GREX
T/iérapeutique. — On passera dans la tumeur un séton, avec une aiguille ou un trocart courbe (Physicb de Philadelphie, Laugier); uu séton perforé (Chassaignac) est préférable. Des injections iodées seront faites à travers le tube dans l’intérieur du kyste. Le double bouton perforé de. Dupuytren n’agit pas autrement que le séton et est d une application beaucoup plus incommode.
L’incision simple est insuffisante, tandis que l’incision avec excision est plus avantageuse, à condition que l’excision soit très-étendue.. — La perforation de la tumeur avec les caustiques est très-difficile à appliquer et il vaut mieux faire la cautérisation après l’incision du kyste. — La dilatation du conduit de Wharton est expérimentalement et rationnellement insuffisante.
Les injections irritantes après une ponction (Bouchacoiirt de Lyon, Maisonneuve) réussissent rarement.
L’extirpation totale est inutile et a des dangers. L’excision d’une portion du kyste, la suture de la membrane interne du kyste et de la muqueuse buccale (Jobert) agit comme l’incision combinée avec l’excision.
IL Kyste sanguin. — La grenouillette sanguine (Dolbeau), une tumeur érectile veineuse de la langue, une dilatation variqueuse des veines sublinguales, congénitale ou accidentelle, occupant le siège habituel des grenouil- Icttes buccales, se distinguent de celles-ci par la coloration violacée, la réductibilité et l’augmentation de volume pendant les eflbrts et les cris. Une tumeur érectile artérielle est animée de battements qui manquent dans les kystes veineux, ce qui permet d’établir le diagnostic.
Thérapeutique. — On ne doit tenter aucune opération sur les tumeurs irréductibles qui restent stationnaires. Si les tumeurs augmentent, ou fera l’incision combinée avec l’excision et l’on arrêtera l’hémorrhagie avec le fer rouge. L’extirpation ne couvient que lorsque les tumeurs sont bien limitées. — Quant aux injections iodées ou coagulantes, elles sont quelquefois dangereuses.
GargatHsme adoucissant.
Kaciae de guimauve. . ' . 8 grammes.
Siruj) de miel. . . . 30 id.
Concassez la racine, faites-la bouillir pendant quelques instants dans suffisante quantité d’eau pour avoir 200 grammes de décoction ; passez la liqueur et ajoutez-y le sirop de miel.
FORSaLAIRE DE LA GREXOniLETTE-.
Gargarisme adoucissant.
Figues grasses . âO grammes.
Faites bouillir pendant un quart d'heure dans
. 500 grammes.
Passez et édulcorez au goût du malade.
68ii G RTF
Gargansme astringen t.
Eau . 250 grammes.
Miel rosat . id.
Alnn . id.
Faites dissoudre.
Gargarisme détersif.
Altm . 10 grammes.
Faites dissoudre dans
Infusion de roses . 20 grammes.
Ajoutez :
Miel rosat . 50 grammes.
Dans les affections scorbutiques. (Pringle).
Gargarisme détersif.
Eau . 250 grammes.
Miel rosat . 30 id.
Alcool sulfurique . 1 id.
Mêlez. (F. H. P.)
GRÉOULX (Basses- Alpes) .Eeauferrugineu.<?e calcique de 36°, employée dans les rhumatismes S, dans les névralgies S, dans les maladies de la peau et dans les vieux ulcères, dans les affections scrofuleuses S, dans la leucorrhée S, dans les affections catarrhales El, dans les maladies de matrice El, dans les maladies des os 0, dans la phthisie El.
GRIFFES. Instruments à une ou plusieurs pointes destinés à tenir les tissus de façon qu’ils ne s’échappent pas; ainsi on connaît en chirurgie une griffe composée de deux crochets, des pinces à griffes. Ces instruments sont employés pour l’ablation des tumeurs.
Griffes de Malgaigne. Y. FrâCTUBE DE LA ROTULE.
GRIPPE. La grippe, également désignée sous le nom dfinfluenza ou de bronchite épidémique, à cause de son élément anatomique placé dans les bronches, n’est pas une bronchite franche, c’est une maladie générale, plutôt une fièvre qu’une phlegmasie locale.
Des malaises, de la fièvre avec prostration, de la céphalalgie intense et des douleurs contusives des membres, de la poitrine et du ventre avec de la toux, d’abord sèche et quinteuse, puis humide et accompagnée d’expectoration spumeuse, caractérisent la grippe.
Dans la grippe, la toux et l’expectoration spumeuse indiquent une bronchite que révèlent les râles sibilant, ronflant, muqueux et sous-crépitant, disséminés dans les deux côtés de la poitrine.
Les symptômes de la grippe limités à la poitrine. constituent la grippe thoracique ; elle est encéphalique, au contraire, lorsqu’il y a des vertiges avec céphalée intense et abdominale, et s’il existe des nausées, des coliques et de la diarrhée.
La grippe dure de huit à quinze jours et se termine presque toujours heureusement. Cependant, lorsqu’elle donne lien à b complication
CRÎF
de pneumonie, elle devient très-grave et souvent mortelle.
L’influence épidémique et la contagion sont les causes ordinaires de la grippe, ce qui permet de la considérer comme une maladie générale ayant son incubation et pour lésion une phlegmasie secondaires des bronches.
Thérapeutique. — Dans sa forme la plus simple, la grippe ressemble à la bronchite, et elle doit alors être combattue par les boissons émollientes, par les sudorifiques, par des lavements émollients, par des bains de pieds, par la diète et le repos au lit ou à la chambre.
Lorsque la grippe présente des symptômes inflammatoires très-marqués, ce qui est exceptionnel, il est convenable de pratiquer une saignée ou de mettre des sangsues, mais il faut prendre garde à ce moyen, à cause de l’état adynamique qui est le caractère principal du plus grand nombre des épidémies observées jusqu’à ce jour. En effet, quand l’influence épidémique mène à l’adynamie, les saignées au lieu d’être utiles sont véritablement funestes. Il n’y a que très-peu d’épidémies où les évacuations sanguines aient eu des résultats favorables.
Les vomitifs et les purgatifs sont plus généralement employés avec succès contre la grippe. — L’émétique, 5 centigrammes à jeun dans un demiverre d’eau ou l’ipécacuanba, à la dose de 1 gramme 50 centigrammes, doivent être donnés Une fois au début de la maladie, et l’on continue le traitement par les tisanes émollientes, sudorifiques et par les narcotiques à l’intérieur.
L’opium en pilules de 5 centigrammes ou en sirop; le laudanum, dix gouttes dans un verre d’eau sucrée, et toutes les préparations opiacées peuvent être données contre la grippe dans des potions. On donnera aussi la teinture de belladone à six ou huit gouttes, ou son extrait, à la dose de 3 à 5 centigrammes. — Il est même indispensable de recourir à ces moyens lorsque la toux est trop fréquente ou trop douloureuse.
Dans les formes plus graves de la grippe avec courbature et douleur générale très-prononcée, des cataplasmes émollients sur la poitrine, des fomentations émollientes laudanisées doivent être prescrites. ' Le coryza, l’angine, l’ophthalmie, accompagnent souvent la grippe et sont quelquefois assez intenses pour incommoder vivement les malades, de façon à nécessiter un traitement particulier.
Dans la forme abdominale de la grippe, avec diarrhée ou vomissements, il faut mettre en usage les boissons de riz et d’amidon, le sous-nitrate de bismuth, 5 à 10 grammes, la décoction blanche, de Sydenham, une bouteille par jom- ; les potions d’extrait de ratanhia, 1 gramme ; les potions opiacées, le diascordium, 2 grammes, et des quarts de lavements laudanisés (dix à douze gouttes par lavement).
Dans la grippe compliquée de pneumonie, il n’y a pas à hésiter sur l’emploi de la saignée. Il faut y recourir et suivre, à l’aide du tartre stibié, 10 centigrammes dans ime potion gommeuse, si nulle indication ne s’y oppose et par des vésicatoires volants multipliés sur le côté de la poitrine qui est malade.
L’adynamie très-marquée qui accompagne souvent la grippe, ou seulement sa convalescence, exige l’emploi des infusions de sauge, de thé, de fleurs de sureau, teinture d’aconit, quinze à trente gouttes, lu-
fusion d'eupatoirCj 30 gammes par litre d'eau, une tasse chaude toutes les demi-heures, jusqu'à vomissementSj et ensuite, toutes les trois ou quatre heures, ce qui produit une faihle purgation. — Les potions opiacées, les préparations de quinquina et l’usage des Tins chauds et généreux sont ensuite très-utiles.
GBOSE1I.LES. Fruit du groseiller qui renferme de l’acide malique, de l’acide citrique, de la |)ectine, uu principe mucoso-sucré et avec letjuel on fait du sirop rafraîchissant et des gelées de table pour dessert.
GROSSESSE (Accidents de la) . Ce sont des accidents du côté des voies digestives, des organes de la circulation et de la respiration, des glandes sécrétoires et du système nerveux. Troubles digestifs.
1. Anorexie et dépravation d'appétit. — Les dégoûts , les dépravations d’appétit [pyrosis, pica et malacia), sont des phénomènes qui ont leur raison dans un trouble sympathique de la digestion par suite d’une névrose du grand sympathique occasionnée par la grossesse; mais les femmes capricieuses et qui s’écoutent sont celles qui sont le plus exposées à cet accident.
La constipation est un des troubles digestifs les plus communs de la grossesse ; mais, chez quelques femmes, c’est peut-être une manifes- | talion de la chlorose.
Thérapeutique. — S’il y a des signes d’embarras gastrique, purger avec la rhubarbe, une dose de 20 à 50 centigrammes, plusieurs jours de suite. — .\dministrer des prises de poudre de gentiane et de sous-nitrate de bismuth, de chaque : 20 centigrammes. — Un vomitif est un moyen trop énergique qui peut produire l’avortement ; en cas de nécessité, on aura recours à l’ipécacuanha de préférence à l’émétique.
Contre le pyrosis et les aigreurs, on donnera la magnésie, 50 centigrammes à 1 gramme, ou le sous-nitrate de bismuth, 1 gramme, — le bicarbonate de soude, 50 centigrammes, ou les pastilles et Veau de Vichy. Si les renvois sont acides, on insistera sur la médication alcaline. V. Ptrosis.
Contre la constipation et la diarrhée, on donnera les remèdes appropriés. V. Coxstip.vtion, Di.4eiihée.
II. Vomissements simples. — Il y a des femmes qui vomissent au début de la grossesse et qui cessent de vomir au quatrième mois, mais il en est quelques-unes chez qui les vomissements reparaissent un peu plus tard ; — les vomissements ont lieu le matin à jeun ou après chaque repas, et alors les aliments sont rejetés simplement. Il y a des malades qui vomissent seulement certains aliments.
Thérapeutique. — Contre les vomissements simples, on donnera le matin, au réveil, une infusion de thé on de feuilles d’oranger.
Lorsque le vomissement vient après un repas et reparaît toujours à la même heure à peu près, les malades mangeront peu au repas ordinairement suivi de vwni^uieuts et boiront firoid. Depuis Denmann, on conseille aux malades le décubitus dorsal, mais
GllOS 6S5
on SC rappelleivi que la position couchée favorise le vomissement (Beau). La distraction, les promenades en voiture (Debout) ont été suivies de guérison assez rapide. Ou donnera aux femmes les aliments qui leur sont le plus agréable, il y a quelques probabilités qu’ils ne seront point vomis.
III. Vomissements imœrcibles. — Les vomissements de la grossesse qui se prolongent en résistant à des médications énergiques et qui finissent par entraîner la mort ou par nécessiter l’avortement provoqué, sont dits des vomissements incoercibles. Presque toujours, lorsque cet état existe, il y a quelque lésion étrangère à la grossesse qui en est la cause et les rapproche des vomissements incoercibles hors l’état de grossesse. V. Ovaire (Kyste DE l’), Cancer de l’estomac. Estomac (Ulcères de l’).
Les vomissements des premiers temps de la grossesse qui persistent au delà du quatrième au cinquième mois doivent faire craindre l’existence de vomissements incoercibles.
Les vomissements ont heu après chaque ingestion d’aliments ou de boissons, mais il est des femmes qui conservent et digèrent quelques aliments ; l’idée de manger, l’odeur des mets et les contrariétés suffisent pour réveiller les vomissements.
Le vomissement a lieu avec ou sans efforts pénibles et après une éructation qui ne tarde pas à être suivie de rejet d’aliments ou de vomissements muqueux.
Le ptyalisme accompagne souvent les vomissements incoercibles (Stollz, Vigla), et il y a de la diarrhée qui alterne quelquefois avec les vomissements (Haigton).
Lorsque des vomissements persistent chez une femme grosse, les malades ne se nourrissant plus et vomissant toujours, la fièvre apparaît, la peau se sèche, l’intelligence s’affaiblit et un amaigrissement progressif augmente jusqu’à l’émaciation extrême. Pendant ce temps les vomissements donnent lieu à une douleur épigastrique continue et violente, l’haleine prend une odeur fétide, la langue se dessèche et se recouvre d’un enduit noirâtre, il y a une céphalalgie vive, enfin à une troisième période les vomissements cessent et un calme trompeur survient; des syncopes ont lieu, le pouls petit, misérable, atteint le chiffre de lûO pulsations par minute, la céphalalgie redouble, les malades rêvassent, ont des hallucinations, quelquefois la diarrhée remplace les vomissements P. Dubois) et la mort arrive par une syncope, dans un effort de vomissement ou dans le coma.
Il y a quelquefois des rémissions dans les vomiæements incoerdWes, soit par le fait d’un changanent de lieu, soit par un avortement ou l’accouchement prématuré, soit par l’effet d’une
CM) GllUS
médicaliou favorable ; mais les vomissemeuts reparaissent, tantôt parce tpi’ils sont le fait de la grossesse seule, tantôt parce qu’ils sont liés à une maladie étrangère h la grossesse, tantôt parce que le médicament employé a épuisé son action locale.
%* Toutes sortes de lésions éloignées de l’estomac peuvent exister avec les vomissements incoercibles comme cause symphatique de ce phénomène, mais les altérations qu’on observe le plus ordinairement sont celles qui favorisent les vomissements dans les conditions ordinaires.
Les vomissements incoercibles de la grossesse ont la plus grande analogie avec les vomissements dans l’iléus, dans les tumeurs abdominales enflammées, dans les ramollissements et les cancers de l’estomac.
Les véritables causes occasionnelles des vomissements incoercibles sont variables; ce sont les inflammations du col de l’utérus (Dance), ses ulcérations (Bennett), la congestion du col utérin (Négrier, d’Angers), la névralgie hyperesthésique du col (Clay), les déplacements de l’utérus (Cazeaux, Moreau, R. Briau), l’inflammation des membranes de l’œuf, l’existence de ia tumeur utérine dans l’abdomen, sur un sujet atteint d’état nerveux ou d’hystérie (Briquet).
Il est un ordre de lésions étrangères à la grossesse qui détermine les vomissements incoercibles, ce senties tumeurs abdominales, les kystes de l’ovaire, les cancers des intestins, les kystes et les tumeurs du foie et des reins. Ce sont les hernies de l’estomac (Pipelet) ou ses adhérences avec la paroi abdominale, les lésions de l’estomac, — gastrite chronique, ulcère simple, rétrécissement du pylore, ramollissement gélatiniforme de l’estomac, cancer, état gastrique, muqueux (Fougeux, d’Étampes) ; le rétrécissement des intestins, les tumeurs stercorales, une hernie intestinale irréductible, la péritonite tuberculeuse, la néphrite albumineuse (Piayer), l’albuminurie (linbert-Gourbeyre) et même l’urémie, la chlorose et l’hydrohémie. Toutes les maladies c[ui s’accompagnent de vomissements répétés, tels que les méningites et les maladies du cervelet, les cancers du foie, les tubercules pulmonaires existant chez une femme grosse, peuvent engendrer les vomissements incoercibles.
Quand une grossesse est compliquée de vomissements incoercibles, on devra toujours rechercher à quelle lésion on doit rapporter les vomissemeuts ; on examinera tous les organes, et toutes les sécrétions, particulièrement la sécrétion urinaire. L’absence de tous signes n’est pas une raison pour admettre que le vomissement est purement nerveux. — Ou ue peut avoir d’incertitude que dans les cas où la grossesse n’est pas démontrée, c’est alors par la comparaison des divers symptômes des maladies supposables
G nos
que l’on arrive au diagnostic. Le vomissement dans la grossesse est presque toujours muqueux et accompagné d’éructations nombreuses, tandis que les vomissemeuts, dans les tumeurs intes tiuales , les maladies de Bright et les tumeurs cérébelleuses, ont des caractères variables et ne se produisent pas d’une manière aussi irrégulière que les vomissements de la grossesse.
Les vomissements incoercibles sont graves eu raison des lésions qui existent en même temps que la grossesse; ceux qui sont liés à la grossesse seule et qui ne peuvent être rattachés à aucune lésion appréciable, tuent par épuisement.
La vie de l’enfant est quelquefois compromise par les vomissements incoercibles de la mère, et, dans plusieurs cas, les vomissements se sont arrêtés après la mort du fœtus (Foissac). La mort du fœtus a lieu par un mécanisme indéterminé, ou bien par un décollement partiel du placenta ou une apoplexie placentaire. ■
Thérapeutique. — Si une lésion de l’estomac, des viscères, ou une maladie du col ont été reconnues comme la cause sympathique des vomissements incoercibles, c’est contre elles que sera dirigé le traitement. V. Ga>xers de I. 'estomac, Aleumixurie, etc.
Contre la rigidité supposée de l’utérus, placer d l’extrait mou de belladone sur le col utérin (Bretonneau).
Contre la congestion utérine, sangsues sur le col (Clertan, Clay), vésicatoires à l’aine ou au sacrum (Simpson) .
Contre la déviation de l’utérus, réduire l’utérus par les pressions dans le vagin (Moreau) et le repos horizontal.
S’il y a des ulcérations du col, on les cautérisci'a et l’on fera des injections d’eau de guimauve froide une fois par jour.
Contre le symptôme du. v oraissement, il y a une foule de médications, qui toutes au moins comptent quelques succès.
Au début, on aura i*ecours aux moyens hygiéniques ou simples qui pourront mettre un terme aux vomissements, si les lésions déteinninantes ue sont pas déjà très-graves, s’il n’y a pas une lésion organique.
VoaiSSEMEXTS SIMPLES.
On donnera de la pepsine liquide (Corvisart), du \in et de l’élixir de pepsine de Mialbe, de la pepsine en poudi-e, et il sera bon quelquefois de la faire prendre avec un peu de viande crue, hachée, pilée et tamisée, ou bien avec quelques pastilles de musculine Guichon pour soutenir les malades.
On donnera des boissons alcooliques (Mauriceau, Royer), du kirsch (Dumoulin), de l’eau-de-vie (Dubi-euilh), le vin de Champagne (iMoreau).
On laissera i-eposer l’estomac et l’on nourrira les malades par des lavements de bouillon et de lait (Tyler Smith, W. Yaugham).
Les morceaux de glace à sucer, les boissons glacées, les affusions froides sur l’estomac (Dezon), sont souvent d'un bon usage au début des xomissemeiits.
Contre le ■vomissement incoercible, en l’abseiice de toute lésion évidente, ou emploiera les moyens
('.lies
rniiouacls suivaaU, eu cuasidjraul l état des forces des malades.
Les petites saignées répétées □ (Dnbois, îîonat) .
Les sangsues à l'épigastre □ 'ilauriceau'^ .
Les ventouses sèches à l’épigastre [3 Paré).
Les vésicatoires, — les frictions irritantes avec la pommade stibiée, — les vésicatoires à la région épigastrique, pansés avec de la morphine. — Emplâtre d’extrait de belladone sur la région de l’estomac [3-
S’il y a de la constipation, ou purgera avec le calomel etl’aloès, ou le jalap, ou la scammonée, parties égales, de chaque, 50 centigrammes.
On administi-era une bouteille d’eau de Sedlitz avec 10 centigrammes d’émétique (Fougeux d’Étampcs)n.
Le sulfate de quinine à dose de 30 à 60 centigr. a été donné comme antipériodique.
Les malades seront mises à l’usage des eaux minérales alcalines, l’eau de Vichy, l’eau de Vais, l’eau d’Alet, l’eau de Bussang, l’eaw magnésienne :
Carbonate de magnésie. ... 4 à 24 grammes.
Eau . 620 id.
Acide carbonique . 6 volumes.
(xMialhe.)
Le chloroforme en potion, à la dose de 1 gramme, ou le laudanum en fumigations et en mixture, à la dose de 1 gramme, sont, avec l’opium, des agents calmants qui peuvent être employés comme moyens adjuvants des autres médications.
On variera le traitement suivant la lésion qui cause réellement le vomissement incoercible en dehors de la grossesse. Contre les vomissements coïncidant avec l’albuminurie, les traitements médicaux sont souvent impuissants. Contre ceux qui sont liés à une lésion organique, on administrera les médicaments appropriés.
Accouchement prématuré artificiel. — Lorsque tous les moyens ont échoué après un usage bien réglé et prolongé, et quand la vie de la mère est compromise, on fera l’accoucbement prématuré artificiel et même l’avortement pi'ovoqué (Simpsons,
R. Lee). Si Tonne prend pas ce parti, on s’expose à voir périr la mère et souvent l’enfant. Les tentatives d’avortement même peuvent réussir à arrêter les vomissements (M“®Callé),mais Tavorteraent complet vaut mieux.
Dans la première péi’iode des vomissements incoercibles, il n’est pas indiqué de provoquer l’avortement. Il y a des femmes qui vomissent tout le temps de leur grossesse, et même après, sans danger de mort. I
Dans la dernière période, l’avortement est contre- ! indiqué, s’il y a des tubercules ou un ramollissement de l’estomac.
L’accouchement prématuré est admissible pour sauver Tenfaut, quoiqu’on ait la ressource de l’opération césarienne in extremis.
C’est dans la seconde période que les manceuvTes d’avortement sont autorisées, surtout s'il u’y a pas de lésion organique démontrée. V. Ayortehext provoqué et ACCOrCHEMENT PROVOQUÉ.
Les vomissements incoercibles cessent d’ordinaire avec l’accouchement à terme, l’accouchement prématuré ou Tavortement. — S’ils continuaient ensuite, on devrait employer le traitement des lésions de 1 e^omac ou des autres organes par les moyens appropries 3 on traiterait Thystérie à laquelle les vo-
r.iios Gs7
missemeuts peuvent souvent être rapportés eu Tahsence de lésions évidentes d'autres organes. Y. Hystérie.
FORMULAIRE DES VOMISSEMEXTS IXCOERCIBLES.
On donnera le sous-nitroie de bismuth, 4 à 8 grammes (Monneret), les tisanes de limonade citrique ou tartrique, Teau de Seltz, les tisanes de petite centaurée, de qua^ssia amara, la poudre de racine de Colombo, 50 centigrammes à 1 gramme par jour.
On donnera une potion gommeuse avec Téther, dix gouttes, avec la Ivcjueur d’Hoffmann, 1 à 2 grammes, avec l’extrait de menthe poivrée, trois à six gouttes,
I — la valériane en poudre, 2 à 4 grammes, — V oxyde de zinc, 10 à 20 centigrammes, ou la potion suivante :
Julpp gommeux . 125 grammes.
Acide prussiqu© médiciaal. . . . 2à4gonttef.
(Walter.)
Ou bien :
Julep gommeux . 125 grammes.
Eau de laurier-cerise . 20 id.
(Hop. de Paris.)
Ou bien :
Cyanure, de potassium . 6 centigrammes.
(Simpson.)
Une cuillerée à bouche toutes les deux heures On donnera avec avantage les préparations iodées suivant les formules suivantes :
Teinture d’iode . 1 grammes.
Alcool . . 540 centigrammes.
(Schmidt, Eulenberg Q-)
Eau . • . 125 grammes.
lodure de potassium . 50 centigr. à 1 gr.
(Baccariiie F^.)
Eau . 120 grammes.
Teinture d'iode . 4 id.
lodure de potassium . .6 id.
Une cuillerée par jour f+l.
(Becquerel.) Potion de Rivière.
Biearbouate de potasse . 1 gramme.
Jus de citron . .’ 16 id.
Sirop de limons . 30 id.
Eau . 90 id.
Ou fait dissoudre le bicarbonate de potasse dans Teau et Ton ajoute ensuite le jus de citron dans le sirop de limons pour développer le gaz acide carbonique.
On pourra donner encore :
Uoxalate de cérium à la dose de 3 grammes, trois ou quatre fois par jour □ 'Simpson), ou la teinture de noix vomique, trois gouttes toutes les deux heures dans une tasse de tisane □ (Lobach).
Ou V oxyde noir de mercure r~l Stœkler).
Ou le calomel à doses fractionnées □ (Bagot).
On a encore donné de la créosote, de la lupuline, V acétate de plomb, la salicine, V oxyde d argent, mais ces remèdes sont d’une efficacité très-douteuse.
Troubles respiratoires et circulatoires.
IV. Ti'oubles respiratoires. — A la fin de la -osseise, U dyspnée est d ic k ia couipressioa
de l’utéius gravide sur les vis<-èrcs et par le refoulement de ceux-ci vers le thorax ; — une toux spasmodique sans autres symptômes, est quelquefois une complication propre à la grossesse, mais les autres affections des organes de la respiration sont des complications étrangères à la grossesse et constituent des prédispositions à l’avortement.
Thérapeutique. — On traitera toutes les maladies des organes de la respiration et du cœur coïncidant avec la gi’ossesse par les moyens appropriés.
On emploiera les préparations calmantes opiacées contre la toux.
La toux spasmodique est calmée quelquefois par l’usage des grands bains (Gazeaux).
V. Pléthore séreuse {Hydroémie, Cazeaux). — La grossesse détermine de nombreuses modiflcations dans le sang. Ainsi la fibrine et l’eau augmentent, tandis que le chiffre de l’albumine et des globules diminue (Gazeaux, Becquerel, Rodier et Régnault). — Une chlorose antérieure est une condition favorable à ces modifications.
Les signes de l’hydroémie et ceux de la chlorose (V. Chlorose), tels que l’œdème, les névralgies, les palpitations et les congestions sont les signes caractéristiques de cet état.
Thérapeutique i — Les saignées dites préventives, admises anciennement en principe, ne doivent être faites que quand les palpitations existent. On tirera 200 à 250 grammes de sang. Cette déplétion des artères diminue la tension du sang dans les artères. Un pux'gatif (Blot) fournit peut -être un peu moins sûrement le même résultat.
On donnera en même temps le fer réduit par l’hydrogène et les pilules ferrugineuses, comme dans la chlorose. V. Chlorose.
YI. Congestion, utérine. — La congestion utérine est un phénomène qui résulte de la pléthore aqueuse et d’une lenteur de la circulation utérine; elle a pour conséquence une gêne de la circulation du fœtus.
I a congestion utérine se reconnaît à des jiesanteurs dans les reins et dans les aines, et plus tard à la diminution des mouvements actifs du fœtus ; le fœtus est quelquefois tué par apoplexie placentaire,.
Thérapeutique. — Saigner les malades, • — les sangsues aux aines ou aux cuisses (Gardien) ; les saignées du pied sont moins avantageuses.
VII. Varices, hémorrhoides. — Des varices et des hémorrhoïdes se développent d’une façon temporaire dans le com's de la grossesse et elles ne diffèrent pas de celles qu’on obseive dans les autres conditions de la vie ; elles semblent dues à un obstacle à la circulation de la veine cave, causée par le volume de l’utérus.
Thérapeutique. — Bandage compressif, bas lacé et bas élastiques, sur les varices. — Combattre la constipation pour prévenir l’accroissement des hémorrhoïdes. — Saignée du bras et cataplasmes sur la tu-
nieur, si les hémorrhoïdes deviemient turgescentes. Si elles se rompent, compresses froides sur les hémorrhoïdes et sur le bassin (Gendrin).
Troubles des sécrétions et des excrétions,
VIII. Ptyalisme. — Le ptyalisme isolé, sans vomissements incoercibles, n’est pas grave, il cesse seul ou après l’accouchement, maisn’épuise pas les malades.
Thérapeutique. — Faire sucer quelque corps sucré au moment où lés malades s’endorment (Desormeaux). Faire placer dans la bouche, pendant le jour, de petits fragments de glace. — Gargarisme avec la teinture d'iode mélangée de vingt fois son poids d’eau ou gargarisme d’eau-de-vie camphrée.
IX. Rétention d’urine. — La compression exercée sur le col de la vessie par l’uténis en antéversion ou la compression par le col de l’utérus abaissé eu cas de bassin large, une cystocèle incomplète, entraînent souvent la rétention d’urine.
Thérapeutique. — Si la rétention d’urine est lice à un simple déplacement de l’utérus, ou à une cystocèle, on sondera les malades et on leur apprendra à se sonder elles-mêmes pendant tout le temps de leur grossesse.
X. Sédiments urinaires. — On trouve dans l’urine des femmes enceintes une pellicule qui se forme à la surface et qui est la kyestéine.
La kyestéine (Nauche) est un produit composé de matière granuleuse amorphe, de nombreux vibrions, de cristaux, de phosphate ammoniaco-magnésien, et plus tard de monades. Sa production ne constitue pas une maladie, seulement il est probable que cette pellicule est formée aux dépens de l’albumine en dissolution dans rürine.
XI. Albuminurie (Rayer). — L’albuminurie est un phénomène presque physiologique de la grossesse (Rayer, Devilliers, Reguauld, Blot); elle est liée quelquefois à une néphrite albumi neuse (Bach, Imbert- Gourbeyre). C’est une conséquence de l’altération du sang par la pléthore aqueuse (Beau, Cazeaux), de la congestion des reins par l’obstacle à la circulation de la veine cave, et elle est quelquefois en relation avec l’urémie (Christison).
L’albuminurie des femmes grosses se complique assez souvent d’œdème, de bouffissure et d’anasarque, de névralgies, de douleure lombaires, de pleurodynie et d’amaurose ou d’éclampsie (V. Albu^unurie). L’albuminurie cesse après l’accouchement, mais elle peut continuer, et alors il y a une véritable maladie de Bright, qui a été la suite de l’albuminurie de la grossesse.
L’albumiuurie abondante, peut entraîner la mort de l’eufant (Cahen, Rayer) ; elle se complique d’éclampsie (V. Éclampsie puer-
PÉRALE (Sioipsoii, B!ot), et favorise les hémorrhagies puerpérales (Blot).
Thérapeutique. — L’albuminurie peu prononcée ne réclame aucun traitemeut. Les Ioniques^ le fer, sont les meilleurs moyêns à employer lorsque l’alburainurie est prononcée. V. Albcmi-Strie et AIaladie DE Bright.
XII. Vaginites. — Les vaginites granuleuses, avec ou sans ulcérations du col, et les vaginites simples compliquent souvent la grossesse ; — l’écoulement de pus ou de muco-pus produit de la fatigue, des excoriations aux grandes lèvres, une cuisson insupportable et altèrent la santé de la mère.
Thérapeutique. — On traitera toutes les vaginites par les moyens simples, on ne cautérisera pas. — Les injections froides avec 15 grammes de sous-acétate de plomb pour un litre d’eau, renouvelées trois fois par jour; l’interposition de linges entre les grandes lèvres sont très-utiles. — Dans les vaginites avec végétations, on n’excisera pas les végétations, car, en général, elles disparaissent seules après l’accouchement. (A. Guérin.)
XIII. Œdème des membres inférieurs. — 11 y a deux espèces d’oedèmes, l’un qui est lié à une albuminurie (V. Albuminurie), l’autre qui est dû à la compression de l’utérus sur les vaisseaux iliaques. Ce dernier n’a pas de conséquence fâcheuse, il diminue par le repos, et la position horizontale. Le caractère de l’oedème des extrémités est d’être mobile, de passer d’une jambe à l’autre et de disparaître et reparaître sans cause appréciable, sans doute par suite des déplacements que subit l’utérus pendant l’évolution de la grossesse. (Devilliers et Regnauld )
Thérapeutique. — Traiter l’albuminurie. Contre les œdèmes dus à la compression, frictions sèches. — Si les membres sont considérablement infiltrés, mouchetures ou ponctions avec l’aiguille à acupuncture. — Repos, saus toutefois interdire un peu d’exercice de temps en temps. — Contre les œdèmes qui paraissent pendant la station debout et qui disparaissent pendant le repos, il n’y a rien à faire.
XIV. Ascite. — La seule présence de l’utérus chargé du produit de la conception peut être une cause d’ascite, mais il est rare que celle-ci existe sans altération chlorotique du sang.
L’ascite se révèle par ses signes habituels, cependant il n’est pas rare de voir le liquide péritonéal pou^r la cicatrico ombilicale distendue au devant de l’utérus et former en ce point une tumeur assez considérable. Dans ces cas, l’état de l’utérus et du fœtus œt toujours diflidle à préciser.
*** L’épanchement du péritoine n’empêche pas toujours la grosses d’arriver à son ten^.
Il faut faire attention de ne pas confondre
l’ascite avec l’hydropisie de l’amnios. V. Hydro- - PISIE DE l’amnios.
Thérapeutique. — L’ascite, au début, doit être abandoimée à elle-même, on ne doit pas se servir des moyens médicaux, à moins que l’on ne craigne pas de provoquer l’avortement. — Lorsque l’abdomen est distendu outre mesure, on fera la paracentèse de préférence sur la tumeur ombilicale, lorsqu’elle existe ou bien au lieu d’élection. Si le soulagement est prononcé à la suite des ponctions, on les renouvellera, et c’est à la suite d’une ponction que l’on pourra reconnaître l’état de l’utérus et juger s’il n’y a pas hydropisie de l’amnios en même temps qu’une ascite.
XV. Hydropisie de Vamnios. — Une phlegmasie utérine pendant la grossesse, reconnue par des symptômes de métrite (V. Métrite) (Mercier), un mauvais état du fœtus et une infiltration séreuse du tissu cellulaire sous-cutané chez la mère (Meriman), peut-être la syphilis couslitutioiinelle , causent souvent une hydropisie de l’amnios, vers le cinquième ou le sixième mois de la grossesse.
Tonies les fois qu’il y a plus d’un kilo gramme et demi de liquide dans l’amnios, on dit qu’il y a hydropisie.
L’ascite complique presque toujours l’hydropisie de l’amiiios.
Une hydropisie de l’amnios se renouvelle parfois chez les femmes dans plusieurs grossesses successives.
Presque toujours l’hydropisie de l’amuios cause la mort de l’enfant, elle cause quelquefois chez lui l’hydrocéphalie ou une ascite (Bunsen, Kill), l’avortement n’est pas rare.
L’hydropisie de l’amuios ne peut être confondue qu’avec l’ascite, mais dans l’hydropisie amniotique le ventre a presque la forme et le volume d’un utérus à terme, la fluctuation est obscure ; il y a du ballonement, point de soif, les urines sont normales et il n’y a de tumeur ombilicale que s’il y a uu peu d’ascite en même temps que l’hydropisie de l’amnios. —Dans l’ascite, au contraire, le ventre est ovale, la fluctuation est évidente, les intestins sont re- . foulés à l’épigastre, où il y a de la sonorité, tandis que dans l’hydro-amnios la sonorité existe encore dans les flancs comme pour les ky.stes de l’ovaire, la soif est vive, les urines rares et blanchâtres et l’utérus ne peut être senti.
La poche amniotique distendue par une hydropisie, peut se rompre spontanément, donner lieu à un écoulement abondant et répété de liquide amniotique (lugelby) et la grossesse continuer jusqu’à terme. Cependant il n’y a pas lien de confondre l’hydropisie de Tamnic^ avec l’hydrorrfiée. V. ce moL
Thérapeutique. — Dans tes cas d hjdropisie de ramnios, si fon soupçonne la diaUièse* syphninone chez la mère, on pourra donner Fiodure* de potâssiom à b dfleîe de 50 centigrammes par jour.
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La diète sèclie, les bains froids (Burns), n'ont pas d'efficacité démontrée.
Lorsque la maladie augmente sans cesse, on n’hésitera pas à faire la ponction des membranes avec une sonde. Pour cela, il faut observer les règles suivantes : il ne faut pas laisser le liquide s’écouler en une seule fois (Duclos), et il est plus avantageux de décoller les membranes avec une sonde et de les perforer au-dessus du col (Guillemot). Pour arriver sur la poche des eaux, si le col n’est pas entr’ouvert, on le dilatera avec l’éponge préparée ou avec les injections. V. Accouchemext prématuré.
C’est seulement quand le col est oblitéré que la ponction hypogastrique (Camper, Scarpa, Evrat) est autorisée, encore est-il préférable de ponctionner par le vagin (Gazeaux) pour dilater le col afin de le débrider ensuite en se guidant sur la ponction.
Si l’ascite co'ineide avec l’hydropisie de l’amnios, on ne s’occupera d’abord que de l’ascite, qui n’exige pas l’accouchement prématuré artificiel.
XVI. Hydrorrhée [Fausses eaux). — L’iiydrorrhée est un écoulement variable en abondance, qui se fait par le col de l’utérus, et qui est constitué par un liquide un peu jaune, limpide, laissant sur les linges des taches roides et ayant une odeur spermatique. L’hydrorrhée semble augmenter sous l’influence de causes morales.
Le liquide de l’hydrorrhée provient de la surface interne du col de l’utérus, ou du corps de cet organe décollé de l’amnios, et il peut s’accumuler quelquefois de façon à former une véritable poche (Nægele). Mais ce n’est pas là une transsudation des eaux à travers l’amnios (Baudelocque), une rupture de l’amnios (Mauriceau, Camper, Capuron). '
On peut prendre une hydrorrhée pour un commencement de travail, parce qu’il existe quelquefois de légères contractions utérines, mais on évitera l’erreur en se rappelant que l’écoulement de l’hydrorrhée n’a été précédé d’aucune douleur.
*.,* L’hydrorrhée ne produit Jamais rien de grave.
Thérapeutique, — Repos absolu pendant quinze joui’s et plus s’il est nécessaire. Prolonger le repos après la cessation de l’hydrorrhée. S’il y a de légères contractions utérines, on prescrira des lavements laudanisés. V. Accouchement.
Troubles du système nerveux.
XVIL Folie et manie des femmes enceintes (Marcé). — La folie des femmes enceintes peut être une manie hystérique ou une autre variété de manie, la lypémanie même (Burns). Cette folie est passagère, même quand il y a une disposition héréditaire.
Thérapeutique. — Il faut se borner à surveiller les malades et à faire mi traitement moral. Changer les malades de milieu.
XVIII. Poxalysie des setis. — L’amaurose est un accident de l’albuminurie ; — la surdité est très-rare, — dans plusieurs cas les paralysies des sens ne semblent se rattacher qu’à des phé-
nomènes nerveux, tenant de près ou de loin à l’hystérie.
XIX. Vertiges, éblouissements et syncopes. — Les syncopes, les vertiges, les éblouissements des femmes enceintes , se lient en général à un état nerveux, à de la chloro-anémie avec pléthore séreuse ou à de l’hystérie. V. Syncope.
Thérapeutique. — Pour prévenir le retour des syncopes, on donnera des préparations ferrugineuses, des toniques, le vin de quinquina van Swieten :
Vin d’Espagne . 1500 grammes.
Teinture de cannelle . 8 à 12 id.
(Hôp. de Paris.)
Quatre cuillerées par jour.
On donne encore de la tisane d’infusion de fleurs de pêcher (Chambon).
Lorsqu’ily a des phénomènes convulsifs hystériques, on ne les traitera pas autrement que les attaques ordinaires d’hystérie. V. Hystérie.
Si l’avortement menace de se produire, on prescrira de petites saignées, et des lavements laudanisés,
JLésions et maladies diverses.
XX. Relâchement des symphyses (Hippocrate). — L’infiltration séreuse des ligaments du bassin pendant la grossesse (Lenoir) favorise l’écartement des os iliaques et le relâchement des symphyses à un tel degré que les os du bassin s’écartent pendant les efforts que font les malades.
Dans le relâchement des symphyses, la marche est douloureuse, les efforts pendant lesquels les muscles de l’abdomen entrent eu jeu sont impossibles, et le travail de l’accouchement peut être retardé (Baudelocque) h cause de la douleur causée par l’écartement progressif des os. Cependant, malgré sa gravité, dans les cas de rétrécissement du bassin, le relâchement des symphyses doit être considéré comme un bienfait.
*,5,* Le relâchement des symphyses est long h se réparer, il peut être le point de départ d’une inflammation de l’articulation et des os.
Thérapeutique. Repos absolu; — il ne faut rien tenter avant l’accouchement, surtout si le bassin est rétréci ou s’il y a des tumeurs du petit bassin. Après l’accouchement on prescrira le repos, une ceinture de toile serrée autour du bassin, ou mieux, une ceinture d’acier de Martin (d’après le principe de Thomassin pour les luxations du bassin). — Prolonger le repos et le traitement jusqu’à guérison complète.
XXL Inflammation des symphyses du bassin (Hiller, Monod, Danyau). -— Des douleurs vives, lancinantes, limitées au niveau des articulations du bassin, redoublées par la pression, l’impossibilité de marcher, et quelquefois de la fièvre, indiquent une arthrite des symphyses sacro-iliaque et pubienne, — eu bien, i’inflamnïation s’arrête, ou bien elle s’étend et alors elle produit des nécroses, des abcès et consécutivement des fistules, comme les autres arthrites.
Thérapeutique. — Au moment de l'accouchement^ dans le cas d’inflammation violente, repos, cataplasmes, sangsues sur les parties malades. Contre les douleurs vives, opium et laudanum en potion. — Après raccouchement, il faudra instituer le traitement des arthrites aiguës^ et chroniques (V. Arthrite). — S’il y a des séquestres formes, on les extraira, soit après avoir agrandi les fistules par la dilatation avec la racine de gentiane, soit après avoir élargi les fistules, par la cautérisation à l’aide de la pâte au chlorui'e de zinc, ou par une incision. V. Ostéite, iSÉCROSE.
XXir. Douleurs abdominales, lombaires et inguinales, crampes. — Les douleurs existant pendant la grossesse, dans les aines et dans les reins, sont dues ou à des névralgies, ou à des contractions musculaires, irrégulières; les crampes sont des phénomènes d’un ordre voisin.
Thérapeutique. — On fera des frictions avec l’alcool ou l’huile de camomille camphrés, les baumes de Fioraventi ou Opodeldoch, sur les régions douloureuses. — On massera les muscles disposés aux crampes et l’on mettra sur les membres de petits bracelets de métal, de laiton ou de fer doux. — L’exercice et la distraction serviront à faire patienter les malades. !
XXIII. Prurit mluaire. — Le prurit vulvaire est quelquefois lié à des végétations, ailleurs il ne semble se rattacher à aucune lésion matérielle.
Le prurit vulvaire est tellement incommode que les démangeaisons ont été ciuelquefois la cause de véritables convulsions, ayant provoqué l’accouchement prématuré. Il n’est pas extraordinaire que le prurit vulvaire persiste après l’accouchement ; cependant il cesse presque toujours après la délivrance.
Thérapeutique. — Lotions de la vulve avec l’eau blanche froide ou avec de l’eau de feuilles de noyer, ou avec de l’eau de goudron, ou avec de l’eau de sublimé, 10 centigrammes par 300 grammes d’eau, avec la glycérine, — placer un linge enduit d’huile d’amandes douces entre les grandes lèvres.
Bains alcalins avec 150 à 200 grammes de carbonate de potasse.
Appliquer trois fois par jour, à l’aide d’une éponge, la solution :
Eau distillée . 250 grammes.
Borate de soude ........ 8 id.
Sulfate de morphine . 30 ceutigr.
(Meigs.)
La potion avec la liqueur arsénieaïe de Fowler, deux gouttes (Imbert Gom-beyre), quelquefois souveraine pour le prurit vulvaire en dehors de la grossesse, est dangereuse à employer. Il en est de même des préparations opiacées, ou des préparations de valériane, de jusquiame et de belladone.
On peut faire une petite saignée, s’il y a des rougeurs diffuses et des signes de congestion autres que les marques produites par les malades en se grattant, ce qui se reconnaît à des écorchures qui manquent tiTujours dans le premier cas.
Ou introduira dans le vagin des mèches enduites de la pommade :
Axonge . 60 grammît.
Extrait de ratanhia. ...... 4 à 6 id.
XXIV. Inflammations utérines. — La métfite et la métro-péritonite peuvent exister pendant la grossesse, et elles se manifestent comme la métrite postpuerpérale. V. Mêtrite.
XXV. Contractions de V utérus. — Le corps de l’utérus se contracte parfois douloureusement, et a des soubresauts et des secousses que l’on peut prendre pour les mouvements de l’eiifant ; cela pourrait faire croire à un commencement de travail, mais on ne jugera pas que l’accouchement soit proche quand le toucher du col indique une absence complète de dilatation.
Thérapeutique. — Repos, lavements laudanisés avec dix gouttes de laudanum; une petite saignée.
XXVI. Excitation de V utérus par les mouvements de l'enfant. — Les mouvements du fœtus volumineux et remuant, causent une excitation de l’utérus qui retentit sur l’organisme et entretiennent chez la femme un agacement nerveux c|ui la prive de tout sommeil.
Thérapeutique. — On ne peut que donner des calmants : les opiacés, en potion et en lavement. Une petite saignée est quelquefois utile.
Pour le rhumatisme utérin,, les hémorrhagies , les convulsions et le thrombus de la vulve. 'N . Rhumatisme DE l’utérüs. Hémorrhagies puerpérales. Éclampsie puerpérale. Insertion fausse du placexta, Dystocie par tumeurs de la vulve.
XXVII. Maladies diverses pendant la grossesse. Toutes les maladies (pneumonie, pleurésie, angine, fièvre typhoïde, choléra, variole, scarlatine, rougeole, syphilis, etc.) peuvent atteindre la femme grosse; — celles qui sont graves comme celles qui sont légères peuvent produire l’avortement ; — les maladies aiguës générales (variole, syphilis, etc.) sont parfois communiquées au fœtus.
Thérapeutique, - — Ou doit toujours éviter les moyens thérapeutiques actifs qui peuvent provoquer l’avortement, mais, en cas de danger, il faut traiter la maladie comme s’il n’y avait pas de grossesse. L’avortement peut produire une crise salutaire, mais d’autre part, l’accouchement chez une femme déjà malade peut être suivi d’accidents puerpéraux graves.
L’opération césarienne est une ressource ultime à proposer pour sauver la vie de l’enfant, quand tout espoir de sauver celle de la mère a été penlu ; alors il faut attendre l’agonie et n’opérer qu’au moment de la mort chez la mère.
XXVin. Maladie des yeux pendant la grossesse. — Pendant la grosses on trouve des amblyopies ou des amauroses, dufô à des cougâtions cérébrale qui font perdre la vue pendant une ou plusieurs semaines, des amaurose
albuminuriques: enfin des amauroses spéciales dues à une apoplexie rétinienne (V. Rétine). On reconnaît cette dernièi e maladie à l’apparition brusque de l’amaurose permettant encore de distingner le contour des objets un peu volumineux et empêchent d’en percevoir le centre.
Ces lésions peuvent se reproduire à chaque grossesse.
Thérapeutique. — On devra traiter les phénomènes congestifs par des médications locales, quelques sangsues ou des ventouses à la nuque, derrière les oreilles, par les frictions sur les tempes avec l’huile de camomille camphrée. Le repos, l’exercice au grand air sont bons à employer.
Plus tard, après l’accouchement, on traitera la maladie si elle n’a pas guéri seule. V. Amaurose, Éclampsie puerpérale, Rétixe.
Grossesse dans les cas de déplacement primitif de l’ utérus, ou avec déplacement secondaire de cet organe.
I. Prolapsus utérin. — Le prolapsus utérin se produit brusquement ou n’est que l’exagération d’un prolapsus existant avant la grossesse. Dans ces circonstances, le col descend et l’utérus se développe dans le petit bassin, surtout si le bassin est large.
Avec le prolapsus utérin, il y a souvent une rétention d’urine très-prononcée.
Lorsqu’il y a prolapsus incomplet, l’utérus remonte dans l’abdomen; mais, au contraire, s’il est complet, l’utérus descend et se développe à la vulve. V. Dystocie.
Thérapeutique. — On tentera de réduire le prolapsus avec la main et l’on tiendra les malades au lit. — Le pessaire est inutile et provoque l’avortement (Gazeaux). — Si la réduction est impossible, soutenir | l’utérus avec un bandage de toile et faire garder le repos absolu au lit.
Les femmes qui ont un prolapsus et qui dcvieiiiient enceintes, doivent rester couchées jusqu’au cinquième mois, — pour obtenir que le prolapsus ne reparaisse pas à une autre grossesse, il faut que la malade reste couchée deux mois après l’accouchement.
II. Rétroversion de Vutérus. ■ — • La rétroversion de Tutérus se produit à toutes les épo ques de la grossesse, mais de préférence au troisième mois (Nægele) ; elle a lieu progressivement ou brusquement; une chute, un effort, la constipation, causent souvent la rétroversion.
Lorsque la rétroversion est peu marquée, il n’y a que quelques tiraillements dans les aines; lorsque le déplacement est étendu il y a du ténesme anal, un véritable obstacle au cours des matières et la vessie est comprimée. — Par le loucher le doigt sent le corps de l’utérus, dont le col est caché en avant, à moins qu’il n’y ait rétrotlexion ; le périnée est quelquefois gonflé, saillant.
Il y a d’ordinaire une métrite légère avec déplacements utérins, et à la longue l’inflara-
GRÜS
matioii devient une chose .sérieuse, car l’avortement spontané a lieu et est d’autant plus .grave que la grosse.sse est plus avancée.
La rétroversion est quekfucfois combinée avec un prolapsus ^(Martin, de Lyon).
On ne confondra pas la rétroversion avec l’antéflexion, parce que le fond de l’ utérus est sur le sacrum dans la rétroversion, et n’est point senti par le palper abdominal. — Le prolapsus simple ne peut être pris pour une antéversion, à cause de la présence du col à la vulve dans le premier' cas, et de sa situation normale dans le cas de rétroversion.
Thérapeutique. — Réduire l’utérus. Pour cela, après avoir vidé le rectum et la vessie, les doigts portés dans le vagin repoussent le corps de l’utérus en haut, on cherche à ramener le col de l’utérus dans l’axe du bassin ; ensuite, pour favoriser la réduction, on fait placer la femme les mains appuyées à terre, les cuisses restant sur le lit (Godefroy). L’utérus étant remis en place, la malade doit rester couchée jusqu’au sixième mois de la grossesse.
Des obstacles peuvent se présenter et contrai-ier les manœuvres, — si l’on n’a pas pu vider le rectum par les lavements, on donnera un purgatif ; — si l’introduction de la main est douloureuse, on donnera de grands bains, on fera des injections émollientes, — au besoin on fera une saignée abondante (Devvees).
Si la réduction avec la main est impossible, ou pourra tenter de repousser l’utérus avec un ballon de caoutchouc placé dans le rectum ou dans le culde-sac postérieur du vagin et l’utérus, ballon que l’on emplira d’air progressivement (Halpin).
Ou bien à l’aide d’une tige rembourrée, on repoussera l’utérus par le rectum, en même temps que l’on attirera le col pour le pousser en bas et en arrière (Évrat).
Ou bien, avec deux doigts introduits dans le rectum, on repoussera le corps de l’utérus et l’on se fera pousser le coude par un aide pour avoir plus tic force (Amussat) .
Après la réduction de l’utérus, les malades garderont le repos jusqu’au sixième mois de la grossesse. On entretiendra la liberté du ventre par des lavements huileux et salés. Les femmes devront éviter tout effort pour aller à la selle.
Contre l’incoutinencc d’urine qui résulte de la cessation de la compression du col de l’utérus sur le col de la vessie, on emploiera les affusions froides, les petits vésicatoires volants sm- le bas-ventre (V. Ixcox- TiXEX’CE d’urixe) . Les bains de Baréges, les eaux minérales de Balaruc, ou une autre eau alcabne quelconque, seront d’une certaine utilité.
S’il est absolument impossible de réduire la matrice, l’avortement provoqué est indiqué. Autant que possible, il faudra faire la ponction de l’œuf paile col, la ponction à travers le vagin ou le rectum est une ressource désespérée.
La symphyséotomie (Gardien) pour faciliter le développement de l’utérus est une opération qu’il faut rejeter.
III. Antéversion (Chopart, M™” Boivin, Ashwell). — L’antéversion se produit quelquefois au commencement de la grossesse et elle
disparaît vers le sixième mois environ, mais le plus souvent elle apparaît vers la fin de la grossesse.
Les besoins fréquents d’uriner, mais plus souvent la rareté des urines et la strangurie par suite de la compression de la vessie et l’oblitération incomplète des uretères ; la distension de la paroi abdominale poussée en avant, l’impossibilité de la marche, la sensation du col utérin à sa place perçue par le toucher vaginal, caractérisent l’antéversion.
Thérapeutique. — Il faut prescrire le décubitus dorsal; faire quelques tentatives de réduction, mais ne pas insister. — Ou placera une ceinture abdominale de caoutchouc ou de coutil lacé, et on la soutiendra avec des bretelles, si le ventre est en besace.
Grossesse extra-utérine. Qu’elle SOit produite SOUS l’influence d’une émotion morale ou d’un traumatisme au moment de l’imprégnation, la grossesse extra-utérine coïncide avec une déformation de la trompe utérine, une ouverture agrandie du pavillon accessoire (G. Richard), ou avec une oblitération de la trompe (Smellie, Breschcl), ou au moins un rétrécissement.
Le produit de la conception se développe : 4“ dans l’ovaire (Bœhmer) ou sur l’ovaire, grossesse ovarique interne et externe, ou ovo-abdorninale; — 2° entre les feuillets de l’aileron, moyen du ligament large, grossesse sous-péritonéo- pelvienne (Deizeimeris) ; — 3° dans la trompe, au niveau du pavillon qui s’accole à l’ovaire, grossesse tubo-ovarienne ; dans le pavillon de la trompe demeuré libre, grossesse tuboabdominale; dans la trompe, grossesse tubaire; dans la portion de la trompe qui traverse l’utérus, grossesse tubo-interslitielle ; — dans la paroi utérine, au niveau de l’orifice de la trompe, grossesse utéro-interstitielle, grossesse utérotubaire; dans un point quelconque de la cavité abdominale, au voisinage de l’ovaire et du pavillon de la trompe, grossesse abdominale.-
La grossesse abdominale est primitive ou est le résultat de la chute de l’œuf dans la cavité abdominale. Il y a des cas où le placenta était inséré dans l’utérus, tandis que le fœtus était situé dans la cavité abdominale, le cordon passait dans la trompe (Patuna, Hunier, Hoffmeister).
Quel que soit le point où l’œuf germe, qu’U s’implante sur les muqueuses ou sur le péritoine, le placenta se développe et s’unit aux vaiæeaux maternels.
La grossesse tubo-interstideUe et la grossesse utéro-interstitielle sont possibles et peuvent être terminées par un accouchement régulier. Hors ces cas il est excessivement rare que le fœtus vive au delà de sept mois, quoique l’on ail trouvé des débris de fœtus in^quant qnll ait dû vivre plus de neuf mois.
Pendant la grossesse extra-utérine l’utérus se développe, devient turgescent; il y a quelquefois une membrane caduque (Cazeaux), mais ce n’est pas une règle (Velpeau) ; la sécrétion lactée s’établit et dure quelquefois un temps très-long.
On reconnaît la grossesse extra-utérine aux signes rationnels de la grossesse, suppression des règles, sécrétion du lait, troubles digestifs, et plus tard aux mouvements actife du fœtus et aux bruits de son cœur. On reconnaît que la grossesse est extra-utérine, parce que l’utérus est senti vide, par le toucher vaginal combiné au palper abdominal; le col de l’utérus, petit, se déplace en divers sens, et remonte, surtout dans les cas où le fœtus se développe dans le petit bassin.
Au cinquième mois de la grossesse, l’on sent sur les parties latérales de l’utérus une tumeur irrégulière à travers laquelle on distingue les diverses parties, du fœtus, en même temps que l’on constate l’état de vacuité de l’utérus,
A moins qu’il n’y ait à la fois une grossesse utérine et une grossesse extra-utérine, ce qui est possible, les signes précédents sont pathognomoniques.
On ne confondra pas la grossesse extrautérine avec une môle , quand on sentira les mouvements actifs du fœtus, et quand on aura reconnu l’existence des battements redoublés de son cœur.
Du septième au neuvième mois l’utérus est le siège de douleurs semblables à celles qui existent dans l’accoucbement normal ; elles coïncident souvent avec la rupture du kyste, et lorsque le kyste persiste elles se renouvellent à des intervalles irréguliers.
Il y a deux terminaisons de la grossesse extra-utérine, la rupture du kyste et la transformation du kyste dans une membrane d’enveloppe accessoire.
Loi-sque le kyste se rompt le fœtus meurt, , une hémorrhagie abdominale abondante a lieu, et les malades meurent d’bémorrhagie interne ou d’une péritonite aiguë consécutive, à moins que la péritonite ne se locabse et ne se transforme eu une péritonite enkystée, qui se comporte comme un kyste et finit par se vider dans les cavités voisines.
\* Lorsque le fœtus est mort le kyste cesse de se développer, la circulation se ralentit dans ses parois qui s épaisi^ut, le placenta s’atrophie et il se forme un véritable kyste qui gène les fonctions au point de néce^iter une opération. Le kyste peut rester stationnaire pendant des années, et il y a même des cas où Ic-s douleurs utérines reviennent tous les ans et où la sécrétion du lait s’est établie d’une façon permanente.
Le kyste permanent consécutif à une
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grossesse eslra-utérioe, ne ressemble pas à une bématocèle rélro-ütérine (V. HémaTocèle réïro-uxéru^e), — il ne peut pas être confondu avec des corps fibreux de l’utérus qui s’accompagnent de métrorrhagies et qui sont réguliers et globuleux, car la grossesse extra-utérine est irrégulière, et les antécédents de la malade indiquent toujours, à un moment donné, la présomption d’une grossesse.
Les kystes gélatineux ou multiloculaires des ovaires se développent rapidement, ils sont lobulés, s’accompagnent quelquefois de suppression des règles, mais jamais de sécrétion lactée, et l’on a encore la possibilité de rechercher dans les antécédents le caractère d’une grossesse extra-utérine. Une ponction exploratrice, en cas de doute, n’est pas contre-indiquée s’il est|nécessaire d’agir promptement. V. OvAlRES (Kystes