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I. Abcès cbands [phlegmoneux, aigus

Trois à cinq jours après le début d’une inflammation, si la tension des tissus diminue en même temps que la tuméfaction augmente, et si le malade éprouve une douleur lancinante et ressent des frissons erratiques, si au niveau du point tuméfié on constate de la rougeur et de la I chaleur, et qu’on fasse naître de la douleur par

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la pression, l’inflammation s’est terminée par

snpporation, il s'est formé un ahch.

Le diagnostic des abcès repose sur la constatation des signes de riiiflammation, sur une fluctuation franche, et sur un œdème de la peau au point culminant de la tuméfaction. Dans les cas douteux une ponction exploratrice lèvera les incertitudes, V. les Abcès des régions EN PARTICULIER.

Thérapeutique. — Afin de prévenir les décollements et la difformité due à l’ulcération qui résulte de l’ouverture spontanée des abcès chauds, il faut ouvrir le foyer du troisième aü cinquième jour après le début des inflammations. Au cou, aux doigts, où la tendance à l’ouverture à l’extérieur est empêchée par des aponévroses, et quelquefois un derme résistant, les ouvertures prématurées sont de rigueur.

Une incision doit être faite, avec le bistouri tenu comme une plume à écrire ou comme un archet renversé, parallèlement à l’axe du segment du corps où

Fig. i. — Positlou (lu bistouri tenu comme une plume à écrire pour ouvrir les abcès, de dehors en dedans, dans toutes les régions où il faut couper avec précaution.

existe l’abcès ou de manière que l’ouverture ne constitue point une difformité, en évitant d’ouvrir de grosses veines, et en s’écartant autant que possible

du trajet des artères. Chez les personnes pusillanimes, il vaut mieux avoir recours à l’anesthésie locale, et même à l’éthérisation que d’omTir les abcès chauds avec les caustiques. Excepté ceux qui sont situés dans le voisinage d’tme séreuse, comme ceux de la fosse iliaque, les abcès chauds doivent être ouverts avec le bistouri ; lorsque les premiers existent depuis un certain temps et qu’ils ont déterminé des adhérences, ce qui est indiqué par la tuméfaction et la rougeur du tégument de la région, le bistouri est préférable.

On préviendra la récidive des abcès ou bien par

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l’introduction d’une mèche dans l’ouverture , et mieux d’un tube de caoutchouc perforé, ou bien par la cautérisation des bords de cette ouverture à l’aide d’un crayon de nitrate d’argent (Nonat).

Des cataplasmes seront appliqués pendant quatre ou cinq jours, puis un pansement simple sera fait sur la plaie chirurgicale.

On traitera l’embarras gastrique qui a coïncidé avec le phlegmon par les purgatifs salins : eau de Sedlitz; sulfate de soude, 45 grammes; un demi-crur chon d’eau de Pullna, les boissons délayantes et amères. Le malade sera mis aux soupes et aux potages et il ne lui sera point donné de vin (Hippocrate, Erasistrate, Gelse, Galien).

Si une hémorrhagie survient, comprimez, tamponnez la plaie; mais n’ayez jamais recours aux styptiques, car vous feriez naître une nouvelle inflammation ; si le pus a une mauvaise odeur, injectez une solution alcoolique de quinquina :

Alcool . 10 grammes.

Quinquma . . 20 id.

Eau distillée . 500 id.

ou

Eau . 2 parties.

Eau-de-vie camphrée . 1 id. .

ou simplement de l’eau tiède.

Lorsqu’un abcès, quelque soit son siège, est ouvert, qu’un stylet ou une sonde sont introduits dans sa cavité , le chirurgien constate des battements isochrones à ceux du pouls et amplifiés par le levier que représente la sonde. Ce phénomène est normal, il ne faut pas s’en préoccuper, il est dû aux indurations périphériques de l’abcès sur lesquelles viennent se transmettre le choc du sang par l’intermédiaire des capillaires. C’est le même phénomène qui est observé dans le panaris, où les battements au bout du doigt sont facilement constatés.. V. Inflammation et Phlegmon.

S’il arrive que l’abcès soit ouvert tard, il n’est pas rare de trouver deux cavités : une sous-épidermique, une sous-cutanéc, ou une plus profonde sous l’aponévrose ou entre les muscles. Ces abcès en bouton de chemise (Velpeau) doivent mettre le chirurgien sur ses gardes ; il devra en ouvrant un abcès explorer sa cavité après l’avoir incisé ; il constatera encore cette disposition en cherchant à faire sortir tout le. pus. En cas d’abcès en bouton de chemise, il convient de débrider l’ouverture qui fait communiquer les deux cavités de l’abcès.

Formulaire.

On applique pendant quatre à six jours des cataplasmes émollients :

Farine de graine de lin , . 250 grammes.

Eau commune . q. s.

Délayez la farine dans l’eau, de manière cà la réduire en une pâte très-claire ; faites cuire, en remuant avec une spatule de bois, jusqu’à consistance convenable (F. H. P.).

Si la peau est excoriée et s’il y des cuissons, on placera des cataplasmes de fécule :

Fécule de pomme de terre. GO grammes.

Eau commune .... 500 id.

Mettez l’eau sur le feu, et quand elle entrera en ébullition, versez-y brusquement la fécule que vous aurez délayée dans 60 à 100 grammes d’eau froide : faites jeter un ou deux bouillons, et retirez du feu (F. H. P.).

Les cataplasmes résolutifs ne sont bons à employer

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que si les inflammations continuent malgré l’ouverture du foyer. V. Phlegmon.

(V. Plaie pour les formules du pansement de l’ouverture des abcès.)

Pour les purgatifs que l’on peut substituer à l’eau de Sedlitz et l’eau de Pullna, V. Constipation et Embarras GASTRIQUE.

On donne les tisanes amères :

Feuilles sèches de germandrée ou petit chêiie^ sommités de petite centaurée, sommités d’absinthe, 30 grammes de chaque.

Prenez de ces espèces amères. . 8 grammes.

Ou petite centaurée . 8 id.

Ou chicorée sauvage. ... 10 à 15 id.

Eau bouillante . 1 litre.

Sucre . q. s.

Faites infuser pendant une heure, et passez. Ou

Racine de gentiane incisée . . 4 grammes.

Faites infuser pendant deux heures et passez (F. H. P.).

Ou les tisanes délayantes :

Gomme . 15 à 20 grammes.

Eau . 1000 id.

Sirop simple . 30 id.

OU

Sirop tartrique ....... 30 grammes.

Eau . 1000 id.

OU

Chiendent . . . 15 grammes.

Eau . 100 id.

OU tisane commune des hôpitaux :

Réglisse . . 10 à 30 grammes.

Eau. . . . 1000 id.

II. Abcès froids [abcès ganglionnaires, abcès chroniques proprement dits). Après une gomme scrofuleuse ou syphilitique ulcérée, après une périostite simple, à la suite d’une adénite chronique, au-dessous d’une scrofu- Ude ou d’une syphilide cutanée, il se forme souvent dans le tissu cellulaire un abcès, qui s’accroît avec lenteur sans produire de réaction sur la santé générale. Ces abcès ont peu de tendance à fuser vers les parties profondes, parce que s’étant développés lentement, l’exsudât périphérique offre de la résistance à l’expansion du liquide, et parce que leurs foyers sont presque toujours sous-cutanés.

Entre les abcès froids et les abcès chauds il y a des intermédiaires : tels sont les abcès hématiques, les abcès autour des lymphatiques, les abcès consécutifs à des adénites aiguës qui se développent moins rapidement que les abcès chauds et plus vite que les abcès froids.

Dans les abcès intermédiaires on a les caractères cliniques des abcès chauds. L’abcès chronique donne de la fluctuation bien avant que la tendance à l’ouverture spontanée ne soit manifeste ; les abcès ganglionnaires au moment de leur maturité, offrent une coloration violacée, limitée et quelquefois, à leur circonférence, on sent un bourrelet induré.

Les abcès chroniques des os ne sont diagnostiqués que par les signes physiologiques, la durée des douleurs ; un signe anatomique, le

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gonflement de l’os ; et quelquefois un signe pathologique, une blessure antérieure de l’os, ou une nécrose.

Thérapeutique. — Il faut ouvrir les abcès ganglionnaires avec le caustique, potasse ou pâte de Vienne. Autant il est bon de recourir au bistouri pour les abcès chauds, autant il est avantageux de recourir aux caustiques pour ouvrir les abcès froids ; la peau n’est pas sensible et la cicatrice n’en sera pas plus difforme. Les ponctions multiples et les sétons filiformes ne doivent être employés que pour les abcès froids du cou, parce qu’ils préviennent les cicatrices difformes, et que le résultat n’a d’importance que pour la face, mais l’efficacité du moyen n’est pas démontrée.

Les abcès chroniques, particulièrement certains abcès du cuir chevelu nés au-dessous d’un favus et d’un eczéma du cuir chevelu, peuvent être ouverts avec le bistouri. Le traitement est le même que pour les abcès chauds, sauf que les mèches ne sont point nécessaires, les ouvertures ne tendant point à se refermer. Après que les applications de cataplasmes auront été abandonnées, on pansera avec les résolutifs et les suppuratifs, tels que le cérat styrax et l’onguent de la mère.

Dans les abcès osseux, il n’est pas nécessaire d’employer des moyens actifs, car la réparation des os est longue à se faire. Il n’y a qu’à panser avec les cataplasmes, le foyer ne peut revenir sur lui-même, et il faut qu’il se forme des bourgeons charnus.

Lorsque le pus prend une mauvaise odeur, et que le foyer ne se rétrécit point, les injections iodées (eau, 100 grammes; teinture d’iode, 10 à 20 grammes) sont très-utiles pour modifier les parois du foyer. Elles peuvent même favoriser la cicatrisation des fistules qui succèdent aux abcès froids et aux abcès chroniques.

Chez les sujets syphilitiques et scrofuleux vous prescrirez un traitement approprié et les eaux minérales. V. Scrofule et Syphilis.

III. Abcès par congestion. Quand un OS est carié, quand il est le siège d’une dégénérescence tuberculeuse, les matériaux de la décomposition des os refoulent devant eux le périoste, les aponévroses et les muscles; le périoste forme la première enveloppe, sa face adhérente se revêt d’une exsudation qui se transforme en une membrane cellulo-graisseuse , et sécrète parfois des ostéophytes. Peu à peu une poche purulente se forme à ses dépens. Alors, ou bien le kyste ainsi formé adhérant à l’os, se transporte vers un interstice musculaire et sort au dehors dans un point rapproché de la lésion osseuse, ou bien il chemine entre les os, dans les cavités viscérales, et vient se faire jour sous la peau dans un endroit éloigné du siège primitif du mal.

*** Il y a deux espèces d’abcès par congestion : l’abcès ossifluent de voisinage et l’abcès migrateur. Ces abcès sont très-volumineux, régulièrement globuleux, ils sont fluctuants, indolents à la pression, et donnent, par la ponction exploratrice, issue à du pus séreux avec des flocons albumineux, quelquefois du pus

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bien lié qui contient plus de 1/150* dè matière terreuse (Darcet). Ils ont toujours été précédés de douleurs au niveau des os ou des articulations malades, qm sont le point de départ de l’abcès par congestion. Si ces parties sont accessibles au toucher, on peut sentir le pédicule de l’abcès par congestion ou l’os tuméfié qui forme une tumeur. Dans certains cas il existe une déformation qui révèle la dégénérescence dont l’abcès par congestion est le symptôme.

Thérapeutique. — L’ouverture d’un abcès par congestion n’est souvent qu’une étape rapprochée de la mort. Lorsque la chirurgie intervient, elle traite un symptôme ou n’a d’autre but que de se frayer une route pour aller atteindre le mal originel.

11 n’y a d’exception que pour certains abcès par congestion, qui ont persisté après la guérison du mal qui leur a donné naissance, comme les abcès dus à des nécroses ou des caries limitées et des tumeurs blanches guéries, ceux-là peuvent alors être traités comme les abcès froids, et ouverts avec le bistouri ou le caustique.

Il ne faut pas ouvrir un abcès par congestion avec le bistouri, et surtout il faut se garder de le vider d’un seul coup.

Le fer rouge, quoique très-rationnel (M. A. Petit et Boyer), n’est pas d’un usage général; d’autres méthodes sont préférables. Il vaut mieux employer le cautère avec la pâte de Vienne laissé pendant une heure, pour produire une eschare profonde qui du troisième au cinquième jour commence à se détacher ; et la tension du pus aidant, l’abcès se vide, le foyer se rétrécit en formant une fistule. Dès que l’abcès est ouvert, si l’os malade est dans le voisinage, des injections iodées (eau, 100 grammes ; teinture d’iode, 50 grammes) seront faites dans un but curatif, et non pour modifier les parois du foyer. Divers accidents se présentent dans le cours de ce traitement, ce sont : l’inflammation du foyer, la fièvre hectique purulente, l’oblitération de la fistule et la reproduction de l’abcès. L’inflammation du foyer se reconnaît à une tension douloureuse, à l’issue du pus fétide mêlé à des gaz. La santé générale est altérée, il y a une fièvre rémittente, de la somnolence, et chez les jeunes sujets on voit quelquefois, dans ces conditions, une méningite tuberculeuse ou des tubercules pulmonaires compliquer la lésion primitive, soit parce qu’ils existaient en même temps, et que l’altération de la santé générale a favorisé leur évolution, soit parce que la lésion osseuse a eu elle-même la propriété d’engendrer une variété de tuberculisation (Velpeau). Contre cet accident, les lavages à l’eau tiède, les injections iodées sont bonnes ; mais si la réaction inflammatoire est vive, on appliquera des sangsues sur les points accessibles du kyste (Lisfranc). S’il y a des phénomènes bilieux on administrera un émétocatharfique (Bonnet).

Pour obvier aux inflammations il y a avantage à ouvrir l’abcès par une incision de la peau et du foyer à une hauteur différente, ou mieux par des ponctions successives avec un trocart à robinet (J. Guérin), mais cela ne vaut pas mieux qu’une ponction double avec un long trocart , et le passage immédiat d’une anse de tube de caoutchouc perforé (Chassaignac), l’abcès se vide seul sous l’influence de la rétraction de la poche. Par ce procédé

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au moyen duquel on peut faire aisément les injections iodées, les inflammations sont rares, et cette méthode permet d’ouvrir les abcès par congestion aune époque voisine de leur début. Si l’on ouvre ces abcès de bonne heure, la lésion osseuse moins avancée peut être plus facilement guérissable (Boyer). Les accidents dus à l’ouverture des abcès froids doivent cependant engager le médecin à retarder autant que possible cette ouverture (Dupuvdren) ; mais entre ces deux alternatives, la première est la plus acceptable.

Pour le traitement général et les eaux minérales, V. Arthrite, Carie, Mal de Pott, Os, Ostéite.

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