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CORAUX

Abcès des parois de l’abdomen. Les abcès phlegmoneux nés dans les parois de l’abdomen ne diffèrent pas des abcès dans les autres points du tégument, et ils sont dus à des contusions, à des épanchements de sang, suivis de péritonite enkystée, à un abcès formé autour d’un corps étranger, à des abcès du foie, de la fosse iliaque, à des abcès tuberculeux des intestins, à une phlegmasie de l’épiploon,, à une inflammation autour d’une tumeur stercorale.

Les abcès des parois di* l’abdomen sont généralement limités s’ils proviennent d’un viscère ; lorsqu’ils proéminent à l’extérieur, ils se montrent avec les caractères d’un abcès chaud, sauf que l’œdème précède l’empâtement, sauf qu’ii existe des douleurs extrêmement vives limitées, et que les abcès dissèquent pour ainsi dire les parois de l’abdomen, et qu’ils sont accompagnés de vomissements. Il est possible de reconnaître leur origine , lorsqu’il y a quelque tumeur de l’abdomen, , un état inflammatoire antérieur dans les fosses iliaques ou dans les viscères, et lorsejue les malades ont le souvenir d’avoir avalé un corps étranger.

On ne confondra pas un abcès des parois de l’abdomen, dont la douleur et la fluctuation sont limitées, avec la péritonite, parce que celleci est rarement partielle, parce que sa douleur est étendue à tout le ventre, et enfin parce que la fluctuation n’existe que dans les péritonites, suite d’étranglements de l’intestin au niveau de l’obstacle au cours des matières.

Quand les abcès des parois de l’abdomen sont ouverts, il y a ou il n’y a pas fistule stercorale, mais on reconnaît la fistule stercorale à l’écoulement de matières intestinales et de gaz infects, pourtant Todeur fécaloïde du pus peut tromper (Dance), car les abcès voisins de la cavité intestinale et contenant du gaz prennent une odeur fétide stercorale (Velpeau). Les corps étrangers de ces abcès sont reconnus par le cathétérisme avec une sonde de femme, de préférence à un stylet.

Thérapeutique. — Si l’on soupçonne que l’abcès

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est formé autour d'un corps étranger^ on surveillera de façon à ouvrir juste au moment où la fluctuation apparait sous les téguments œdématiés ; en cas de décollement, on fera des contre-ouvertures ; si malgré les contre-ouvertm’es les abcès s’ouvrentdans la vessie , on fera des injections d’eau tiède dans cet organe. Les abcès nés dans la paroi seront traités comme les phlegmons simples et l’on ou\Tira de bonne heure ; s’ils s’indurent, on traitera par les vésicatoires volants.

Lorsqu’un corps étranger existe, on l’extraira s’il est mobile, sinon on attendra. On fera des lavages à l’eau tiède dans l’abcès.

S’il y a fistule stercorale, on se bornera aux soins de propreté d’abord, la plaie de l’intestin pouvant se fermer seule. Si le trajet est sinueux et si la fistule se perpétue, il n’y a rien à tenter, les injections iodées au quart pouvant être faites, sans certitude de guérison cependant. Les fistules larges droites, seront traitées comme l’anus contre nature ; la cautérisation au fer rouge est quelquefois suffisante.

Les cataplasmes en permanence, les purgatifs douXj l’eau de Sedlitz seront employés comme dans les inflammations en général.

Abcès de l’aisselle. V. AISSELLE.

Abcès des amygdales. Une angine lonsillaire, ou esquinancie, précède toujours les abcès des amygdales, q ie l’on reconnaît à la difficulté de la respiration, au nasonnement de la voix, à l’impossibilité d’avaler même la salive, à la permanence de l'ouverture des lèvres, au gonflement des piliers antérieurs du voile du palais et à l’élasticité fluctuante de ces piliers.

Thérapeutique. — Dès que dans une angine tonsïllaire on peut sentir la fluctuation de l’amygdale ou du pilier correspondant du voile palatin, il faut donner 5 centigrammes d’émétique, qui par le vomissement font crever l’abcès, ou inciser l’abcès au moyen d’un bistouri garni de linge jusque près de sa pointe et enfoncé dans la partie la plus élastique de l’amygdale.

Abcès à l’anus {abcès phleginoYieux) . Dans la convalescence des dysenteries prolongées ; àlâ suite de diarrhées rebelles chez les phthisiques, dans les constipations opiniâtres ou l’inflammation du rectum; après l’inflammation d’hémorrhoïdes ou -de syphilides; consécutivement à des rétrécissements et des traumatismes de cet organe, le tissu cellulaire du pourtour de l’anus devient le siège d’une inflammation, un abcès se forme dans le tissu cellulo-graisseux de la fosse ischio-rectale ou périnéale, ou au-dessous du sphincter, et il y a deux espèces d’abcès, l’abcès à la marge de l’amis et V abcès périrectal.

Le premier est un abcès chaud qui se révèle par les symptômes des abcès phlegmoneux et réclame le même traitement.

Le second, beaucoup plus grave et qui est souvent 1 origine de fistules à l’anus, est anfractueux, irrégulier; ses parois ne tendent pas au recollement, ellés bourgeonnent peu, et le

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pus, très-fétide, stagne, fuse autour du rectum, qui est quelquefois entièrement décollé.

Thérapeutique. — L’incision des abcès de l’anus doit être faite de très-bonne heure, pour placer une mèche ou un tube de caoutchouc perforé, et l’on attendra. Pour faciliter la cicatrisation du foyer ou aura recours d’abord à des injections émollientes, mais il ne faut pas s’attendre à les voir agir avec efficacité : mieux vaut laisser un tube de caoutchouc à demeure, il empêchera la' stagnation du pus pendant le bourgeonnement de la surface interne de l’abcès. Ce traitement est long, et tout le temps de sa durée des lavements seront pris régulièrement chaque jour, afin de prévenir une inflammation des membranes du rectum, et une ouverture secondaire de l’abcès dans le rectum, ce qui déterminerait une fistule à l’anus complète. On fera des injections d’eau iodée, pour empêcher la putridité du pus.

Le traitement général des abcès et celui du mal dont ils sont symptomatiques devront être appliqués.

I. Abcès hématiques et stercoraux. Quelquefois une hémorrhoïde enflammée s’abcède, et dans ce cas il y a un petit abcès hématique. D’autres fois, après une constipation opiniâtre, il s’engage quelques matières dures dans les valvules semi- lunaires de Morgagni, elles y demeurent, puis déterminent un abcès circonscrit, qui peut être suivi de la formation d’une petite fistule.

Thérapeutique. — Les abcès hématiques seront ouverts de bonne heure; s’il y a communication du rèctmn avec le foyer de l’abcès, on pourra quelqùes jours après inciser le pont qui sépare les deux ouvertures, c’est-à-dire faire l’opération de la fistule à l’anus. V. ce mot.

II. Abcès urineux. Après la lithotritie, dans la convalescence de la plaie de la taille, après un abcès de la prostate, l’urine s’infiltre quelquefois et vient former autour de l’anus un abcès, que révèlent la chaleur, la rougeur, la tuméfaction et la douleur des parties. Ces abcès deviennent presque toujours des fistules urinaires.

Thérapeutique. — Il faut ouvrir de bonne heure et largement. Une sonde sera placée à demeure dans la vessie. V. Abcès urixecx.

III. Abcès par congestion et symptomatiques dune lésion osseuse (Ribes, Velpeau). Quand il existe une carie des vertèbres lombaires et du sacruin, les abcès par congestion ne migrent pas toujours vers le pli de l’aiue, ils descendent parfois dans la fosse ischio rectale et viennent se montrer sur les côtés du rectum où ils apparaissent avec les signes des abcès fi:oids. V. ce mot

Thérapeutique. — Ouverture comme pour les abcès par cougestion, et injections iodées.

IV. Abcès sous-cutanés. Les petits abcès phlegmoneux qui se forment souvent dans les plis de rauus, autour d’une hémorrhoïde, ou autour d’une des glandules muqueuse, de cette

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région, ne tardent pas à foser vers les parties profondes , et ils s’onvrent seuls du cinquième ait sixième jour.

Thérapeutique. — Appliquez des cataplasmes; lavez fréquemment; ouvrez du troisième au cinquième jour avec la lancette, et les malades garderont le repos pour que l’abcès superficiel ne devienne pas l’occasion du développement d’un abcès profond.

Abcès du cerveau. Rien n’est plus rare qu’un abcès du cerveau, cependant un coup violent porté sur la tête, une chute sur le crâne, la carie du rocher et la résorption purulente peuvent produire ce résultat.

%* Le pus des abcès cérébraux, tantôt blanc, tantôt jaune et tantôt verdâire, superficiellement ou profondément placé, est d’abord au sein de la substance cérébrale plus ou moins altérée, mais à une époque avancée, il est isolé du cerveau par une fausse membrane d’épaisseur variable.

Des douleurs de tête, fixes, permanentes, accompagnées d’inappétence, d’amaigrissement, d’insomnie ou de fièvre, succédant à une con tusion du crâne, peuvent faire craindre un abcès du cerveau.

Il est à peu près impossible de faire le diagnostic des abcès du cerveau, et, à cet égard, il n’y a que des présomptions à établir.

*,j.* La mort est la conséquence inévitable, plus ou moins éloignée, des abcès du cerveau.

Thérapeutique. — Contre les abcès qu’on suppose devoir exister dans la substance cérébrale, il n’y a que des palliatifs à mettre en usage, et il faut combattre l’insomnie et la céphalalgie par les remèdes appropriés. V. Céphalalgie , Evcéphale , Lésions

TRAUMATIQUES.

Abcès du foie. Si les abcès phlegmoneux du foie ne sont pas très-communs en Europe et dans les pays tempérés, ils sont au contraire d’une assez grande fréquence dans les pays chauds. V. Dysenterie.

Les inflammations spontanées ou traumatiques du foie sont la cause des abcès phlegmoneux de cet organe. V. Hépatite.

*,!,* On rencontre souvent les abcès du foie comme complication des plaies de tête ou des grandes opérations chirurgicales, mais la lésion n’est alors qu’une des conséquences de Vinfection pui'v.lente {S . ce mot), et elle constitue ce qu’on appelle des abcès métastatiques.

Des douleurs de la région du foie, accompagnées ou non d’hypertrophie de cette glande, avec amaigrissement, faiblesse, inappétence et quelquefois de la stupeur, des sueurs nocturnes, des frissons erratiques ou de la fièvre rémittente, annoncent l’abcès phlegmoneux du foie.

Il fôt difficile de sentir la tumeur formée par un abcès du foie, mais dans quelques circonstances cela est possible, lorsque la suppuration chemine vers l’extérieur au niveau des

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fausses côtes, ou en arrière, entre les dernières côtes et le rein droit.

Les abcès du foie peuvent se résorber progressivement (Cambay, Dutroulau), mais dans la majorité des cas ils se vident à l’extérieur et ils guérissent en perforant les tissus voisins : soit la peau de l’hypochondre droit, de l’ombilic ou des lombes, soit les conduits biliaires, soit la seconde courbure du duodénum, soit le diaphragme, le poumon et les bronches, soit l’estomac, soit enfin le péritoine, mais dans ce dernier cas il en résulte une péritonite promptement mortelle.

Si graves que soient les abcès phlegmoneux du foie, ils peuvent guérir après plusieurs mois de souffrance, et après avoir mis l’existence des malades en péril, tandis que les abcès métastatiques de cette glande sont inévitablement mortels.

Thérapeutique. — Tant qu’un abcès du foie ne fait pas saillie à la peau en formant une tumeur fluctuante, il est inutile de songer à l’ouvrir.

Quand, . après des symptômes d’hépatite, une tumeur fluctuante apparaît sur un point de la peau du ventre ou de la poitrine, et qu’on reconnaît un abcès du foie, il faut l’ouvrir avec le bistouri, et mieux au moyen d’applications successives de potasse et de pâte au chlorure de zinc, dans le but d’établir des adhérences entre le foyer purulent et la paroi abdominale. V. Kystes hydatiques du foie.

Abcès de la fosse Uiaque. V. MAL DE POTT

et Phlegmon de la fosse iliaque.

Abcès hématiques. Si uo individu marche en ayant un abcès des membres inférieurs, ou si une violence est exercée sur un abcès, il n’est pas rare que le chirurgien trouve le pus mélangé de sang.

Après une contusion- du deuxième et troisième degré, si les malades ne se soignent pas ou se soignent mal, une inflammation survient dans les parties blessées, et du pus se mêle aux caillots sanguins Cju’il dissocie.

Dans ces deux conditions, il y a ce que l’on a appelé abcès hématique, c’est-à-dire abcès chaud ou froid, avec présence de sang dans le pus.

Les abcès hématiques ont une gravité un peu plus grande que celle des abcès chauds, ou phlegmoneux francs, parce qu’ils arrivent presque toujours chez des individus débilités (Velpeau), et qu’ils ont été primitivement le résultat d’un défaut de soin. On les reconnaît généralement aux caractères des abcès chauds, mais quelques-uns d’entre eux se manifestent comme des abcès chroniques.

Thérapeutique. — Il convient d’appliquer aux abcès hématiques le traitement des abcès chauds et des abcès chroniques; suivant la durée de l’abcès les injections détersives, les lavages doivent être employés régulièrement, et un traitement général

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tonique est nécessaire ; la plupart des .abcès scorbutiques sont des abcès hématiques.

Abcès périnéphrétiqncs. V. PHLEGMONS PÉRINÉPHRÉTIQUES.

Abcès sons-périostiqnes. V. PÉRIOSTITE.

Abcès du poumon. C’esI une chose assez rare que de rencontrer les abcès du poumon, cependant ils s’observent quelquefois à la suite de la pneumonie aiguë, dans la gangrène pulmonaire et dans l’infection purulente produite par les grandes opérations.

Aucun symptôme ne permet de reconnaître les abcès enfermés dans le poumon, et l’on ne peut affirmer leur présence qùe lorsqu’ils s’ouvrent dans les bronches pour être rejetés par l’expectoration (V. Vomique), ou lorsqu’ils se vident dans la plèvre en formant un hydropneumothorax. Y. ce mot.

Les abcès inflammatoires ou gangréneux du poumon sont ordinairement solitaires, superficiels ou profonds, inodores ou fétides, du volume d’un pois ou d’un œuf, tandis que les abcès produits par la résorption purulente, ou abcès métastatiques, sont toujours inodores, plus nombreux et plus petits.

Le pus des abcès pulmonaires, jaunâtre ou rougeâtre, inodore ou infect, est toujours environné d’une petite fausse membrane, audessous de laquelle se trouve le tissu pulmonaire plus ou moins malade, déchiqueté et infiltré de sang ou de pus.

Quand un malade atteint d!è pneumonie aiguë ou chronique, expectore tout à coup une certaine quantité de pus en laissant entendre, par l’auscultation sur un point des parois thoraciques, du gargouillement, du souffle caverneux et de la pectoriloquie, on peut affirmer qu’il existe un abcès du poumon ouvert dans les bronches.

Dans le cours de la pneumonie aiguë ou chronique, la réapparition d’un point de côté avec hydropneumothorax annonce un abcès des poumons ouvert dans la plèvre.

Les abcès inflammatoires ou gangréneux du poumon qui se vident par les bronches peuvent guérir, mais ceux qui s’ouvrent dans la plèvre guérissent moins aisément et sont beaucoup plus graves, sans être inévitablement mortels.

On guérit habituellement en quelques semaines d’un abcès des poumons ouvert dans les bronches.

Certains abcès du foie ayant perforé le diaphragme et le poumon droit se vident par les bronches comme les abcès du poumon, et ils pourraient être confondus les uns avec les autres, mais la nature du pus et les symptômes aniérieurs permettent toujours de distinguer l’origine de la suppuration. V. Abcès du foie.

Thérapeutique. — Dans les abcès du poumon ouverts dans les bronches, il n’y a d’autre traitement à faire que celui de la bronchite et de la pneumonie chroniques. V. ces mots.

Les abcès du poumon ouverts dans la plèvre, et ayant donné lieu à l’hydropneumothorax, doivent être traités comme la pleurésie aiguë (V. ce mot), et si la maladie se prolonge il faut recourir à la thoracocentèse. V. Phthisie et Thoracentèse.

Abcès de la prostate. V. PROSTATITE.

Abcès rctro-pharjngiens. V. COU {maladies du).

Abcès du sein. Y. MAMMELLE.

Abcès stereoraiix. Lorsqu’un intestin, sorti par une plaie de l’abdomen, a été réduit et que la plaie réunie par suture s’est ouverte, un abcès stercoral se forme.

Des vers intestinaux, un corps étranger, des fèces endurcies, une gangrène des intestins, un abcès tuberculeux, développés dans les tuniques d’un intestin, peuvent ulcérer la paroi intestinale et produire un épanchement qui s’enkyste entre les anses intestinales et la paroi abdominale en formant un abcès. Alors la peau de l’abdomen rougit, se perfore, et un trajet fistuleux donne issue à des gaz et à des matières intestinales.

Un anus contre nature s’établit, ou bien la cicatrisation s’opère, suivant l’étendue de la destruction de l’intestin par l’ulcération.

Thérapeutique. — La temporisation est obligatoire dans les abcès, stercoraux, on n’ouvrira l’abcès que lorsqu’il y aura rougeur du tégument et après on traitera l’anus contre nature.

Abcès urinciix. Après une plaie de l’urèthre; après une rupture de ce conduit en arrière d’un rétrécissement ; dans une caverne de la prostate ouverte dans l’urèthre et dans le tissu cellulaire, l’urine, introduite en petite quantité dans les parties voisines de l’urèthre, engendre une inflammation rapidement terminée par la formation d’un abcès chaud.

Les abcès urineux ne tendent pas à s’accroître indéfiniment comme les suppurations vastes qui sont le résultat d’une infiltration d’urine. Us sont assez nettement circonscrits, fluctuants, peu douloureux au toucher ; abandonnés à eux-mêmes, ils s’ouvrent seuls et donnent naissance à une fistule urinaire.

Thérapeutique. — Lorsque les abcès uriueux arrivent à la suite d’une plaie, une sonde à demeure doit être placée dans la vessie, et l’abcès est ensuite ouvert et traité comme les abcès chauds phlegmoneux. On traitera de même les abcès déjà ouverts dans l’urèthre.

Si l’abcès est la conséquence d’une rupture de l’urèthre en arrière d’un rétrécissement, vous pourrez utiliser l’ouverture de l’ahcès pour faire le cathétérisme rétrograde ; l’abcès sera traité par les cataplasmes, et une sonde sera mise à demeure pour prévenir la formation d une fistule. Dans le cas où la sonde ne serait pas supportée et produirait une fièvre uré-

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thrale, ü n'est pas nécessaire de s’entêter à maintenir nne sonde à demenre, on pourrait se borner à l'introduire au moment des envies d’uriner, ou même l'introduire seulement une fois par jour, en ajournant le traitement de la fistule. Dans le cas où plusieurs abcès existent à la fois, il faut les traiter chacun de la même manière: ils donneront naissance à des fistules multiples s’ils s’ouvrent seuls, et ces fistules seront très-difficiles à guérir. Quand un de ces abcès s’est formé une fois, il peut s’en former successivement d’autres ; le traitement du rétrécissement, d’une part, rétablissement spontané d’une fistule, de l’autre, préviennent cependant les récidives.

Les abcès de la prostate ou de la portion prostatique de l’urèthre qui tendent à se faire jour par le périnée donnent lieu à des tumeurs plus profondes dont il est difficile de préciser le siège avant d’en faire l’ouverture. L’œdème du périnée guidera le chirurgien : il fera une incision verticale sur le côté du raphé et enfoncera son bistouri progressivement jusqu’à ce qu’il voie un peu de pus sur le côté de la lame. Ici, les mèches sont de rigueur, et les cataplasmes seront maintenus en permanence pendant six jours. V, IXFILTRATIOX ÜRISEÜSE.

Abcès de la vessie. V. CYSTITE.

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Abdomen (COÎNTUSION DE L’).

1° Contusion des pm^ois. Autour des plaies pénétrantes de l’abdomen par des corps contondants, il y a toUjOurs de la contusion dans les parois ; les balles déterminent, en frôlant le tissu, des ecchymoses; les coups ont le même effet.

Les ecchymoses et les épanchements sanguins interstitiels dans les parois abdominales se résorbent ou deviennent le point de départ d’une phlegmasie, mais rarement ils occasionnent la péritoniîe.

Thérapeutique. — Les antiphlogistiques, savoir, les sangsues au nombre de dix ou quinze, les ventouses scarifiées au nombre de huit ou dix, conviennent lorsque l’accident vient d’arriver, plus tard, il suffît d’appliquer des cataplasmes arrosés d’eau blanche, et les malades garderont le repos absolu en évitant tout effort.

T Contusion profonde. — Bien qu’on ne puisse toujours expliquer par une lésion matérielle certains cas de mort à la suite de frôlement du ventre par un boulet ou tout autre corps contondant mû avec rapidité, il n’est pas moins certain que dans ces cas on trouve souvent des épanchements de sang dans l’abdomen et des ruptures des viscères.

Le foie, la rate, le mésentère, les intestins déchirés par une contusion profonde de l’abdomen, fournissent un épanchement de sang dans le péritoine, qui se traduit par des douleurs abdominales vagues et souvent par une difficulté d’uriner.

La déchirure du foie et celle de la rate sont très-difficiles à diagnostiquer, car les signes de l’hémorrhagie lente, à laquelle ils donnent lieu, sont généralement très-peu marqués.

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Thérapeutique. — Lorsqu’une personne a reçu un coup sur l’abdomen ou sur la partie inférieure du thorax, qu’il y ait ou non fracture de côtes, vous prescrirez l’application de sangsues, de ventouses, sur le point douloureux. Si vous constatez des douleurs abdominales et une légère dysurie, des cataplasmes arrosés d’eau blanche seront maintenus en permanence sur l’abdomen pendant trois jours ; un lavement laxatif, avec 40 grammes de miel de mercuriale, entretiendra dès le premier jour la liberté du ventre, les lavements émollients seront ensuite suffisants ; si les selles n’avaient point lieu, vous purgeriez avec 30 grammes d’huile de ricin.

Abdomen (PLAIES DE L’).

1° Plaies non pénétrantes produites par des instruments piquants ou tranchants et contondants. Les plaies non pénétrantes de l’abdomen intéressent la peau seule, la couche musculaire ou les aponévroses. Dans les plaies un peu profondes, il se produit souvent une hémorrhagie facile à arrêter, due à la section de l’une des trois artères de la paroi abdominale i^la sous-cutanée abdominale, l’épigastrique et une branche de la circonflexe iliaque). V. Plaies.

Jamais une plaie de l’abdomen ne doit être sondée, l’exploration avec le doigt est la seule qu’il faille se permettre. v

Thérapeutique. — Les plaies par instrument piquant et les plaies par instrument tranchant peu étendues doivent être pansées avec un cataplasme dès le premier jour, puis par des agglutinatifs à partir du quatrième jour.

Les plaies par instrument tranchant, et qui sont nettes, sans contusions, seront réunies par des bandelettes agglutinatives, par une suture métallique ou entortillée. Si les muscles ont été coupés, on les comprendra dans la suture; dans ce cas la suture enchevillée est plus avantageuse.

La position donnée au malade sera telle, que la peau et les muscles soient dans le relâchement, les cuisses fléchies et soutenues par un coussin, et la tête élevée par un oreiller.

Les plaies par instrument contondant seront bien lavées Avec de l’eau tiède, on pourra les panser à l’eau froide, mais mieux avec un cataplasme. Dès que les parties mortifiées seront éliminées et que la plaie bourgeonnera, on pansera simplement avec le linge troué enduit de cérat et la charpie ; en cas de besoin, la plaie sera nettoyée avec de la glycérine.

Les malades doivent observer le repos, ne pas fléchir le tronc ; un régime végétal, des boissons délayantes seront prescrits.

Les plaies non pénétrantes de l’abdomen, après leur cicatrisation, constituent un point faible de la paroi abdominale, où il peut naître une hernie. Il sera bon pour prévenir ce résultat de faire porter un bandage de corps ou une ceinture pendant un certain temps, afin de laisser la cicatrice acquérir une force de résistance suffisante. Ces précautions seront d’autant plus importantes à observer que la plaie aura plus d’étendue.

Les plaies par instrument piquant peuvent être suivies de phlegmon diffus et circonscrit, d’érysipèle, non pas tant à cause de la piqûre des aponévroses

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qu’en raison du manque de soin. Un traitement antiphlogistique dès le début doit être rigoureusâneiit établi dès que paraissent des complications inflammatoires.

Les plaies par instrument tranchant sont souvent compliquées d’issue de pelotons graisseux qui quelquefois font croire à une plaie pénétrante de l’abdomen avec issue de l’épiploon, mais le doigt, introduit dans la plaie, dissipe toute incertitude. Ces pelotons graisseux seront réséqués s’ils s’opposent à la réunion des bords de la plaie.

Les plaies par instrument contondant et par armes à feu sont quelquefois compliquées d’inflammation des bords contus de la plaie, de la présence de corps étrangers : tels qu’une balle qui peut s’être creusé un canal ou une gouttière dans la paroi abdominale.

Si une balle est logée sous la peau et facile à sentir, le corps étranger sera extrait par la plaie ou par une contre-ouverture.

Les plaies où il y a contusion avec épanchement et qui renferment un corps étranger, ne doivent pas être réunies par première intention, même après l’ablation du corps étranger, et il faut y maintenir en permanence des cataplasmes.

Si une inflammation survient après une plaie non pénétrante de l’abdomen, on aura recours aux applications de quarante à cinquante sangsues, et l’on ouvrira de bonne heure les abcès qui pourraient se former.

La péritonite survient quelquefois après une plaie non pénétrante de l’abdomen, soit parce que les tissus ont été coupés jusqu’au péritoine, soit parce que la cause qui a déterminé la plaie a en même temps agi sur les viscères contenus dans cette cavité séreuse. On la traitera par lès moyens appropriés.

2° Plaies pénétrantes de V abdomen. Les plaies pénétrantes de l’abdomen sont produites par des instruments piquants, tranchants et contondants, ou par des projectiles lancés par la poudre.

L’ouverture du ventre par les cornes des ruminants est une espèce de plaie pénétrante de l’abdomen qui se comporte presque comme les plaies par instrument tranchant.

Si la plaie est petite et s’il n’y a pas de hernie des viscères, le diagnostic ne peut être porté que grâce à la connaissance de l’instrument qui a fait la blessure, de la profondeur à laquelle il est entré, de la quantité de sang perdu, et en faisant attention si dans les liquides versés par la plaie, il n’y a pas de matières alimentaires a inoitié digérées, du cbyme, de la bile, des matières fécales ou de l’urine. Ce n’est qu’avec la plus grande prudence que la supposition d’une plaie pénétrante étant admise, on devra recourir à l’esploration avec une sonde de femme, les stjiels et sondes cannelées étant sévèrement proscrits. Dans tous les cas où le doigt peut être introduit dans la plaie, ce procédé d’exploration devra être préféré, et l’on devra toujoui's placer le malade dans la position où il était lorsqu’il a été blessé, afin de pouvoir plus faci'ement sentir la surface péritonéale et les anses de l’intestin qui ont pu être atteintes.

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Au moment où est faite une plaie pénétrante de l’abdomen, il s’écoule du sang qui provient soit de l’artère épigastrique lorsque la plaie est située au niveau et à la partie inférieure et moyenne des muscles droit, soit des autres artères si la plaie est sur les côtés de la paroi abdominale. S’il coule du saiig en grande abondance, c’est qu’un des vaisseaux principaux de l’abdomen a été ouvert; mais lors même qu’il ne coulerait pas de sang, ce n’est pas une raison pour croire qu’il n’y a pas de gros vaisseaux blessés.

Dans une plaie pénétrante de l’abdomen produite par un instrument contondant ou par une balle, il n’y a jamais d’hémorrhagie immédiate, à moins que l’aorte ou les veines porte et cave ou leurs branches d’origines principales n’aient été atteintes, et dans ce cas il se forme une hémorrhagie interne que révèlent la pâleur, les syncopes, les sueurs froides, la petitesse du pouls et la Jïiort.

Les plaies de l’abdomen ont en général une grande gravité, mais si aucun viscère n’a été atteint, et si la péritonite a pu être évitée, des plaies pénétrant l’abdomen de part en part peuvent guérir (J. Bell).

Thérapeutique. — Si la plaie est grande, si les intestins tendent à s’échapper au dehors, faites une suture enchevillée, bien qu’elle puisse faire naître des .accidents inflammatoires du côté de la peau (Pibrac) et parfois, dit-on, la péritonite, ce qui est très-rare.

Si la plaie est petite, la suture n’est pas nécessaire; les agglutinatifs et la position donnée au malade peuvent suffire.

Si la plaie est contuse, mais qu’elle soit régulière, comme l’est une ouverture du ventre par une corne; on peut avoir recours à la suture : entre deux inconvénients il faut choisir le moindre, la suppuration fournie par la plaie détermine certainement une péritonite, tandis que la suture ne la produit que dans certains cas. Dans les plaies par armes cà feu, qui ont une ouverture abdominale très-petite, et où se produit un gonflement des bords susceptible d’en amener l’occlusion, vous pourrez dans certains cas régulariser la plaie et faire une suture, mais il vaut mieux appliquer des bandelettes agglutinatives.

Un corps étranger qui est senti au fond d’une plaie de l’abdomen et dont on peut déterminer approximativement le siège sera retiré, mais si une balle est entrée dans l’abdomen et que vous ne sachiez pas où elle est, ne la cherchez pas quand même, elle pourra s’enkyster, pénétrer dans le tube digestif et être rejetée parfois par les selles ^ans danger pour les malades.

Quelle que soit la nature de la plaie, des compresses d’eau à la température ordinaire seront maintenues rigoureusement sur la suture. Dans une plaie pénétrante de l’abdomen sans lésion ni hernie des viscères, on tiendra le malade au repos, et l’on prescrira une saignée en même temps qu’un régime sévère. Des bouillons, des potages, un peu de vin, seulement chez les hommes qui ont l'habitude des excès de boisson, seront permis; les lavements émollients et

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oléagineux tiendront le xentre libre (Hennen), un purgatif doux (30 grammes d huile de ricin) est bon le premier jour, et convient mieux que tout autre purgatif, parce qu’il agit sur l’intestin seul.

Quand au bout de quelques heures, ou même d’un jour après le coup reçu, les malades ont des frissons, de la fièvre, des vomissements verdâtres, de la rétention d’urine, de la dyspnée, et de la douleur généralisée à tout l’abdomen, sachez qu’il y a péritonite générale et que la mort est presque certaine. Un grand vésicatoire couvrant tout l’abdomen (Velpeau) est une suprême ressource, qui réussit peut-être plus qu’un traitement antiphlogistique énergique.

Quand des sj-mptômes généraux moins graves et une douleur plus limitée annoncent que la péritonite est circonscrite, les antiphlogistiques, cinquante à soixante sangsues, les frictions avec l’onguent mercuriel, l’opium à la dose de 10 ou 15 centigrammes en extrait dans une potion, sont quelquefois d’un heu reux emploi.

Quand la douleur est limitée à la plaie, quand les symptômes sont bénins, gardez-vous d’agir, il se forme au niveau de la plaie des adhérences salutaires qui constituent un des éléments de la guérison.

La paroi abdominale participe souvent à l’inflammation produite par les plaies de l’abdomen, et il se fait, soit un décollement du péritoine qui peut donner lieu à la formation d’un abcès chaud, soit un abcès enkysté du péritoine, soit enfin une inflammation phlegmoneuse autour de la suture, qui peut se terminer par un abcès ; dans ces cas une incision sera faite dès le troisième jour, aussitôt qu’il y aura une apparence de fluctuation si minime qu’elle soit.

Complications des plaies pénétrantes de l'abdomen. Outre les complications primitives et consécutives des plaies en général (V. ce mot) , les complications primitives des plaies pénétrantes de l’abdomen sont les hernies des viscères et leurs lésions. V. Plaies de l’estomac, DU foie, des intestins, de la rate, DU REIN, de la vessie, etc.

Thérapeutique. — Quand l’intestin sort par une plaie de l’abdomen, qu’il soit desséché ou non, du moment où il n’est pas blessé, il faut le réduire. Pour cela, après avoir chloroformisé le malade et donné un lavement, on procède avec douceur en faisant rentrer peu à peu les "parties sorties les dernières, et pour faciliter ce taxis, on placera les muscles de l’abdomen dans le relâchement par une flexion du tronc en avant. Inutile de lotionner les intestins, à moins qu’ils ne soient couverts de poussière ou de terre, etc., alors vous les laverez avec de l’eau tiède. Ne redoutez pas l’entrée de l’air dans l’abdomen, il n’y pénètre pas aisément, les parois de l’abdomen reviennent sur elles-mêmes à mesure que l’intestin sort (J. Bell).

Si malgré une position favorable donnée aumalade, la distension des intestins herniés, le volume des portions sorties obligent le chirurgien à débrider, celui-ci fera une incision parallèle aux fibres musculaires plutôt en haut qu’en bas (Sabatier); si l-’on est gêné pour introduire le bistouri, on fera le débridement de dehors en dedans en incisant couche par couche. U n’est pas rationnel de ponctionner l’intestin : sa perforation est toujours une mauvaise

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chose, quelque soit l’instrument employé ; elle ne remplit pas le but qu’on se propose, puisque la muqueuse entre dans la petite plaie et la bouche. En principe, il faut réduire le plus tôt possible (Calliseu). Le traitement général des plaies pénétrantes de l’abdomen ne doit pas être modifié.

Si l’intestin est perforé, on pratiquera une suture de l’intestin, et l’on réduira ou bien on établira un anus artificiel. V. Intestins et Plaies.

Si l’épiploon est sorti depuis peu de temps et forme une masse libre d’une coloration jaune rougeâtre avec des lobules graisseux multiples, en bon état, la réduction doit être faite et la plaie de l’abdomen refermée.

Si l’épiploon est dans la plaie depuis plus de six heures, et qu’il y ait contracté des adhérences, on excisera la partie exubérante (Richerand) ; on le laissera dans la plaie sans y toucher (Pipelet) et l’on se bornera à surveiller les complications. Dans le cas même où il y aurait constriction au niveau du pédicule, il n’est pas nécessaire de débrider, on doit attendre que toutes les portions sorties de l’épiploon soient entraînées par la suppuration. Pour hâter la chute de l’épiploon ou prévenir les suites de sa section dans le cas où elle serait jugée nécessaire, ce qui est rare, la ligature préalable, la cautérisation par les caustiques pourront être employées soit avec la pâte au chlorure de zinc (Bonnet, E. Desgranges, Bouchacourt), soit avec le perchlorure de fer. Dans le cas de constriction, on ne réduit pas ; au contraire, après la ligature en masse ou les ligatures de tous les vaisseaux divisés par l’incision, d’une grosse masse d’épiploon, on pourra tenter dé réduire, mais cette pratique a des dangers.

Si la portion d’épiploon sortie est petite, s’il n’y a aucun symptôme de tiraillement des viscères, ce qui est à peu près constant, on peut laisser cet organe dans la plaie, où il contractera des adhérences. On peut se borner â prescrire un pansement simple et des cataplasmes tièdes pendant trois jours.

On doit toujours craindre de faire la section de l’épiploon, car il en résulte souvent des hémorrhagies qui réclament la ligature.

Lorsque vous avez réduit un épiploon déjà altéré, et il faut peu de temps pour que ce tissu s’altère, un phlegmon de l’épiploon, ou épiploïte phegmoneuse (Goyrand d’Aix), et un abcès peuvent se former, et l’on ne tarde pas à en constater la présence par une tuméfaction de la paroi abdominale, à travers laquelle le pus tend à se faire jour dans les cas les plus favorables. Dès que vous constaterez de la fluctuation, ouvrez l’abcès, incisez la paroi abdominale couche par couche, car la chance du passage du pus dans l’intestin est trop aléatoire et une péritonite suraiguë est trop certaine.

Si une pareille péritonite peut être soupçonnée avant la formation de l’abcès, si un malade, après la réduction d’une hernie traumatique, épiploïque, a de la fièvre, s’il a des frissons irréguliers, le ventre douloureux, s’il y a une rénitence et de la submatité entre l’ombilic et l’hypogastre, alors les antiphlogistiques locaux, quarante à cinquante sangsues, seront appliqués, des cataplasmes en permanence, un vésicatoire au besoin seront prescrits.

Al’épiploon et l’intestin qui fonthernie à travers une plaie pénétrante de l’abdomen, on applique les préceptes curatifs qui conviennent à la hernie traumatique de l’intestin et de l’épiploon.

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n peut arriver, mais cela est rare, qu’au fond de la plaie une anse intestinale soit pincée par les parties profondes des lèvres de la plaie, et détermine les symptômes d’un étranglement intestinal franc. Un chirurgien qui s’est assuré par le toucher avec le doigt de l’étendue et de la nature de la plaie n’est pas exposé à méconnaître cette complication. Lorsque cette disposition existe, il faut réduire, débrider au besoin, et faire la suture après, en comprenant toutes les lèvres de la plaie, même le péritoine.

Lorsque le foie fait hernie à travers une plaie de l’abdomen on le réduira. Si la portion sortie paraît altérée on l’excisera (Macpherson).

La rate mobile sortie à travers une plaie de l’abdomen a été excisée (Berthet).

A la suite des plaies pénétrantes de l’abdomen, des hernies se produisent, et il en a été vu qui étaient dépourvues de sac ; cela n’arrive que dans le cas où la plaie n’a pas été réunie profondément, et où les lèvres de la solution de continuité du péritoine se sont cicatrisées isolément.

Abdomen (ÉPANCHEMENTS DE l’).

Épanchements de bile. Les épanchements de bile se produisent à la suite des plaies des voies biliaires, de leur ulcération de dedans en dehors par un calcul, ou de leur ulcération après des dégénérescences cancéreuses ou ulcéreuses des viscères voisins. Ils sont caractérisés par une douleur vive de l’hypochondre droit, par une rétraction du ventre, par la difficulté d’uriner et d’aller à la garderobe ; enfin dans quelques cas par une péritonite suraiguë s’ajoutant aux autres symptômes qui ne sont pas assez marqués pour établir le diagnostic dès le début. L’ictère n’est pas habituel dans ces lésions.

L’épanchement de bile est au-dessus des ressources de l’art.

Épanchements de chyle. Les épanchements de chyle ne peuvent être exactement reconnus sur le vivant, quoiqu’ils aient été constatés sur le cadavre (Morgagni, Saviard, Portai). Toutefois les faits ne sont pas démonstratifs, car une plaie de chylifère ne pourrait fournir une certaine quantité de chyle que dans le moment de la digestion, et dans ce cas, elle ne produirait pas un épanchement abondant, en raison même de la densité du chyle plus grande que celle des autres liquides en circulation.

Thérapeutique. — Contre les épanchements de chyle, il n’y a rien à faire qu’à employer des palliatifs en attendant leur résorption.

Épanchements de gaz. Deux ordres d’épanchements gazeux ont lieu dans le péritoine : l’im est le résultat d’une plaie du poumon et du diaphragme; l’autre est dû à l’épanchement des gaz contenus dans les intestins. La sonorité et le ballonnement du ventre, l’accroissement incessant dans le premier cas, l’état stationnaire dans le second, caractérisent l’épanchement gazeux. Il est souvent méconnu et pris pour une tympanite simple.

Thérapeutique. — La ponction de l'abdouaen est le

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Iseul traitement à opposer à l’épanchement gazeux; dans les cas où celui-ci ne se résorbe pas seul, si des matières alimentaires sont sorties de l’intestin avec les gaz, une péritonite est inévitable.

Épanchements de matières alimentaires ou stercorales. Les plaies de l’estomac, du petit et du gros intestin, donnent souvent lieu à l’épanchement des matières alimentaires et stercorales de l’abdomen. Une péritonite suraiguë ne tarde pas à en être la conséquence dans la majorité des cas. Cependant lorsque les matières épanchées dans l’abdomen sont des liquides alimentaires, les accidents ont une marche moins rapide, et si des adhérences limitent l’épanchement, de quelque nature qu’il soit, un abcès peut en être la conséquence (Blandin, Dance, Velpeau), et la guérison peut avoir lieu.

Thérapeutique. — Contre les épanchements de matières alimentaires et stercorales on tentera le traitement énergique dirigé contre la péritonite suraiguë. S’il y a un abcès, on le reconnaîtra d’abord aux signes énumérés plus haut, on l’ouvrira soit avec un bistouri, soit avec un caustique. La présomption des adhérences guidera la résolution du chirurgien, qui, dans ce cas, pourra opérer de bonne heure.

Épanchements de pus et de matières pu~ t rides. A la suite de rupture d’abcès viscéraux, d’abcès de la fosse iliaque, de rutérus ou de ses annexes; après la rupture d’un utérus ou de ses trompes, rempli par le sang des règles ou par de la sérosité ; la rupture d’un kyste de l’ovaire, d’un kyste hydatique suppuré, etc. , un épanchement de pus et de matières putrides dans l’abdomen peut entraîner la mort par péritonite suraiguë.

. Dans certains cas d’épanchement de pus dans le péritoine, ce liquide peut être résorbé (cette terminaison est des plus rares), ou bien des adhérences existant avant l’épanchement de pus limitent une cavité, et forment un abcès enkysté qui se comporte comme il a été dit.

Thérapeutique. — Même traitement que l’abcès enkysté du péritoine; il faut faire l’ouverture de bonne heure autant que l’on pourra.

Épanchements de sang. Les plaies pénétrantes de l’abdomen avec ou sans lésion des viscères, et les contusions de cette région avec rupture des organes contenus dans la cavité abdominale, déterminent souvent dans le péritoine des épanchements de nature variée.

Les lésions des vaisseaux de la paroi ou des viscères abdominaux donnent lieu à un épanchement de sang diffus ou circonscrit : diffus, si la lésion est due à l’ouverture d’un gros vaisseau qui verse en un instant une grande quantité de sang; circonscrit, si l’hémorrhagie est due à un petit vaisseau (Velpeau). Le sang ne reste à la surface des circonvolutions intestinales que dans le second cas seulement (Petit le fils, Garengeot) ; mais dans le premier, il s’in-

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filtre partout et se porte vers les parties déclives.

Le sang s’amasse jusqu’à ce que la résistance des parois abdominales lasse équilibre à la tension du sang dans les vaisseaux, et alors l’hémorrhagie est arrêtée par une compression mécanique. Ce fait est la règle, à moins que l’aorte ou la veine cave n’aient été ouvertes ; dans ce cas, la mort est presque foudroyante.

%* Ün épanchement sanguin du péritoine se révèle par les symptômes de l’hémorrhagie interne, qui sont ; la pâleur, les syncopes, les sueurs froides, les envies de vomir, la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités, et des douleurs de ventre plus ou moins vives.

Les signes anatomiques des épanchements sanguins da péritoine sont le gonflement partiel ou général de l’abdomen apparaissant subitement, la matité à la percussion. Des bosselures peuveni quelquefois être constatées; mais assez souvent, la matité même peut être à peine sensible.

Les signes pathologiques d une grande hémorrhagie péritonéale sont des symptômes de compression de l estomac et du diaphragme, du rectum et de la vessie, c’est-à-dire de la dyspnée et des envies de vomir, de la constipation ou du ténesme et des envies fréquentes d’uriner.

Thérapeutique. — Si les symptômes d’une hémorrhagie péritonéale s’établissent avec lenteur, s’ils semblent cesser quelques heures après la blessure, ir n’est pas nécessaire d’agir; attendez: le sang ne coule peut-être plus, et celui qui est déjà épanché peut se résorber par les seuls elforts de la nature. Des compresses d’eau fraîche sur le ventre et un bandage de corps suffisent.

Si, au contraire, le sang continue à s’amasser dans le péritoine, une petite, saignée, des ventouses scarifiées sur l’abdomen pourront arrêter une hémorrhagie ; mais si l’épanchement est considérable, les ressources de l’art sont impuissantes. On n’a même pas à compter sur les bons effets de la compression de l’abdomen. Dans les cas de ce genre, la glace en permanence sur le ventre, les boissons glacées seront employées à titre de dernier moyen. Il ne faudra pas songer à pratiquer une bgature, on tentera la compression digitale de l’aorte sur la colonne vertébrale. La translusion du sang est complètement contre-indiquée, elle pourrait tout au plus, dairs le cas où elle réussirait, prolonger la vie du malade pour l’exposer au danger d’une péritonite, presque inévitable dans les grands épanchements de l’abdomen.

Quelle que soit l’abondance de l’hémorrhagie, les malades devront observer un repos et une immobUité absolus ; des boissons froides, des bouillons froids composeront leur régime.

Ne débridez jamais une plaie pénétrante de l’abdomen quand il y a un épanchement sanguin, à moins que ce ne soit pour réduire un intestin hernié dans la plaie.

Les épanchements sanguins se résorbent, quelquefois immédiatement ; d’autres fois, après avoir passé par une période de coagulation, et s’etant enkystes par des adhérences du péritoine, iis finissent par disparaître. Aiiieurs, iis subissent une décomposition putride, qui provoque une inflammation du péritoine

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vers le septième ou le douzième jour, et les malades succombent. Quelquefois enfin un abcès hématique enkysté du péritoine se développe. Alors une incision suffisamment étendue doit être faite sur les parties déclives, elle sera dirigée dans un sens variable, suivant ou ne suivant pas la direction des fibres musculaires ; et en raison des rapports de voisinage d’ors ganes importants, elle sera modifiée dans sa direction et dans son étendue. Seulement il est bon de savoir que les rapports des parties enflammées ne sont pas ceux de l’état sain, et que le bistouri pouvant agir sur une plus grande étendue que ne le comportent les rapports normaux des organes, l’opérateur a ainsi une certaine latitude. Après l’évacuation du pus, des lavages à l’eau tiède seront faits pour prévenir la stagnation du pus et l’hecticité purulente.

Ordinairement il y a des adhérences entre le foyer de ces abcès et le péritoine de la paroi abdominale, on les reconnaît à la rougeur de la peau et surtout à un empâtement de la région. Si ces symptômes étaient obscurs, on ouvrirait les abcès par les caustiques (méthode de Larrey et Boyer) ou par les incisions couche par couche en plusieurs temps (Graves et Bégin).

Épanchements d'urine. Les épanchements d’urine résultent d’une plaie de la vessie quelle qu’en soit l’origine, d’une rupture de la vessie, ou de son ulcération par le bec d’une sonde à demeure.

L’urine coule dans le péritoine, s’amasse dans les parties déclives et occasionne une péritonite aiguë, mais à marche moins prompte que les autres péritonites consécutives à des épanchements de sang, de chyle ou de bile.

Thérapeutique. — Quand il y a épanchement d’urine, il faut lui donner issue, débrider la plaie au besoin, placer le malade de manière que l’urine coule au dehors ; une sonde à demeure sera placée dans la vessie, et lorsque toute l’urine accumulée dans le péritoine aura pu sortir, alors seulement la plaie sera refermée. Pendant le dernier temps de la taille hypogastrique, s’il coule un peu d’urine par une plaie faite au péritoine, ce ne peut pas être en grande quantité, alors il vaudra mieux attendre, car l’urine peut être résorbée. Si la plaie est grande, on introduira une mèche de coton dans la vessie, elle fera l’office d’un siphon et conduira l’urine au dehors.

La paracentèse de l’abdomen et les lavages à grande eau tiède ont été proposés, ce moyen est peut-être une ressource dans les épanchements qui se terminent habituellement par la mort; quelle que soit la hardiesse des procédés, devant une mort certaine on est autorisé à les tenter.

ABDonitvjiux. { Maladies chroniques DES viscères). Les maladies chroniques mal déterminées des voies digestives, et dont on ignore la cause, sont rapportées par les médecins à une maladie du foie, à une gastrite chronique, à une obstruction intestinale, à la dyspepsie, à l’entérite (V. ces mots), et dans ce cas, elles constituent ce qu’on désigne dans les relevés statistiques des eaux minérales sous le nom vague de maladies chroniques des viscères abdo-

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minaux. — C’est un aveu d’impuissance scienti- | fique. Contre ces maladies indéterminées, on conseille empiriquement :

Valoès employé longtemps à petite dose, 5 centigrammes avant le repas B- Des frictions. sur le ventre avec Vhuile de camomille camph'ée.

. L’application d’un emplâtre stibié au creux de l’estomac jusqu’à la forniation de pustules de 1 centimètre de largeur |3-

L’eau minérale sulfureuse, alcaline, bicarbonatée de Vichy, de Fougues, à'Ems en boisson et en bains É-

Les eaux salines purgatives de Wiesbade et de Niederbronn (T].

L’eau de Saint-Alhan (Loire), apéritive et diurétique, en boisson (5 à 6 onces) et bains [3- L’eaurainérale sulfureuse d’Âæ, boissonetbainsr+l. L’eau minérale chlorurée sodique de Bade (Grand- Duché), boisson et bains [3- L’eau salineferrugineuse de Bagnères-de-Bigorre, boisson, bains, douches f+l.

L’eau sulfureuse de Baréges, bains Les Eaux-Bonnes, sulfureuse, en bains et surtout en boisson B-

Les eaux chlorurées sodiques, thermales, deBourbon-l’Archambaut, en boisson, bains, douches.

Les eaux ferrugineuses de Bussang, eu boisson [3- Les eaux sulfureuses de Cauterets, boisson et b ains Q-

L’eau de Contrexéville, en boisson, 2,4, 8 verres Fl. L’eau sulfureuse d'Enghien, en bains, douche, boisson [3-

Veau froide prise à doses modérées [+1.

L’eau ferrugineuse de Foi^ges, en boisson, im à quelques verres B-

L’eau de Saint-Gervais (Suisse), bains et boisson FH. L’eau sulfureuse de Louèche (Suisse), bains L’eau chlorurée sodique de . Luxeuil, boisson et bains 0-

L’eau alcaline de Sainte-Marie (Hautes-Pyrénées), boisson et bains

L’eau alcaline de Saint-Nectaire, boisson, bains et douches [3-

ABEXSBAC® (Bavière). Eau minérale al cane, carbonatée : contre la goutte, le rhumatisme, la gravelle et le catarrhe de vessie [T].

ABOEKiR. Eau minérale chlorurée sodique, près de Mostaganem (en Algérie) : contre la scrofule.

AB§>AC, arrondissement de Gonfolens (Charente), Eau chlorurée sodique, froide, tonique. Elle s’administre en boisson contre les fièvres intermittentes E.

AB§i\THE, plante de la famille des synauthérées, dont une espèce, l'absinthe commune, fôt la plus employée comme stimulante, fébrifuge et emménagogue, aux doses suivantes : En poudî'e, 1 à 4 grammes ; en teinture, 2 à 8 grammes; en vin, 50 à 100 grammes; en sirop, 10 à 50 grammes; en tisane, 10 à 20 grammes de plantes pour 1 litre d’eau I-h -«-I ABSORBAAîTiS. Les absorbants sont des substances destinées à l’absorption des liqui-

des ou des gaz sécrétés par une partie malade.

Il y a les absorbants externes employés sur les plaies et sur les excoriations de la peau : la poudre danslesgourmes, dans l’eczéma

et dans les dartres humides B ; la poudre de lycopude ou de vieux bois, contre les gerçures des jiarties génitales chez les enfants à la mamelle 1+ +1: la poudre de quinquina, dans les plaies atoniques et fétides B ; la poudre de plâtre coaltarisé, contre les gaz fétides d’un ulcère cancéreux B; etc.

Il y a les absorbants internes ingérés dans l’estomac et employés dans la dyspepsie flatulente, dans la pneumalose intestinale et dans les aigreurs ou régurgitations gastriques : telles sont la magnésie calcinée, 5 à 20 centigrammes B ; les terres alumineuses absorbantes ; la poudre d’écailles d’huîtres B; la poudrede craie B ; la poudre de charbon, 10 à 15 grammes 0; etc.

ABSORPTION DE PLACENTA. Le placenta resté dans Tutérus, peut être résorbé (Nægele), mais les faits de ce genre sont trèsproblématiques (V. Délivrance). Cependant lorsque le placenta est enfermé dans l’utérus et lorsque aucun symptôme de contractions utérines n’existe, et quand il n’y a pas d’hémorrhagie, il vaut mieux attendre que d’aller à là recherche du placenta qui s’atrophie.

ACACIA. Arbre de la famille des légumineuses dont le swc est employé comme astringent, et comme succédané du cachou.

ACARES. Insecte du genre sarcopte, constituant le parasite de la gale, appartenant à la famille des acarides et longtemps considéré comme une arachnide. V. Gale.

Accoyi.^ODATio\' {Troubles de l’). Le muscle ciliaire étant l’organe au moyen duquel l’œil s’accommode pour la vision à différentes distances, sa paralysie et sa contracture produisent des troubles plus ou moins sérieux de la vision.

1° Paralysie dn muscle ciliaire. Telle qu’on la produit artificiellement par les collyres à l’atropine, cette paralysie existe seule ; elle est aussi la conséquence d’un état général, comme la diphthérite ; l'amaurose dipikhéritique n’est autre chose qu’une paralysie du muscle ciliaire (Follin), la presbytie des vieillards est une paresse du muscle ciliaire.

On la reconnaît à une hypermétropie accidentelle, c’est-à-dire à une faculté visuelle diminuée pour les distances rapprochées. Les lésions de la papille peuvent coïncider avec la paralysie du muscle ciliaire, mais elles sont sous la dépendance d'un état anémique déteruüné par ime altération de la santé générale, comme la diphthérite par exemple ; la dilatation de la [ pupille accompagne souvent la paralysie du muscle ciliaire.

Thérapeutique. — La paralysie essentielle du mus' cle ciliaire, c’est-à-dire liée à un refroidissement, une fatigue de la vue ou pue inflammation ancienne de l’œil, peut disparaître seule, ou grâce à un exercice d'accommodation réglé ; on peut la combattre par la strychnine à la dose de 3 milligrammes en pilules, ou par la fève de Calabar qui est un succédané de la strychnine ; celle-ci sera employée en solution :

Eau distillée . 15 grammes.

Fève de Calabar . 15 centigrammes.

Une goutte sur l’œil. V. Fève de Calabab.

On peut aussi employer le seigle ergoté à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour, ou bien la solution suivante :

Eau . 30 grammes.

Glycérine . ■4 id.

Extrait d’opium . 1 id.

Par gouttes comme un collyre (Follin).

L'électricité localisée sur la tempe a une efficacité notoire. A titre de moyen palliatif, on emploiera les lunettes à verres convexes.

2° Spasme du muscle ciliaire. Une excitation de la vision par un travail assidu, les métiers où les ouvriers travaillent sur des objets très-rapprochés de l’œil, ou qui sont exposés à une vive lumière, causent un spasme du muscle ciliaire produisant une espèce de myopie aiguë. Le myosis coïncide assez ordinairement avec le spasme du muscle ciliaire.

Thérapeutique. — Le repos absolu de l’œil, la cessation de toute occupation suffisent quelquefois pour remédier au spasme du muscle ciliaire. L’emploi d’un collyre mydriatique est indiqué si la maladie résiste au repos. On aura recours à une forte solution d’atropine :

Eau . 120 grammes.

Sulfate neutre d’atropine . . 60 centigr.

Comme traitement palliatif si ce moyen échoue, on fera porter aux malades des lunettes à verres concaves.

— Chez les opérés de cataracte, il y aune absence incomplète d’accommodation, qui est due à la disparition du cristallin (V. Aphakie). Les lunettes à verres biconvexes remédient à ce trouble fonctionel.

Chez les opérés de strabisme, il existe une certaine lenteur d’accommodation à laquelle les lunettes ne remédient point ; pour arriver à faciliter l’accommodation, il faut habituer les malades à lire progressivement des lettres formant des mots en écriture de plus en plus fine, la régularité de cet exercice est nécessaire pour arriver à un résultat favorable.

A€COL!CHEViE]\’T. Tout ce qui se rattache à l’expulsion spontanée ou artificielle d’un fœtus viable hors du sein de sa mère constitue l’accouchement.

Les accouchements au neuvième mois de la grossesse, sont nommés à terme, tandis qu’on les considère comme vers le sep¬

tième ou le huitiènie mois, et comme retardés à neuf mois et demi ou dix mois.

Pour pratiquer l’art des accouchements, il faut bien connaître X accouchement à tei'me et les diverses présentations du fœtus; Vaccouchement prématuré ordinaire et Yaccouchemen t

[ prématuré artificiel; les accidents de l" accouchement; les opérations qu ils nécessitent dans quekjues circonstances, ce qui se rattache k la dystocie, et enfin les soins à donner à la mère et à l’enfant pendant le travail.

Accouchements (PRÉSENTATION DU SOM¬ MET). Lorsqu’une femme est arrivée au neuvième mois de la grossesse, un peu avant ou un peu après, suivant qu’il s’agit d’une multipare ou d’une primipare, si le ventre tombe, s’il coule par le vagin des glaires et s’il y a des tranchées revenant par intervalles, l’accouchement est proche.

Des douleurs abdominales, des douleurs de rein revenant à courts intervalles, annoncent que le travail de l’accouchement commence ; alors le col se dilate, la poche des eaux fait une saillie, qui devient plus bombée et plus dure à chaque contraction, dans le col entr’ouvert ; la .tête s’engage en poussant au devant d’elle la poche des eaux ; le vagin et la vulve sont dilatés par da tête poussant en avant les membranes. Quelquefois la poche des eaux s’est rompue au début du travail et c’est la tête seule qui fait l’office de la dilatation. L’accouchement d ure en moyenne six heures.

Ces phénomènes sont physiologiques et n’exH gent pas l’intervention de l’art; le rôle de la sage-femme et du médecin consiste à surveiller le travail pour qu’il n’arrive pas d’accidents.

On reconnaît qu’il s’agit d’une position de la tête lorsque l’auscultation a permis de constater les bruits du cœur du fœtus dans les flancs de la mère, et si par le toucher, lorsque la poche des eaux est un peu tendue, on sent une partie dure et globuleuse au-dessus du liquide amniotique.

C’est seulement après la rupture de la poche des eaux qu’on peut être sûr de distinguer les fontanelles et de reconnaître exactement la présentation du fœtus.

Thérapeutique. — Près d’une femme sur le point d’accoucher, le médecin ou la sage-femme, après avoir fait donner un lavement à la mère et l’avoir fait uriner, la feront coucher sur un lit un peu dur, un coussin placé sous le siège.

Si la malade désire être chloroformisée, on obtempérera à son désir, mais en général, il est préférable que la mère prête son concours à l’expulsion du fœtus.

On touchera pour reconnaître la présentation et l’état du bassin, puis la position. Un doigt ou la main entière introduite doigt à doigt au besoin, permettent de poser le diagnostic; si la poche des eaux est rompue, il n’y a pas de difficultés. On ne rompra pas la poche pour faire le diagnostic toutes les fois que le travail marchera bien.

Il ne faut engager la femme à pousser que quand la poche des eaux est rompue ou que la tête est engagée dans le petit bassin. Il faut soutenir le périnée pendant le passage de la tête et des épaules; on débridera au besoin une des grandes lèvres pour prévenir une rupture. Il ne faut jamais tirer sur le tronc à moins d’accidents pressants.

ACGO

En règle générale, il n’est pas nécessaire de toucher souvent pour suivre la marche du travail.

Le besoin qu’ont les femmes d’aller à la garderobe est illusoire, il n’y a pas à s’eu préoceuper.

Lorsque le fœtus est sorti, le cordon est coupé entre deux bgatures à deux travers de doigt de l’abdomen de l’enfant. On donne les soins à l’enfant, puis on délivre la mère. V. Délivraîs’ce et Nou-

VEAU-XÉ.

Aceonchement à terme (PRÉSENTATION DE l’extrémité pelvienne). Daiis la présentation de l’extrémité pelvienne on reconnaît les fesses à la saillie du coccyx, les genoux à la saillie des crêtes des tibias, et les pieds au calcanéum. En général, chez les femmes maigres, il est facile de diagnostiquer une présentation du bassin, parce qu’on sent la tête du fœtus à travers les parois de l’utérus et à travers celles de l’abdomen.

Les fesses s’engagent en position sacro-ilia€|ue gauche antérieure dans la grande majorité des cas; la position sacro-iliaque droite antérieure et postérieure, et la sacro-iliaque gauche postérieure sont plus rares. Si la poche des eaux est Irès-distendue, les pieds sortent les premiers et l’accouchement devient plus facile. En général, la ligue hi-ischiatk|ue du fœtus se place parallèlement aux diamètres obliques du bassin de la mère ; les hanches, après avoir traversé le détroit supérieur du bassin, tournent de façon que la ligne bi-ischiatique soit parallèle au diamètre antéro-postérieur du détroit inférieur; elles sortent ensemble (Cazeaux) ou c’est l’antérieure qui sort la première (P. Dubois). Le tronc suit, les épaules se dégagent comme les hanches, et la tête s’engage comme dans les positions du sommet, l’occiput est en arrière ou en avant: dans le premier cas, la tête bascule, la face, puis le front glissent sous le pubis et la tête est expulsée ; dans le second cas, la face, le iront passent au devant du coccyx. Il est rare que l’occiput se dégage le premier dans l’une et l’autre position ; il est plus ordinaire de voir l’occiput venir se placer en avant, même dans les positions sacroiliaques postérieures, et de voir la face se dégager la première. Lorsque la tête est chassée la dernière, ce ne sont plus les contractions utérines qui expulsent la tête, ce sont les contractions des muscles abdominaux excitées par les épreintes de la mère (Velpeau).

Le travail dans l’accouchement par le pelvis est long et l’enfant est exposé à être asphyxié par suite de la compression du cordon entre la tête et le col de l’utérus.

Thérapeutique. — Dans la présentation de l’extrémité pelvienne il faut surveiller les divers temps de l’accouchement, favoriser avec la main les déplacements physiologiques du bassin de l’enfant, et défléchir les cuisses et les épaules.

Quand la tète reste seule engagée, la malade doit pousser. Si la tète reste immobile, il faut basculer

le fœtus sur lenœutre de la mère, quand la face est tournée en arrière; et mieux, placer l’index et le médius de chaque côté du nez de l’enfant, et dégager la tête, ou bien encore appuyer avec deux doigts sur l’occiput pour favoriser le mouvement de bascule. Si la tête reste enclavée, et si l’on ne réussit pas par ces moyens, il faut appliquer le forceps; cela vaut mieux que de laisser la tête comprimer le cordon. V. Dystocie et Forceps.

On soignera la mère comme dans l’accouchement par le sommet.

Accouchement à terme (PRÉSENTATION DE LA face). L’ohliquité de l’atérus est la cause principale des présentations de la face, qui sont dans la grande majorité des cas mento-iliaques droites (Gardien, Deventer). La transformation d’une position oblique de la tête, la forme des détroits du bassin qui se prête à une position plutôt qu’à une autre, sont les causes auxquelles il faut rattacher la présentation de la face (M“® Lachapelle).

Avant la rupture de la poche des eaux, il est impossible d’affirmer qu’il y a une présentation de la face, il y a encore doute même après leur rupture, on n’aura de certitude qu’en touchant avec la main, introduite doigt à doigt dans le vagin.

Les présentations mento-iliaques gauche ou droite , transversales permettent l’accouchement spontané. La face s’engage transversalement dans le détroit supérieur, après que la poche des eaux s’est rompue, souvent avec bruit (fig. 3).

Position mento-iliague droite fransve/'sale. Extension forcée de la tête, telle que le

diamètre fronto-mentonnier occupe le diamètre | transversal du bassin. 2° Descente autant que le permet la longueur du cou. 3“ Rotation de ' la tête et conséquemment du ti’onc, le front se place dans la concavité du sacrum et le menton arrive sous le pubis, le tronc suit alors la tête. h° Flexion de la tête, le front glisse sur la concavité du sacrum, le menton glisse sous la symphyse et se dégage (fig. A). 5“ Rotation extérieure (Cazeaux).

Fig. 4. — Dégagement de la tête.

Position mento -iliaque gauche transver- | sale. Même mécanisme que dans la position précédente, le menton vient encore se placer dessous la symphyse.

Positions exceptionnelles et mécanisme rare.

Si le fœtus est très-petit le mouvement de rotation extérieure peut manquer et la face sortira transversalement (M”'® Lachapelle).

Si le fœtus est très-petit et mort, la rotation extérieure est extrêmement variable, le menton peut être placé en arrière (Velpeau) ; dans ce cas le menton doit être ramené sur la poitrine de l’enfant (Guillemot), mais cela, à priori, est impossible parce que dans l’extension forcée ! de la tête telle qu’elle existe dans les présentations de la face, les contractions utérines se transmettent sur le menton (Velpeau).

Si le fœtus a la tête inclinée latérMement, ce qui est une présentation de la joue ou malaire { Baudelocque ) , la face finit par se placer après quelque temps comme dans les positions mento-iliaques. Eu général, lorsque les eaux sont abondâtes et lorsque le front est plus bas

que le menton l’ accouchement est plus facile, mais ordinairement le travail est long.

Le fœtus est en danger parce que l’extension du cou et la compression qui y est exercée déterminent des congestions cérébrales Lachapelle) ; le médecin devra avertir les parents.

Thérapeutique. — Favoriser l’accomplissement des divers temps avec la main, au besoin avec le forceps, et ne pas donner de seigle ergoté.

1 II faut, dès que la tête est à la vulve, hâter l’expulsion du fœtus, toujours très-congestionné.

On lavera la figure de l’enfant avec du vin aromatique. V. page 22. Soins à donner aux nouveau-nés.

On ne sera pas surpris si après la sortie du fœtus la tête de l’enfant retombe en arrière, car il y a une sorte de paralysie des muscles antérieurs du cou, mais il ne faut pas s’en inquiéter. Cet état ne tarde pas à disparaître spontanément.

Accouchement (PbÉSETNTATION DU TEONC).

Le tronc se présente par le plan latéral gauche ou droit, mais peut-être un peu plus souvent par le plan latéral droit. Ces présentations sont dans un rapport de frécpence avec les autres présentations comme 1 est à 2A7 (moyenne des statistiques de Lachapelle, P. Dubois, Collins, Nægele, etc.).

Outre l’obliquité de Futériis, l’abondance du liquide amniotique, les vices de conformation du bassin et la petitesse du fœtus, l’augmentation des dimensions transversales de l’utérus (Wigand, Danyau, Chailly) sont les causes de la présentation du tronc. Les exercices violents etles traumatismes ne sont à cet égard que des causes I occasionnelles.

La prédominance du diamètre transversal de l’utérus, la possibilité de sentir la tête à droite ou à gauche, les pulsations du cœur du fœtus à l’hypogastre, doivent faire soupçonner une préséntation du tronc ; au toucher, on ne peut rien affirmer sur la portion du plan latéral qui se présente tant que la poche des eaux n’est pas rompue.

Celle-ci une fois ouverte, on reconnaîtra l’épaule en cherchant la saillie de l’acromion et Faisselle, l’omoplate et par suite le dos; en combinant cette notion avec celle qui est acquise par le palper abdominal et par l’auscultation, on saura quelle est l’épaule qui se présente.

Le coude sera distingué par les saillies de l’épitrochlée, de l’épicondyle et de Folécràne; quand le bras est défléchi et que la main est à la vulve, on ouvre la main et on la place de façon que la paume soit tournée en haut : si le pouce est dirigé vers la cuisse droite ou la cuisse gauche, la tête du fœtus est à droite ou à gauche.

Quand l’épaule est engagée au détroit supérieur et quand le bras est à la vulve, il est toujours nécessaire de recomûr à une manœuvre obstétricale (V. Dystocie) ; mais dans des cas exceptionnels l’épaule peut être déplacée et

Quel que soit le côté du plan du fœtus qui sc présente pendant que la tête est encore retenue

alors s’opère ce que l’on appelle la version spontanée. Le bras et la main étant a la vulve, il est encore possible que l’accouchement ait lieu sans l’inlerventiou de l’art, il y a évolution spontanée.

Version spontanée. Lorsque les membranes sont encore intactes , et surtout lorsque les eaux sont abondantes, le fœtus se déplace quelquefois de luimême, et le sommet ou l’extrémité pelvienne se placent au détroit supérieur; même après l’écoulement des eaux le fait peut encore se produire (Velpeau) .

Le bras à la vulve n’empêche pas la version spontanée ; s’il y a version céphalique, le bras reste et la tête sort en même temps que lui ; si la version est pelvienne le bras remonte. C’est probablement en vertu de contractions partielles de l’utérus que ces phénomènes se produisent (école allemande, Cazeaux).

Évolutionspontanée. (Fig. 5 et 6.) Après l’évacuation des eaux et la sortie du bras, le fœtus est courbé en deux latéralement par un mouvement de flexion latérale ; alors commence un temps de descente : le fœtus, courbé, est engagé dans le petit bassin et l’épaule arrive à la vulve où elle reste ; à ce moment un mouvement de rotation est produit, la tête vient se placer audessus du pubis qui est alors comme enclavé entre la tête et l’épaule ; par suite de contractions énergiques, le tronc et le bassin glissent en suivant la courbure du sacrum et viennent se présenter à la vulve, ou sont suivis par les membres inférieurs qui se déploient à l’extérieur. Il ne reste plus| qu’à amener lajpête

Fig. 5. — Position du fœtus pendant le mouTement de descente.

comme dans la présentation par les pieds, avec cette seule dilféren ce que le bras est retenu et sort avec la tête. C’est le quatrième temps de l’évolution spontanée, et qui doit être considéré comme un temps de déflexion autour du pubis, comme centre d’un mouvement en arc de cercle.

Fig. 6. — Dégagement après le mouvement de rotation.

au détroit supérieur, le plan postérieur du fœtus tend toujours à venir se placer en rapport avec les parties antérieures du bassin (Cazeaux). Il y a là une rotation extérieure comme dans les présentations de la face (P. Dubois).

Pour que la version spontanée céphalique ou pelvienne et l’évolution spontanée pelvienne se produisent, il est nécessaire que le fœtus soif petit et le bassin large, ou que l’accouchement ait lieu avant terme, et surtout que les contractions utérines soient énergiques. Chez les multipares, il y a des chances pour que cette évolution se produise.

Pour que l’évolution spontanée céphalique (Velpeau) ait liey, il faut que le fœtus soit trèspetit ou qu’il soit mort (Cazeaux).

Thérapeutique. — En général, les présentations du tronc réclament l’intervention du chirurgien ; la version spontanée sera aidée par les manœuvres externes : on presse sur l’abdomen (Wigand), et dans ces cas, ce sera presque toujours la version cépha^ ligue spontanée qui aura lieu.

L’évolution spontanée ne peut être aidée par aucune manœmTe ; mais c’est dans les cas où l’on voit qu’elle va se produire, qu’ü est indispensable de vider le rectum et la vessie, et de bien soutenir le périnée. Lorsque la tête est restée, on se conduira comme dans la présentation du bassin. On ne donnera pas de seigle chez les primipares, et l’on donnera les soins généraux qui conviennent dans tous les accouchements en général.

Aceoncbeniezit (ACCIliENTS DE L’). La faiblesse des contractions utérines ; la rigidité de l’orifice ; les hémorrhagies avant et pendant la dilatation dn col ; rimmobilité de la tête arrêtée dans le petit bassin, réclament l’intervention de l’accoucheur.

1° Faiblesse des contractions utérines. Si la faiblesse des contractions utérines se lie à un état nerveux et à un état de débilité, si le travail est déjà

commencé depuis viugt-quatre heures, il faut donner du seigle ergotéj mais pour cela, il faut que le col soit dilaté ; à cet eflet^ on y appliquera de l’extrait de belladone. Si l’on soupçonne qu'il y a distension extrême de l’utérus , la rupture des membranes facilitera le travail. Si la femme est pléthorique et congestionnée, on pratiquera une saignée. Si les membranes étant rompues, la tête est déjà engagée dans le col, et si toutes les contractions utérines n’avaient d’effet que pour chasser le liquide amniotique, on soulèvera la tête du fœtus avec le doigt, le liquide sortira et les contractions utérines agiront sur le fœtus. Lorsque l’enfant est mort, les contractions utérines sont ralenties, on peut attendre, le fœtus sera expulsé à la longue.

Quand des causes morales agissent sur la femme et arrêtent les contractions utérines, le chirurgien les éloignera : c’est à sa sagacité de pénétrer les mystères de ces causes, sans sortir de son rôle de médecin.

Si des vomissements surviennent, on donnera des potions éthérées, de la glace, et l’on fera des lotions narcotiques sur l’estomac ; au besoin, on hâtera l’accouchement par la rupture des membranes.

Contre les crfimpes dans les membres, on donnera le chloroforme qui ralentit le travail, et si les douleurs sont extrêmement vives, on achèvera l’accouchement par la rupture des membranes et le forceps quand la tête sera engagée dans le petit bassin. L’utérus étant faible et ne se contractant pas, on huilera le col de l’utérus, on presserasurle périnée, on fera lever la mère et on la feramarcherj sil’on a affaire aune multipare, on recourra d’emblée au seigle ergoté, on appliquera au besoin le forceps. Chez les femmes grasses, on pourra avoir recours à la compression de l’abdomen pour faciliter la terminaison du travail, il vaut mieux l’employer que de recourir tout de suite au seigle ergoté (Velpeau); en cas de spasmes, c’est-à-dire de douleurs irréguhères entravant le travail, on donnera un quart de lavement avec vingt gouttes de laudanum, ou une potion avec quinze ou vingt gouttes de laudanum, ou avec sirop de pavot blanc, 30 grammes, et extrait d’opium, 0g‘’,05 (Velpeau).

Pour prévenir un travail trop précipité chez les femmes qui ont accouché déjà avant terme , les femmes seront tenues couchées, on placera autour du ventre un bandage de corps médiocrement serré (Rigby). On.appliquera un bandage en T serré sur le périnée, en laissant une ouverture pour la vulve (Nægele). On administrera soit un lavement laudanisé, soit une potion opiacée.

2° Rigidité du col. Contre la rigidité du col, qui persiste après un travail commencé depuis plus de six heures, on appliquera localement sur l’orifice de l’extrait de belladone, puis on attendra. La malade sera mise dans un bain tiède. Si la rigidité persiste, on incisera le col sur plusieurs points avec un bistouri boutonné, les incisions n’auront pas plus d’un centimètre. S’il y avait une altération du col, il faudrait débrider sur les parties saines. On peut aussi avoir recours à une douche d’eau tiède (Kivvic).

3° Eémorrhagies . Lorsqu’une hémorrhagie légère se déclare, ü faut donner de la glace, appliquer des compresses froides sur le ventre et sur les cuisses. Dès que le travail commencera, on se tiendra prêt à rompre les membranes et hâter le travail si l’hémorrhagie venait augmenter.

Si, au début du travail, l’hémorrhagie est grave et qu’elle soit due à un décollement prématuré du placenta inséré sur le col, s’il y a un peu de dilatation de l’orifice, on donnera l’ergot de seigle, et aussitôt qu’il y aura des contractions, on rompra les membranes pour faire couler le liquide (Puzos). S’il n’y a pas de dilatation de l’orifice, on tamponnera, ou donnera de la glace et l’on aura recours aux applications froides. Quand la dilatation du col est complète, il faut terminer l’accouchement par le forceps.

4° Immobilité de la tête. Quelquefois la tête est arrêtée dans le petit bassin, de façon que la symphyse du menton du fœtus ou le bregma arc-boute sur le détroit supérieur. Alors les contractions restent sans effet. Il est difficile avec la main de déplacer la tête, on le tentera néanmoins d’abord, en l’absence d’une contraction. Si ce moyen est inefficace et si la tête est restée plus de trois heures en place, on appliquera le forceps. V. Forceps.

5° On n’agirapas contre lesvconvulsions puerpérales lorsqu’elles se présenteront pendant le travail, on hâtera l’accouchement. V. Eclampsie puerpérale.

Les efforts pendant l’accouchement peuvent causer une tumeur du cou, une sorte de goitre soudain, et qui paraît n’être autre chose que de l’emphysème du cou dû à la rupture de quelques vésicules pulmonaires. Cet accident est sans gravité et n’exige aucun traitement, cependant si l’emphysème augmentait, on aurait recours à un traitement approprié. V. Emphysème.

Accouchement (SOINS A DONNER A LA MÈRE PENDANT LE TRAVAIL). Il lî’y a pas de règles absolues dans l’art de diriger le travail, car tout repose sur la décision de l’accoucheur : savoir attendre et agir à temps, sont les secrets de la bonne pratique de l’art des accouchements.

I. Après avoir appris que la malade est à terme, après l’avoir fait coucher et constaté que le col est dilaté, ou que les membranes sont rompues ou à rompre; après s’être rendu compte autant qu’il est possible de la présentation, et après avoir constaté que le bassin n’est pas rétréci, le praticien portera son attention sur les douleurs vraies, et il les reconnaîtra à ce qu’elles débutent par le col (Wigand) qui devient dur, à ce qu’elles se propagent au corps qui devient dur en même temps que la poche des eaux devient saillante.

En allant auprès d’une femme qui est en travail, le médecin sera pourvu de lancettes, d’une sonde de femme, d’un forceps, d’ergot de seigle fraîchement pulvérisé et de 8 grammes de laudanum de Sydenham.

Le praticien devra juger en lui-même si sa présence continuelle est indispensable auprès de l’accouchée; il se fondera sur la gravité des circonstances que présente le travail ou sur la pudeur de la femme, et sur l’intimité qui règne entre les époux.

L’auscultation de l’abdomen sera pratiquée dans le but de constater l’existence des bruits du cœur afin de déterminer si l’enfant est mort ou vivant, et de prévenir la famille de l’état des choses. Il y a en outre un œdème séro-sanguin du cuir chevelu chez le fœtus, qui, à défaut des autres signes, devient un moyen de diagnostiquer si l’enfant est mort ou vivant. En effet, chez le fœtus vivant, quand la contraction utérine arrive, les os du crâne chevauchent et la tu-

meur se plisse ; mais dès qu’elle cesse les os reprennent leur place ; tandis que chez le fœtus mort il n’y a rien de semblable. Dans la présentation du tronc, le bras étant à ta vulve, sa tuméfaction et sa coloration violacée doivent faire penser que l’enfant est vivant.

Pour être certain que la poche des eaux est rompue, il faut toucher pendant une douleur et constater l’absence de toute tumeur molle et fluctuante. Puis, après qu’un ou plusieurs lavements auront été donnés, on placera la femme sur un lit de sangle recouvert d’un premier matelas qui fait toute la longueur de la sangle, puis un second plié en deux de façon à former un plan incliné ; une barre transversale sera placée sur le pied du lit et attachée de façon à fournir un point d’appui aux pieds de la femme (Desormeaux).

La chaise-lit des anciens (école allemande) n’est pas préférable au lit de sangle, la position couchée sur le côté gauche (école anglaise) n’est pas plus avantageuse.

Les femmes atteintes de hernies ou de prolapsus utérin ou ayant une hémorrhagie, peuvent accoucher sans inconvénient sur ce lit, tandis qu’il n’en est pas de même pour les positions adoptées par les chirurgiens allemands ou anglais.

Pendant la période de dilatation du col s’il n’y a pas complication, la malade peut se lever, se promener, se tenir assise ou couchée ; il n’est pas bon de faire des massages sur le coccyx en introduisant les doigts dans le vagin pour faire le petit travail. Mieux vaudrait, dans les cas de sécheresse du vagin et de dureté des parties, faire des fumigations émollientes, et donner un grand bain d’eau tiède. Mais lorsque la poche des eaux est sur le point de se l’ompre et que la période d’expulsion commence, l’accoucheur ne quittera plus la femme et la fera tenir couchée. Alors, si la femme souffre dans la région lombaire, on y placera une serviette roulée qui sera soulevée au moment de chaque douleur. On calmera les crampes des membres en engageant la malade à contracter les muscles antagonistes de ceux qui sont le siège des douleurs -, mais il n’y a rien à faire contre les frissons qu’éprouvent certaines femmes dans les cas d’une très-grande rapidité de du travail (Dewees). Si la poche des eaux est épaisse, et si elle tarde à se rompre, le col étant entièrement dilaté, on déchirera les trois tuniques de l’amnios avec l’ongle ou une plume taillée en biseau; si les eaux sont peu abondantes, on déchirera avec précaution. Mais si le liquide est très-abondant, on pourra ouvrir l’amnios avant même que le col ne soit entièrement dilaté V. Hvdeopysie de l’amxios.

Pour éviter l’épuisement des contractions utérines, quand le fœtus est très-petit, mobile, et change de position, on ne rompra les membranes que si l’on est sûr que la tête se présente (Baudelocque).

On ne laissera pas les malades se lever pour satisfaire le besoin illusoire d’aller à la selle. Les malades ne pousseront plus quand la tête du fœtus sera à la vulve ; alors on soutiendra le périnée avec la main posée à plat sur le périnée, le bord radial du doigt indicateur reposant sur la fourchette. Si l’on craignait une déchirure, il vaudrait mieux débrider par un coup de ciseau sur la grande lèvre droite ou gauche.

Si par mégarde la femme n’avait pas uriné et si la vessie formait une tumeur, il faudrait sonder immédiatement pour éviter la rupture de l’organe J

(Rhamsbotham) ; pour cela, avec la main droite, on relèvera la tête engagée, et avec la main gauche on introduira la sonde, en choisissant le moment où il n’y aura pas de contraction utérine.

II. Pendant le travail on laissera les femmes se nourrir, si elles sont robustes ; le café au lait, le bouillon, les potages seront permis, ainsi que les infusions de tilleul, les limonades, l’eau rougie et l’eau sucrée. Mais on ne donnera pas de vin pur.

Quand l’accouchement marche vite, et quand il a lieu la nuit, il n’est pas nécessaire de donner des aliments ; les femmes qui auraient des vomissements s’abstiendront de boire, on leur fera sucer des tranches d’oranges ou de petits morceaux de glace plutôt pour les rafraîchir que pour les désaltérer.

Formules de l’administration de l’ergot de seigle. — Pour favoriser les accouchements ralentis chez les multipares, ou en cas de ralentissement du travail chez n’importe quelle femme, le col étant dilaté, on peut donner la mixture suivante :

Seigle ergoté pulvérisé . 2 grammes.

Sucre . 40 id.

' Eau de eauuelle . 40 id.

En trois fois, de dix minutes en dix minutes (Dewees) [+]•

Potion :

Seigle ergoté . 2 grammes.

Infusé dans eau . ■ 200 id.

Une euillerée à café toutes les dix minutes (Stearns) [3*

Yin :

Seigle ergoté . 2 grammes.

Vin blanc . 400 id.

Une cuillerée à bouche toutes les dix minutes (Balardini |T|)-

Le tartre stibié en lavement et l’ergotine sont des médicaments moins fidèles que l’ergot de seigle.

Donné en poudre dans un verre d’eau sucrée, à la dose de 2 à û grammes en quatre fois, l’ergot de seigle est le meilleur moyen de provoquer les con- 1 raclions utérines.

Formule d’ergotine.

Pilules ;

Ergotine . 5 grammes.

Poudre d’ergotine . q. s.

Pour 60 .pilules : 10 à 12 par jour (Bonjean).

Potion :

Ergotine . 4 granune.

Eau commune . . 400 id.

Sirop de fleur d’oranger .... 30 gr. (H. de Paris).

Cette potion est préférable aux pilules.

Potion antispasmodique pour administrer pendant l’accouchement :

Teintni'e de castoréum . 4 gramme.

Infusion de mélisse . loO id.

Sirop simple . 30 id.

Ou simplement :

Sirop d’éther . 20 grammes.

Sirop simple . '. 20 id.

Eau distillée . 400 id.

On a donné pour diminuer l’excitation que causent les douleurs une infusion calmante, avec semences à-’ocymum pilosum, espèce de basilic (Fleming) ; tisane de dictame de Crète, 4 grammes pour un litre d’eau mais il vaut mieux avoir recours aux inhalations passagères avec le chloroforme sans les pousser jusqu’à l’anesthésie, lorsque les malades sont extrêmement agitées [3.

22 ÀCCO

Acconchemciit (SOINS A DONNER A L’EN- FANT PENDANT LE TRAVAIL). TOUS les SOÛlS régulièrement donnés à la mère sont une garantie de l’intégrité de la vie de l’enfant, mais ce n’est pas tout.

Quand la tête est arrêtée dans le petit bassin, on cherchera à la dégager en la faisant légèrement tourner à droite on à gauche, dans l’intervalle des contractions (Velpeau) et mieux pendant une contrac- j tion (Cazeaux). Dès qu’elle apparaît, il faut toucher et s’assurer si le cordon ne fait pas autour du cou un lien circulaire qu’il faut enlever. Ensuite on dégagera la tête en l’inclinant à droite ou à gauche, et si l’enfant crie ou respire, on évitera que la face ne baigne dans les liquides et ne soit couverte par les linges qui entourent la femme. Une fois que la tête du fœtus est sortie, si les contractions cessent, on engagera la mère à pousser. Il ne faut tirer sur le tronc que quand la face de l’enfant est fortement congestionnée.

Pour éviter la congestion du fœtus pendant la présentation de la face, on devra soutenir fortement le périnée. Dans l’accouchement par le tronc, il faut éviter le tiraillement et la 'compression du cordon en tirant légèrement sur son insertion placentaire, et la diminution des battements du cordon sera une indication de hâter l’accouchement. La tête, restée seule dans le petit hassin, peut comprimer le cordon, on préviendra l’asphyxie en ouvrant la houche du fœtus ou en y introduisant une grosse sonde, la respiration deviendra possible.

L’écoulement du méconium dans les présentations du siège n’est pas grave. Lorsqu’il existe dans une autre présentation, il est l’indice d’une asphyxie commençante par une compression du cordon ou par une autre cause. Pour se rendre compte de la gravité de cette excrétion, on devra ausculter immédia- | tement, et ce sera de l’état de la circulation que sera tirée l’indication de hâter l’accouchement.

Accoudiement prématuré. La distension excessive de la matrice par deux enfants ou par l’hydropisie de l’amnios ; le prurit vulvaire, et toutes les causes des avortements, font naître accidentellement les contractions utérines; du septième au neuvième mois le travail commence, et l’on dit qu’il y a accouchement prématuré parce que l’enfant naît viable.

Le travail est quelquefois régulier, mais en général il est retardé, car le col, encore épais et dur au septième ou huitième mois, est lent à s’ouvrir. Le fœtus se présente assez fréquemment par son extrémité pelvienne, mais lorsqu’il existe des présentations vicieuses les manœuvres externes, la version et le forceps sont d’une application plus facile. Dans les cas de présentation physiologique par le sommet, l’expulsion du fœtus est toujours assez prompte.

Les hémorrhagies pendant le travail de l’accouchement prématuré sont assez fréquentes (Burns) et c’est à ellfâ qu’on attribue la rapidité ordinaire de l’accouchement.

Thérapeutique y — Si le fœtus est mort, l’accouchement prématuré peut être hâté. Si l’enfant vit.

on tentera de retarder le terme de l’accouchement par une saignée, par le repos, et par un ou deux quarts de lavement opiacé avec vingt gouttes de laudanum. Contre les hémorrhagies., on tamponnera ou l’on appliquera un bourdonne! de charpie imbibé légèrement de perchlorure de fer.

L’accoucheur doit éviter de toucher trop souvent la femme (Burns).

Si l’accouchement doit se faire, la rigidité du col réclamera une petite saignée. La délivrance sera retardée ; on frictionnera le ventre, mais on ne tirera pas sur le placenta de peur de rompre le cordon. Si cet accident arrivait, on attendrait et l’on favoriserait l’expulsion du placenta en administrant le seigle ergoté, 2 à 4 grammes. Il faut aller chercher le placenta pour ainsi dire avec la main plutôt que de tirer sur le cordon.

Ne laissez pas durer la constipation chez une femme qui est accouchée prématurément, et donnez-lui une once d’huile de ricin.

Aux moindres douleurs abdominales continues, qui succèdent à T accouchement prématuré, il faut appliquer quinze ou vingt sangsues sur le ventre, car les femmes qui accouchent avant terme sont plus que les autres exposées aux phlegmasies utérines et à la fièvre ou infection puerpérale.

Accouehemesit prématuré artificiel (Macaulay, Kelly, Denmann). Toutes les fois que la vie de la mère est sérieusement compromise par le fait de la grossesse, et que des accidents graves ou mortels la menacent, si on laisse l’accouchement se produire au terme naturel , il est indiqué de provoquer l’accouchement à partir du septième mois. On se guidera sur la nature et sur la gravité des accidents. V. DYS¬ TOCIE et ÉCLAMPSIE PUERPÉRALE.

Un rétrécissement du bassin, qui est réduit à 6 centimètres c’est-à-dire lorsque le détroit supérieur a 6 centimètres dans son diamètre antéro-postérieur ; une fausse insertion du placenta, des vomissements incoercibles; une maladie inflammatoire ou des congestions, autorisent la provocation de l’accouchement prématuré.

Le rétrécissement qui ne descend pas au chiffre de 6 centimètres dans son plus grand diamètre , une grossesse gémellaire, contre-indiquent l’accouchement prématuré artificiel : dans le premier cas, il vaut mieux attendre et recourir à la céphalotripsie ; dans le second, les fœtus sont petits et peuvent passer pendant l’accouchement à terme.

Thérapeutique. — On provoque l’établissement du 1 travail :

Par la ponction des membranes, par la dilatation du col, et par l’excitation des contractions utérines, soit au moyen de procédés directs, soit au moyen de procédés indirects (Pajot); mais les médications internes dites abortives, doivent être proscrites.

Des moyens préparatoires doivent alors être préalablement employés; la saignée est peu utile, mais les bains tièdes, les injections émollientes et narcotiques, les frictions sur le col avec la pommade belladoné, les frictions sur l’hypogastre sont préférables. La vessie et le rectum étant vidés, un trocart

AGGO

(Wentzel, Stoltz), ou une sonde de baleine (Marshall- Hall) guidé par le doigt indicateur gauche est introduit dans la -vTÜvej et enfoncé dans la cavité du col pour perforer l’amnios. On retire le poinçon du trocart, et on laisse écouler le liquide amniotique, en pressant modérément sur le ventre. Introduire un crochet recourbé de Hopkins et aller perforer les membranes plus haut que le col est une opération difficile et d’un résultat infidèle.

La ponction des membranes est cependant passible de ce reproche que la poche des eaux étant ridée, la dilatation du col et l’accouchement seront longs à se faire.

On, dilate le col avec l’éponge préparée (Bruninghausen Kluge). Ce cône d’éponge graissé, long de 5 centimètres, est introduit à l’aide d’une pince à point d’arrêt dans le col. Un fil passé dans la base du cône sert à le retirer, et plus tard une éponge est mise dans le -vagin. Il n’est pas nécessaire de maintenir l’éponge préparée par un appareil mécanique , car au bout de vingt-quatre heures, on place un cône d’éponge préparé plus gros.

On pourra dilater avec le dilateur à valves de Buscb. Le dilatateur de Schnakenberg, sorte d’am- , poule introduite vide dans le col, et qui est dilatée par une colonne d’eau lancée par une seringue, est le principe des dilatateurs à ampoule de caoutchouc (Barnes, Tarnier) ; quel que soit l’instrument dilatateur à ampoule dont on se servira, on ne doit point laisser passer une tige dans le vagin, la rigidité de l’appareil occasionnerait des désordres (Tarnier, Depaul, fig. 7).

On excitera les contractions utérines indirectement par l’administration du seigle ergoté. Pour cela :

Après avoir fait infuser :

Seigle ergoté . 1 5 grammes.

Eau bouillante . 720 ici.

On ajoutera :

Sirop simple . 30 id.

Dose : 60 grammes de cet apozème toutes les trois heures (Patterson).

Mais le seigle ergoté est dangereux, il peut nuire à l’enfant, et n’agit guère que quand les contractions existent déjà (P. Dubois). Il a été appliqué localement dans une vessie engagée dans le vagin (Hunter), mais ce n’est pas un bon moyen.

La succion des mamelles exercée pour produire une action réflexe sur l’utérus (Scanzoni) est insuffisante.

On excite directement les contractions utérines par les douches utérines (Khvisch) . Il faut administrer avec un simple irrigateur des douches d’eau tiède, pendant cinq à six minutes, à l’aide d’une canule portée profondément dans le vagin. On peut se servir d’eau chaude, prolonger la douche, et la répéter jusqu’à ce que les contractions apparaissent.

Les fumigations d’acide carbonique provoquant les contractions des muscles de la vie organique (Brovfn-Séquard), peuvent aussi être employées sur l’utérus pour provoquer l’accouchement (Scanzoni).

Les injections intra-utérines avec une sonde d’un petit calibre (Cohen) sont une variante du procédé des douches utérines, et ne sont pas beaucoup plus efficaces, mais elles ont l’avantage de décoller doucement les membranes. Aux douches utérines on peut joindre le décollement des membranes à l’aide du doigt, dès que le col est un peu ramolli (Hamilton), etl’on peut introduire une petite sonde de gomme

ACEP 23

dans l’utérus pour décoller les membranes (Zwydoeck. Simpson). Ces moyens sont bons.

On peut, après une ou deux injections, tamponner

Fig. 7. — Dilatateur à boule de Tarnier. La partie renflée du no 3 est destinée à rester seule dans l’utérus, eai' le manche se retiré et il ne reste point de tige rigide dans le vagin.

le vagin (Shœller) ; ce moyen est d’une efficacité problématique (Stoltz). Il en est de même de l’électrisation de l’utérus proposée par Schreiber.

Quand le col commence à se dilater et quand les douleurs vraies apparaissent, on cesse d’appliquer les moyens qui ont déterminé l’établissement du travail et Tonse comporte comme dans T accouchement à terme.

ACCIJ1SIÏJL.4TIORI STERCOKAM DES iwTESTiMS. V. Constipation.

ACÉPHALOCYSTE. Des vésicules transparentes , sans tête , sans bouche ni organes digestifs, grosses comme un pois ou une cerise, situées dans le foie, dans la rate, dans le rein, dans le cerveau, dans le tissu cellulaire, etc. , constituent des helminthes que Laennec a nommés acéphalocystes. V. Htdatide.

La paroi des acéphalocystes ordinaire-

24 ACHO

ment incolore, transparente, tpielquefois opaline, infiltrée de gouttelettes d’huile, n’offre aucune trace d’organisation, et elle est remplie d’un liquide transparent dans lequel nagent de petits grains blanchâtres à peine visibles, qui sont des éckinocoques. V. ce mot.

Les acéphalücystes sont ordinairement renfermées en plus ou moins grand nombre dans une poche plus grande, de structure également indéterminée, laquelle est doublée d’un kyste qui l’isole des tissus voisins, ce qui forme la tumeur hydatique, V. JHydatide.

Il est souvent impossible de reconnaître des acéphalocystes développées dans la profondeur des organes, mais quand elles forment une tumeur assez grosse pour soulever la peau sans changer sa coloration, et que cette tumeur indolente, apyrétique, fluctuante, donne au doigt qui la frappe une sensation spéciale de frémissement élastique, on peut être sûr de leur présence.

l,es acéphalocystes peuvent être éliminées spontanément par la peau, par les muqueuses, ou rester staticnnaires dans les organes en s’enveloppant d’une membrane fibro-cartilagineuse et calcaire qui arrête à tout jamais leur développement, de façon à former un corps étranger que tolère plus ou moins l’organisme.

Thérapeutique. — Contre les acéphalocystes formant une tumeur accessible à la main, il n’y a autre chose à faire que la ponction avec un trocai*t capillaire pour faire périr les échinocoques, ou l’ouverture de la tumeur au moyen du bistouri et des caustiques. Une fois que la tumeur est ouverte on pratique dans son intérieur des injections d’eau chlorurée ou iodée. V. Hydatides et Kystes HYBATiQrES.

ACÉTATES. Sels résultant de la combinaison de l’acide acétique avec une base d’origine minérale ou végétale et très-employés en thérapeutique.

— Ou se sert de l'acétate d’ammoniaque ou esprit de Mindererus, à la dose de 15 à 30 grammes dans une potion ; — de l’acétate d’argent, 2 à 10 centigrammes; — de l’acétate de cuivre en collyre, 10 à 30 centigrammes pour 30 grammes d’eau distillée ; — de l’acétate de morphine en poudre ou en potion, de 1 à 3 centigrammes; — de l’acétate de plomb cristallisé, 5 à 20 centigrammes en potion contre les diarrhées ; — de l’acétate de plomb liquide mêlé avec l’eau formant l’eau blanche ; — de l’acétate de potasse, 1 à 10 grammes en potion comme diurétique ; — de l’acétate de quinine et de zinc, mais ceux-ci sont peu usités.

ACHE. Plante de la famille des ombellifères, dont la racine, très-aromatique, fait partie des cinq racines dites apéritives, et s’emploie comme diurétique à la dose de 1-5 à 30 grammes par litre d’eau

ACHORES. Éruption pustuleuse de la face et du cuir chevelu, caractérisée par la présence de croûtes jaimes mélicériques. V. Impétigo.

ACiiOBiox. Genre de champignons micros-

ACHO

copiques de la tribu des oïdiés appartenant aux arthrosporés. C’est le végétal parasite infusoire découvert dans la teigne faveuseou faims (V. ces mots), par Schœnlein. Il est formé de spores et de filaments articulés les uns avec les autres, ou bifurqués à leur extrémité. On le rencontre au cuir chevelu, dans la teigne faveuse; sur le corps dans le favus de la peau ; sous les ongles et même sur le gland.

VAchorion Schœnleinii constitue les plaques ou les godets jaunes du favus, et il pénètre dans les follicules pileux de façon à envahir les poils qu’il altère profondément, et dont il détruit le bulbe.

On détruit l’achorion par de simples lotions de sublimé quand il existe sur la peau du corps, et par l’épilation suivie de lotion de sublimé quand il existe sur la tête. V. Parasitisme et Teigxe.

ACSIROCIIORSSOX. Lcs vemies des paupières, les boutons d’acné indurés qui persistent, des hypertrophies partielles du derme du bord des paupières constituent l’achrocliordon.

Thérapeutique. — Les achrochordons ne causent pas de douleurs autre qu’un peu de gêne. Il est souvent mutile de s’en préoccuper. Dans le cas où ils deviendraient incommodes par un volume extraordinaire, on les enlèvera avec les ciseaux, et la plaie sera cautérisée avec le nitrate d’argent. Le malade gardera le repos et conservera des compresses mouillées sur ses paupières pendant- trois jours.

ACHROSIATOPSIE {daltonisme, dischromatopsie). La faculté de distinguer les couleurs peut manquer totalement, et les individus alors ne reconnaissent dans les couleurs que celles qui sont claires ou sombres.

Quelquefois le trouble fonctionnel est bien plus > curieux: il consiste uniquement dans la difficulté de distinguer deux couleurs, le vert du rouge, par exemple, et les malades voient rouge ce qui est vert, ou réciproquement.

Thérapeutique. — Avec des verres colorés, le daltonien ou dyschromatopsique sent une différence entre deux colorations qu’il avait jugé semblables à l’œil nu. L’emploi de lunettes à verres colorés en rouge ou en vert, rend aux individus jusqu’à un certain point la régularité de leur vision. L’habitude, les renseignements donnés par ceux qui les entourent, une sorte d’éducation, enfin leur permettra de juger les couleurs à défaut de les voir.

.4CÏRES. Les acides sont des substances solides, liquides ou gazeuses, pouvant former des sels lorsqu’ils sont en présence d’une base.

Selon que le principe acidifiant est de l’oxygène ou de l’hydrogène, il en résulte des oxacides ou des hydracides, mais les uns ou les autres combinés avec des substances minérales ou avec les radicaux de la nature organique sont des acides minémux ou des acides organiques. On appelle acides gras ceux qui sont fournis pai’ les matières grasses.

Les acides employés en médecine sont :

ACID

]S acide acétique concentré qu’on fait respirer dans la défaillance [3, la syncope [+]^ migraine et contre les mauvaises odeurs. Ou compose des flacons avec du sulfate de potasse imbibé de cet acide simple ou aromatisé. On s’en sert encore pour faire le vésicatoire Beauvoisin, en imbibant une rondelle de papier brouillard qu’on applique sur la peau [+]•

2“ lé acide acétique du bois s’emploie aux mêmes usages.

Acide acétique aromatisé ou vinaigre aromatique anglais.

Acide acétique concentré. . . . GOO grammes.

Camphre . 60 iJ.

Huile volatile de lavande .... 50 centigrammes.

Acide volatil de gérofle . 2 grammes.

Acide volatil de cannelle .... 1 id.

Cochenille . q. s.

3° lé acide arsénieux se donne à la dose de 1 à 5 centigrammes contre les fièvres rebelles l-t- +1 et | il forme la base des poudres escharotiquês. C’est le principe du remède anticancéreux de Lefèvre, 20 centigrammes pour un litre d’eau distillée. Une cuillerée à bouche par jour [+].

lé acide azotique s’emploie à l’extérieur comme caustique pour détruire les verrues. On le mélange dans le même but à de la charpie de façon à faire une pâte ; à l’intérieur on le donne dans l’albuminurie, 1 à 2 grammes dans une potion de 120 grammes Él, ou en limonade dans les fièvres, 5à 10 grammes par litre d’eau sucrée [Tl- 5“ lé acide benzoïque, 25 centigrammes à 2 grammes en potion; dans la bronchite chronique et dans la goutte [T]-

O** lé acide borique, 25 centigrammes à 2 grammes en potion; dans les engorgements glandulaires et viscéraux □

7“ lé acide carbonique se. donne dissous dans l’eau, comme digestif, sous forme A'eau de Seltz artificiélle ou à’ eau alcaline gazeuse; il s’emploie à l’état de douches gazeuzes comme anesthésique, sur les plaies douloureuses, sur la peau atteinte de rhumatisme et dans les ophthalmies scrofuleuses [3- . Dans ces cas on le prépare avec un flacon à deux tubulures, à moitié rempli d’eau, contenant du marbre blanc pilé sur lequel on verse un peu d’acide sulfurique par une des tubulures ou se trouve ajusté un tube allant jusqu’à 3 centimètres du fond du vase. Le gaz azide carbonique se produit, reste audessus du liquide, et sort par l’autre tubulure du flacon, fermée d’un bouchon, traversé par un tube recoui’bé ne dépassant pas le goulot de la boutellc. On ajuste à l’extrémité libre du tube recourbé un tuyau de caoutchouc vulcanisé, qui permet de conduire le gaz là où l’on veut l’employer, ici sur une conjonctivite scrofuleuse, là, sur un cancer du sein ou de l’utérus, ailleurs sur la peau, etc., mais quand on veut faire le traitement par des bains d’acide carbonique, il faut aller aux eaux minérales de Saint- Alban, de Vichy, de Nauheim, etc., où l’on peut recueillir ce gaz dans des baigiioires appropriées à cet usage tout pai’ticulier.

8° lé acide chlorhydrique s’emploie comme caustique dans l’angiue couenneuse [3 à l’intérieur en potion, 1 à 2 grammes, dans la dyspepsie, par insuffisance de suc gastrique [3 i ou enfin en gargarisme, t à 4 grammes par litre d’eau miellée.

9“ lé acide citrique se donne en boisson tempérante sous forme de limonade.

ACNE 25

10“ Ij acide cyanhydrique médicinal, formé d’acide cyanhydrique anhydre , 1 gramme pour 8 grammes d’eau distillée, se conserve à l’abri de la lumière et se donne à la dose de 10 à 30 gouttes dans la bronchite, la coqueluche, la phthisie, les palpitations et la gastralgie [3-

11“ lé acide formique dilué s’applique sur de vieux ulcères pour en hâter la cicatrisation [3- 12“ lé acide iodhydriqué ne s’emploie qu’en inspirations contre la phthisie [+1.

13“ lé acide lactique, peu usité, se donne dans la dyspepsie.

14“ lé acide phosphorique se donne en potion, de 1 à 8 grammes, contre la carie des os et dans la gravelle.

15“ L’acide sulfhydrique en dissolution est employé en aspiration, contre la phthisie Fl. ou en boisson très-étendue, dans la colique de plomb et les maladies saturnines [3; tlans la goutte, dans les affections mercurielles et dans quelques maladies de la peau. C’est le principe actif des eaux minérales sulfureuses.

16“ L’acide sulfureux s’emploie en fumigations, contre la teigne, contre la gale, et dans les appartements pour détruire les miasmes des maladies contagieuses S-

17“ L’acide sulfurique ?é emploie comme caustique mêlé à du safran (V. Caustique), et, à l’intérieur [Tl, il se donne en limonade, contre le scorbut et les hémorrhagies passives [3, dans la blennorrhée et dans la diarrhée m, dans la cholérine [3» enfin dans la colique de plomb (3-

18“ L’acide tannique, ou tannin, se donne en pilules, en potion ou en lavement, contre les hémorrhagies, la diarrhée et les fièvres, à la dose de 1 0 centigrammes à 1 gramme. Si on l’emploie en injections, contre la leucorrhée et la blennorrhée, ou en gargarisme, il faut augmenter la dose et mettre de 1 à 4 grammes.

19° lé acide tartrique s’emploie en limonade comme l’acide citrique.

20“ L'acide valérianique ne s’emploie jamais seul et n’a d’usages que lorsqu’il est combiné à la quinine, au zinc ou à l’ammoniaque, alors il s’emploie dans les névroses.

ACIER. Carbure de fer formé par la combinaison du fer avec le carbone.

L’acier est beaucoup plus employé dans l’industrie que par la thérapeutique. On le donne cependant en limaille dans la chlorose [3) et l’on eu fait, avec la graisse, mie pomme excitante connue sous le nom de baume d’acier.

ACKÉ. Des pustules rouges, aiguës ou chroniques, suppurant lentement et incomplètement ayant pour siège les folUcules de la peau, surtout ceux du visage, caractérisent l’acné.

Il y a différentes espèces d’acné : Vacne simplex , punctata, indurata, sebacea, rosacea ou couperose ; Y acné varioliforme de la SCRO¬ FULE, et à côté d’elles il faut mettre Vacné syphilitique.

I. Acné simplex. De petites pustules rouges, disséminées sur les follicules du front, sur le nez, sur les jones avec auréole vive sans suppuration, sont de V acné simple.

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II. Acné pnnctata. Des follicules sébacés rouges entremêlés de follicules remplis de matière sébacée dont le sommet forme un petit point noir constituent Vacne punctata.

ni. Acné indnrata. DeS folücules sébacés rouges hypertrophiés et formant des pustules indurées sur le visage sont de Vacne indurata.

IV. Acné sebacea. Quand les follicules sébacés du visage s’hvTpertrophient, s’enflamment, suppurent et se couvrent de croûtes noirâtres, plus ou moins adhérentes et douloureuses à enlever, c’est de Vacne sebacea.

V. Acné rosacea OU couperose. La congestion chronique du nez, des joues et du visage, avec hypertrophie et suppuration des follicules sébacés ou dilatation des capillaires de la peau, caractérise la couperose.

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