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DE LA THÉRAPEUTIQUE AU XI\^ SIÈCLE

§ 1. — Bu mode d'artîon des agents phtirmaceuticiucs .

Les remèdes agissent par un mécanisme qui n’est pas toujours le même et, en ne parlant ici que des agents pharmaceutiques, on voit que leur action est tantôt 'physique^ tantôt chimique et tantôt üzte/e, sympathique et réflexe.

Les absorbants tels que l’amidon jeté sur la peau malade, les dentifrices acides ou alcalins, selon le degré d’acidité nu d’alcalinité de la salive, les alcalins dans la dyspepsie avec régurgitation acide, le charbon végétal dans les flatuosités, les injections alcalines dans les calculs vésicaux, les désinfectants des plaies, les caustiques détruisant un tissu malade, etc., sont des agents physiques et chimiques.

Au contraire, si les remèdes étendent leur action plus loin que l’endroit de leur application, et que de leur point de départ ils produisent un phénomène nerveux sympathique éloigné, ou que par leur absorption ils aillent en tous lieux avec le sang agir sur tous les tissus, leur influence est toute vitale. Leur impression sur les organes vivants engendre une réaction curative qui est la raison de leur emploi et qui n’est pas exclusivement le résultat de leur propriété chimique. Tous les révulsifs n’agissent que d’une façon réflexe en provoquant, sur un point du corps, une action morbide dont le retentissement lointain exerce une action favorable une lésion éloignée, tandis que le mercure, la quinine ou l’arsenic, ont besoin d’être absorbés et de pénétrer dans le sang, pour produire la guérison de la syphilis, de la fièvre ou des dartres.

Il serait heureux qu’on pût classer tous les remèdes d’après leurs propriétés curatives, et bien des essais'ont été tentés à cet égard, sans qu’aucun d’eux ait complètement réussi. Par suite d’une ambition bien fondée, les médecins ont introduit dans la thérapeutique des divisions basées, soit sur l’action physique des remèdes, comme on le voit dans les médications vomitive, évacuante, siaiagogue ou diurétique, soit sur son action curative, comme dans les médications antiphlogistique, fébrifuge ou stimulante, soit enfin sur ses propriétés dynamiques, comme dans les médications hypersthénisante et hyposthénisante.

Toutes ces tentatives laissent encore à désirer, et cependant il est nécessaire que le médecin sache, d’une façon aussi précise que possible, quel est le but de ses prescriptions, quelle est la propriété générale des médicaments qu’il emploie, et ce qu’il se propose de faire par la médication qu’il impose à son malade. A mon tour, je vais essayer de classer, dans un ordre méthodique et naturel, les médications qui sont chaque jour employées par le médecin.

§ 2. — Du genre de médication à employer dans les maladies.

Vis-à-vis de l’homme qui souffre, le médecin qui comprend bien toute la responsabilité qui pèse sur lui cherche à établir la nature physique ou morale de la maladie, son caractère dynamique, humoral ou organiquej le siège et le degré de la lésion, la force de résistance du sujet, et après avoir pris en considération toutes ces circonstances, il s’arrête soit à une action chirurgique, soit à l’une des médications suivantes : 1° médication expectante; — 2° médication morale; — S» médi-

INTRODUCTION

cation hygiénique; — h° antiphlogistiqiie ou débililaiite; — 5” médication ou stimulante médication stupéfiante ou calmante; — 7“ mé¬

dication évacuante, ou vomitive et purgative ; — 8° médication astringente ; — 9“ médication antispasmodique; — 10® médication révulsive; — et 11“ médication spécifique.

t" De la médication expectante ou expectation.

Ceux qui prennent en mauvaise part le mot àé expectation affectent de croire et de dire que d’après l’étymologie latine cette méthode thérapeutique

signifie l’attente de la guérison ou de la mort des malades, sans nulle intervention pharmaceutique. Il y a là une de ces interprétations volontairement mauvaises que réprouve l’honnêteté professionnelle. C’est la répétition de la calomnie du naturisme hippocratique, éditée par Asclépiade, disant avec une mauvaise foi qu’on ne saurait trop sévèrement juger, que la médecine d’Hippocrate n’était qu’une méditation sur la mort. Laissons de côté ces interprétations indignes de la science, et sachons que l’expectation rie consiste pas à attendre l’issue malheureuse ou favorable d’une maladie en restant inactif devant ses progrès incessants, mais 4 attendre l’apparition de symptômes de nature à nécessiter une médication spéciale.

Tant qu’une maladie peut guérir par le repos et la diète, toute médication active est plus nuisible qu’utile au malade et prolonge la durée du mal plutôt qu’elle ne l’abrège. Chez les jeunes sujets et chez l’homme adulte de bonne constitution, la plupart des maladies aiguës guérissent par les seuls efforts de la nature et sans qu’il soit nécessaire de recourir à aucun médicament. C’est ce que démontre surabondamment la pratique de l’homoeopathie, où, sous lenom d’un remède réel, on ne donne que des atomes insaisissables, indémontrables et chimériques, dont l’action sur l’organisme est absolument nulle. La seule différence entre les deux méthodes consiste en ce que la première déclare honnêtement ne vouloir rien faire tant que l’état du malade ne l’exige pas, tandis que l’autre trompe le malade en lui faisant croire à l’efficacité d’un remède imaginaire.

S’abstenir à propos, agir lorsqu’il convient ! Voilà la véritable médecine. C’est en s’abstenant lorsqu’on est incertain de ce qu’on va faire, ou des effets d’un remède, pour agir au contraire, selon l’indication, par des agents d’une action connue et déterminée, qu’on rend de réels services aux malades. A cet égard, l’expectation est dans quelques circonstances une médication extrêmement utile, qui ne mérite ni les railleries ni les dédains dont l’accablent l’ignorance et la superstition. Pour mon compte, je la jugerai en lui appliquant une phrase célèbre, retournée pour la circonstance, et en disant : Melius nullum remedium quam anceps. (Voyez plus haut le chapitre intitulé : Des ressources de la nature de Vhomme dans la guérison des maladies ou de la nature médicatrice, page xi.)

2“ Médication morale.

Tout ce qui est relatif aux influences morales dans la guérison des maladies ayant été longuement développé un peu plus haut, nous croyons qu’il est inutile de nous répéter ici. (Voyez plus haut : Des influences morales dans la guérison des maladies, page xix.)

DE lA TIIÉRArELiïrQTJE AU XIX/- STÈULE.

3” Médicalion hygiénique.

Les ressources que l’hygiène fournit à la thérapeutique sont immenses, et nous avons précédemment montré combien il était utile que le médecin essayât de réunir leur influence à celle des agents pharmaceutiques. C’est une des plus solides bases de la pratique médicale, et comme tout ce qui s’y rapporte a été exposé très-longuement, page xxxii, dans le chapitre intitulé : Des moyens hygiéniques dans la guérison des maladies, nous ne nous y arrêterons pas davantage.

4° Médication antiphlogistique ou débilitante.

Dans toutes les inllarnmations aiguës ou chroniques, extérieures ou intérieure, s, on emploie une médicalion qui a pour but de combattre l’inflammation également appelée phlegmasie oxxphlogose, c’est la médication antiphlogistique. Elle a pour but, soit de diminuer les forces générales du sujet, soit de tempérer le mouvement circulatoire local et de combattre les accidents locaux de l’inflammation.

On emploie dans ce but : — la diète absolue, la diète lactée, la diète albumineuse et la diète végétale; les viandes blanches, le repos, les boissons délayantes ou acidulés; — les saignées, les sangsues, les ventouses scarifiées; — les altérants, tels que le calomel à petite dose souvent répétée; le tartre stibié à petite dose; le kermès et les autres préparations antimoniales contro-stimulantes ; Tiode et les préparations iodiques; l’or et X'à's préparations aurifères; — \às> diurétiques, tels que le nitre, la scille, la digitale, etc.; — les sudorifiques, etc.

Les antiphlogistiques généraux employés à l’intérieur ne sont pas les seuls qu’utilise la pratique médicale. Il y a, en outre, les antiphlogistiques locaux, Xeh que le froid et les irrigations continues d’eau froide, les bains chauds prolongés, certaines eaux minérales, les injections, les fomentations^ les cataplasmes d’orge, d’amidon, de guimauve, de farine de lin, l’huile, l’axonge et tous les émollients.

Les effets de cette médication, employée avec vigueur, sont très-marqués et souvent immédiats ; mais la réaction curative provoquée par elle peut se faire attendre. Au moment même, elle diminue l’état inflammatoire général, que caractérisent la rougeur de la peau, sa chaleur, la.force du pouls, etc. Elle amoindrit la congestion et le travail inflammatoire des tissus; mais ce n’est qu’un peu plus tard, lorsque l’organisme, privé de l’excès de forces qui le surchargeait, peut réagir, que la guérison s’accomplit.

Les impressions de la médication émolliente, antiphlogistique ou débilitante, sont utiles à provoquer dans l’ hypersthénie franche, dans le cas d’oppression des forces et dans la pléthore. Elles conviennent dans les phlegmasies aiguës intenses et dans le rhumatisme, au début de quelques pyrexies, dans les hémorrhagies actives, dansl’anasarque produite par un obstacle à la circulation, dans toutes les inflammations locales, et enfin toutes les fois que la maladie est accompagnée d’une altération du sang, caractérisée par son abondance ou par l’augmentation de la fibrine et des globules.

Contre-indications, — Cette médication est contre-indiquée dans les maladies

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