‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 492 sur 731 · I. Nécroses du labyrinthe membraneux · texte numérisé non relu

I. Nécroses du labyrinthe membraneux

Il y a des malades qui présentent des étourdissements, des vertiges et des bourdonnements d’oreilles sans présenter les signes du vertige stomacal de la chloro-anémie et de la congestion cérébrale (Saissy (de Lyon), Menière, Triquet).

Cet état est en relation avec une altération du labyrinthe.

On n’arrive au diagnostic de cette maladie que par voie d’exclusion, et souvent par le souvenir de lésions antérieures de l’oreille. Lorsque après une otite moyenne aiguë on voit survenir de tels symptômes sans redoublement de fièvre et sans délire, on peut penser qu’il y a lésion de l’oreille interne.

Thérapeutique. — On placera des ventouses scarifiées autour de l’oreille ; on fera en ce point des lotions avec la teinture d’iode ; on placera sur l’oreille et la région temporale des compresses d’eau glacée.

On purgera les malades avec la scammonée et le jalap ; le purgatif :

Sine k jaiap 1

1 est bon.

1 Les injections de lait dans la trompe d’Eustache 1 (Saissy) sont d’un effet très-douteux.

II. Inflammation et destruction du labyrinthe osseux . — La propagation de l’inflammation après une otite interne, une carie du rocher autour des tubercules de cet os, causent la destruction du labyrinthe, après avoir produit ou non les phénomènes dus à l’inflammation du labyrinthe membraneux. On reconnaît cet état à la persistance des écoulements par l’oreille, à des douleurs de plus en plus vives, quelquefois à l’expulsion par le conduit auditif d’un séquestre contenant le labyrinthe. Les accidents dus à cette destniction de l’oreille interne sont quelquefois un abcès du cerveau (Lallemand) et une encéphalite.

Thérapeutique. — Tout le traitement consiste à prévenir les complications, à empêcher la stagnation du pus, à éviter les refroidissements qui peuvent causer des recrudescences de Thiflammation. — On traitera les lésions cérébrales. On administrera le traitement antiscrofulcux et anlisyphilitique , si le

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malades ofTreut des siÿües de la diatüèse scrofuleuse ou syphilitique.

III. Surdité nerveuse. — On appelle surdité nerveuse acquise les lésions de l’appareil de l’innervation de l’oreille produites par une violente secousse ou par l’insufflation violente dans l’oreille, lésions qui semblent indépendantes d’une rupture tle la membrane du tympan; par une otite, par l’impression du froid, par l’action de maladies graves, telles que la scarlatine et la fièvre typhoïde et sans lésion apparente de l’oreille externe et moyenne ; par les lésions engendrées par suite de fatigues, de veilles et d’exercice forcé; enfin par suite de débilité générale de l’économie. V. Paralysie du nerf AUDITIF.

La surdité nerveuse est rare dans la paralysie faciale.

La surdité congénitale est le résultat d’un vice de conformation de l’oreille ou de lésions anciennes, tumeur ou autre de l’oreille, ayant existé pendant les derniers temps de la vie intra-utérine ou les premiers jours de la vie de l’enfant.

On reconnaît la surdité nerveuse par des signes négatifs de toutes les lésions acquises qui peuvent produire la surdité. — La surdité congénitale n’est guère reconnue que quand les enfants ont plusieurs mois et même une année, et à ce moment on ne trouve aucune lésion de l’oreille, ni accumulation de cérumen dans le conduit auditif, ni polypes, ni altérations de la membrane du tympan. Si l’on fait avaler les enfants en appliquant l’otoscope, etsi l’on entend le claquement de la membrane du tympan, il y a des probabilités pour que la surdité soit liée à une altération originelle ou un défaut de conformation de l’oreille interne.

Il est quelquefois difficile de distinguer si un enfant entend ; il est des enfants intelligents qui disent po, man, et qui ont appris ces mots sans doute aux mouvements des lèvres, ou parce que la surdité, incomplète à la naissance, s’est complétée plus tard. Pour mieux juger l’état de l’ouïe on attirera l’attention des enfants, puis on fera derrière eux un grand bruit, ou bien on laissera les enfants seuls, et on reviendra les appeler ou faire du bruit en se plaçant derrière eux.

Thérapeutique. — La surdité nerveuse a été traitée par les douches de vapeur d'eau simple et par les douches sulfureuses dans le conduit auditif. Lorsqu’on peut songer qu’il s’agit d’une congestion, on appliquera deux ou trois sangsues au devant ou derrière l’oreille. Si la surdité est venue après un refroidissement, on appliquera des vésicatoires sur l'apophyse mastoide. Le retour de bourdonnements d'oreille est l'indice de l’amélioration de l’ouïe.

Lorsque la surdité nerveuse résiste à ces agents, on électrisera en faisant passer un courant dan

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l’oreille. Pour cela, on sc sert d’un stylet de platine, enduit d’une couche de cire, excepté à sa pointe et à son sommet, ou de l’excitateur (fîg. 403).

L’excitateur ou le stylet sont attachés à un des pôles de l’appareil électrique et l’autre pôle est placé sur l’autre côté de la tête.

Fig. 408. — Excitateur de l’oreille. — A. Stylet métallique. — B. Gaine d’ivoire pour protéger le conduit auditif. (Duchenne, de Boulogne.)

Les régimes toniques et fortifiants, le repos, l’exercice modéré, rétabliront l’ouïe chez ceux que la faiblesse, de grandes fatigues, ont rendus sourds.

Les lésions du cerveau seront traitées par les moyens appropriés, lorsque la surdité vient compliquer une lésion cérébrale,

Pour la surdité congénitale irrémédiable, lorsqu’elle est liée aux vices de conformation, on donnera aux enfants une éducation spéciale, on leur ap- ' prendra le langage par signes, et, après leur avoir appris à lire, on essayera de leur enseigner la production des sons. On parlera aux enfants qui li’ont point une surdité complète avec un tube acoustique très -long; on exercera leur ouïe avec persévérance et pendant de longues années. L’électricité pourra être employée comme moyen adjuvant. S’il y a: quelques lésions de l’oreille moyenne et interne, on les traitera par les moyens indiqués.

IV, Bourdonnements d’oreille. — Les bourdonnements d’oreille sont un symptôme commun à toutes les lésions de l’oreille moyenne et interne et aux lésions de la membrane du tympan. C’est souvent le seul symptôme qui existe dans les surdités nerveuses commençantes. V. Bourdonnements d’oreille et ParacousiE. Il existe dans la chlorose et dans beaucoup de lésions cérébrales.

Thérapeutique. — Le traitement consiste à lutter contre la maladie qui cause le bourdonnement d’oreille.

Oreille moyeane (LÉSION DE L’).

I. Lésions de la rnembrane du tympan, consécutives aux maladies du conduit auditif et aux otites externes. — Les otites externes et oiorrhées déterminent des lésions de la membrane du tympan ; les unes sont des érosions, des granulations, des phlyctèues; les autres sont

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des ulcérations, des épanchements, des relâchements, des incrustations calcaires dans la membrane. Elles sont une manifestation tardive de l’inflammation portant sur la couche épidermique externe de la membrane du tympan, quelquefois sur la couche fibreuse.

Les otites internes peuvent produire une perforation de la membrane du tympan. Des polypes se développent parfois sur la membrane du tympan, dans son épaisseur. V. Oreille MOYEixxE (Maladie de l’) et Otites entérines.

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