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II. Rupture de la membrane du tympan

— La rupture du tympan peut survenir sous l’influence d’une cause traumatique, comme un soufflet ou un coup de poing reçu sur l’oreille (A. Cooper, Robert, Toynbee), et l’ébranlement de l’air par un son très-fort, tel qu’un coup de canon. Un éternument violent, la pendaison (AV. AVilde), sont capables de causer cette rupture; mais il est probable qu’il y a, dans ce cas, quelque lésion ancienne de la membrane.

Une petite hémorrhagie par l’oreille et une surdité incomplète instantanée caractérisent la rupture traumatique de la membrane du tympan.

*,5-* La membrane du tympan peut aussi être détruite par le séjour d’un corps étranger, par un amas de cérumen durci, par une ulcération, accident qui n’est pas très-rare dans la scarlatine. Dans la plupart des cas, le traitement est inefficace pour faire reproduire la membrane détruite.

Thérapeutique. — La seule indication des ruptures de la membrane du tympan est de tenir l’oreille bouchée avec un bourdonnet de coton. — On traitera l’otite externe ou interne si elle a causé la déchirure.

Contre les perforations qui ont amené la surdité ou l’afTaiblissement de l’ouïe, il y a une ressource ; la prothèse; on place une membrane du tympan artificielle. A". Oreille (Prothèse de l’).

Les ruptures traumatiques de la membrane du tympan peuxent guérir seules. Néanmoins, lorsque la membrane du tympan a été rompue et lorsqu’il y a eu une hémorrhagie, il faut appliquer une ou deux sangsues sur la tempe et faire des lotions avec l’eau tiède dans le conduit auditif.

III. Obstruction de la trompe d'Eustache à son orifice guttural. — Sans compter les tumeurs telles que les polypes naso-pharyngieiis qui oblitèrent plus ou moins l’orifice de la trompe d’Eustache, un coryza aigu ou chronique, étendu à l’arrière-cavité des fosses nasales, peut causer une inflammation de la inu- (piense de la trompe d’Eustache plus ou moins durable et une oblitération de ce conduit. Tantôt ce sont des mucosités qui obstruent la trompe, tantôt c’est une hypertrophie de la muqueuse de ce conduit.

L’obstruction de la trompe d'Eustache peut être la conséquence d’une inflammation de l’oreille moyenne aussi bien que d'une inflamma-

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tion de l’arrière-cavité des fosses nasales. On distingue la nature du mal par les antécédents : un coryza dans le premier cas, une otite et des douleurs d’oreille dans le second. L’obstruction de la trompe d’Eustache cause inévitablement la surdilé.

On reconnaît que la trompe d’Eustache est oblitérée avec l’otoscope, avec l’explorateur de la trompe d’Eustache et par la rhiuoscopie. V. Oreille (Exploration de l’) ou Otoscopie.

Dans le premier cas, parce que l’air ne pénètre plus dans la caisse du tympan; dans le second, parce qu’on voit la trompe enflammée.

Thérapeutique. — On usera des remèdes généraux capables de modifier la constitution scrofuleuse s’il y en a des traces.

Les malades porteront de la flanelle sur le cou et on leur fera prendre des bains chauds ; — l’hydrothérapie; — le massage, pour provoquer des sueurs et une congestion de la peau; — un bon régime, le repos, sont des moyens adjuvants utiles. — L’iodure de fer etl’iodure de potassium sont bons. A ce régime (Toynbee) tonique et réparateur, on joindra les injections tièdes par les narines avec l’eau de guimauve, ou avec la solution suivante :

Eau . . . .... 100 grammes.

Alun . 10 id.

Les gargarismes de même composition peuvent être employés avec avantage.

Ou fera le cathétérisme de la trompe d’Eustache (Guyot, 1724). A moins de difficultés impossibles à vaincre, on introduira par la narine un cathéter d’argent dont la courbure mesure un angle de 144“ (Kramer) , ou mieux d’une sonde presque droite (Triquet) (fig. 409), ou bien une sonde de gomme élastique, à graduations millimétriques soutenue par un mandrin (Deleau). La sonde, saisie comme une plume à écrire, est introduite brusquement jusqu’au fond de l’arrière-cavité des fosses nasales. Eu portant le pavillon de la sonde en bas et en dedans ; le bec se dirige en haut et en dehors et arc-boute contre la portion cartilagineuse de la trompe. On tâtonne, et quand on sent un défaut de résistance, on enfonce la sonde aussi loin que possible, sans trop forcer toutefois (préocdé mixte, Cleland, Itard, Krammer, Triquet).

Le doigt introduit dans l’arrière-gorge peut guider I la sonde. Cette manœuvre est très-pénible pour le malade ; mais il doit s’y soumettre, si le cathétérisme offre des difficultés, à moins qu’avec le miroir rhinoscopique on ne puisse guider l’instrument.

Pour arriver plus sûrement au loin dans la trompe, on se servira de la sonde d’argent ouverte du bout. Une fois introduite dans l’orifice de la trompe, on passera une bougie fine de baleine dans la sonde et on la poussera aussi loin que possible. La corde de harpe (lettre F du commerce) (Kramer) est moins avantageuse que la sonde de baleine.

Si la narine est trop déviée, on pourra ^asser le cathéter par la narine opposée (Deleau) ; mais alors le cathéter devra avoir une grande courbure. Ce procédé est peu praticable ; mieux vaut employer le procédé de Guyot et sonder par la bouche. Pour cela, le doigt étant introduit dans Tarrière-gorge, on sent l’ouverture de la trompe d’Eustache et l’on guide sur

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le doigt le cathéter. Krammer et Menière ont adopté ce procédé pour les cas difficiles.

d’Espine, Triquet). Pour cela, on introduit dans une sonde dix gouttes d’une solution de potasse caustique, et, après avoir placé la sonde dans la trompe d’Eustache, on pousse le liquide à l’aide d’un soufflet de caoutchouc.

On traitera les polypes naso-pharyngiens, on incisera les amygdales, si par leur volume elles comprimaient les trompes.

Si le rétrécissement de la trompe d’Eustache est causé par une laxité de la muqueuse, on cautérisera l’orifice de la trompe avec le nitrate d’argent, on fera des injections nasales et l’on donnera des gargarismes avec l’eau additionnée d’eau-de-vie (Toynbee) ; on sondera la trompe d’Eustache à plusieurs reprises. Si la trompe d’Eustache est oblitérée par des mucosités, le cathétérisme sera fait, on injectera de l’air dans la cavité du tympan. S’il y a un Fig. 409. — Cathétérisme de la trompe d’Eustache avec une sonde à grande courbure, rétrécissement, on sondera avec des — A. Sonde. — B. Orifice de la trompe d’Eustache.-— C. Cornet inférieur. — Méat instruments emboîtés : une SOnde

inférieur pour pénétrer dans la trompe, il faut abaisser fortement la sonde apres ^ , haloine dans une sonde d’iin qu’elle a été placée comme l’indique la figure. (Nélaton.) ““5 ûe naieme üaus une sonde d u n

petit calibre ouverte du bout, et I on

Lorsque le cathéter est une fois introduit,- on fait des injections forcées d’air (Herpold), avec une boule de caoutchouc à robinet ou soufflet auriculaire^ que

Fig. 410. — Procédé de cathétérisme de la trompe d’Eustaehe. Le doigt introduit dans le phariTix guide le bec de la sonde.

(A. Guérin.)

l’on fixe à l’extrémité du cathéter ; mais cette opération ne peut toujours réussir ; on s’expose du reste, en poussant trop d’air pour forcer l’obstacle, à faire rompre la membrane du tympan.

En cas de rétrécissement de la portion antérieure de la trompe, on peut le cautériser (Velpeau) avec une sonde spéciale faite sur le modèle de la sonde de T allemand. V. Prostate (Maladie de la}.

On cautérise aussi avec la potasse caustique (Marc

sondera tous les jours.

Enfin, si la trompe est oblitérée, il ne reste plus qu’une ressource pour rendre l’ouïe au malade : la perforation de la membrane du tympan (Gheselden,

A. Gooper).

A l’aide d’un trocart n° 6 de la filière Gharrière, un peu courbe, tenu comme une plume à écrire, le spéculum plein de Toynbee étant placé dans l’oreille, pique la partie antérieure et inférieure de la membrane du tympan. L’ouverture ainsi faite est trèspetite et peut s’oblitérer. Pour éviter que la plaie ne tende à se refermer, on se servira d’un trocart quadrangulaire (Buchanam) et mieux d’un trocart plat. La perforation avec un instrument chauffé (Richerand) est dangereuse. Ou peut faire une perforation à la membrane du tympan avec un emporte-pièce (Hymly). On se sert d’une vrille acérée et d’une canule engainante à extrémité tranchante , on engage la vis dans la membrane et on la retire en faisant avancer la canule et en la tournant (Fabrizzi, Deleau). Au lieu d’une vrille, on peut se servir d’un crochet analogue à un hameçon.

On pourra encore faire la trépanation^de l’apophyse mastoïde et ouvrir les cellules mastoïdiennes (Riolan) . Pour cela, on fait une incision cruciale sur la partie saillante de l’apophyse mastoïde, on met l’os à nu et on le perfore avec une couronne de trépan ou un perforatif. Cette opération est inutile et ne donne pas de bons résultats. Elle ne doit être faite que pour évacuer le pus contenu dans l’oreille moyenne et dans les cellules mastoïdiennes, le conduit auditif et la trompe étant oblitérés.

IV. Otite interne, inflammation phlegmoneuse de la caisse du tympan. — L’otite interne phlegmoneuse est liée à une altération spontanée de la muqueuse de la caisse, des osselets de l’ouïe ou du rocher, ou elle est causée par un abcès du cerveau qui s’est ouvert dans l’o reille moyenne (Avicenue, Bonet, Casper, Itard).

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On reconnaît l’otite interne à des douleurs aiguës fixes, s’étendant vers le pharynx et le crâne. Les sous sont pénibles à entendre, les mouvements de la marche, l’éternumeut, la déglutition et la mastication causent des douleurs plus vives, la fièvre devient intense, il y a une tuméfaction de la face et du côté correspondant de la tête, la douleur augmente à chaque instant; il y a parfois du débre. Tous ces symptômes cessent quand le pus sort par la trompe d’Eustache et par une perforation de la membrane du tympan ; mais si les accidents redoublent, le pus n’étant pas évacué, la mort peut survenir, peut-être par l’excès de la douleur et souvent par une méningite.

Les complications primitives de l’otite phlegmoneuse sont la destraction des osselets de Fouie, l’ostéite du rocher, la destruction de la membrane du tympan et de l’oreille interne, l’encéphalite (Sabatier), une otite externe, un abcès des cellules mastoïdiennes. (J. L. Petit.)

Les complications consécutives sont : la suppuration du temporal, la paralysie du nerf facial, la nécrose des osselets de l’ouïe, un polype né dans la caisse du tympan (Triquet) ou sur les restes de la membrane du tympan (Toynbee) et la surdité confirmée.

On reconnaît l’encéphalite et la méningite par les contractures. — L’écoulement de pus par l’oreille indique la rupture de la membrane du tympan. — L’abcès des cellules mastoïdiennes se reconnaît aux signes d’un abcès que l’on peut rendre plus évident quelquefois en faisant souffler le malade après lui avoir fait clore la bouche et les narines (J. L. Petit). Dans ce cas, la tumeur à la région mastoïdienne devient plus saillante. — Les autres complications se reconnaissent à leurs symptômes particuliers. V. Paralysie faciale , Oreille externe (Maladies de l’).

L’otite peut être méconnue à son début ; mais les douleurs extrêmement vives exagérées par la mastication et la déglutition sont un caractère qui n’appartient qu’à l’otite interne.

Une fois le tympan ouvert et l’écoulement du pus produit , il n’y a pas d’erreur de diagnostic possible sur les otites internes.

Lorsque le pus coule bien, la guérison de Fotite marche sans encombre ; mais, à la moindre rétention, il y a des récidives, et celles-ci sont de moins en moins fortes.

%* L’otite interne aiguë passe quelquefois à l’état chronique. Ailleurs, elle donne lieu à des fausses membranes, à des fongosités, qui viennent quelquefois stimuler un polype.

L’otite phlegmoneuse donne souvent lieu à une surdité incurable.

Il y a des malades atteints d’otites suivies ou précédées d’altération des os et qui, parais-

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saut presque guéris de leur mal, meurent subitement. Cela tient à ce qu’il y a un abcès du ceiTeau qui, après être resté stationnaire, se rompt et cause une méningite suraiguë.

Thérapeutique. — Une saignée générale, six sangsues à l’apophyse mastoïde, six sangsues au devant de l’oreille, seront appliquées à une ou plusieurs reprises.

On administrera un purgatif salin : eau de Sedlitz, ou midux 75 centigrammes de calomel ou 40 centigrammes de calomel en dix prises.

On fera autour de l’oreille des frictions avec l’onguent mercuriel belladoné, Y. Iritis.

On fera des injections dans l’oreille avec le mélange :

Laudanum . 1 id.

Les malades respireront de la vapeur d’eau de' guimauve pour faire des fumigations émollientes.

Si les accidents ne sont points calmés, si le troisième jour le pus n’est point sorti par le conduit auditif externe ou par la trompe d’Eustache, on fera le cathétérisme de la trompe et l’on y injectera de l’eau tiède ; — on perforera la membrane du tympan avec le trocart de A. Gooper, puis on fera des injections d’eau tiède dans l’oreille. Ce sont les meilleures injections ; elles n’ont d’autre but que de nettoyer.

S’il y a du pus dans les cellules mastoïdieunes, on incisera la peau, on perforera l’apophyse mastoïde et l’on fera des injections d’eau tiède dans la plaie.

Les inflammations cérébrales seront traitées par les moyens appropriés. V. Méningite, Encéphalite et Cerveau (Inflammation du).

Si l’inflammation passe à l’état chronique, on appliquera des vésicatoires autour de l’oreille. Si l’on peut soupçonner qu’un état scrofuleux ou syphilitique puisse être pour quelque chose dans la perpétuation du mal, sYl y a des antécédents de l’une ou l’autre diathèse, on donnera le traitement antisyphilitique ou antiscrofuleux.

Lorsque la membrane du tympan est perforée, on aura recours au traitement approprié (V. plus haut). Les fausses membranes de l’oreille moyenne, l’ankylose des osselets de l’ouïe, ne réclament aucun traitement, si ce n’est les injections excitantes à la vératrine pour réveiller la sensibilité de l’ouïe, et on laissera l’oreille moyenne ouverte du côté du conduit auditif. V. Otites internes chroniques.

Les perforations de la carotide interne par une carie consécutive du rocher, aq niveau de la membrane du tvTnpan ou des cellules mastoïdiennes (Ghassaignac , Porter , Syme , Société anatomique, 1864), la perforation du golfe de la veine jugulaire (Toynbee) sont des accidents mortels, mais on pourra tenter d’arrêter l’hémorrhagie par le tamponnement du conduit auditif externe.

Les fistules mastoïdiennes seront tenues ouvertes et l’on pratiquera dans les cellules des injections émollientes.

Les nécroses des cellules mastoïdiennes seront traitées comme les nécroses des autres régions.

V. Inflammation catarrhale de l'oreille moyenne, otite interne chronique. — L’otite interne chronique est une inflammation aiguë qui n’a pu se terminer par résolution ou qui a

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débuté par la forme chronique.. Une inflammation consécutive à une otite externe, une inflammation qui suit une altération tuberculeuse du rocher ou de l’oreille interne, les phlegmasies chroniques de l’arrière-cavité des fosses nasales, les plaques muqueuses de l’arrière-gorge, enfin un refroidissement chez un individu scrofuleux, peuvent engendrer une phlegmasie chronique de la muqueuse de l’oreille moyenne.

*,j.* L’otite catarrhale se reconnaît à une surdité plus ou moins complète, à des douleurs d’oreille dans les changements de temps et à des des signes négatifs d’otite externe ; — la surdité complète indique toujours une oblitération de la trompe d’Eustache.

On reconnaît l’otite catarrhale ancienne à l’aide de la rhinoscopie par un écoulement muqueux par l’orifice de la trompe, et si la membrane du tympan est perforée, à des écoulements muqueux ou séreux par le conduit auditif externe.

Comme l’otite phlegmoneuse, l’otite catharrhale cause l’oblitération de la trompe, la nécrose des osselets, l’épaississement, le relâchement et la perforation de la membrane du î tympan.

Thérapeutique. . — Lorsque l’otite interne est reconnue par l’exploration de l’ouïe [V. Oreille), Ex- PLOEÂTiox DE l’)], par l’injection d’air faite par la trompe d’Eustache donnant lieu à un râle (Menière) que l’on peut entendre à l’aide de l’otoscope (Toynbee), on appliquera derrière l’oreille un vésicatoire volant qu’on renouvellera à mesure qu’un précédent sera sec.

On prescrira des injections dans les fosses nasales avec le mélange suivant :

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Lorsque tout espoir de rendre l’ouïe au malade est presque perdu, on fera des injections avec :

strychnine . 20 centigrammes.

. (Triquet) Q.

On a recommandé les injections avec ;

. • 20 grammes.

Vératrine. . . .

Acide acétique .

Un cautère derrière l’oreille, un séton à la nuque, sont des moyens qui répugnent aux malades.

On poussera même des injections d’air ou de vapeur d’éther (Kramer) dans l’orifice de la trompe. La cautérisation serait indiquée si le rhinoscope faisait découvrir des ulcérations de la trompe (Moura).

On fera tous les jours le cathétérisme de la trompe s’il y a un rétrécissement et l’on y insufflera de l’air.

En même temps, on administrera aux malades le traitement général de l’otite syphilitique, scrofuleuse ou rhumatismale. Y. Otite exterxe dans 1’ Oreille EXTERNE (Maladie DE l’).

Chacune des complications sera traitée par les moyens appropriés. Y. plus haut Lésions de la membrane DU TYMPAN, Oblitérations de la trompe d’Eustache.

Lorsqu’à la suite d’otites anciennes l’ouïe est perdue, on fera des injections par la trompe d’Eustache avec les vapeurs d’éther ou de chloroforme.

1 gramme de liquide est enfermé dans un réservoir de caoutchouc muni d’un robinet et laissé en repos quelques minutes. La vapeur qui s’est ainsi formée dans ce soufflet auriculaire est ensuite injectée dans la trompe d’Eustache.

Ce traitement est empirique.

Étendu dans six fois son volume d’eau

(Triquet.)

Lorsque l’oreille moyenne communiquant largement avec l’oreille externe, la membrane du tympan et la muqueuse de la caisse se sont recouvertes de bourgeons charnus ou de granulations, on injectera de la potasse caustique (Marc d’Espinc, Triquet) (V. Obstruction de la trompe d’Eüstache). Cette thérapeutique n’est pas nécessaire tant qu’il n’y a pas menaces de polypes de la caisse du tympan.

En tout cas, même quand l’ouïe est perdue, tant qu’il coule du liquide par l'oreille externe, on fera journellement des injections émollientes et de temps en temps les injections iodées.

Oreilles (PROTHÈSE DES).

I. Pavillon artificiel. — Il est moins nécessaire de donner aux malades un pavillon artificiel qu’une conque. Les conques métalliques peu épaisses, du volume d’un dé à coudre, sont préférables , elles seront nettoyées tous les jours, enlevées le soir et replacées le matin; tous les jours des injections seront faites dans l’oreille pour prévenir l’irritation causée par le séjour d’un corpsétranger. V. Cornetsagoos- TIQUES.

IL Membrane du tympan artificielle bee). — Pour appliquer une membrane du tympan artificielle, il faut qu’il reste une portion de la membrane qui permette de préciser le lieu où il faut placer la membrane artificielle. On se sert d’une plaque de caoutchouc vulcanisée et de gutta-percha.

La membrane est placée à une profondeur de un centimètre environ et dans une position oblique de bas en haut et de dehors au dedans, et souvent l’ouïe gagne en intensité grâce à cet appareil.

Des douleurs vives succèdent quelquefois à l’application de cet appareil, mais on les calme par des injections avec eau, 50 grammes ; laudanum, 1 gramme. Dans beaucoup de cas cet appareil prothétique est innocent. Il est possible aussi de placer des tubes acoustiques qu’on loge dans le conduit et qui sont pourvus à leur extrémité d’une baudruche, d’une peau d’agneau, que l’on peut changer à volonté.

111. Cornets acoustiques. — Lorsqu’il n< reste plus qu’un très-faible degré de l’ouïe, i est encore possible de faire percevoir un soi aux malades avec des tubes de renfoi cement. Les cornets acoustiques d’une seule pièce son

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les meilleurs, ceux de métal, d’aluminium, par exemple, sont préférables. — Les cornets acoustiques sont tenus avec la main, suspendus à des branches de lunettes (Charrière) ou portés par un bandeau (Rein). Les cornets acoustiques à deux embouchures, l’une rétrécie, placée dans l’oreille du sourd, l’autre, évasée, placée au niveau de la bouche de son interlocuteur, sont des insstruments de conversation plus que des appareils prothétiques. — Lorsque l’ouïe est seulement émoussée, on se sert de petits tubes métalliques qui restent dans l’oreille, comme dans les cas d’absence de conque.

Oreille (VICES DE CONFORMATION DE L’).

L’absence du tympan de l’oreille interne est au-dessus des ressources de l’art.

Les atrophies du pavillon de l’oreille ne réclament aucun traitement.

L’imperforation du conduit auditif ne réclame pas de traitement, à moins que l’on ne sente un conduit en arrière de la membrane obturante, à moins €|ue l’audition ne soit conservée du côté où siège l’occlusion. Il est admis généralement que le conduit auditif existe lorsque le pavillon de l’oreille est bien conformé, mais jusqu’ici on n’a pas encore pu préciser d’une manière exacte quand l’opération pouvait être suivie de succès. Le rétrécissement du conduit auditif est une lésion congénitale assez rare.

Les enfants qui ont une imperforation congénitale des oreilles semblent être idiots, et lorsqu’on verra des enfants dépourvus d’jnlelligence, ayant un arrêt de développement des oreilles, on aura de bonne heure recours à l’éducation artificielle des sourds-muets.

Thérapeutique. — En cas de rétrécissement congénital de l’oreille, on tentera de dilater le conduit avec des tubes de plus en plus gros. — Si le conduit auditif est peu dilatable, on placera dans l’oreille des tubes coniques métalliques pourvus d’une petite conque. — Si le pavillon de l’oreille manque, on placera une conque artificielle. Cette prothèse ne doit pas être négligée. Le commerce renferme une foule de petits appareils ingénieux qui ont des avantages variés. Les meilleurs sont les appareils métalliques.

Le lobule de l’oreille, quelquefois très-long et constituant une difformité, peut être e.xcisé.

Si les cartilages de l’hélix, du tragus et de l’antitragus sont trop saillants, on les excisera, surtout s’ils gênent la perception des sons.

En cas d’imperforation du conduit auditif, ou ponctionnera avec un bistouri très-pointu. Si l’on arrive sur un os, il n’y a pas de conduit; si l’on pénètre, il est probable que le conduit est conservé. Alors on incise crucialement et l’on dilate l’ouverture ainsi pratiquée avec une canule ou une tente (Nélaton).

Lorsqu’une membrane est située profondément dans le conduit auditif, à l’aide d’un stylet mousse on mesure par comparaison avec l’autre côté la profondeur à laquelle siège l’oblitération. Si la membrane obturante paraît très-près de la membrane du tympan, on peut sc servir d’un caustique porté sur

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une canule d’argent (Leschevin, Royer), ou peut inciser avec le bistouri (A. Bérard). Dans les deux cas, il y a danger, on peut s’exposer à perforer la membrane du tympan.

Si la membrane est placée plus en dehors, et s’il est évident qù’il y a un espace libre entre la membrane du tympan et la membrane qui oblitère le conduit auditif, le bistouri est peut-être préférable.

Contre les conduits auditifs doubles ((Bernard de Toulouse), il n’y a rien à faire.

OREiiiiiE DE JED.1.. Champignons croissants sur les vieux sureaux, dont l’infusion dans le vin est employée contre l’hydropisie RI.

OBEfLLOXS. Oreillons et parotidites ou parotides, c’est exactement la même chose. V. Glande PAROTIDE.

Le gonflement douloureux des glandes parotides constitue les oreillons ou parotides.

Les oreillons existent généralement des deux côtés à la fois et dépendent presque toujours d’une influence épidémique.

Le gonflement, la chaleur, la douleur et quelquefois un peu de rougeur de la région parotidienne, avec ou sans fièvre, empêchant l’ouverture de la bouche et déformant l’ovale de la figure, caractérisent les oreillons.

Il y a des oreillons simples et des oreillons compliqués, survenant à la fin des fièvres graves et ajoutant beaucoup à la gravité du mal.

%* Les oreillons qui se développent sur un sujet bien portant, comme maladie primitive, se terminent toujours bien en cinq ou six jours par résolution, et il est bien rare de les voir suppurer ou donner lieu à une métastase sur les mamelles et sur le testicule.

Lorsque dans le cours des oreillons se montre une douleur au testicule ou à la mamelle chez les petites filles, on peut affirmer qu’il se fait une métastase et qu’il va se produire une orchite ou une phlegmasie de la mamelle.

Les oreillons ou parotides primitives, maladie de l’enfance, se montrent beaucoup plus souvent chez lesgarcons que chez les jeunes filles et paraissent ordinairement h l’état épidémique dans les maisons d’éducation.

C’est par exception que les oreillons se montrent comme maladie primitive épidémique chez les adultes.

*** Il y a aussi des oreillons symptomatiques ou parotides secondaires, qui ne se montrent jamais que dans le cours des fièvres graves, adynamiques, particulièrement h la fin du typhus et de la fièvre typhoïde, et ils existent surtout chez les adultes.

Les oreillons idiopathiîpies ne suppurent presfpie jamais, tandis que les oreillons symptomatiques suppurent toujours.

Les oreillons paraissent avoir pour siège la glande parotide, où s’établit une véritable

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inflammation, avec ses diCférents caractères de chaleur, de douleur, de gonflement, quelquefois de rougeur, et enfin de suppuration.

Une douleur, avec gonflement des deux glandes parotides chez un enfant d’-ailleurs bien portant, constitue les oreillons idiopathiques. Une douleur avec gouflement des deux glandes parotides, à la fm d’une fièvre grave, chez un enfant ou chez un adulte, indique une forme grave des oreillons ou parotides symptomatiques, presque toujours mortelles.

Une douleur testiculaire, chez les garçons, mammaire chez les filles, pendant les oreillons, annonce une métastase du mal sur le testicule ou sur la mamelle.

La métastase des oreillons sur le testicule entraîne souvent l’atrophie de cette glande.

Les oreillons idiopathiques guérissent en huit jours par des applications chaudes et sèches ou par des émollients sur la région douloureuse, sans jamais aller à la suppuration.

Les oreillons symptomatiques des fièvres graves ou parotides amènent toujours de la suppuration diffuse dans la glande avec d’énormes décollements de la peau et ils se terminent presque toujours par la mort

Thérapeutique. — Les parotides des fièvres éruptives ou typiioïdes doivent être traitées dès leur début par des sangsues ou des ventouses scarifiées, par des applications émollientes, et dès que le pus est formé, diffus dans le tissu cellulaire, il faut faire des mouchetures avec la lancette pour empêcher la formation d’un foyer purulent considérable et la destruction de la glande.

Si les oreillons sont suivis d’une induration de la glande parotide, il faut mettre eu usage les frictions avec différentes pommades résolutives.

Dans les oreillons idiopathiques ou oreillons ordinaires il suffit de l’application d’une mentonnière et d’un morceau d’ouate, de cataplasmes émollients, de frictions calmantes opiacées, avec :

Glycérolé d’amidon . 30 grammes.

Sulfate de morphine . i id.

Mêlez. Des frictions d’onguent mercuriel affaibli :

Axonge . 50 gramme.s

Onguent mercuriel . 5 id.

Mêlez.

Des applications de pommade ou d’huile camphrée, enfin d’une alimentation demi-liquide et du repos à la chambre. De tous les moyens qu’il convient d’opposer aux oreillons ceux-là sont les meilleurs.

OBEZZ4 (Coi-se). Eau ferrugineuse froide employée dans la chlorose, l’aménorrhée, les leucorrhée, la gastralgie, la diarrhée chronique, l’anémie FR.

ORGAXicis.UE. >'om donné par Rostan à une doctrine médicale exclusive, dans laquelle on prétend expliquer le développement de toutes les maladie par l’apparition simultanée d’une altération matérielle de la structure des organes. — Dans cette doctrine, tout désordre fonction-

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nel dépend d’une lésion de structure de l’organe correspondant, et toute altération organique implique un trouble fonctionnel de l’organe altéré. Ces propositions, satisfaisantes en théorie, ne sont malheureusement pas vraies en pratique, car il y a un grand nombre de maladies dont on ne connaît pas la lésion anatomique qui par cela même ne sont que des troubles fonctionnels, telles sont les névroses, tandis que des lésions organiques graves peuvent exister dans le sang, dans le foie, dans le cerveau, dans les poumons, etc., sans troubler les fonctions de l’organe. C’est ce qu’on voit dans les maladies latentes, dans les diathèses et dans certaines maladies héréditaires et virulentes,

ORGAISmE ou ÉRÉTHISME. L’état de spasme avec ou sans dilatation des capillaires constitue ce que plusieurs médecins appellent l’orgasme, expression mal définie, c|ui tend à disparaître de la nosographie.

L’état nerveux et spasmodique des femmes atteintes d’hystérie, l’irritabilité nerveuse, la tension et l’excitation des organes et un certain degré de turgescence des tissus caractérisent l’orgasme vasculaire.

L’orgasme vasculaire peut exister dans toutes les parties du corps ou sur une seule partie en particulier.

Thérapeutique. — Contre l’orgasme, il n’y a guère à mettre en pratique que la bonne nouriture, lés toniques et les antispasmodiques,

FORMULAIRE DE l’ORGASME VASCULAIRE.

Pilules d’asa fœtida et d’iodure de fer,

Asa fœtida . %

Valériane en poudre . . . . | âà 4 grammes.'

Induré de fer . )

F. s. a. soixante-douze pilules. A prendre cinq ou six par jour dans la surexcitation nerveuse avec chlorose compliquée d’accidents hystériques [+].

Pilules d'asa fœtida.

Asa fœtida . 8 grammes.

Extrait de laitue . 26 déeigrammes.

Mêlez et faites quarante-huit pilules.

Une toutes les deux heures. A prendre dans l’irritabilité nerveuse S.

Pilules antihystériques.

Galbauum . 1

Asa fœtida . . 5 ââ 16 grammes.

Extrait d’angélique . )

Opium . . 2 id.

Essence de eastoréum . q. s.

Mêlez et faites des pilules de 1 décigramme. Cinq à huit, deux fois par jour. Dans tes crispations nerveuses [T]- (Selles.)

Pilules antispasmodiques.

Extrait de quinquina .... .

Cachou . \ tiù. A grammes.

Camphre . )

Asa fœtida . 13 déeigrammes.

Extrait de genièvre . q. s.

Mêlez et faites des pilules de 25 centigrammes.

OllGA

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