MOXA
dues au catarrhe de l’intestin 0, et enfin pour soulager l’hypochondrie causée par une phlegmasie intestinale chronique El.
MONA (Cautérisation japonaise et chinoise). Lemoxa est une cautérisation produite par la chaleur d’un corps enflammé et qui, par la prolongation de la douleur, qu’elle a causé un effet utile pour certaines névralgies et pour les maladies de la moelle.
Pour faire un moxa, on roule du coton cardé de manière à en faire un cylindre très-serré et enveloppé par une bande de toile ou de calicot. On coupe avec un rasoir un cylindre de 2 centimètres, on le place sur la peau humectée avec un peu d’eau ou avec une solution de gomme pour coller le moxa à la peau (Pouteau) [+].
Ou bien on roule un morceau du calicot préalablement imbibé de sous-acétate de plomb liquide, et on laisse sécher ; on en coupe un cylindre comme précédemment, et on le place de même (Marmoral, Guepratte) 0.
On se sert encore de papier brouillard trempé dans le liquide suivant : eau, seize parties, bichromate ou chromate de potasse, une partie. Ou fait sécher le papier et l’on en fait des cylindres très-serrés (Bouchardat). Ce moxa donne peut-être une chaleur trop vive □.
On a fait aussi des moxas avec du coton cardé imbibé de nitrate de potasse et roulé serré (Percy) 0.
Quelle que soit la substance employée, on maintient en place le moxa avec le porte-moxa à pression continue.
Fig. 38 1. — Porte-moxa à pression continue.
IOn allume le moxa, et Ton surveille le malade, qui éprouve quelquefois des douleurs très-vives. Si
MtGÜ
le moxa ne brûle pas^ on peut en activer la combustion en soufflant dessus avec un tube.
Lorsque le moxa est consumé, on nettoie l’eschare avec de l’eau tiède et l’on j place un morceau de diachylon -, plus tard, lorsque l’eschare est détachée, on panse simplement.
Si la douleur éprouvée par le malade est vive, on donnera des antispasmodiques ou simplement une potion avec 30 gammes de sirop diacode et 30 grammes de sirop d’éther. Si l’eschare est très-douloureuse, on appliquera un cataplasme sur la région.
En règle générale, un moxa qui brûle lentement est une cautérisation très-douloureuse, et un moxa qui brûle vite n’a pas plus d’effet qu’im cautère au fer rouge.
Sous le nom de moxa tempéré (Régnault), on désigne de petits cylindres de coton roulé qu’on brûle sur un morceau de drap mouillé. Ce moxa ne produit pas d’autre effet qu’un vésicatoire à l’eau bouillante.
ML’CÉDIKÉES. Cbampigoon de la famille des cysiosporées, formées les moisissures développées à la surface des substances animales et végétales altérées par le contact de l’air.
On empêche le développement des mucédinées en abritant du contact de l’air les substances organiques, en leur faisant subir une fumigation d’acide sulfureux ou en les mettant en contact avec les émanations de l’acide phénique.
Quand les mucédinées sont avalées avec les aliments elles déterminent des vertiges, la céphalalgie , des vomissements et lîn malaise inexprimable, qu’il faut combattre par un vomitif, puis par du thé et de l’infusion de mélisse.
MUCILAISES. Préparations visqueuses obtenues par la dissolution ou par la suspension d’un principe gommeux dans l’eau. On les emploie comme émollient sous forme de lotions, de fomentations, de lavements et de tisanes. Le mucilage de gomme, A! amidon, de gomme adragant, de semences de coings, de graine de lin, de racine de guimauve, etc. , sont les plus usités.
aiEB4R. Plante indienne de la famille des apocynées, dont la racine en poudre a été employée pour guérir la lèpre, l’éléphantiasis et la syphilis □.
MECiEET (Pathologie). Il y a une forme de stomatite dans laquelle il se produit à la surface interne des lèvres et de la bouche des granulations blanchâtres, caséeuses, remplies d’un parasite végétal appelé Oidium albicans, c’est le muguet (Ch. Robin).
Le muguet est quelquefois idiopathique chez les enfants nouveau-nés, de bonne constitution, et il guérit toujours sans présenter de sérieuse complication.
Le muguet des nouveau-nés est ordinairement symptomatique d’une légère irritation
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d’entrailles, révélée par l’érythème des fesses et des excréments liquides verdâtres.
Dans la seconde enfance et chez l’adulte le muguet est toujours symptomatique, d’une entérite chronique, de la tuberculose pulmonaire ou d’une affection cancéreuse.
Chez l’adulte, le muguet qui survient dans le cours d’une maladie chronique, est l’indice d’une mort prochaine.
Le muguet s’annonce chez l’adulte par la chaleur du pharynx, une certaine douleur de déglutition, la desquammation de l’épithélium buccal, l’acidité de la bouche, et ce n’est qu’au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures que se montre l’exsudation miliaire, blanche où germe VOidium albicans.
Le muguet est quelquefois très-confluent et forme une couche presque générale à la surface de la langue, du voile du palais et du pharynx, de façon à gêner la déglutition. — On l’a vu par exception dans l’œsophage, dans l’intestin et au pourtour de l’anus.
VOidium albicans est la conséquence de la stomatite qui caractérise lé muguet et on trouve quelquefois dans la bouche des exsudations de muguet dépourvues de toute moisissure.
VOidium albicans est un parasite végétal développé dans la sécrétion du muguet et caractérisé par des tubes cloisonnés, remplis de sporules et par des spores libres au milieu de mucus et de cellules d’épithélium pavimenteux (Ch. Robin).
On voit de temps à autre le muguet au pourtour de l’anus, et sur le sein des nourrices, mais cela est rare.
Thérapeutique. — Un gargarisme à l’eaii de Vicby pure suffit pour prévenir le muguet.
On guérit le muguet par les gargarismes et par les collutoires alcalins; soit l’eau de Vichy, soit du bicarbonate de soude, 8 grammes par litre d’eau; soit enfin par le borax uni au miel.
Collutoire,
Miel blanc . 30 grammes.
Borax . . . 10 id. .
Mêlez. Pour frotter les parties affectées de muguet, trois fois par jour, au moyen d'un pinceau de linge.
Collutoire,
Bicarbonate de soude . 5 grammes.
Miel blanc . . 20 id.
À employer de la même manière.
On a conseillé le vinaigre, le suc de citron, l’acide hydrochlorique affaibli, les cautérisations au nitrate d’argent, etc.; mais ces moyens ne valent pas mieux que le borax. 11 en est de même du suKate de zinc, 1 gramme potir 30 grammes d’eau de. laitue, employée comme topique. Cette substance ne vaut pas le borax.
Magnet (Botanique). Plante indigène de la
famille des asparaginécs, dont la racine en
pondre est employée comme sternul'dtoire 0.
Fig. 382. — Muguet.
MURIER IKOIR. Arbre de la famille des urticées, dont les fruits acidulés et astringents servent à préparer un sirop employé contre les angines pharyngées, érythémateuses ou granuleuses et contre l’amygdalite 0
MUSC. Matière animale très-odorante, sécrétée par le mâle d’un chevrotin du Thibet, le Moschus moschiferus, et qui se trouve dans une poche placée entre l’ombilic et les organes de la génération. Le musc est très-employé en médecine comme stimulant et comme antispasmodique 00. On le donne en pilules ou en potion, à la dose de 50 centigrammes à 3 grammes par jour et sous forme de teinture 2 à 5 grammes dans un julep gommeux. Il s’administre dans les pneumonies ataxiques avec délire0, dansles fièvres adynamiques graves0, dans l’hystérie 0, dans la coqueluche 0, dans le tétanos 0 et dans toutes les affections nerveuses.
MUSCADE. Noix d’un arbre des Moluques, appartenant à la famille des myrticées. C’est un condiment utile et qu’on emploie quelquefois en médecine comme antispasmodique en poudre à la dose de 1 à 2 grammes. On en retire une huile grasse appelée beurre de muscade, et qui s’emploie dans les mêmes circonstances. La muscade fait partie du baume nenal.
MUSCUES (Maladies des). Des lésions traumatiques, des altérations inflammatoires, des dégénérescences, épaississements fibreux ou gommeux et des entozoaires constituent les lésions des muscles. V. Atrophie musculaire, Cysticerque, Hydatides, Gommes.
I. Plaies des muscles. — Les plaies des muscles sont caractérisées par une solution de continuité tendant à s’écarter, puis par un
boursouflement du tissu qui se recouvre de bourgeons charnus, et se cicatrise aussi facilement que le tissu cellulaire et le tissu osseux, sauf que le muscle ne se répare pas, un tissu fibreux réunit ses bouts divisés.
Les muscles coupés donnent lieu à des hémorrhagies qu’on peut arrêter par la ligature des artérioles et par la compression.
Les extrémités divisées des muscles ne se rétractent outre mesure que quand il y a une myosite et des suppurations de gaines des muscles et du tissu cellulaire, c’est dire que la rétraction ne se produit pas dès le premier jour. Cette propriété pathologique des muscles est la cause de la conicité des moignons.
Thérapeutique. — Après la ligature des artères qui donnent du sang par jet, les plaies intéressant les muscles seront traitées par le bandage unissant formé avec des bandes de diachylon, divisées à leur extrémité en trois chefs que l’on imbriquera pour rapprocher les, lèvres des plaies. Une compression modérée sera exercée . au-dessus et au-dessous des plaies des muscles. Réunir par première intention en embrassant le muscle dans la suture est un procédé de réunion souvent inutile. On pansera simplement. Si l’inflammation survient, on aura recours aux antiphlogistiques. V. Myosite.
IL Contusion des muscles. — Les contusions des muscles peuvent présenter tous les degrés, depuis une simple suffusion sanguine jusqu’à la destruction de portions des muscles, et des épanchements de sang abondants.
Les contusions des muscles sont quelquefois le point de départ d’une dégénérescence graisseuse.
Thérapeutique. — Sur les contusions sans épanchement de sang, on appliquera quatre à huit sangsues ou quatre ventouses scarifiées, puis on appliquera des compresses d’eau blanche et l’on comprimera.
S’il y a des épanchements abondants, on fera la compression par-dessus des compresses résolutives.
On traitera la myosite et un abcès par les moyens appropriés.
Lorsque les mouvements seront difficiles dans le muscle, après la guérison de la contusion, on aura recours au massage avec les doigts et aux douches, à la gymnastique et à l’électrisation répétée tous les deux jours. V. Paralysies musculaires.
III. Rupture des muscles (Roussille, Chamseru, J. Sédillot, 1817). — Les muscles se rompent sous l’influence d’un effort brusque avec contraction énergique du muscle : une phlegmasie antérieure de ces organes , une inaction prolongée favorisent ces ruptures (Velpeau).
Les muscles se rompent quelquefois pendant les convulsions tétaniques et les convulsions épileptiformes.
Les déchirures des muscles sont partielles ou complètes, et ce sont les muscles de l’abdomen (Lassus), les muscles des gouttières sacrées.
le biceps el le triceps crural et le plantaire grêle qui ont été vus rompus totalement.
%* Les déchirures partielles des muscles ont lieu sur tous les muscles, mais le plus souvent elles existent dans la couche musculaire des gouttières sacrées, c’est le lumbago traumatique. V. Lm.BAGO.
Lorsqu’un muscle est rompu en totalité, il y a une douleur vive au moment de l’accident, les mouvements auxquels préside le muscle sont abolis ; pendant les efforts, il y a un écartement sur le trajet du muscle ; lorsque la lésion est récente, on sent en ce point une tumeur fluctuante due à un épanchement de sang ; plus tard, on sent une tumeur pâteuse, parce que le sang est en partie coagulé. Lorsque les muscles divisés sont recouverts par une aponévrose épaisse, il n’y a pas d’ecchymose. Les ruptures musculaires étendues causent quelquefois des myosites, des abcès (Boyer, Deramé), et elles entraînent l’amaigrissement ou l’atrophie du muscle.
Après leur cicatrisation, les muscles longs à la cuisse et au bras, qui ont été déchirés, perdent de la force, parce qu’une cicatrice fibreuse, plus ou moins large, a allongé le muscle.
Lorsque quelques fibres d’un muscle sont divisées, il y a une douleur vive au moment de l’accident, tout mouvement du muscle devient extrêmement pénible, il y a surtout un point très-douloureux correspondant à la rupture musculaire et un empâtement de la région.
Le lumbago traumatique est caractérisé par une douleur de rein subite pendant un effort et par l’impossibilité de se redi'esser.
Les conséquences d’une rupture partielle d’un muscle sont une hypérémie ou une inflammation se terminant très-rarement par un abcès. Mais, à la longue, la guérison se fait et sans qu’il reste d’altération des muscles.
Thérapeutique. — Pour la rupture du plantaire grêle ou coup de fouet, le chirurgien appliquera quatre à six -ventouses sur le point où il sent un engorgement dans l’épaisseur du mollet, puis il comprimera la jambe avec une bande roulée, arrosée d’eau blanche. Le repos sera gardé pendant huit jours.
Pour les ruptures de fibres musculaires de la masse des muscles sacro-lombaires ou lumbago traumatique, on prescrit dix ventouses scarifiées sur les reins, compression avec un bandage de corps ; un grand bain le lendemain.
Pour les ruptures totales des muscles des membres, ventouses scarifiées, si la douleur est vive, sinon cgmpression régulière un peu serrée sur tout le membre qui sera placé de façon que les extrémités des muscles soient rapprochées par la simple position. Ainsi, la flexion du bras sera prescrite pomles ruptures du biceps, l’extensiondelajambe convient pour les ruptures du triceps ; le bandage imissant des plaies en travers est insuffisant.
Pour les ruptures anciennes, il n’y a rien à faire qu’une compression avec un bandage élastique ou
lacé, approprié à la partie où le muscle est rompu ; il soutient le membre et facilite les mouvements.
Pour les ruptures des muscles de Vahdomen, on doit prévenir l’inflammation par le repos, les cataplasmes et l’application des sangsues.
S’il se forme des abcès hématiques, on les traite par les moyens appropriés.
Aussitôt que l’inflammation disparaît, on fera porter aux malades des ceintures élastiques pour empêcher, s’il se peut, la production d^une hernie. V. TExnoNS (Ruptures des) et Fractures.
IV. Hernies musculaires. — S. la suite d’une rupture des aponévroses par un effort, après la cicatrisation d’une plaie profonde, les muscles peuvent faire hernie sous la peau (Dupuytren, Mourlon).
%* On reconnaît les hernies musculaires à une tumeur molle, réductible, laissant après réduction un espace libre et comme un cercle aponévro tique, lorsque les muscles sont à l’état de repos ; et à une tumeur dure pendant la contraction du muscle. — A la paroi abdominale, on peut confondre la hernie musculaire avec une hernie des viscères, mais s’il s’agit d’une hernie musculaire, la tumeur n’est point sonore, et elle se réduit ensuite sans bruit ; d’une autre part, quand la hernie musculaire est sortie, elle ne laisse pas sentir de pédicule profond. Les antécédents indiquent au reste la nature du mal, et l’absence de tout trouble fonctionnel des voies digestives éclaire le diagnostic.
Thérapeutique. — Appliquer aux membres des bandages lacés et élastiques. — Les ceintures élastiques remplissent bien toutes les indications quand il s’agit d’une hernie musculaire de l’abdomen.
Y. InflMmmation aiguë des muscles ; myosite (de Boer, Gendrin, Friedberg). — La myosite aiguë est liée à un traumatisme (plaie, contusion ou déchirure), à l’influence du refroidissement; ou à l’irritation produite par des entozoaires des muscles; elle se rencontre chez les individus affaiblis par de grandes fatigues ou dans le cours des maladies infectieuses comme la morve, l’infection purulente, la fièvre typhoïde et dans le rhumatisme articulaire. Les fibres musculaires ne s’enflamment pas, c’est la gaîne et le tissu cellulaire des muscles qui sont le siège de l’exsudation et de la suppuration, et si les muscles se détruisent, c’est que le sarcolemme a été détruit et que les fibres musculaires ont été nécrosées, si l’on peut ainsi dire.
Après un traumatisme ou dans le cours d’une maladie infectieuse, on voit souvent la région correspondant à un muscle devenir le siège d’une douleur vive fixe, augmentant pendant les efforts musculaires, le muscle se gonfle, la partie devient œdémateuse, puis dure comme du bois, la peau est chaude, el à moins qu’un abcès ne se soit formé, il n’y a pas de rougeur à la peau; les mouvements sont douloureux, impossibles, et le muscle raccourci entraîne une
attitude de rétraction musculaire. De la fièvre, quelquefois des frissons quand il y a du pus, complètent les symptômes de la myosite aiguë.
%* Les abcès chauds des muscles se présentent avec les caractères des abcès chauds circonscrits, ce sont des abcès allongés, franchement fluctuants et accompagnés de rougeur et d’œdème de la peau quand le pus est bien réuni en foyer.
Les myosites abcédées sont parfois suivis de dégénérescence graisseuse et fibreuse des muscles, ce qM entraîne des paralysies et des rétractions musculaires.
Thérapeutique. — La myosite sera traitée par les applications de sangsues sur le trajet du muscle enflammé. On fera des frictions mercurielles et l’on appliquera des cataplasmes. Si Tinduration du muscle tarde à se résoudre, on placera des vésicatoires.
Lorsque la myosite n’est constituée que par la douleur et qu’il y a simplement ce qu’on appelle rhumatisme musculaire par refroidissement, quelques ventouses scarifiées ou le massage , ou les sinapismes, ou enfin un vésicatoire volant suffisent.
On ouvrira de bonne heure les abcès formés dans les muscles pour empêcher la destruction des fibres musculaires par la suppuration.
On fera suivre aux malades le même régime que dans les inflammations simples.
VL Inflammation chronique des muscles.
— L’infiltration des muscles par un exsudât de substance cellulaire constituée par des éléments de tissu conjonctif et des cellules granuleuses, chez les scrofuleux et les syphilitiques ; la dégénérescence fibreuse et la régression graisseuse des muscles sont des manifestations de l’inflammation chronique des muscles. V. Scrofule et Gommes.
Tantôt on voit un muscle se transformer en une matière pultacée et comme purulente, c’est l’abcès froid des muscles (Linhart), tantôt le muscle après être resté quelque temps engorgé se rétracte ; aux fibres musculaires atrophiées se substitue du tissu fibreux, comme le tissu cicatriciel ou bien les fibres musculaires disparaissent pour être remplacées par de la graisse.
Les rétractions musculaires non précédées d’inflammation peuvent être rattachées à une lésion des muscles, et quoique celle-ci ne soit pas déterminée, on peut la rapporter à une irritation chronique spéciale au tissu musculaire (Duchenne, de Boulogne).
Les abcès chroniques des muscles et les infiltrations se reconnaissent à une tuméfaction uniforme peu douloureuse sur le trajet d’un muscle. Les abcès sont franchement fluctuants, les mouvements correspondants aux muscles sont pai^ysés, il y a quelquefois des contractures.
Les dégénérescences graisseuses et fibreuses se reconnaissent à l’atrophie des muscles et à la paralysie des parties que doivent monvoir Ifô muscles ; les lésions du tissu musculaire, liées à la fatigue, aux altérations du
système nerveux, se reconnaissent à des rétractions musculaires et à un défaut d’équilibre avec les muscles antagonistes. On reconnaît cet état par l’électrisation qui éprouve ainsi avec certitude la contractilité des muscles. V. Main (Contractures de la), Pied bot.
Thérapeutique. — On ouvrira les abcès chroniques des muscles avec le bistouri ou au moyen du cautère avec la pâte de Vienne, au moment où la peau rougit.
On administrera contre les infiltrations scrofuleuse et syphilitique les traitements antiscrofuleux et antisyphilitiques (V. Scrofule et Syphilis), des vésicatoires volants seront appliqués .sur la région musculaire malade .
On traitera ensuite les paralysies et les contractures. V. plus loin.
VIL Contractures des muscles ou rétraction spasmodique. — Les contractures des muscles résultent de lésions de l’encéphalg, de la moelle et des nerfs, elles reconnaissent aussi pour cause une lésion des muscles sous la dépendance d’une irritation des tissus musculaires ou d’une inflammation chronique franche ; enfin lorsqu’un muscle a son antagoniste paralysé ou coupé, il se rétracte en vertu d’un défaut d’équilibre. V. Muscles (Inflammation chronique des).
Plaie des nerfs, Convulsions, Moelle épinière (Maladies de la), Pied bot, Main (Contractures de la). Doigts (Rétraction DES), Torticolis.
Pour ne pas confondre les contractures musculaires avec les ankylosés, on chloroformisera les malades : si les muscles sont rétractés sans autre lésion, on pourra remettre les membres dans la rectitude.
Thérapeutique. — Pour traiter la rétraction musculaire due à une paralysie d’un système de muscles, on électrisera ceux-ci à l’aide de l’électrisation localisée avec les courants constants (Magendie, Remak), pour y déterminer une rétraction énergique et contre-balancer les contractures des muscles antagonistes (’V. Paralysies saturnines), puis on fortifiera les muscles par la gymnastique J les cautères ont quelquefois de l’action pour diminuer les contractures.
Les rétractions , musculaires, suite de plaie des nerfs, seront traitées par les moyens spéciaux. V. Nerfs (Plaies des).
Les rétractions liées à une irritation musculaire réclament les vésicatoires, les pommades à l’extrait de belladone : axouge, 10 grammes; extrait de belladone, h grammes ; les vésicatoires pansés avec 3 centigrammes d’extrait de belladone, la compression. Si la rétraction continue, on fera la section du muscle ou du tendon pour éviter les déformations des parties que meut le muscle. V. Pied bot, Tor-
TICOUS.
VIII. Rétraction musculaire Organique. -— Les rétractions musculaires sont dues à des pertes de substance des muscles après leur suppuration et à des transformations fibreuses des muscles après les inflammations chroniques.
Thérapeutique. — Il n’y a qu’un traitement con-
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venablc pour les iié\ialions qui sout la suite de rétractions des muscles, c’est la myotomie ou la ténotomie, et il y a des régions où cette opération causerait un dommage plus grand que le mal. V. Doigts,
IX. Paralysies musculaires ou paralysie myogénique. — Les paralysies musculaires liées exclusivement au muscle sont celles dans lesquelles l’électrisation localisée ne réveille pas ou réveille à peine de contractilité. Malgré les lésions cérébrales la contractilité musculaire est persistante, elle ne disparaît en dehors de toute lésion musculaire que quand la moelle est lésée (Marchai Hall), ou quand les nerfs sont détruits depuis plus de deux mois (Haller), on reconnaît encore les paralysies musculaires franches à une lésion musculaire trouvée dans les antécédents des malades et se rattachant à une inflammation chronique. V. Paralysies nerveuses, Nerfs (Plaies des), Hystérie, Paralysies saturnines.
Thérapeutique. — .Contre les paralysies consécutives à un traumatisme , on peut appliquer des • ventouses, faire des frictions, masser le muscle; mais il est plus sage de recourir immédiatement à l’électricité (Duchenne de Boulogne).
Plus un muscle paralysé est atrophié, plus il faut faire de longues séances d’électricité, 12 à 15 minutes. L’électrisation sera faite pendant des mois, s’il est nécessaire. V. pour l’application Électbicité.
Lorsque la paralysie est incurable et qu’il s’agit de la main ou des pieds, on aura recours aux appareils prothétiques (Delacroix, Duchenne de Boulogne). V. Pied bot. Main (Déviatioîî de la), Maix bot.
MUSC5JI.IME. Préparation de viande de bœuf cru, dégraissée, pilée, tamisée, desséchée et couverte d’une mince couche de sucre pour la conservation. Elle s’emploie comme la pulpe de viande crue fraîche dans les entérites aiguës de la première enfance El (Guichon),
SIIJSSITATIOSJ. Mouvement des lèvres semblable à celui d’une personne qui parle bas. Dans les maladies ce phénomène indique un état adynamique et ataxique très-grave.
MUTISME. Impossibilité d’articuler les sons, soit chez le sourd de naissance qui n’a jamais pu apprendre à parler, soit chez le lypémaiiiaque qui ne veut plus prononcer un mot, soit chez certains individus atteints de maladie du cerveau qui leur paralyse la langue.
MUTITÉ. V. SüRDI-MüTITÉ.
MYCÉLIUM. Assemblage de filaments entrecroisés, résultant de la végétation des spores du champignon parasite de la teigne ou du muguet. V. ces mots.
MTCODERME. Algues micToscopiques formées par l’accumulation de liges de mycélium et de spores réunies. V. Parasitisme et Parasites).
mtbriase. V. Iris (Troubles de la contraction de l’).
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MYÉLITE. Y. YIOELLE (INFLAMMATION DE LA).
MYÉLOCYTE. Éléments anatomiques de la substance grise du cerveau, du cervelet et de la moelle.
MYÉLOÏDES (Tumeurs). Tumeurs formées par les éléments de la moelle des os (Paget). V. Myéloplane.
MYÉLOPLAXES (TUMEUR a) (Robin, E.
Nélatou). — Fongus hématode (Dupuytren), — dégénérescence vasculaire (Yidal, de Cassis), — tumeur fibro-plastique sarcomateuse (Lebert). Les myéloplaxes sont des éléments normaux de la moelle des os, leur hypergenèse dans un os constitue une tumeur homœomorphe (Robin, Follin) ; ils forment un tissu vasculaire qui présente une coloration analogue à la chair de veau (E. Nélaton), et qui est enkystée ou infiltrée dans le tissu osseux.
Les tumeurs à myéloplaxes existent chez les jeunes sujets, elles ne semblent pas se généraliser ni récidiver, à moins qu’on ait laissé une portion de la tumeur. — Lorsqu’on trouve du myéloplaxe dans une tumeur chez un adulte, il y a toujours des éléments encéphaloïdes mêlés aux myéloplaxes.
L’extrémité supérieure du tibia, l’extrémité inférieure du fémur, le maxillaire supérieur, le maxillaire inférieur, soit la substance osseuse, soit la couche sous-périostique, ont été le plus souvent jusqu’ici atteints de tumeur à myéloplaxes. Un bon nombre d’épulis renferment des myéloplaxes.
Les tumeurs à myéloplaxes sont vasculaires ; elles se développent d’abord lentement en présentant des battements isochrones à ceux du pouls, et parfois un bruit de souffle doux ; — lorsqu’elles sont très-développées il n’y a plus de battements, mais on sent une lamelle osseuse au devant de la tumeur qui cède sous la pression comme une feuille de parchemin. A ce moment la tumeur marche avec rapidité, les os longs se fracturent, la peau qui recouvre la tumeur devient œdémateuse et se recouvre de varices capillaires. Il n’y a point de douleurs lancinantes, point d’engorgements ganglionnaires, la santé générale n’est pas altérée. Quelquefois la tumeur est faussement fluctuante après qu’elle a détruit les os et présente des battements. Ces tumeurs sont celles que Pearson et Scarpa ont appelées les anévry smes des os.
Aux maxillaires les dents sont ébranlées, et d’abord par le fait du développement de la tumeur, elles sont écartées les unes des autres, quelquefois expulsées. — Les turaeui-s dés extrémités des os longs resyiectent les articulations, et les cartilages se détachent de l’os sans subir d’altération ; il n’y a que déplacement de ces organes.
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%* Le diagnostic des tumeurs à myéloplaxes repose sur l’âge des malades, sur la marche de la maladie et sur les signes de vascularisation de la tumeur. Une ponction exploratrice, l’examen des liquides expulsés dans lesquels on retrouve des myéloplaxes ôte toute incertitude, seulement l’opération doit suivre de près la ponction exploratrice des tumeurs à myéloplaxes. V. pour le diagnostic Maxillaire inférieur, Tumeurs et Polypes naso-pharyngiens.
Thérapeutique. — Le meilleur traitement des tumeurs à myéloplaxes péri-osseuses ou sous-périostiques est la rugination^ l’ablation avec une portion d’os (V. Epulis). — Pour les tunieurs bien limitées ou siégeant sur le maxillaire inférieur, on mettra la tumeur à nu, on l’énucléera, on ruginera les os, puis OU appliquera dans la cavité osseuse une rondelle de pâte deCanquoin (Nélaton),ou bien on réséquera une portion d’os. V. Maxillaire inférieur (Tumeurs du).
Pour les membres, il faut faire l’amputation audessus de: l’articulation, au tiers inférieur de la cuisse, par exemple, si l’extrémité supérieure du tibia est malade. La résection de l’extrémité supérieure du tibia est une opération qui n'a pas autant d’avantages ; on ouvre une articulation et l’on n’est pas sûr d’enlever du tibia toute la partie qui est atteinte de la dégénérescence myéloplaxique.
IHYODTIKIE OU RHUMATISME MUSCU-
liAiRE. Des douleurs musculaires produites par l’exercice inaccoutumé ou par l’action du froid caractérisent la myodynie.
Thérapeutique. — La sudation au lit, provoquée par les boissons chaudes, le corps étant bien chargé de couvertures; par des bains ou des douches de vapeur, les cataplasmes sur la partie endolorie, les applications de serviettes chaudes ou de sachets remplis de sahle, ou de son grillé, guérissent bien la myodynie. V. Rhumatisme.
MYOPIE. V. Réfraction (Troubles de la).
MYOSITE. V. Muscles (Inflammation des) .
MYOTOMIE. Section des muscles rétractés ou des muscles empêchant la réduction d’une déviation des articulations. Y. Torticolis , Strabisme, Déviation du rachis. Fractures, Luxations et ténotomie.
MYROBAUANfS. Fruits exotiques très-odorants, jadis employés comme purgatifs et inusités aujourd’hui.
MYRRHE. Gomme-résine produite par un arbre de l’Arabie, appartenant à la famille des térébinthacées, le Balsamodendron myrrha.
Sa saveur est âcre et son odeur très-forte. Elle est excitante, emménagogue, et se donne en teinture (20 à 30 grammes) ou en pilules à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme Q. On s’en sert pour la préparation de la thériaque, de l’élixir de Garus et du baume Fioravanti.
MYRTE. Arbrisseau de la famille des myr-
NAUC
lacées, dont les feuilles en décoction se donnent comme vermifuges [3.
MYSTICISME. En médecine et en thérapeutique le mysticisme, c’est-à-dire la croyance aux influences occultes, joue un très-grand rôle et sert d’appui à tous les doctrinaires de la nosologie qui ont à faire valoir une méthode curative. Y. V Introduction.
La théurgie et la magie anciennes, ainsi que la croyance aux amulettes, aux charmes, aux philtres, aux évocations, aux pèlerinages profanes et sacrés, sont les résultats du mysticisme thérapeutique, et en effet l’imagination joue un si grand rôle dans la production et dans la guérison des maladies, qu’il faut tenir le plus grand compte de cette faculté humaine, si l’on veut pouvoir guérir un certain nombre de malades.
Toutes les maladies nerveuses qui n’ont point pour origine une altération considérable de l’encéphale guérissent par la croyance qu’inspire la réputation d’un remède, d’une eau minérale, d’un pèlerinage profane ou sacré, ou de pratiques mystérieuses que mettent en œuvre certaines personnes habiles dans l’art d’exploiter à leur profit l’influence du moral de l’homme sur son physique. Y. Imitation.
NIABIAS (Hautes-Pyrénées). Eau sulfureuse froide peu connue.
NÎÆYUS. Y. ÉRECTILE (TUMEUR).
lYAPEu. Y. Aconit.
NIAPHTH AUlNüE. Matière volatile, odorante, cristallisable, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’éther fournie par la distillation du goudron minéral (Kidd).
lYAPHTHE. Carbure d’hydrogène liquide, incolore, volatil, inflammable, existant dans les entrailles de la terre et formant des sources plus ou moins abondantes. C’est un produit semblable à l’huile de pétrole. On l’emploie comme topique dans le traitement de la teigne (Chapel), comme vermifuge et comme antispasmodique dans la coqueluche, à la dose de 15 à 20 gouttes dans un peu d’alcool dans une potion gommeuse.
XAPUES (Italie). Eaux minérales sulfureuses et gazeuses, employées contre la dyspepsie et les maladies de la peau.
XARCÉIA'E. Alcaloïde fourni par l’opium sous forme de poudre blanche cristalUsable en aiguilles, peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, ayant des propriétés sédatives dénuées de toute excitation (Cl. Bernard). Sous ce rappel elle est préférable à la codéine et à la mor-