‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 209 sur 731 · DÉSARTICULATIONS. V. AMPUTATIONS · texte numérisé non relu

DÉSARTICULATIONS. V. AMPUTATIONS

DÉSINFECTANTS. Les désinfectants forment une classe de médicaments qui ont pour effet de neutraliser les mauvaises odeurs produites par les matières organiques en décomposition. On les emploie : sur les plaies comme topiques; en injections dans les cavités muqueuses qui sécrètent des li€|uides ou des gaz infects, comme les fosses nasales, le vagin et les fistules; eu gargarismes dans la bouche, et en aspersions dans Les vases qui contiennent des matières fétides.

Thérapeutique. — Les meilleurs désinfectants employés pour les chambres des malades et les amphithéâtres, sont l’acide phénique aux deux millièmes ; le chlore liquide et le chlorure de chaux (Nonat); le nitrate de plomb (Ledoyen) qui est moins avantageux, et les différents parfums; on place ces liquides dans des vases sous le lit des malades.

Les désinfectants employés comme topiques sur les plaies sont :

La liqueur de Labarraque.

Chlorure de chaux xi ve . 100 grammes.

Carbonate de soude cristallisé . . 200 id. Eau commune . . 4590 id.

On emploie aussi le chlorure de soude, — la poudre de quinquina, — les sachets de poudre de charbon,

— le mélange de plâtre et de coaltar (Corne et Demeaux), en consistance de pâle liquide, — l’acide phénique, 1 gramme pour 1000 d’eau f+j; — lephénate de soude, 10 grammes pour 100 d’eau, — la pommade au tannate de plomb (Yott), 10 grammes pour 50 grammes d’axonge, — la solution àe permanganate dépotasse, 2, 10, 20 et 30 grammes pour 100 d’eau, et avec parties égales d’eau |-h -h1. — le sousacétate de plomb, — le cérat saturné, de frère Corne,

— la créosote mêlée à dix fois son volume d’eau, — l’eau-de-vie camphrée pure ou avec poids égal d’eau,

— la teinture d’iodcTT^. l’alcool, etc. Les désinfectants liquides sont appliqués au moyen de charpie imbibée du mélange. Les désinfectants en pâte ou en poudre sont appliqués même sur la plaie.

Un des bons désinfectants des plaies est le chlorure de zinc. Il est avantageux de l’employer sous la forme delà pâte caustique, seulement on doit l’appliquer seulement pendant une heure ou une demiheure sur les plaies. On lave bien les plaies avant et après l’application de la pâte. Y. Cascers pour la solution de chlorure de zinc.

Comme désinfectant, des bassins destinés à recevoir les excréments et des fosses d’aisances, c’est le sulfate de fer qu'il faut employer. On le jette en solution saturée daus les latrines, et l'odeur des matières disparaît à l’instant.

396 DIAB

DÉ^OBSTRL'AXTS. Les désobsliTiants sont les remèdes qn’on emploie pour débarrasser les capillaires et Ifô tissus localement engorgés par les productions morbides. Ce sont en queUpie sorte des ■résolutifs.

Toutes les -congestions chroniques du poumon, du cerveau, du foie, de la rate, des intestins, des reins, etc., toutes les obstructions, toutes les indurations chroniques, etc. , ne guérissent que par une résorption des produits morbides formant l’obstruction des tissus. C’est toute la thérapeutique placée dans un mot. Les purgatifs et surtout les drastiques, les vomitifs et les sudorifiques sont les remèdes jadis décorés de ce nom prétentieux de désobstruants.

DESSICCATIF. Substance employée en topique et propre à dessécher les plaies et les ulcères. La charpie ordinaire ou râpée, la poudre de lycopode, de sous-nitrate de bismuth, de vieux bois, de tan, d’amidon, l’acide chromique, la solution de sublimé au millième, l’acétate de plomb liquide, ete. , sont employés dans ce but.

DÉTERSIFS. Certaines substances appliquées sur les plaies, les nettoient, les avivent et les conduisent rapidement à la cicatrisation; ce sont les détersifs, et dans ce nombre il faut ranger le nitrate d’argent, la teinture d’iode, l’acide phénique au millième, la solution de coaltar saponinée, la glycérine, le styrax, etc.

DÉTROXCATIOIV. V. EMBRYOTOMIE.

DÉVIATIOX des plans des détroits du hassin. Quoi qu’en aient dit Nægele, Moreau et Bello, l’écartement ou le rapprochement de l’angle plan formé par les détroits du bassin, en dehors de toute déformation et rétrécissement du bassin, u’induent pas sur l’accouchement qui se fait naturellement malgré la déviation de l’axe du bassin.

Déviation du racliis. V. RACHIS.

Déviation de l’utérus. V. UTÉRUS.

DEXTRIXE. Produit isomère de l’amidon obtenu en mettant ce dernier au four par une température de 150 à 200°. On en fait dissoudre 100 grammes dans l’eau, 50 grammes, et de l’eau-de-vie camphrée, 50 grammes pour avoir une colle liquide destinée à imbiber le linge et les bandes dont on veut faire un appareil inamovible dextriné contre les fractures. V. Bandages.

DIABÈTE. Le diabète est une altération des urines et du sang par le sucre de glycose.

On observe le diabète à tout âge, rarement chez des petits enfants de un à trois ans, ou chez des vieillards, mais ordinairement dans l’âge adulte , dans tous les climats, par suite d’une alimentation insuffisante et trop végétale, par la faiblesse occasionnée par une hémorrhagie ou une maladie aiguë, par les accès de fièvre intermittente (Burdel), par de grandes fatigues intellectuelles, enfin par la contusion violente de

ÜIAB

la région occipitale. C’est le trouble de l’innervation qui produit la glycohémie et consécutivement la glycosurie.

%* Il y a un diabète intermittent et un diabète continu ; mais ce dernier est seul une maladie grave, l’autre étant chose commune et naturelle chez quelques personnes après le repas.

Il est impossible de reconnaître le diabète à ses débuts au moyen de symptômes significatifs, et sou apparition toujours ignorée ne se révèle que tardivement par des malaises, une grande faiblesse musculaire, de l’empâtement h la langue, de la soif, de la boulimie, de la dyspepsie, des selles naturelles ou des alternatives de constipation et de diarrhée, de la sécheresse à la peau, de l’affaiblissement visuel, de fréquentes émissions d’urine sucrée, poissant le linge et les doigts.

Si le diabète peut rester longtemps à l’état de trouble de sécrétion urinaire, sans avoir de trop fâcheuses conséquences sur la nutrition générale, sur les principales fonctions et sur l’aspect extérieur des malades, il arrive un moment, quelquefois très-éloigné, où l’organisation se dérange profondément. Les gencives se gonflent et se ramollissent, la graisse et les muscles diminuent considérablement, les digestions se troublent et il y a de la diarrhée ; la vision s’affaiblit; il y a delà fièvre; les malades toussent ; des tubercules et des cavernes tuberculeuses se forment dans les poumons, puis, au bout de quelques mois de cachexie, surviennent l’anasarque, le marasme, et la mort vient mettre un terme à ces souffrances.

Le diabète met quelques mois ou quelques années à parcourir toutes les périodes, mais dans quelques cas il peut se prolonger pendant vingt à trente ans.

Toute personne, qui s’affaiblit et maigrit sans motif appréciable, qui se plaint de souffrir de la soif, doit être soupçonnée de diabète, et il faut analyser ses urines.

Une personne qui boit beaucoup, qui se fatigue vite, qui urine en abondance et dont la vision s’affaiblit au point de ne plus permettre la lecture sans lunettes grossissantes, a certainement de la glycosurie et peut avoir dans les yeiix les altérations de l’amaurose glycosurique (Desmarres), c’est-à-dire des épanchements sanguins et des exsudations graisseuses de la rétine, semblables à ce qu’on voit dans l’albuminurie (fig. 1Ù3 et IM).

Il ne faut pas considérer comme diabétiques tous ceux qui ont passagèrement du sucre dans l’urine, après une violente fatigue ou un accès de dyspnée, dans l’état de gestation et de digestion, car ce diabète intermittent n’a pas de fâcheuses conséquences, et il n’y a de véritable diabète que celui qui, étant continu, produit l’affaiblbsement des sujets.

Page 1