‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 324 sur 731 · CRAN · texte numérisé non relu

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ni. Phlegmon et abcès de la glande vuivovagihale. — Les abcès de la vulve qui sont consécutifs à une inflammation de la glande vulvovaginale ont un caractère spécial ; ils naissent dans le cours d’une blennorrhagie ou à la suite d’un excès de coït. Ces abcès peuvent exister des deux côtés à la fois et ils sont toujours peu volumineux.

Les abcès développés autour du conduit excréteur sont petits, ils existent autour d’un point rouge violacé, qui correspond à l’orifice du conduit de la glande vulvo -vaginale; le pus ne tarde pas à se faire jour par le conduit excréteur et il y a une érosion de son orifice qui suinte et pourrait faire croire à une lésion syphilitique (Vidal, de Cassis), surtout lorsqu’il existe, comme cela a lieu quelquefois, des engorgements des ganglions inguinaux ; mais les phénomènes inflammatoires antérieurs ne laissent aucun doute sur ce diagnostic.

Les abcès développés plus profondément se forment autour de la glande vulvo-vaginale ; il y a phlegmon parenchymateux ou adénite. Ces abcès se développent avec plus ou moins de rapidité; ik forment une tumeur bien circonscrite, fluctuante entre l’ischion et la partie postérieure de l’entrée^ du vagin, au niveaü de la glande; et la grandelèvre est œdématiée. Quand les abcès de la glande vulvo-vaginale s’ouvrent seuls par le vagin, ils forment un trajet fistuleux qui est parfois très-lent à guérir.

Thérapeutique. — Là pudeur des femmes les empêche quelquefois de consulter un médecin, et les abcès s’ouvrent seuls; — lorsque le chirurgien est consulté à temps, il doit inciser l’abcès par la face interne de la grande lèvre. Une mèche sera placée, ou bien on cautérisera immédiatement les lèvres de la plaie.

Pour guérir les fistules consécutives, on cautérisera avec le crayon de nitrate d’argent ou avec une flèche de pâte au chlorure de zinc, et l’on fera trois fois par jour des injections vaginales.

Pour prévenir la formation de fistules , on fera des injections iodées détersives dans le foyer :

Eau . . . . 10 parties.

Teinture d’iode, . . . . 1 id.

Ou avec l’eau-de-vie camphrée ou le vin aromatique mélangé d’eau à parties égales.

IV. Kystes des grandes lèvres et de la glande vulvo-‘vaginale. — Les kystes des grandes lèvres qui remontent vers l’anneau peuvent être rangés parmi les kystes dans un sac séreux, soit dans un sac herniaire inguinal, soit dans le vestige du canal de Nuck, soit dans une bourse séreuse (Broca). V. Hydrocèle de la femme.

Les kystes des grandes lèvres, situés à la partie inférieure de la vulve, existent soit dans une bourse séreuse accidentelle, soit dans un ancien foyer bématique. Mais le plus souvent une altération de la glande vulvo-vaginale et de sou conduit excréteur en est l’origine. Tantôt le kyste est formé jiai’ suite de l’oblitération du

canal excréteui', tantôt il est dû au développement d’un acinus (Huguier).

Les kystes des grandes lèvres, d’abord bien limites, finissent par s’étendre dans tous les sens ; leur contenu peut varier, suivant qu’il y a eu une inflammation ou une hémorrhagie ; mais dans ces kystes, le liquide est en général filant et visqueux.

On reconnaît un kyste de la glande vulvovaginale (du conduit ou de la glande)^, à une gêne qu’éprouvent les malades pendant la marche, pendant les époques, après le coït, mais les douleurs disparaissent vite. — Une tumeur d’abord globuleuse, puis allongée dans le sens du vagin, dure, fluctuante, laissant échapper à la ponction exploratrice un iicpide visqueux lactescent ou sanguinolent, est le signe anatomique des kystes de la glande (Bartholin). L’absence de réductibilité et de pédicule empêchera de croire à une hernie, et le début de la maladie par la grande lèvre est très-significatif, car il n’existe que ^ur les kystes.

Les kystes du conduit de la glande vulvovaginale sont plus superficiels, plus arrondis que les kystes de la glande elle-même ; ils croissent vite, et peuvent guérir spontanément par suite de leur rupture.

L’absence d’orifice ou de conduit excréteur est une probabilité en faveur de l’existence d’un kyste dans le conduit de la glande.

Thérapeutique. — Une ponction et une injection iodée peuvent toujours être tentées au début. Lorsque le kyste est bien organisé et date de longtemps, on peut aussi poser un tube perforé et faire des injections iodées. — Mais le moyen le plus sûr est l’incision et l’excision à l’aide d’une pince à griffes et de ciseaux courbes ou d’un bistouri ordinaire. Une portion du kyste est enlevée, et l’on panse à plat avec de la charpie sèche. Lorsque la cicatrisation est lente à se faire, on cautérisera la face interne du kyste avec le crayon de nitrate d’argent ou avec un pinceau imbibé de nitrate acide de mercure, ou enfin avec un disque de pâte au chlorure de zinc.

L’extirpation appliquée aux petits kystes est une assez bonne opération ; mais pour les gros kystes elle réussit moins bien, car l’opération est toujours incomplète et ne vaut pas mieux alors que l’incision combinée avec l’excision.

Contre les fistules consécutives, on aura recours ù la cautérisation avec une flèche au chlorure de zinc ou avec le fer rouge, si les malades s’y prêtent.

Lorsqu’il est impossible de trouver l’orifice de la glande vulvo-vaginale, et qu’il est probable que le kyste occupe le conduit excréteur, le séton est bon, parce qu’il permet de rétablir im orifice au conduit glandulaire.

V. Corps fibreux des gratides lèvres. — Des tumeurs fibreuses se développent quelquefois dans les grandes lèvrœ ; elles sont libres, globuleuses, non pédiculées et reconnaissablœ à leur dureté, à leur irréductibilité et à leur indolence. V. Fibromes.

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