et liquides, quelle que soit la cause première du mal.

Les inflammations gastro-intestinales simples et toxiques, les flux bilieux, les pneuma-

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toses de l’intestin, les étranglements internes, les invaginations, la rétention des excréments, les entozoaires, l’absoi’ption du plomb et du cuivre sont les causes de la colique infammatoire, bilieuse, venteuse, de miserere, vermineuse, saturnine et cuivrique.

La colique du Poitou, de Madrid, végétale, du Devonshire, ne sont pas autre chose qu’une colique saturnine due à des boissons conservées dans des vases ou des tuyaux de plomb, mal préparées et dans lesquelles on a mis pour les sucrer un peu d’acétate plombique.

Colique des enfants nouveau-nés et à la mamelle. Les enfants qui viennent de naître ou qui sont encore au sein ont fréquemment des coliques caractérisées par des cris aigus, que rien ne peut calmer, par des contorsions du ventre et des membres, et par l’expulsion de vents, par la bouche ou par l’anus. Ce sont des coliques venteuses. V. ce mot.

Thérapeutique. — Contre les coliques des nouveau-nés, il faut appliquer des cataplasmes chauds de farine de lin et des serviettes chaudes sur le ventre, faire des frictions ou des applications de laudanum, 6 à 8 gouttes.

S’il y a de la constipation, on donnera des lavements de guimauve ou de graine de lin avec une goutte de laudanum, — et l’on fera prendre de l’huile d’amandes douces, une cuillerée à dessert, — de l’huile d’olives, 15 grammes, avec sirop de fleurs de pêcher, 15 grammes, — enfin du sirop de chicorée composé, 15 à 30 grammes selon l’âge des enfants.

S’il y a des vents, on donnera la potion de Gœlis ou une infusion d’anis.

FOBMüLAIRE DE L.4 COLIQUE, DES ESFASTS.

Potion carminative.

Décoction faible d’anis vert . . 100 grammes.

Sirop de fleurs de pêcher. ... 20 id.

Laudanum Sydenham . 1 goutte.

Sirop de rhubarbe.

Racine de rhubarbe . 96 grammes.

Eau . ' . '. . . 500 id.

Sucre blanc . 1000 id.

Coupez la rhubarbe : faites-la macérer dans l’eau pendant douze heures j passez avec expression j filtrez, et faites dissoudre le sucre dans la liqueur, 30 grammes de ce sirop contiennent les principes solubles de 2 grammes de rhubarbe. Dose : 16 à 32 grammes.

Sirop de chicorée ou sirop de rhubarbe composé.

Rhubarbe . 92 grammes.

Racine sèche de chicorée . . . 192 ” id.

Feuilles sèches de chicorée. . . 282 id.

Fumeterre . 96 id.

Baies d’alkékenge . 64 id.

Cannelle . 16 id.

Santal eitrin . 16 id.

Sirop simple . 4500 id.

Ce sirop est très-employé pour purger les petits enfants, à la dose d’une petite cuillerée à café deux ou trois fois par jour l-t- -t-l.

Looch laxatif pour les enfants.

Looch blanc . 109 grammes.

Sirop de roses pâles . 30 id.

Moitié le soir et le reste le lendemain matin. Potion du docteur Gœlis.

Infusion de fenouil .... ) . , Eau distillée de fenouil. . /

Magnésie carbonatée .

Laudanum de Sydenham. . . .

50 grammes.

1 id.

5 gouttes.

20 grammes.

Par cuillerée à café chaque heure. Contre les coliques des enfants, indiquées par les selles vertes.

Colique d’estomac. V. GASTRALGIE.

Colique hémorrboïdalc. Y. . HÉMOR- RHOÏDES.

Colique hépatique. De violentes douleurs apyrétiques dans l’épigastre et à la région du foie avec propagation dans le dos, venant sous forme d’accès, à des intervalles plus ou moins éloignés, quelquefois suivies d’un peu d’ictère, annoncent une colique hépatique occasionnée par des calculs biliaires. V. Calculs biliaires.

Colique de miserere. V. ILÉUS, INVAGI¬ NATION’ DES INTESTINS.

Colique néphrétique. Des accès intermittents de douleur lombaire, avec vomissements, sans fièvre, produits par l’obstruction de l’uretère ou des bassinets par une hydatidc, par un caillot sanguin et plus ordinairement par un petit calcul, caractérisent la colique néphrétique. V. G ALGUES DU REIN.

Dans la colique néphrétique, les urines sont rares, d’une émission douloureuse et queltpiefois rouges, remplies de sang ou de mu copus, mais dans ces cas qui sont rares, il y a une complication de néphrite ou de pyélite. V. ces mots.

Quand la douleur de la colique néphrétique est extrêmement vive, elle s’accompagne de soif, d’inappétence, de nausées, de vomissements, de petitesse du pouls et d’altération du visage qui se couvre d’une sueur froide abondante, puis quand la douleur cesse, tous ces phénomènes disparaissent et le malade semble retrouver sa santé habituelle.

Un accès de colique néphrétique dure de six à trente-six heures, mais il est rare qu’il ne se reproduise pas au bout de quelque temps.

La colique néphrétique est toujours une maladie grave, car elle dépend d’une obstruction do rein par un corps étranger, et dans ce cas si une néphrite aiguë se développe chez les malades, ce qui est possible, la mort peut en être la conséquence.

Thérapeutique. — Les émissions sangruines générales et locales, conseillées par quelques médecins contre la colique néphrétique, sont plus nuisibles qu’utiles. D vaut mieux donner des bains prolongés et faire prendre des boissons en abondance, 4 ou 5 litres de tisane par jour. On pourra donner aussi ;

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Eau distillée de sedum âcre, 120 gi-ainmes avec du suc de citron (Ble^oy) RH.

Décoction de la fougère cétérach qui se trouve sur les vieux murs. 10 à 15 grammes par litre d eau (Bouillon Lagrange) {Journal de pharmacie, III, 114) S.

Poudre de Lycoperdon bovista dans du sirop de gomme, 50 centigrammes (Toll) | |.

Semences des fruits du sapotillier. Pilées à la dose de 3 à 6 grammes avec du sucre et de l’eau en émulsion I I.

Contre la douleur, il faut donner d’heure en heure 25 milligrammes à" opium, ou une cuillerée de sirop de morphine, ou dix gouttes de laudajium en lavement. On cesse dès qu’il y a un commencement de narcotisme.

Le Datura stramonium, la jusquiame, peuvent être donnés à l’intérieur. On a aussi administré la térébenthine (Richter).

Térébeathiae de Venise. ..... 2 grammes.

Savon . 12 id.

Extrait de réglisse . 12 id.

Pour des pilules de 10 centigrammes, à prendre quinze à trente par jour [3-

U éther, Vasa fœtida, le camphre, le castoréum, le café, ont été mis en usage, mais tous ces moyens sont d’une efficacité douteuse.

Le chloroforme à l’intérieur, 1 à 2 grammes ; en application sur les lombes, au moyen de compresses, ou en inhalation, est un des meilleurs moyens qu’on puisse employer pour soulager les malades (Aubrun). Si l’on emploie les inhalations, il faut les renouveler toutes les heures.

Si la colique néphrétique dépend de calculs du rein, il faut, en outre des moyens qui précèdent, et dans l’intervalle des accès , pour en prévenir le retour, administrer le bicarbonate de soude, 5 à 15 grammes par jour dans de l’eau sucrée, les bains alcalins et les eaux minérales de Gontrexéville, de Plombières □, de Seltz S, de Sultzbach S et de Vichy E3.

Colique nerveuse. Des coIiques sans phénomène inflammatoire, plus ou moins douloureuses, constituent la colique nerveuse et dépendent souvent d’une entéralgie ou d’une névralgie du grand sympathique. V. Entéralgie.

Colique pancréatique. V. PANCRÉAS.

Colique des peintres. Colique saturnine, métallique ou colique de plomb.

L’introduction du plomb dans l’organisme sous quelque forme que ce soit est l’origine d’accidents graves, de coliques avec constipation, d’anémie, de névralgies variables avec ou sans rachialgie, d’analgésie, d’amaurose, d’épilepsie, d’aliénation mentale et de paralysie des muscles extenseurs des doigts ou des orteils. V. Plomb.

C’est par la colique de plomb que commencent toujoum les accidents d’intoxication satmiiine, et les désordi’es du système nerveux ne viennent qu’un peu plus tard.

Les individus qui fabriquent ou qui em-

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ploient le minium et le blanc de céruse, comme les peintres, ceux qui coulent et qui manient le plomb, comme les fondeurs et les imprimeurs, ceux qui boivent de l’eau ayant coulé par des conduits de plomb, ou du vin et du cidre dans lesquels on a mis des sels plombiques pour les sucrer, etc. , sont exposés à avoir la colique de plomb.

Les ouvriers qui manifacturent le plomb et ses dérivés ne sont presque jamais malades s’ils sont sobres, et s’ils ont la précaution de se laver souvent les mains ou de prendre un bain sulfureux toutes les semaines.

Des douleurs de ventre plus ou moins vives, quelquefois atroces, accompagnées d’anorexie, de constipation opiniâtre avec rétraction du ventre, parfois de vomissement, chez un individu qui est pâle, sans fièvre et dont les gencives offrent un liséré noirâtre indiquent une colique de plomb.

La douleur des coliques de plomb est quelquefois si vive que les malades se roulent dans leur lit en se pressant le ventre avec force pour se soulager.

La colique de plomb dure de quinze jours à trois semaines et guérit assez bien, mais si après leur guérison les malades retournent manufacturer le plomb et ses dérivés ou continuent leur profession de peintre en bâtiments, ils ont plusieurs autres attaques successives de colique saturnine, ce qui les affaiblit beaucoup, ils deviennent anémiques et tôt ou tard arrivent les paralysies, l’amaurose, l’encéphalopathie, les convulsions et la mort. V. Plomb.

Thérapeutique. — Pour faire disparaître la colique saturnine, il faut : 1° supprimer les conduits de plomb employés pour les fontaines et pour la distribution des eaux dans les villes ; 2“ interdire de sucrer le cidre ou la bière avec l’acétate de plomb ou sucre de Saturne ; 3° substituer le blanc de zinc au blanc de plomb dans la peinture des appartements; 4“ éviter autant que possible le contact des poussières de plomb sur la' peau ou leur introduction dans les voies aériennes. , .

Quand la colique de plomb existe, il faut pour la guérir donner des purgatifs afin de vaincre la consti pation, neutraliser le plomb renfermé dans l’économie, avec un électuaire de soufre, avec la limonade sulfurique et avec des bains sulfureux, enfin calmer la douleur au moyen de sédatifs qui ne puissent augmenter la constipation.

1° Calmer la douleur. — Donner des pilules de belladone.

Extrait' de belladoae . 50 centigrammes.

Poudre de gomme . (j. s.

Pour 10 pilules, 1 à 3 pilules par jour.

On peut employer de la même manière le Datura stramonium et V aconit et Isl jusquiame.

Frictions sur le ventre avec la pommade de jusquiame ou de belladone.

Acide prussique médicinal (il contient sLx fois son volume d’eau), 6 à 20 gouttes dans ime potion pour les vingt-quatre heures.

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2® Vaincre la constipation par les purgatifs salins et drastiques. — Pour remplir cette indication le traitement dit de la Charité peut être mis en usage. Voici comment on l’exécute :

Premier jour. — Lavement purgatif des peintres ainsi composé :

Électoaire diaphœnix . 30 grammes.

Pondre de jalap . 4 id.

Feuilles de séné . 2 id.

Sirop de nerprun . 30 id.

Eau bouillante . 500 id.

Préparez une infusion avec le séné, ajoutez-y le sirop, la poudre de jalap et le diapliœnix.

Dans la journée, eau de casse avec les grains.

Casse en gousses . 60 grammes.

Sulfate de magnésie . 30 id.

Émétique . 15 centigrammes.

Eau tiède . 1000 grammes.

F. s. a. Par verrées dans la matinée.

Le soir, lavement anodin des peintres, composé comme il suit :

Huile de noix . 400 grammes.

Vin rouge . 400 id.

Mêlez.

Après le lavement anodin, bol calmant formé de :

Thériaque . 4 grammes.

Poudre d’opium . 5 centigrammes.

Mêlez.

Deuxième jour. — Eau bénite. A prendre en deux fois, à une heure d’intervalle.

Dans la journée, tisaue sudorifique.

Le soir, bol calmant.

Troisième jour. — Tisane sudorifique laxative.

Le matin, potion purgative des peintres.

Le soir, le lavement anodin, bol calmant.

Quatrième jour. — Gomme le troisième.

Cinquième jour. — Dans la journée, tisane sudorifique simple.

Le soir, à quatre heures, le lavement purgatif.

Le soir, à six heures, le lavement anodin.

Et à huit heures, le bol calmant.

Si le mal n’a pas cédé, on recommence ce traitement en supprimant l’eau bénite et en insistant sur les purgatifs jusqu’à ce que le malade ne ressente plus de douleurs abdominales, et aille régulièrement à la selle.

Ou bien on donnera les purgatifs suivants :

Pilules drastiques.

Huile de crotou (1 goutte). ... 5 centigrammes.

Poudre de cuimauve . . . ) ..

Mucilage . ^ . / 1-

Mêlez et faites quatre bols. Administrez tous les quarts d’heure, jusqu’à effet purgatif.

Pilules drastiques opiacées.

Extrait d’élatérium . 1 gramme.

Opium purifié . 1 id.

F. s. a. 20 pilules, contre les coliques saturnines, à la dose de 1 pilule toutes les heures (Langley).

Calomel à 20 ou 40 centigrammes plusieurs fois de suite.

Décoction de tabac jusqu’à iO grammes pour fomentations sur le ventre.

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Émétique à haute dose, à 15 et 20 centigrammes dans une potion pour les vingt-quatre heures.

3° 'Neutraliser le plomb qui a été absorbé. — Pour remplir cette indication, il faut donner l’électuaire suivant pour vingt-quatre heures, et le continuer pendant un mois :

Fleur de soufre . 10 grammes.

Miel blanc . 60 id.

Mêlez.

Et en outre des bains suKureux tous les jours suivis d’un bain savonneux.

On peut encore suivre le traitement de la colique de plomb indiqué par M. Gendrin.

« La limonade sulfurique se prescrit à la dose journalière de 300 à 400 grammes : on la prépare avec 3 ou 4 grammes d’acide sulfurique à fifi® pour 1 litre d’eau qu’on édulcore, sî Fon veut, avec 60 grammes de sirop de sucre. Cette dose de 300 à 400 grammes par jour suffit pour préserver de tout accident saturnin les ouvriers qui travaillent le plomb, pourvu qu’ils ne négligent pas les précautions suivantes :

B 1° Vêtements spéciaux pour le travail, et dont il faut se dépouiller à l’heure du repas; 2* laver à l’eau de savon, à chaque interruption de travail, à chaque relâche, toutes les parties habituellement nues du corps; 3“ deux fois- la semaine prendre un bain savonneux dont on seconde l’action détcrsivc avec des frictions à la brosse. Ce dernier soin n’est de rigueur que pour les ouvriers travaillant à la céruse ou à la litharge, ou au minium, ou au broiement des couleurs. Ces précautions sont si indispensables au maintien de la santé, qu’il suffit de les interrompre six à huit jours, ou même pendant trois jours, si les ouvriers font excès de vin ou d’alcooliques, pour qu’il survienne des accidents saturnins ; même huit ou dix jours après avoir cessé tout travail dangereux, les mêmes précautions doivent être continuées, sinon les effets toxiques peuvent survenir.

Julep alumineux.

Julep bécbique . 150 grammes.

-Vlun . 10 id.

Une cuillerée toutes les heures, dans le traitement de la colique de plomb.

On porte quelquefois la dose d’alun jusqu’à 15 grammes. Ce julep, employé depuis longtemps en Allemagne, est d'une grande efficacité.

On peut employer aiLssi le traitement de Bouchardat et Sandras, par le sirop de persulfure de fer.

On commence par obtenir le persulfure. Pour cela, on prend du sulfure de potasse liquide. On verse dans cette dissolution de sulfure de potasse, renfermée dans un flacon bouchant exactement, une dissolution de persulfate de fer, en ayant la précaution de maintenir toujours im léger excès de sulfure de potasse. 11 est de la plus grande importance de verser le sulfate de fer dans le persulfure, et de ne point faire le cnntraire, et de maintenir aussi un excès de persulfure. On remplit le flacon avec de l’eau bouillie et refiroidie ; on le bouche exactement; quand le persulfure de fer est déposé, on décante, et l'on renouvelle à trois reprises cette opération avec de nouvelle eau bouiUie. On Jette alors la gelée d'hydrate

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COtî

de persulfure de fer sur uu filtre ; ou laisse égoutter ■vingt-quatre heures ; on enlève la couche la plus superficielle qui a été altérée par l’accès de l’air. On pèse :

Hydrate de persulfure de fer gélatineux . . . . 100 grammes.

On le mélange exactement, avec :

sirop de sucre 500 grammes,

après avoir réduit par évaporation le sirop à 450 grammes et l’avoir laissé refroidir. On conserve dans des bouteilles bien bouchées ; on agite chaque fois avant de l’employer.

Dans le traitement des intoxications saturnines, on fait prendre chaque jour au malade trois cuillerées de ce sirop ; on prescrit concurremment des purgatifs.

Colique utérine. V. DYSMÉNORRHÉE , Accouchements, Grossesse.

Colique -vermineuse. V. ENTOZOAIRES.

Colique venteuse, iiatnlente, fifatueuse.

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