‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 245 sur 731 · V. Intestin (Concrétion de l · texte numérisé non relu

V. Intestin (Concrétion de l

EMTÉRO-MÉSEÎNTÉSIQÎIE. La fièvre eutéro-mésentérique, ainsi appelée parce qu’on ia croyait constituée par une phiegmasie de l’intestin et des glandes du mésentère, n’est autre chose que la lièvre typhoïde. V. ce mot.

ENiTÉnoMPHAEE. Tuiueur Ombilicale formée par la hernie de l’intestin. V. Hernie.

■ EKTÉii^iiiiiïAeiE. Y. Hémorrhagies de l’intestin, Melæna, Hémorrhoïdes.

ENJTÉRiiRRMÉE. Lcs émotioiis moralcs dépressives, telles que la crainte et la frayeur, le froid sur le ventre ou les boissons froides, certains fruits, certains aliments, une alimentation grossière, l’arrivée dans les grandes villes, etc., déterminent souvent un flux plus ou moins abondant de l’intestin.

Chez les petits enfants, le travail de la dentition produit fréquemment l’entérorrhée.

Lentérorrhée s’observe souvent chez les vieillards d’une façon permanente.

Les flux de l’intestin, jadis appelés flux cœliaques, quelquefois peu abondants, peuvent entraîner des évacuations si fréquentes et si considérables, qu’il en résulte un très-rapide' amaigrissement , avec refroidissement de la peau, fonte instantanée du tissu cellulaire et la mort. Y. Choléra.

Dans les eutérorrbées, la matière du flux est séreuse, jaunâtre, bilieuse, souvent acide et

50 ENTO

assez corrosive pour irriter et ulcérer la peau du

pourtour de l’anus.

Les flus de l’intestin existent sans aucune lésion de la muqueuse ni des follicules niucipares, à titre de désordre fonctionnel, mais quand ils se prolongent l’action corrosive du liquide sécrété amène la congestion de la muqueuse et consécutivement son ulcération.

Les flux de l’intestin doivent être soignés aussitôt que possible pour éviter qu’ils ne produisent l’entérite aiguë.

L’entérorrhée exige qu’on garantisse le ventre de l’action du froid par de la flanelle, qu’on ordonne un exercice modéré, des bains et une alimentation choisie.

Thérapeutiqv^. — L’entérorrhée doit être traitée par la tisane de gomme sucrée, — l’eau albumineuse, l’eau de riz, — l’eau panée, — la décoction blanche de Sydenham; — la décoction de racine de grande consolide, — l’eau avec du sirop de coings ; — la décoction de bistorte, — de racine de fraisier, — de café noir sans sucre.

Des quarts de lavements d’eau d’amidon avec six à douze gouttes de laudanum de Sydenham , pour gardei', ou bien des lavements de borax, 5 grammes, de thériaque, 5 grammes, etc.

Sous-nitrate de bismuth en pastilles de 25 centigrammes, huit à douze par jour; en potion dans de l’eau sucrée, ou poudre à la dose de 2 à 10 grammes par jour 1+3.

Le tannin à la dose de 10 à 20 centigrammes dans un julep.

L’extrait de ratanhia ou de monésia à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme : le cachou, 50 centigrammes Œl-

La poudre de garance, 1 à 2 grammes

L'opium, 5 à 10 centigrammes par jour le diaseordium, de 2 à 8 grammes Q ; la thériaque, de 2 à 4 grammes [3«

Les amers, tels que la poudre de colomlo, — l'infusion de quassia amara, — de simarouba, à 1 et 4 grammes, etc.

Bains tièdes, flanelle sur le ventre ; régime peu substantiel. V. Formclaire de la diarrhée.

EN’TÉaOTOMIE. V. ANUS CONTRE NATURE

et Occlusions intestinales.

EXTOPei’TES. Végétaux parasites qui se développent à l’intérieur du corps des animaux, comme Voïdiwn du muguet (V. ce mot), le leptotrix de la bouche et les cryptogames des cavernes pulmonaires ou des canaux aériens des oiseaux, la sarcine de restomac. V. Parasitisme.

EXTOBSE. L’entorse est une lésion traumatique des ligaments et de la synoviale des articulations, produisant la distension, l’éraillement et la rupture de ces parties, sans toutefois que les surfaces articulaires casent d’être en rapport. Expérimentalement ces données anatomo-pathologiques ont été vérifiées sur les animaux Bonnet, de Lyon).

Un coupj une chute, un faux mouvement peuvent causer l’entorse.

ENTO

Une entorse est simple quand les ligaments et la synoviale seuls ont été intéressés; elle peut être compliquée d’un épanchement de sang en dedans et en dehors de l’articulation, ce qui déplace parfois les tendons voisins de l’articulation et les chasse au dehors de leur gaine rompue. Dans ces cas, il arrive quelquefois que les ligaments plutôt que de se rompre, pendant une distension extrême des articulations , quittent l’os sur lequel ils sont insérés eu entraînant avec eux une portion d’os.

L’articulation tibio-tarsienne, le poignet, le genou, les articulations métacarpo-phalangiennes, sont les articulations où l’entorse apparaît le plus manifestement 'avec ses caractères essentiels.

Un empâtement et parfois la rougeur de la région ; quelcjuefois une ecchymose ; de la douleur à la pression, sur les poin'.s correspondant aux ligaments ; une mobilité anormale de l’articulation lorsque l’on soumet les malades au chloroforme, l’absence de gonflement et de mobilité des os, les saillies des tendons déplacés, la douleur pendant les mouvements communiqués et les mouvements spontanés sont les signes d’une entorse.

Les articulations voisines de celle qui est atteinte d’entorse sont plus ou moins douloureuses, suivant la distension qu’ont éprouvé les ligaments articulaires.

Au moment où une entorse se produit la douleur est c[uelquefois si vive que les malades tombent en syncope. Une déchirure des nerfs qui rampent autour de l’article n’est pas étrangère à cet accident (Magendie).

L’arthrite sub-aiguë, l’arthrite aiguë, compliquent quelquefois l’entorse ; — plusd’uiiesynovite a eu son point de départ dans une entorse, qui n’en a été que la cause occasionnelle, et c’est ce qui se voit chez les individus d’un tempérament scrofuleux ou exposés aux arthrites rhumatismales.

On ne confondra pas \’enfo)^se du poignet avec une fracture du radius, parce que, bien qu’il y ait une déformation due au gonflement périarticulaire, jamais la main n’est franchement portée en dedans dans l’entorse. Dans la fracture ou sent un point douloureux sur le point fractui’é. 11 est plus difficile de distinguer de l’entorse une fracture ou fêlure avec conservation du périoste ; la durée nécessaire pour le rétablissement des fonctions de l’articulation et un léger gonflement de l’extrémité osseuse révéleront plus tard la fracture.

Le diastasis de l’articulation du poignet est un degré intermédiaire entre l’entorse et la luxation. V. Diastasis.

Uentorse des doigts ne peut être confondue avec aucune lésion, si ce n’est avec une fracture

ENTO

très-rapprochée de l'articulation; mais dans celle-ci la crépitation peut toujours se produire et il y a une douleur plus vive sur le trajet de la plialange qu’au niveau de l'articulation.

iJentoi'^ de V articulation tibio-tar sienne ne sera pas confondue avec une fracture par arrachement des malléoles. Dans l’entorse ce sont les parties molles qui sont douloureuses et non les os. Un arrachement du point d’implantation des ligaments ne peut pas toujours être diagnostiqué ; enfoncer une aiguille dans l’os ou entre les fragments n’est pas une preuve. La mobilité du sommet de la malléole est un meilleur signe. A défaut de diagnostic immédiat, la facilité de marcher rendue au malade huit jours après son accident sera un signe qui devra faire repousser l’idée d’une fracture.

entorses du genou ,des coudes, des hanches^, de la colonne vertébrale, ne sont pas aussi prononcées ({ue les autres entorses, à cause des moyens de reuforcement de ces articulations ; dans ces cas les lésions sont bornées à de petits désordres; une hydarthrose ou une arthrite subaiguë en sont souvent la conséquence.

Dans {'entorse du genou, un épanchement de sang dans l’articulation est chose assez fréquente, et peut être pris pour une luxation des cartilages semi-lunaires. V. Luxation du genou.

Thérapeutique. — On a guéri des entorses en trempant le membre atteint dans de l’eau froide au moment de l’accident (Boyer). Quoique la douleur s'accroisse immédiatement, la guérison n’a pas moins lieu en peu de temps.

On prescrit en général : l’immobilité, le repos au lit, des cataplasmes froids ou des compresses arrosées d’un mélange d’eau blanche et d’eau-de-vie camphrée ; ou bien un cataplasme de pulpe de pomme de terre crue râpée.

Dès que la douleur a diminué, il faut immobiliser l’articulation (Larrey, J. Cloquet) par un appareil inamovible (bandage stucké, bandage dextriné, bandage moulé en plâtre). Il ne faut pas laisser trop longtemps l’appareil inamovible en place, à moins de faire lever et marcher les malades, et encore ue doit-on pas trop prolonger son usage, crainte d'aukylose.

Après la guérison de l’entorse, on rendra à l’articulatiûu ses fonctions par les douches, les bains de Baréges, le massage ; on enverra les malades aux eaux de Baréges et de Saint-Amand. V. Arthrites.

Si une douleur articulaire persistait, s’il y avait de la rougeur et de la chaleur, on placerait dix à quinze sangsues autour de l’articulation. Le membre serait tenu dans une position élevée.

Le massage, dans les entorses, a une importance réelle 'Brulet, Gmard); il favorise la résorption des liquides épanchés, replace les tendons dans lem-s rapports normaux, et tonifie les ptirties molles des a.nieulations, il est d’un bon usage dans les entorses simples.

Pour masser une entorse, on enduit la peau d’ime Cuuche d’huile d'olive, et l'opérateur presse sur les

KNTR 505

I parties, en glissant, de façon à suivre le trajet des tendons et des ligaments; pendant une heure cette manœuvre est continuée; on revient à l’usage du massage vingt-quatre heures après. Quels que soient les avantages de ce procédé , on ne l’emploiera jamais quand il y aura un épanchement dans l’article, et quand il n’aura pas été déterminé d’une manière précise s’il y a une entorse ou une fracture. Il est parfaitement inutile de tenter de faire marcher immédiatement les malades pour faire voir que le massage a produit un bon effet.

Ei\TOZOAieES. V. Parasites.

EXTROPIOX. Un renversement de la paupière en dedans, de telle sorte que les cils viennent irriter le globe oculaire et donner lieu à une conjonctivité chronique, est un entropion.

Les inflammations anciennes de la conjonctive palpébrale, la contracture de l’orbiculaire, produisent ordinairement l’entropion.

Un larmoiement continuel, un spasme du muscle orbiculaire, des douleurs oculaires et plus tard une conjonctivite et une kératite chronique franche résultent de l’entropion complet.

Le trichiasis et le distichiasis ont un côté commun avec l’entropion; ils produisent les mômes résultats (V. Trichiasis et Distichiasis). L’inspection seule montre la nature du mal dans l’entropion ; le bord ciliaire de la paupière est renversé en dedans ; il faut tirer la peau des paupières pour voir les cils. Dans le trichiasis on voit le bord libre des paupières.

Thérapeutique. — Si l’entropion est dû à une contracture des fibres les plus internes du muscle orbiculaire, des applications d’extrait de belladone paralysant le muscle ou atténuant ses contractions, le mal cessera. Si la contracture devient persistante, on sectionnera le muscle sous la peau (A. Key, F. Gunier). V. Blépharospasme.

Si l’eutropion est dû à une déformation du cartilage tarse, on incise verticalement la paupière au niveau de l’angle interne de l’œil dans l’étendue de 2 centimètres (Guthrie, W. Adams, Rosas, Jæger, Crampton), on passe un ou deux fils dans le cartilage, et on les fixe sur les parties voisines avec des bandes agglutinatives pendant huit jours, et l’on panse simplement, afin qu’il se produise des bourgeons charnus dans le point où a été faite l’incision , et afin que les paupières ne se réunissent que par l’interposition de tissu cicatriciel dans une étendue aussi grande que possible. On peut aussi faire l’opération du Pagenstescher, c’est-à-dire d’Ammon.V. Coxjoxc- Ti VITES ET Conjonctive, Granulations.

L’entropion dû à la rétraction de la conjonctive transformée en tissu cicatriciel, et quelquefois aussi dû à la laxité de la peau, sera traité par la cautérisation linéaire transversale pour produire sur la peau un tissu i-étractile qui renverse la paupière en dehors : 011 cautérisera soit avec le fer rouge (Gelse), soit avec l'acide nitrique concentré (Helling). Pour cela, il faut appliquer sur la paupière une goutte d’acide sulfurique faisant une tache de 7 millimètres de large; essuyer après dix secondes; renouveler successivement les applications jusqu’à ce qu’il y ait une brûlure transversale parallèle au bord palpébral (Quadri .

Page 1