LANG
l’absence d’une partie de l’oi-gane prêtent aux mêmes considérations, mais ici l’éducation doit être faite d’une façon toute spéciale. V. AiSKY- LOGLOSSE.
V. Antlü'ax ou charbon de la langue. — Phlegmon gangréneux. — Le contact du virus de la pustule maligne ou du virus charbonneux sur la langue peut y causer un anthrax (Bresschet, Finot), à marche rapide et accompagné des symptômes d’une glossite avec prompte transformation gangréneuse.
Les symptômes d’infection compliquent fréquemment l’anthrax de la langue ou glossan thrax.
Thérapeutique. — Gargarismes émollients, additionnés d’alcool camphré, de coaltar saponiné ou d’acide phénique; larges incisions sur la langue, et dans les cas où il est évident que l’anthrax est dû au contact du virus charbonneux, cautérisations profondes dans les incisions avec le fer rouge, ou la pâte au chlorure de zinc laissée deux à huit heures en place.
Langne (TUMEURS DE LA).
I. Tumeurs érectiles. — Les tumeui’s érectiles de la langue se développent à la superficie de la langue ou dans son épaisseur ; elles sont toutes congénitales, elles ont la couleur de fraise ou de framboise, et sont pulsatiles et surtout ré • ductibles. A la ponction ou après une excoriation, elles donnent issue à du sang vermeil. Les lumeurs érectiles sous-muqueuses sont bleuâtres, réductibles, peu pulsatiles, et sont moins sujettes aux hémorragies, que les tumeurs érectiles superficielles.
Thérapeutique. — Les petites lumeurs érectiles superficielles seront cautérisées avec le fer rouge. Celles qui sont plus volumineuses et limitées-seront enlevées avec l’écraseur linéaire. Les tumeurs profondes franchement pulsatiles seront traitées par la cautérisation interstitielle avec le fer à pointe. V. Érectiles (Tcmecrs). Les tumeurs à accroissement lent ne seront pas touchées. Lorsque toute la langue est prise, lorsqu’il y a des hémorrhagies répétées, les ligatures des artères linguales et des deux artères carotides externes sont, proposables, malgré leurs dangers. Les injections coagulantes peuvent aussi réussir.
II. Varices de la langue. — Les tumeurs érectiles, dites veineuses, véritablement acquises vers la seconde moitié de la vie, sont des varices contre lesquelles aucun traitement ne doit être tenté, si ce n’est le traitement par les injections coagulantes, mais ce traitement est plus dangereux que le mal. \. Grenoutllette sanguine.
III. Hypertrophie de la langue, glossocèle. — Congénitale ou acquise (Lassus), î’hypertropliie de la langue est caractérisée par uneaug-' meutation de toutes les parties qui constituent la langue, et principalement du tissu musculaire et fibreux, dont les éléments se sont multipliés.
V On reconneîL l’hypertrophie de la langue
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chez les adultes à l’écartement des arcades dentaires et à la saillie de la langue au dehors. Chez les enfants la bouche entr’ouverte laisse passer constamment la langue.
*,5,* Dans l’hypertrophie de la langue, la pointe de la langue, toujours à découvert, prend une teinte jaunâtre, se recouvre d’excoriations, le volume de l’organe et sa projection en avant dévient les dents et il y a un écoulement continuel de salive. Chez quelques malades, la tumeur de la langue tend à sortir de la bouche et quelquefois fait remonter l’os hyoïde. Le mal est toujours indolent et se développe avec lenteur, ce qui, avec le volume de l’organe et l’absence d’induration dans son épaisseur empêcheront de croire h des tumeurs fibreuses ou à un cancer.
Thérapeutique. — Comme chez les enfants, la tendance à sucer la langue est une cause favorable h l’hypertrophie, il faut empêcher celte propension, en donnant aux enfants une nourrice dont le bout de sein est très-gros (Boyer),ou pousser à l’aide d’un biberon à pompe le lait avec force dans la bouche, afin de solliciter un effort modérateur de la part de l’enfant et en vertu duquel la langue rentre dans la bouche.
Si la langue hypertrophiée est déjà sortie et reste sortie , on pourra placer sur la portion sortie des substances d’un goût désagréable, telles que l’alun, la gentiane, la rhubarbe ; — on pourra exercer une compression sur la langue avec une plaque de caoutchouc et un bandage roulé ou un bandage à ressort; mais il ne faut pas trop compter sur èes moyens.
Quand la langue est volumineuse, il vaut mieux opérer tout de suite; pour cela, ou traversera la langue avec une aiguille enfilée d’un fil double ; deux chaînes à écrascur linéaire seront passés, et on les placera de façon à enlever un lambeau en forme de V, comprenant toute la portion sortie de la langue. On ne mettra pas moins d’une demi-heure à opérer la section, les deux écraseurs étant manœuvrés ensemble. On ne fera aucune réunion, on lavera la plaie avec un pinceau de charpie imbibée d’eau froide. Les grandes personnes se gargariseront plusieurs fois dans la journée. Gi, malgré ces précautions, une hémorrhagie survient, on tordra les vaisseaux; si l’hémorrhagie se fait en nappe, on touchera les surfaces saignantes avec un tampon de charpie trempé dans le perchlorure de fer à 30°, et bien exprimé. En dernier lieu, si l’hémorrhagie ne s’arrête pas, on cautérisera avec le fer rouge.
On maintiendra les dents ébranlées, s’il y a lieu, avec des fils d'or ou d’argent ou des gouttières métalliques; — immobiliser la mâchoire, enlever une molaire pour nourrir les malades, est une mauvaise pratique, comparée au redressement des dents avec les fils et les gouttières.
IV. Tumeurs fibreuses ou fibromes de la langue. — Une hypertrophie partielle, avec multiplication du tissu fibreux seul,- constitue la tumeur fibreuse de la langue (Notta, A. Richard). C’est là sans doute un protluit organisé consécutif à une inllaminatioa localisée.
Une tumeur fibreuse est caractérisée par un uoyau dur, indolent, développée lentement,
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sans lésion de la muqueuse, sans retentissement sur les ganglions sous-maxillaires.
%* On ne confondra pas les fibromes de la langue avec le cancer, parce que ce dernier marche vite, et parce que la muqueuse s’altère rapidement ; — les engorgements syphilitiques seront reconnus par l’action du traitement antisyphilitique.
Thérapeutique. — Les tumeurs fibreuses qui restent petites et qui ne s’accroissent pas, ne doivent pas être touchées J les tumeurs volumineuses seront enlevées comme les tumeurs cancéreuses; mais avant d’opérer, ou soumettra les malades au traitement antisyphilitique, et c’est deux mois seulement après que l’on devra opérer. La lenteur de la marche des fibromes permet cette temporisation.
V. Ulcères chroniques de la langue. — Engorgements in flammatoires chroniques simples. ■^Quelquefois, à la suite d’une glossite, le plus souvent après des excoriations produites par des dents cariées, irrégulièrement brisées, un engorgement avec érosion de la langue se montre aux points où il y. a eu un abcès pendant une glossite, ou une ulcération sur les bords de l’organe.
On reconnaît les engorgements chroniques de la langue à des tumeurs dures, irrégulières, ulcérées, laissant écouler une sérosité non fétide et causant quelques cuissons et des engorgements, des ganglions sous-maxillaires,— la connaissance d’uüe glossite, dans les antécédents du malade, le siège de la tumeur en face d’une dent cariée, et la diminution des accidents après l’expulsion de la mauvaise dent, ne permettent pas de croire à un cancer.
Thérapeutique. — Les gargarismes d’eau de guimauve et additionnés d’alun sont d’un bon usage dans les ulcères chroniques de la langue. On pourra couvrir l’ulcération une fois par jour d’une poudre composée de sucre pulvérisé et d’alun en poudre à parties égales. On enlèvera les mauvaises dents qui irritent la langue.
Les lotions avec le chlorate de potasse peuvent être substituées aux topiques aluminés.
VI. Plaques muqueuses de la langue. — Les plaques muqueuses de la langue, qu’elles soient gagnées par contact ou par suite d’une stomatite syphilitique secondaire sont caractérisées par (les taches rouges multiples constituées par une érosion de la muqueuse et une sorte d’é levure du derme qui est mou et conmie fongueux. Aucune maladie ne peut être confondue avec les plaques muqueuses de la langue, si ce n’est la glossite érythémateuse, mais celle-ci est toujours générale ou ne tarde pas à se généraliser, tandis que les plaques muqueuses sont limitées à une portion de l’organe.
Thérapeutique. — Outre le traitement antisyphilitique de mercure administré à rintérieur, on fera un traitement local 3 les plaques muqueuses seront cautérisées avec le nitrate d’argent, ou si cette cau-