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ARTÈRES DE LA FACE ET DE LA TÈTE

Ligature de l’artère linguale. Pour lier l’artère linguale, incision de 5 centimètres à un travers de doigt au-dessous du rebord de la mâchoire inférieure et parallèle à la grande corne de l’os thyroïde sentie sous la peau ; section couche par couche de la peau du muscle peaucier, de l’aponévrose. Lorsqu’on est arrivé sur la glande sous- maxillaire, on la relève et l’on aperçoit alors le tendon du muscle digastrique '; on incise avec précaution l’aponévrose et l’on trouve en ax’ricre le nerf grand hypoglosse, en avant le muscle mylohyoïdien. Gri incise les fibres les plus postérieures du muscle et l’on trouve au-dessous d’elles l’artère linguale, qu’on lie au moyen de l’aiguille de Deschamps.

Ligature de l’artère sous-clavière, a. Pour lier l’artère sous-clavièi e entre les scalènes, incision allant du bord antérieur du sterno-masto'idien jusqu’à 1 ceii

Fig. 329. — Ligatnre Je la soiis-clavlèi-e en dehors des sealèues.

— A. S. C. Artère sous-clavière. — A. C. S. Artère cervicale superficielle et capsulaire communes. — V. J. Veine jugulaire.

— N. C. S. Nerfs cervicaux superficiels. — p. C. Plexus cervical.

limètre en avant du bord antérieur du muscle trapèze, couper le faisceau claviculaire du muscle steruo-

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mastoïdien, puis le scalèue autérieur, et éviter, en sectionnant ce dernier muscle, de couper le nerf phrénique. Chercher l’artère sur la côte.

b. Pour lier l’artère sous-clavière en dehors des scalènes, incision parallèle à la clavicule et 1 centimètre au-dessus d’elle, allant du bord postérieur du sternocléido-mastoïdien au bord antérieur du trapèze ; éviter d’ouvrir la veine'ju^laire, et, s’il se peut, éviter de couper les branches superficielles émanant du plexus cervical. Chercher le tubercule de la première côte, déchirer à ce niveau les aponévroses superficielles avec la sonde cannelée ; chercher l’artère sur la première côte et sous les nerfs (fig. 329).

Ligature de V artère axillaire. — a. Pour lier l’artère axillaire dans l’aisselle, écarter le bras à angle droit' avec le tronc ; incision parallèle au bord du tendon du muscle grand pectoral, incision de ^aponé^TOse sur la sonde cannelée, chercher les deux racines du nerf médian, l’artère est au milieu un peu plus profonde ; charger l’artère de dedans en dehors pour éviter de toucher la veine qui est en dedans.

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Fig. 330. — Ligature de l’artère axillaire dans l’aissèlle. — M, N. M, M. Racines du nerf médian. — Y. Veine.

b. Pour lier l’artère axillaire sous la clavicule (procédé peu employé), incision de 8 centimètres, à 1 centimètre au-dessous de la clavicule et parallèle à cet os ; incision du muscle grand pectoral dans la direction des fibres du muscle, incision de l’aponévrose sur la sonde cannelée, déchirer avec cet instrument le tissu cellulaire, lier les artères divisées, chercher l’artère axillaire sous les nerfs en écartant la veine en bas et en faisant élever l’articulation de l’épaule par un aide qui pousse le bras de bas en haut et relève ainsi le moignon de l’épaule.

Ligature de V artère humérale, a. Pour lier l’artère humérale, incision sur le trajet du bord interne du muscle biceps, chercher le nerf médian ; l’artère, entourée de ses veines satellites, se trouve au-dessous ; éviter de dénuder l’artère et le nerf dans une trop grande étendue.

b. Pour lier l’artère humérale au pli du coude, placer l’avant-bras en demi-flexion snr le bras, inciser suivant une ligne parallèle à la veine médiane basilique, éviter de blesser cette veine dans l’incision de la peau, repousser la veine en dehors, chercher le bord de l’expansion aponévrotique du biceps, inciser l’aponévrose et le tissu cellulaire sur la sonde cannelée et charger l’artère. Quelquefois on trouve une artère très-petite ; dans ces cas, cela tient à ce que l’on rencontre l’artère radiale, l’humérale étant divisée prématurément au niveau du tiers inférieur du bras.

TJgahire de Larfère radiale. — a. Pour lier l’ar-

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tère radiale au tiers- supérieur, incision de 6 centimètres au tiers supérieur de l’avant-bras suivant une ligne étendue de la partie supérieure du bras sommet de l’apophyse styloïdc du radius.

Fig. 331. — Ligature des artères de l’avant-bras. — 1. Ligature' de l’artère radiale au tiers supérieur. — A. Artère. — B. Gaine ronde. — C, Grand palmaire. — 2. Ligature de l’artère radiale au poignet. — D. Artère. — 3. Ligature de l’artère cubital au tiers supérieur. — H. Nerf. — I. Artère. — 4. Ligature de l’artère cubital au poignet. — L. Artère. — K. Nerf cubital (Alph. Guérin).

Inciser avec la sonde cannelée l’aponévrose qui sépare le grand palmaire du long supinateur, audessous duquel se trouve l’artère. Quelquefois l’artère est plus profondément située. On arrive alors au niveau du nerf médian que l’on aperçoit, et l’on cherche en dedans de lui.

b. Pour lier au-dessous du tiers moyen, on doit inciser la peau avec la plus grande précaution. L’artère radiale devient superficielle. Il faut inciser la peau par transfixion et ne rien couper sans la sonde cannelée.

c. Pour lier l’artère radiale au niveau du poignet , on fait fléchir fortement le pouce et le métacarpien, puis ou pratique une incision de 3 centimètres parallèle au court extenseur du pouce. On incise sur la sonde cannelée le plan celluleux superficiel et l’on écarte les nerfs et les veines pour arriver jusque sur l’artère. Un des écueils de cette ligature est de blesser l’artère en incisant la peau.

Ligature de l'artère cubitale. — a. Pour lier l’ai-tère cubitale au tiers moyen, incision de 5 centimètres, commençant à trois travers de doigt au-dessous du coude, siiivant une ligne étendue de l’épitrochlée à l’apophyse styloïde du cubitus ; chercher l’interstice du fléchisseur sublime et du cubital antérieur, décoller les deux muscles avec le doigt ; chercher le

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nerf cubital, l’artère est en dedans au milieu de ses

veines satellites.

b. Pour lier l’artère cubitale au-dessus du poignet, incision de 5 centimètres suivant le trajet du muscle cubital antérieur; inciser les feuillets aponévrotiques sur la sonde cannelée, l’artère est au-dessous.

c. Pour lier l’artère cubitale en dehors du pisiforme, incision de 4 centimètres dans la direction du quatrième espace interosseux et ayant sa partie supérieure sur le pli articulaire du poignet; la peau est divisée, puis le ligament annulaire antérieur du carpe ; l’artère est au-dessous et plus rapprochée de l’axe de la main que le nerf cubital.

Ligature de l’aorte (A. Cooper). Pour lier l’aorte, incision de 10 centimètres sur la ligne blanche, ayant sa partie moyenne sur l’ombilic, ouverture du péritoine, écarter les intestins, déchirer avec la sonde cannelée le feuillet du mésentère qui passe au devant de l’artère, passer sous l’artère une aiguille de Deschamps de droite à gauche. Lier.

On peut aussi ouvrir l’abdomen en incisant sur le flanc gauche, décoller le péritoine jusque sur l’aorte (Murray). Ce procédé semble préférable ; il n’a pas été toutefois appliqué sur le vivant.

Ligature de l’artère iligque primitive (V. Mott, Crompton). Pour lier Lartère iliaque primitive, incision courbe de 20 centimètres partant du niveau de l’anneau interne du canal inguinal et allant jusqu’au dessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure, incision des muscles et des aponévroses couche . par couche ; on liera les artères à mesure qu’elles seront ouvertes ; décoller le péritoine avec le doigt et suivre l’artère iliaque externe. Lorsqu’on rencontre l’urètère, éviter de froisser ce conduit ; découvrir l’artère ; charger l’artère de dedans en dehors et lier 2 centimètres au-dessous de la bifurcation de l’aorte.

Ligature de l’artère iliaque externe (Abernethy). Pour lier l’artère iliaque externe, incision courbe parallèle au ligament de Poupart, dans une étendue de 8 centimètres (Bogros), ou incision parallèle au trajet de l’artère (Abernethy, A. Cooper, Malgaigne), disséquer couche par couche, lier les artères à mesure qu’elles se, présenteront, décoller le péritoine en suivant le psoas, chercher où il y a des battements artériels, dénuder l’artère dans une étendue de 1 centimètre, lier en passant le fil de dedans en dehors.

Ligature de l’artère iliaque interne (Stewens). Pour lier l’artère iliaque interne, même incision que pour lier l’iliaque externe (Anderson), ou mieux incision parallèle à l’artère épigastrique. Il faut cher-^ cher plus profondément que lorsqu’on cherche l’iliaque externe ; on passe la ligature 1 centimètre au moins au-dessous de l’origine de l’artère, à partir de l’iliaque primitive.

Ligature de l’artère fémorale (JÂ. A. Séverin, Bot- ] tentuit, Hunter, Scarpa). — a. Pour lier l’artère fémorale à la partie supérieure, incision de 6 à 8 centimètres, suivant la bissectrice de l’angle inférieur du triangle de Scarpa; incision couche par couche du fascia cribriformis ; éviter de couper les ganglions et d’intéresser la veine saphène, chaîner l’artère de dedans en dehors. Cette ligature réussit rarement, le voisinage de l’artère fémorale profonde empêche la formation d’im caillot.

è. Pour lier l’artère fémorale au tiers moyen, on place le membre dans la demi-flexion ; incision au tiers moyen de la jambe dans une étendue de 7 cen-

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timètres et dans la direction d’une ligne étendue du milieu du ligament de Fallope à la partie saillante, en dedans du genou, du condyle interne du fémur ; découvrir le muscle couturier, inciser son aponévrose sur la sonde cannelée, porter le muscle en dedans ou en dehors, inciser la gaine du vaisseau, cherl cher l’artère et charger de dedans en dehors.

Fig. 332. — Ligature de l’iliaque interne et de la fémorale.

■ (Alph. Guérin.)

C. Pour lier l’artère fémorale au niveau de Vanneau du troisième adducteur, position du membre et incision de la peau dirigée comme pour la ligature au tiers moyen ; incision longue de 7 centimètres et finissant à trois travers de doigt au-dessous du genou; inciser l’aponévrose passant du couturier au vaste interne, écarter en dedans le couturier, chercher le tendon du troisième adducteur et le nerf saphène à sa sortie à travers l’anneau du troisième adducteur ; introduire la sonde cannelée par le trou de sortie du j nerf, inciser l’anneau sur la sonde cannelée. L’artère découverte sera chargée de dehors en dedans.

Ligature de Vartère poplitée. Pour lier l’artère poplitée à la partie supérieure, le malade étant couché sur le ventre et la jambe étant étendue, incision verticale allant du milieu du creux poplité vers la saillie des muscles droit interne et demi-tendineux. Au haut du jarret on découvre le troisième adducteur, on cherche, au milieu du tissu adipeux de dehors en dedans, le nerf, la veine, puis l’artère, ou bien on cherche, à partir du bord du tendon du demitendineux, c’est-à-dire de dedans en dehors, et ce que l’on rencontre en premier lieu, c’est l’artère. On incise la gaine et l’on place une ligature .

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Pour lier l’artère poplitée à k partie inférieure, même poâtion que précédemment, incision de 8 centimètres un peu en dehors de la ligne médiane du jarret et commençant en haut, en-viron à 1 centimètre au-dessus de l’interligne articukire, afin de ne point couper la veine saphène pendant l’incision de la peau ; fléchir un peu la jamhe pour détendre l’artère ; chercher l’artère dans le tissu adipeux, soit en allant de dedans en dehors, à partir du tendon du demi-tendineux, soit en allant de dehors en dedans et en rencontrant d’abord le nerf, puis la veine et enfin l’artère. Le premier mode opératoire est meilleur.

Ligature de l’artère tibiale antérieure. Pour lier l'artère tibiale antérieure à la partie moyenne, incision de 6 à 10 centimètres à un travers de doigt de la crête du tibia, chercher à préciser le premier interstice musculaire à partir de l’os, en faisant au besoin étendre le pied par le malade (les muscles font saillie et l’on voit mieux l’interstice musculaire); débrider, s’il est nécessaire, transversalement l’aponévrose, écarter les muscles avec le doigt, chercher l'artère entre les deux veines satellites croisées par le nerf tibial antérieur.

Ligature de V artère tibiale 'postérieure. — a. Pour lier l’artère tibiale h la partie supérieure de lajambc, la jambe est fléchie sur la cuisse, on fait une incision de 10 centimètres parallèle au bord interne du tibia; on évite la veine saphène interne, on fait une incision cruciale sur l’aponévrose; on porte le jumeau interne en dehors ; on lie les artères jumelles si elles ont été ouvertes ; on incise l’aponévrose profonde sur la sonde cannelée, on cherche au-dessous d'elle, on charge l’artère avec une aiguille de Deschamps.

b. Pour lier l’artère tibiale postérieure à la partie moyenne de la jambe, incision de 8 centimètres ^ un travers de doigt du bord interne du tibia, incision de l’aponévrose du jumeau interne et du muscle soléaire; couper sur la sonde cannelée l’aponévrose profonde, loin de l’insertion osseuse. Pour ne pas ouvrir la gaine du fléchisseur des orteils, chercher l’artère de dedans au dehors, en se rappelant que le nerf est plus en dehors, c’est-à-dire plus profond par rapport à la position dans laquelle le membre est placé pour faire la ligature.

c. Pour lier l’artère tibiale postérieure dennère la malléole interne, incision de 5 centimètres à égale distance de la malléole interne et du tendon d’AchUle et parallèle à l’axe de la jambe, incision de l’aponévTose et du tissu cellulaire sur la sonde cannelée, chercher l’artère en écartant les fibres du tissu cellulo^aisseux, le nerf est en ai*rière, et si on le met à nu, on cherchera l’artère en avant.

Ligature de P artère péronière. Cette ligature n’a été faite qu’une fois sur le vivant. Voici les règles : incision de 10 centimètres le long du bord postérieur du péroné au tiers supérieur, écarter ou inciser les fibres du jumeau externe, inciser sur la sonde cannelée l’aponévTOse profonde, chercher l’artère entre les deux veines satellites. Si l’on découvTe le nerf tibial postérieur, on a été trop loin, l’artère est au moins 2 centimètres en dehors.

Ligature de rartère pédieuse. Poxir lier l’artère pédieuse, incision de 6 centimètres dirigée suivant ^ une ligne partant du milieu de l’espace intermalléolaire et passant par le milieu du premier espace intermétacarpien au sommet duquel l’incision doit être j

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terminée ; inciser une première aponévrose sur là sonde cannelée, éviter de couper le nerf tibial antérieur, inciser ime seconde aponévrose en se guidant sur le bord interne du muscle pédieux, isoler l’artère avec un stylet cannelé; lier.

Ligature de V artère fessière et de l’ischiatique. V. Axéyetsmes des artères fessièré et ischiatique.

liigafare des artères dans les plaies. Pont lier une artère dans une plaie, on fait écarter les lèvres de la plaie avec deux érigues mousses ; un aide comprime le tronc de l’artère principale de la région, et •le chirurgien étanche le sang avec ime éponge imbibée d’eau glacée. Lorsque le vaisseau est découvert, l’opérateur le saisit avec une pince à arrêt et un aide appose la ligature. Si le vaisseau ne peut être saisi avec la pince, on se sert d’un ténaculum qui est engagé dans l’épaisseur des tissus où est l’artère et l’on fait une ligature en masse.

Pour lier avec le ténaculum, voici comment on procède. Le chirurgien traverse une portion de tissus comprenant l’artère, l’aide passe un fil au-dessous du ténaculum et serre, puis le chirurgien commence à retirer l’instrument pendant que l’aide serre avec force. Lorsque le ténaculum est près de sortir des parties qu’il a traversées, le chirurgien achève de le retirer d’un seul coup.

Au lieu de se servir d’un ténaculum, on peut employer la pince à mors coniques de Lüer ou la pince à points d’arrêts à mors coniques de Charrière. On saisit l’artère, l’aide passe sa ligature autour des mors de la pince et serre ; l’anse qui doit lier l’artère glisse jusque sur ce vaisseau en descendant sur les mors coniques de la pince.

Enfin on a quelquefois recours à Vacupressure (Simpson). Tl y a plusieurs sortes d’acupressures.

L’acupressure par trausfixion se fait par le moyen d’une aiguille qui traverse l’artère [V. Artères (Plaies des), p. 110, col. 2]. On peut passer l’aiguille au-dessous de l’artère; ce procédé même est plus avantageux. V. aussi Plaies.

L’acupressure médiate ou filo-pressure consiste à prendre avec l’artère des parties molles en assez grande quantité. On passe une aiguille à travers la peau sous une artère, puis on place un fil enroulé en huit de chiffre qui serre l’artère et les parties molles (chirurgiens anglais). Cette acupressure ne vaut pas mieux que la ligature en masse ou médiate.

I.igature en masse. La ligature en masse est la ligature d’une artère entourée de parties molles, la ligature d’une artère avec sa gaine (Dupuytren, Lisfranc).

Lorsqu’on pratique la castration, on lie le cordon entier, artères, veines et canal déférent, pour prévenir les hémorrhagies ; c’est là une ligature en masse.

Les ligatures en masse sont toujours très-longues à se détacher.

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