DISE
Il y a une dysenterie sporadique, en général, peu grave et une dysenterie épidénique, souvent assez meurtrière, sévissant h la fois sur un grand nombre de personnes de la même localité.
La dysenterie est plus rare dans les pays tempérés que dans les pays chauds où elle existe à l’état d’endémie.
Comme tous les tvT^)hus, la dysenterie peut naître de Tencombrement, et c’est pourquoi elle se développe si aisément dans les camps, dans les prisons et dans les villes assiégées, sous l’influence des miasmes et des effluves organiques produits par l’agglomération humaine.
On a vu, mais cela est rare, la dysenterie se produire chez un nouveau-né dont la mère était dysentérique.
La dysenterie est une sorte de typhus, et comme eux il est doué de propriétés contagieuses incontestables, qui paraissent résider pour une part dans les excréiions dysentériques, ce qui impose la nécessité de cacher ces matières avec soin.
Les grandes chaleurs de juillet, d’août et de septembre, jointes à l’usage des fruits, à l’abus des boissons aqueuses et h la mauvaise nourriture, sont les causes de la dysenterie sporadique.
La rougeur, l’épaississement et le ramollissement de la muqueuse du gros intestin, son ulcération dans une partie ou dans la totalité de son étendue , l’épaississement des tuniques cellulaire et musculeuse pouvant aller jusqu’à 1 centimètre d’épaisseur, des points noirs d’où la pression fait sortir du sang et qui ne sont que des follicules isolés remplis de sang ; enfin des fausses membranes verdâtres recouvrant les ; ulcérations et des lambeaux de muqueuse gangrenée, voilà quelles sont les altérations caractéristiques de la dysenterie.
En outre, des ulcérations du gros intestin que produit la dysenterie, il y a tuméfaction et rougeur des ganglions mésentériques, gonflement du foie et souvent des péritonites partielles limitées au petit bassin.
La dysenterie s’observe habituellement à l’état aigu, mais de temps à autre on la ren contre à l’état chronique.
Dans la dysenterie aiguë sporadique, il se produit un peu de diarrhée ensanglantée avec des coliques et de la fièvre, puis arrivent les déjections incessantes de matières glaireuses, mêlées de sang, semblables à de la lavure de chair, la brûlure de l’anus, le ténesme, les épreintes et un abattement qui dure plus ou moins de temps, mais eu huit h dix jours la maladie cesse pour faire graduellement place aux phénomènes de la sauté.
Dans la dysenterie aiguë épidémique, il
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se produit d’abord de la diarrhée, des coliques, de la fièvre et irès-rapkieraent une prostration qu'accompagnent dlncessantes et doubureuses évacuations d’une petite quantité de matières ^aireuses, filantes, grumelensœ, opaques, remplies de sang, de fausses membranes on de lambeaux de muqueuse gangrenée. Alors, l’abattement est considérable, il y a des épreintes horriWement pénibles, un ténesme très^ouloureux du rectum et delà vessie, les yeux s’excavent, le visage s’altère, le corps maigrit, la peau se rapetisse, et il n’est personne qui, vis-à-vis d'un pareil malade, ne comprenne la gravité de la situation.
Dans les pays chauds la dysenterie épidémique est presque toujours compliquée d’hépatite.
Dans la dysenterie épidémique il y a presque toujours des symptômes généraux graves, soit des phénomènes adynainiques, soit enfin des phénomènes ataxiques, et il y a lieu d’en tenir le plus grand compte pour diriger le traitement.
*** La résolution, c’est-à-dire la disparition successive de tous les symptômes, le passage à {'état chronique et la mort par affaiblissement général, par péritonite aiguë, ou par hépatite, sont les terminaisons ordinaires de la dysenterie.
La diarrhée avec douleur au cæcum et sur le trajet du côlon, l’amaigrissement et la pâleur de toute la peau, sont les symptômes de dysenterie chronique.
Thérapeutique. — On devra jeter dans des endroits bien fermés ou décomposer avec du sulfate de fer en poudre ou du coaltar les déjections des dysentériques pour que leurs émanations ne transmettent pas la dysenterie.
La dispersion des foyers épidémiques de la dysenterie est le meilleur moyen de faire cesser l’épidémie, et le déplacement des malades suffit souvent pour guérir la dysenterie.
La décoction de riz, l’eau albumineuse, la décoction de racine de ratanhia, de fraisier, de bistorte, de tormentille, de quinquina, l’eau vineuse, les boissons acidnles avec le repos au lit, la diète au bouillon et un peu de vin de Xérès, de Malaga, de CoUioure, de Marsala, d'Alicante, sont les remèdes hygiéniques de la dysenterie.
Au début de la dysenterie aiguë et dans l’hépatite consécutive, la saignée du bras et plusieurs applications de sangsues sur le ventre sont assez favorables, mais une fois l’arrivée des phénomènes ataxiques et adynamiques, les émissions sanguines sont plus nuisibles qu’utiles.
Comme régime, il faut ordonner le bouillon de poulet, le bouillon de bœuf, les potages à la crème de riz, au salep, au tapioca, au manioc, au racahout, à la farine de lentilles, la purée de chair de poulet cru ou de fidet de bœuf cru bien tamisée.
Les vomitifs sont quelquefois utiles à employer contre la dysenterie, mais c’est surtout lorsqu’il existe de l’ictère, des envies de vomir et des vomissements bilieux. Alors on administre l’ipécacuanha en pou¬
dre, 1 à 4 grammes en une fois, ou bien l ipécacuaiiha associé à l’opium, selon la formule suivante :
PowJre d'ïpeeæiiaQlia . 1 à 2 grammes.
Ophun . 10 à ^ eentigr.
En pilules de 10 centigrammes, une toutes les deux heures.
Les purgatifs salins et huileux, ont été souvent donnés contre la dysenterie :
Mêlez. Une cuillerée à bouche trois fois par jour [3-
Ou bien le sulfate de soude, ou le sulfate de magnésie, 8 à 16 grammes en potion [3. (Bretonneau.)
Ou bien, la crème de tartre, 15 grammes tous les quarts d’heure El- (Cheyne.)
Ou bien le nitrate de soude, 15 à 30 grammes par Jour en potion [T]- (Meyer.)
Ou bien Veau de Sedlitz, une demi-bouteille par Jour EJ- (Thomas.)
Ou bien la rhubarbe, 50 centigrammes à 1 gramme par Jour. (Stoll.)
Teinture de-rhubarbe . 15 grammes.
Teinture de cannelle . 15 id.
Teinture anodine . 10 gouttes.
Mêlez. Une cuillerée à café toutes les heures. (Gall.)
Ou bien Vhuile de ricin, 15 à 20 grammes par Jour Elj jalap El? la coloquinte le calomel, 1 à 2 grammes par Jour El? matin et soir pendant cinq Jours, (.\miel.)
Les narcotiques ont Joui d’une grande faveur dans le traitement de la dysenterie. En première ligne, il faut citer V opium, 3 à 5 centigrammes toutes les deux heures par la bouche, ou en lavement sous forme de 15 à 20 gouttes de laudanum de Sydenham, trois fois par Jour Eli la belladone', la jusquiame ; le datura stramonium, eu extrait, 3 à 5 centigrammes toutes les deux heures El 5 V extrait d aconit napel, 5 à 10 centigrammes par Jour en potion par cuillerées El-
Les astringents ont été très-souvent employés, et parmi eux V acétate de plomb, 5 à 20 centigrammes par Jour Eli Vextrait de ratanhia ou de monésia, 8 à 10 grammes El j Veau de chaux, 60 à 100 grammes El j la sulfate de zinc, 10 à 30 centigrammes El: le nitrate d argent en lavement (Boudin) ; Viode en Javement.
iode . 25 à 50 centigrammes.
F. s. a. Pour un lavement, à répéter deux ou trois fois par Jour El- (Eiuer.)
On a encore donné les diaphorétiques, tels que Vacétate ou V hydrochlorate d’amnwniaque, 30 à 60 grammes eu potion ; mais ces moyens sont d’une efficacité douteuse.
Dioscoride et Pringle ont donné la cû-e jaune.
Cire . 15 grammes.
Savon médicinal . 125 centigrammes.
Fan . 4 grammes.
Faites dissoudre et ajoutez peu à peu dans un mortier chaud :
Eau de menthe poivrée . 90 arammes.
Sirop diaeode . 15 y.
Lamta.»ina de Svdeaham. .... 15 gouttes.
A prendre par cuillerées. T»rinsle.
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On a donné le phosphot'e [3 la térében¬
thine [3 (Copland), le chlorure de chaux, la narcisse des prés (Passaqnay), qui est vomi-purgatiTe.
Pondre de narcisse des prés .... 4 grammes.
Divisez en trois paquets. Cu par jour, délayé dans un verre d’eau sucrée [3-
Des lavements d’amidon, des lavements d’eau albumineuse, des lavements d’eau froide, des lotions d’eau froide sur le ventre et des boissons d’eau froide sont, dit-on, très-utiles (Brefeld). D’autres, au contraire, ont employé les lavements d’eau chaude, 25“, administrés avec une sonde œsophagienne, afin que le liquide pénètre beaucoup plus haut; mais rien ne prouve l’efficacité de ce moyen.