I. Inflammation. V. Angines
IL Vice de conformation. — Hypertrophie congénitale. — Reconnue par la simple inspection, cette lésion prête aux mêmes considérations thérapeutiques que les engorgements et les hypertrophies acquises.
III. Hypertrophie de la luette. — La luette allongée et molle, touchant la base de la langue, entretient un chatouillement désagréable, quelquefois une toux continuelle.
L’hypertrophie avec procidence de la luette peut être confondue avec une paralysie du voile du palais, mais les antécédents et les paralysies sur d'autres i>aiTies du corps éclaireront le diagnostic.
Thérapeutique. — Appliquer avec une curette sur la luette hypertrophiée de la poudre de poivre, d’alun ou de gingembre, — administrer des gargarismes aluininés, — cautéi-iser Torgane avec le crayon de nitrate d’argent, lorsque le mal est récent. S’il a résisté à ces moyens, on incisera d’un seul coup une portion de la luette avec les ciseaux courbes, après l’avoir attirée en avant avec une pince à griffes ; si le sang ne s’aiTête pas seul, on cautérisera avec le crayon de nitrate d’argent, ou Ton touchera la plaie avec le perchlorure de fer. Dans quelques cas, l’ablation totale de la luette gêne la phonation (Nélaton), malgré Taffinnation contraire (Lisfranc).
IV. Cancer de la luette. — Le cancer de la luette se reconnaît aux signes généraux des cancers. Il est très-rare seul.
Thérapeutique. — Lorsque le cancer occupe la luette seule, ou excisera cet appendice avec les ciseaux courbes et une pince à griffes, en empiétant sur les tissus sains. On arrêtera Thémori’hagie avec le ter rouge.
V. Prolapsus de la luette. — La luette s’allonge quelquefois démesurément et frotte la hase de la langue, ce qui amène souvent des envies de vomir. — Ce n’est pas de l’hypertrophie de la luette, mais seulement une atonie de l’organe.
Thérapeutique. — Contre le prolapsus de la luette, il faut faire Texcision ou appliquer de l’alun.
Application de poudre de gingembre au moyen d’une cuiller.
EEMBACiO. Une douleur rhumatismale trèsvive des muscles lombaires, sans changement de couleur à la peau et sans fièvre, n’augmentant pas par la pression et empêchant tous les mouvements du trône, constitue le lumbago.
Le lumbago dure de trois à huit jours environ, et se termine toujours par résolution.
Le froid et les violents efforts musculaires sont la cause du lumbago.
Thérapeutique. — Contre le lumbago, il faut prescrire des ventouses scarifiées en assez grand nombre et des sangsues à la région lombaire, des cataplasmes de farine de lin très-chauds, des sachets de sable brûlant ou de son grillé. — Les malades, assis sur une chaise basse, s’exposeront le dos à la flammé d’un bon feu clair, prendront des bains de vapeur, d’eau simple ou aromatique, des douches de vapeur, ou se feront repasser le dos avec un fer à repasser très-chaud.
Des applications de teintm-e d’iode trois fois par jour, des frictions sèches avec de la laine, des frictions d’eau de Cologne, d’eau-de-vie camphrée, d’essence de térébenthine, d’opium dissous dans Thuile, etc., sont très-utiles aux malades.
On a aussi donné à l’intérieur la préparation suivante :
Looch térébenthiné.
Essence de térébenthine . 10 grammes.
Jaune d’œuf . 1 nO 2.
Alèlez et ajoutez peu à peu :
sirop de menthe . .
Sirop de fleur d'or:
Sir’jp d'éther . . .
. . 60 grammes.
I àà 30 il.
(ilartinet.)
LtJNË
On bien :
Térébenthine cuite. On met de la térébenthine^ de mélèze dans de l’eau, et l’on fait bouillir jusqu’à presque complète évaporation de l’essence. On divise eu pilules de 20 centigrammes cette térébenthine cuite. De quatre à trente par jour Q-
Potion de propy lamine .
Propylamine . . . 24 gouttes.
Eau distillée . . . 180 grammes.
Une cuillerée à bouche toutes les deux heures.
(Avenarius.)
liombago traamatiqre. V. MUSCLES (Lɬ SIONS des).
L,Lh\AiRE. Piaille de la famille des crucifères dont les feuilles et les semences en infusion ont été employées comme antiscorbutiques et vulnéraires □.
liURaîres (Sels). On donne ce nom aux sels d’argent. Ces sels sont employés contre l’épilepsie (V. ce mot) et contre la paraplégie.
LuiiETTES (Appropriation des). Les lunettes sont des appareils prothétiques destinés à renforcer la vision et à remédier à un défaut de puissance et de régularité du pouvoir réfracteur de l’œil.
On a approprié les lunettes aux maladies des yeux, au moyen de verres d’essai numérotés et d’une échelle de Jaeger (série de lignes de mots écrits en caractères de volume progressivement plus gros). On donne aux malades des lunettes dont les verres ont un numéro correspondant à celui dont les malades se sont servi pour lire le numéro 8 de l’échelle Jaeger h 15 centimètres de distance.
Pour que des lunettes ne soient pas nuisibles 'a ce qui reste de la vision, les malades doivent ne point éprouver de fatigue en lisant, et si l’œil est un peu congestionné, il faut changer les lunettes et arriver par tâtonnements 'a en donner qui ne gênent point les malades.
Onsesertde verres concaves ou convexes, ou prismatiques. V. Diplopie, Réfraction (Troubles de la).
Pour donner aux individus atteints de myopie les verres correcteurs, on saura qu’il faut des verres concaves, et l’on se rappellera les chiffres suivants de Téchelle Chevalier :
Myopie faible, n»^ 60, 30, 20, 18, 16.
Myopie plus forte, 15, lA, 13, 12, 11, 10.
Myopie forte, 9, 8, 7, 6, 5, A 1/2, A.
Myopie très-forte, 3 3/A, 3 1/2, 3, 2 3/à, 2 1/2.
2, 1 3/A, 1 1/2, 1 (rarement employés).
Pour donner des verres correcteurs aux presbytes et aux hypermétropes, on se reportera à la série des verres convexes dont voici les numéros :
Presbyopie faible, n'’ 80, 72, 60, AS, 36, 30. 2A, 20. ' '
Presbyopie plus forte, 18, 16, 15, IA, 13.
Presbyopie forte, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5.
LÜPU
Presbyopie très-forte, 4 1/2, 4, 3 1/2, 3, 2 1/2,
Cette dernière série est donnée surtout pour les individus opérés de cataracte.
C’est par tâtonnements qu’on arrive à livrer aux malades les verres qui leur conviennent.
EïJRiETTES STÉKOPÉiQîJES. Ces luuettes sont des lunettes ordinaires, dont les verres sont remplacés par des plaques métalliques, munies à leur centre d’une petite ouverture circulaire ou d’une fente dirigée eu des sens divers. Ces lunettes servent h concentrer les rayons lumineux ; on les emploie pour le coloboma de l’iris, pour le strabisme (V. ces mots). Les lunettes sténopéiques servent encore dans les cas où l’iris est dilaté, déchiré ou paralysé, pour faciliter la lecture. Dans ce dernier cas, on peut se servir cependant de simples verres convexes.
EEPïiv. Plante de la famille des légumineuses, dont les semences en décoction ont été employées comme antheliniiithique H, et qui ne servent plus qu’à préparer une farine employée pour cataplasme.
EEPEEi.^'. V. Houblon.
ïiUFES. De petits tubercules de la peau, suivis d’ulcères rongeants, couverts de croûtes ou de lamelles épidermiques, caractérisent le lupus.
Le lupus est une maladie diathésique, de nature scrofuleuse, qu’on observe dans la seconde enfance et chez l’adulte.
Quand le lupus occupe la face ou le nez, il en détruit toutes les parties et crée des difformités horribles et irrémédiables.
Le lupus dure toujours plusieurs années, ne guérit qu’avec peine et laisse toujours après lui des cicatrices indélébiles.
Le plus grave des lupus est le lupus exedens ou dartre rongeante, ordinairement placé sur le nez, sur les lèvres, sur la paupière ou sur la joue, débutant par un tubercule rouge, indolent, suivi d’ulcération, laquelle gagne en largeur ou en profondeur, et détruit le nez, les paupières et la joue à la manière d’une profonde brûlure.
A côté du lupus exedens, il y a un lupus non exedens, très-souvent placé sur le visage et qui est constitué par des petits tubercules rouges, juxtaposés, peu saillants, ne s’ulcérant cpi’à la superficie et s’affaissant sur eux-mêmes en laissant des brides et des cicatrices blanchâtres, permanentes.
Il y a une troisième variété de lupus non exedens serpiginosus, dans laquelle existent de petits tubercules rouges juxtaposés, ne s’ulcérant jamais et disparaissant peu à peu en formant des cicatrices blanches indélébiles.
Thérapeutique. — Le lupus doit être traité par le sirop d’arséniate de soude, par Thuilc de morue,
htXk
100 à 120 grammes par jour; par la cautérisation i au nitrate de mercure, par la pâte de Ganquoin ou de Vienne, par la pommade de biiodure de mercure.
Poudre arsenicale.
Oxyde blanc d’arsenic pulvérisé. 20 grammes.
Antimoine cru pulvérisé . 40 id.
Mêlez, et faites fondre dans un creuset : pulvérisez de nouveau, et ajoutez, suivant l’ordonnance du médecin :
Extrait d’opium . 10 grammes.
A l’extérieur, pour saupoudrer les excroissances, les ulcères fongueux et rebelles (Justamond) [+].
Solution d’hydroclilorate de chaux. 132 grammes.
Poudre arsenicale . 320 id.
Mêlez, et employez contre les ulcérations du lupus (Dupuvtrenir+I .
Autre.
Acide arsénieux . 40 centigrammes.
Calomel . 32 grammes.
Glycérolé d’acide phénique.
Acide phénique . 1 gramme.
Glycérine . 50 à 100 id.
Pommade d’acide phénique.
Acide phénique . 4 grammes.
Spermacéti . 56 id.
(Whitehead.)
Solution d’iode.
Iode . 4 grammes.
Glycérine . 8 id.
Application tous les deux jours; puis tous les trois jours, quand le malade va mieux.
luxülTIOIV. Les luxations sont des changements de rapports des surfaces articulaires, tels que les mouvements normaux des articulations sont perdus, et que des mouvements anormaux peuvent être exécutés dans des conditions données variables.
Il y a trois genres de luxations, les luxations les luxations graduelles
spontanées et les luxations traumatiques. \
liuxations congénitales. Les luxations congénitales ont lieu : 1° en vertu d’une lésion traumatique du fœtus pendant la vie intra-utérine ou au moment de l’accouchement (J. L. Petit) ; 2“ en vertu d’un arrêt de développement (Paletta, Dupuytren, Breschet, Bouvier) peutêtre lié à une lésion du système nerveux (Chaussier, Delpech et J. Guérin) ; 3° par suite de positions vicieuses du fœtus (Cruveilhier) ; 4“ par suite d’une lésion inflammatoire des articulations (Parise et Sédiilot).
L’hérédité joue un rôle dans la production des luxations congénitales et le sexe féminin y semble plus disposé que le sexe masculin.
Les luxations qui se manifestent au moment de la naissance s’accompagnent ordinairement
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d’une atrophie du membre (Hippocrate) et d’une atrophie des surfaces articulaires.
Thérapeutique, — En principe, les articulations à surface plane peuvent permettre une réduction lente des luxations congénitales sous l’influence de mécaniques à pression graduée. V. Pied bot.
Les luxations orbiculaires ne permettent pas une réduction véritable, et les mécaniques ne peuvent que fixer la tête de l’os luxé dans sa nouvelle position et favoriser la formation d’une fausse articulation solide. V. Luxation congénitale du fémur.
T. Luxation congénitale du fémur. — La luxation congénitale du fémur, toujours due à un arrêt de développement de l’os iliaque, est simple ou double ; c’est toujours une luxation en arrière et en haut.
La luxation congénitale du fémur est caractérisée par un abaissement dé la hanche et du pli fessier, une déviation en haut et en dehors du pti génito-crural ; le membre abdominal ou les deux membres si la luxation est double, présentent un raccourcissement que la traction peut diminuer un peu (Dupuytren, Pravaz) ; il est atrophié et tend à se croiser avec celui du côté opposé. En imprimant des mouvements de flexion et d’extension à la cuisse on sent la tête du fémur, lorsqu’elle n’est pas atrophiée, décrire un arc de cercle autour de la cavité cotyloïde dans la fosse iliaque externe. Le pli inguinal est vide (Pravaz); dans la flexion la saillie du trochanter est plus en arrière que la ligne fictive qui unit l’ischion et l’épine iliaque antéro-supérieure (Nélaton).
Les malades marchent sur la pointe du pied, lorsqu’un seul membre est luxé, ils marchent à plain-pied quand la luxation est double. La cuisse semble s’enfoncer dans le flanc quand le pied porte le poids du corps ; dans la luxation double, le même phénomène a lieu des deux côtés.
Une luxation simple entraîne mie claudication, une luxation double, un balancement régulier du tronc qui oscille en sens inverse d’un pendule, mais avec la même régularité. La marche prolongée est pénible et rend la hanche douloureuse. Les sauts à cloche-pied sont impossibles ; la colonne lombaire et le bassin à la longue se courbent, s’inclinent en avant On se rappellera que cette disposition rétrécit un peu le bassin et peut gêner raccouchement V. Dystocie) ; quelquefois la marche devient impossible sans un appui.
%* La durée de la maladie depuis la naissance ne permet pas de confondre la luxation congénitale avec les luxations traumatiques consécutive.
Thérapeutique. — Les luxations congénitales ont été traitées par l’extension sur un lit mécanique (J. Lafoud, V. Duval, Humbert, Jacquier). Les faits ont démontré qu’on avait pu seulement abaisser
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la tète fémorale^ et qu il n y avait pas de rédiicüon^ mais bien établissement d’une pseudarthrose.
Poui’ réduire les luxations congénitales du fémur, les enfants séjourneront au lit ; la contre-extension étant faite au pli de l’aine, l’extension sera pratiquée à l’aide de mouffles, attachés au pied du lit et dont la corde sera tirée tous les jours, ou <à l’aide d’une simple corde réfléchie sur une poulie, tendue par un poids de 1 kilogramme. L’extension sera continuée pendant trois à six mois. Après ce traitement préparatoire, on forcera l’extension avec les moufles et par des pressions méthodiques, on placera la tête fémorale aussi près que possible de la cavité cotyloïde et l’on appliquera un appareil contentif : une ceinture métallique à pression latérale de Pravaz, entourant le bassin et fixée par deux sous-cuisses; cette ceinture empêche le fémur de remonter et de se porter en arrière (méthode Pravaz) .
Ce traitement expose à des accidents; l’articulation et les parties voisines s’enflamment, mais il n’y a pas de suppuration ; dans ces cas, des cataplasmes, des sangsues au besoin, seront appliqués sans que l’extension soit supprimée.
Pendant le cours du traitement, qui aura lieu dans une habitation saine et bien aérée, on donnera une bonne nourriture aux enfants, des bains d’air chaud (V. Hvdrothébapie) et plus tard des bains sulfureux. Après ou pendant les derniers temps du traitement, on massera la région de la hanche et la cuisse. L’appareil contentif sera longtemps porté pour consolider la guérison ou plutôt la formation d’une pseudarthrose solide qui est la seule ressource sur laquelle puisse compter la chirurgie.
Les sections sous-cutanées des muscles et des ligaments, pour favoriser la réduction immédiate (J. Guérin), exposent à des dangers et ne sont plus appliquées par les chirurgiens sages.
IL Luxation congénitale de Vhumérus (Smith, Gaillard (de Poitiers), V. Duval, J. Guérin). — Des luxations sous-coracoïdiennes et sous-épineuses ont été observées. Il est difficile de dire s’il s’agit, dans ces cas, de véritables arrêts de développement ou de luxation traumatique pendant la vie intra-utérine ; les luxations qui ont été observées ont été vues à une époque éloignée de la naissance, et il y avait les signes d’une luxation traumatique, une atrophie du bras sans atrophie de l’avant-bras, et même des paralysies, seulement il y avait une mobilité reia- j tivement très-grande des mouvements commu- i niqués ; les mouvements actifs étaient arrêtés par les paralysies d’un ou de plusieurs muscles de l’épaule.
Les luxations sous-glénoïdiennes, données comme congénitales, présentent plus que les luxations sous-coracoïdiennes congénitales le caractère des luxations traumatiques anciennes, les mouvements sont limités.
Thérapeutique. — Le seul cas où uu traitement ait été fait contre les luxations congénitales de l’humérus est un cas où la lésion ressemblait à une luxation traumatique de l’enfance. Un traitement préparatoire a été fait, le membre a été étendu avec les moufles pendant plusieurs séances prolongées, puis
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on a tiré jusqu'à cc que la tête se fût replacée dans la cavité gléno'ide, comme s’il se fût agi d’une luxation traumatique ; un appareil emboîtant l’épaule a maintenu les os en rapport (Gaillard, Mémoires de L'Académie de médecine, 1841). En cas de paralysie musculaire, on peut chercher à réveiller la contractilité par l’électricité ; si la paralysie est incurable, il est inutile de tenter une réduction.
III. Luxations congénitales de la mâchoire inférieure, du coude, de la clavicule et du genou. — Ces luxations sont dues à des arrêts de développement de l’os fixe, ou à un développement exagéré de l’os déplacé ; ce sont des luxations incomplètes, et qui, ne gênant point les fonctions, n’exigent l’application d’aucun ti^itement.
Thérapeutique. — Seules les luxations du genou que la marche peut exagérer doivent être soutenues par des appareils à tuteurs rigides (V. Rachitisme), pendant tout le temps nécessaire à l’accroissement des ligaments affaiblis.