V. ces mots
Appliquez un vésicatoire sur les ganglions, faites 4es frictions avec les pommades résolutives.
Si une adénite chronique passe à l’état aigu, si la peau devient rouge, on traitera la maladie comme une adénite aiguë ou un abcès chaud, on ouvrira l’abcès avec le bistouri ou avec la pâte de Vienne laissée un quart d’heure, puis on appliquera des cataplasmes de farine de graine de lin -, on pansera trois jours après l’ouverture de l’abcès, avec un linge enduit d’onguent de la mère.
Si un ganglion engorgé et hypertrophié reste stationnaire et ne constitue pas une difformité, il ne faut pas y toucher, on se bornera à traiter le mal local auquel il correspond, si, au contraire, il alimente de volume et arrive cù former une tumeur qui cause de la gêne ou une difformité, on pourra l’enlever, une incision de la longueur du ganglion engorgé sera faite à la peau, puis on arrivera jusque sur le ganglion en coupant les couches celluleuses et aponévrotiques à petits coups ; le ganglion mis à nu, attiré avec une pince à griffes, sera énucléé avec le doigt ouïe manche d’un scalpel et arraché avec les doigts. La plaie sera réunie par première intention, si l’opération a été faite vite, et si le chirurgien n’a pas manœuvré longtemps dans la plaie. Dans le cas contraire, on laissera suppurer la plaie sous un pansement humide. V. Plaies.
Lorsqu’il y a plusieurs ganglions engorgés, et lorsqu’ils ne sont pas mobiles, il ne faut pas songer à les enlever. Le chirurgien qui entreprendrait cette tâche, s’engagerait dans une opération sans issue, et presque à coup sûr funeste au malade.
Si le ganglion est converti en un kyste contenant du pus, on ouvrira largement avec le bistouri, et l’on appliquera dans son intérieur un morceau de pâte au chlorure de zinc que l’on laissera douze heures; une suppuration de bonne nature suivra cette cautérisation. L’application du • caustique de Vienne pourra être employée pour ouvrir la poche. Les injections iodées après une ponction avec le trocart viennent ensuite par ordre d’efficacité; les j injections de vin aromatique sont aussi avantageuses que les injections iodées. Lorsqu’il reste une fistule à la suite de l’ouverture de ces kystes ganglionnaires, on pansera la plaie avec l’onguent styrax, on fera des injections de teinture d’iode, et l’on cautérisera avec le nitrate d’argent ou une flèche de pâte de chlorure de zinc.
On donnera â l’intérieur contre les adénites chroniques les médicaments antiscrofuleux ou antisyphilitiques, non pour guérir l’adénite, mais pour en prévenir une nouvelle.
Le sirop d’iodure de fer à la dose de 24 grammes par jour sera donné dans une tasse de tisane de houblon ou de pensée sauvage.
Le sirop d’iodure de potassium, l’huile de foie de morue à la même dose, peuvent remplacer le sirop d’iodure de fer ; on alternera l’administration de ces médicaments.
Si le ganglion reste stationnaire, on emploiera les emplâtres résolutifs et surtout l’emplâtre de Vigo; les pommades à l’iodure de plomb, â l’iodure de
potassium, étendues sur un linge renouvelé toutes les -vingt-quatre heures.
Dans ce cas on peut, à l’exemple de Prieur et de Kicord, employer Viode métallique mis dans une couche mince de ouate de coton, maintenue sur le ganghon hypertrophié à l’aide d’une feuille de gélatine dont la circonférence adhère aux téguments, et concentre ainsi les vapeurs d’iode sur le point malade. L’appareil doit rester vingt-quatre heures en place, et sous cette forme, l’iode volatilisé produit des phlyctènes remplies de sérosité qui ne laissent après elles ni cicatrices ni taches durables. On recommence plusieurs fois, et en deux ou trois mois la résolution est accomplie.
Fobmtjlaire be l’adéxite chronique.
Pour faire résoudre les adénites, on emploie les
pommades suivantes :
Belladoiie . . 5 grammes.
Axonge . 40 id.
Ou ;
lodm-e de potassium . 5 grammes.
Axonge . 40 id.
Ou ;
Axonge . 20 grammes.
Hydriodate d’ammoniaque ... 1 id.
(Biett).
Ou :
Ou:
Axonge .
Glycérine ....
lodure de plomb
20 grammes.
10 id.
3 id.
lodure de potassium. . . 1 gramme.
Dissous à chaud dans glycérine. . 9 id.
Essence de roses . 2 id.
(Debout) FR.
Emplâtre pour les adénites scrofuleuses.
Iode pur . . . 1 gramme.
Limaille de fer porphyrisé . 2 id.
Emplâtre de poix de Bourgogne. . . 30 id.
(Sauvau) FR.
Emplâtre mercuriel camphré.
Emplâtre mercuriel .
Opium en poudre. . .
Camphre trituré . . .
15 grammes.
85 centigrammes.
A mettre en emplâtre sur le ganglion FR.
Emplâtre.
lodure de potassium . 30 grammes.
Oliban purifié . 180 id.
Cire . 24 id.
Huile d’olive . 8 id.
(Bouchardat).
Faire fondre la cire et F oliban ensemble. On ajoute l’iodure préalablement trituré avec l’huile. On agite jusqu’à refroidissement et l’on étend sur la toile. Pommade.
lodure de baryum . 2 déeigrammes.
Axonge . SO grammes.
2 à 4 grammes en frictions FR.
Lotions avec :
lodure de potassium . 4 grammes.
Eau de Cologne . 4 id.
Eau distillée . 4 id.
Alcool rectifié . 24 id.
Matin et soir sur la glande.
Les lotions avec la teinture d’iode pure sont d’ex^ cellents topiques résolutifs. On emploie encore :
La pommade de sous-carbo7iate de potasse, 1 0 grammes sur 30 grammesd’axonge(Férussac, t. in, p. 153) ;
la pommade de calotnel, 3 grammes pour 30 grammes d’ axonge; d'iodure et de bromure de mercure,
1 gramme pour 30 grammes d’axonge; les bains de sublimé avec 5 à 10 grammes dissous dans 20 grammes d’alcool pour verser dans la baignoire.
Pour faciliter la résolution des tumeurs ganglionnaires on administrera les amers, ou bien le traitement anti scrofuleux par l’iodure de fer, l’iodure de potassium, l’huile de foie de morue, les bains de mer ; les eaux minérales /erntg'meti.ses, sulfui'euses ,h'omoiodurées , chlorurées-sodiques, etc. V. Scrofule.
3° Adénites cervicales.
Adénites cervicales superficielles. Les enfants à tempérament scrofuleux ou lymphatiques, en bas âge; les soldats nouveaux venus aux régiments et changeant d’hygiène, sont sujets à des adénites ayant pour siège les ganglions superficiels du cou.
■ Les adénites cervicales sont indolentes, suppurent assez souvent, mais se terminent plus ordinairement par induration.
La multiplicité des tumeurs du cou et leur indolence les font aisément distinguer des enchondromes et des tumeurs fibro-plastiques.
Une adénite cervicale a toujours été précédée d’une lésion des tissus dont les lymphatiques se rendent aux ganglions engorgés (Velpeau). Aussi trouve-t-on sur les malades des aphthes, des stomatites, des éruptions cutanées, des conjonctivites, des eczémas, des gourmes, plus ou moins de temps avant que les adénites ne se déclarent.
Thérapeutique. — Faites disparaître les lésions du tégument externe, ou de la bouche, et l’adénite chronique guérira spontanément.
S’il y a des symptômes aigus, une application de sangsues, des cataplasmes et un purgatif sont trèsutiles pour empêcher la suppuration', résultat auquel on peut encore arriver par des applications quotidiennes de collodion riciné. Si l’afifectipn est chronique d’emblée, il faut faire des frictions avec : onguent napolitain, 2 parties, et extrait de belladonne, 1 partie ; ou avec la pommade à l’iodure de plomb, 3 grammes pour 30 grammes d’axonge.
On associera avec avantage cette poimnade avec de la glycérine V. Adénites chroniques.
Si la suppuration semble devoir exister bientôt dans un ganglion, pour prévenir les stigmates, on emploiera un séton filiforme passé obliquement dans la tumeur, afin de favoriser l’écoulement du pus, et l’on placera des cataplasmes jusqu’à ce que la suppuration soit tarie. Mais si l’abcès ne peut être ouvert, de telle sorte que la cicatrice de l’opération puisse être dissimulée, le bistouri et l’ouverture avec le caustique sont des procédés plus expéditife.
Lorsque le ganghon est induré, on peut le faire suppurer par le séton filiforme. Le vésicutoîre conseillé dans ce but n’a pas autant d’effet, mais U peut réussir.
Un seul ganghon induré peut être enlevé par incision de la peau et énucléation du ganghon. Si tous les gangüons ne peuvent être enlevés, une opération destinée à enlever le plus saillant est inutile. Il vaut mieux alors recourir au traitement interne et administrer les préparations antiscrofuleuses.