PRÉFACE. VIT
discernement, c’était replonger la thérapeutique dans le chaos dont elle a si grand peine à sortir. Formuler en toutes lettres notre jugement sur l’importance des remèdes et des médications à employer, c’était allonger démesurément une rédaction que nous tenions à abréger.
Il fallait sortir de cet embarras. Plutôt que de laisser le médecin en face de l’innombrable quantité des moyens curatifs à mettre en usage contre une maladie sans lui donner notre avis sur la conduite à suivre, et ne voulant pas le plonger dans une incertitude indigne de la science, ce qui eût été lui dire :
Décide, si tu peux, et choisis, si tu Poses,
nous avons imaginé l’expédient de quelques abréviations qui , sans allonger notre texte, nous ont permis de juger la plupart des remèdes employés dans les maladies et de les classer d’après leur importance. — Ce qui est hon et ce qui a obtenu l’assentiment d’un grand nombre de médecins se trouve marqué du signe algébrique jplus H; ainsi, par exemple, le tartre stibié dans la pneumonie franche; ce qui est excellent et presque spécifique d’une lésion ou d’une diathèse, comme le mercure dans la syphilis, le sulfate de quinine dans les fièvres, etc., est indiqué par le signe dè deux plus réunis Fr+i. Nous avons marqué du signe moins El ce qui est mauvais. — Quant aux remèdes anciens et oubliés ou peu expérimentés, et aux médicaments exotiques en usage aux colonies ou dans les pays étrangers, ne les ayant pas mis en usage et ne voulant pas en juger l’action curative, nous les avons marqués d’un carré vide □ pour n’avoir à en faire ni l’éloge ni le blâme ; il signifie : à vérifier. — Enfin, si le lecteur trouve que nos formules et nos médications sont trop nombreuses, nous le prierons de considérer que cet exposé offre un réel avantage. En effet, depuis le colossal recueil de Dioscoride, chaque jour les médecins renouvellent des formules, et, pour un grand nombre de maladies, notre livre prémunira les inventeurs, car ils y trouveront bien souvent la formule qu’ils croiront avoir découverte.
Des figures en grand nombre ont été placées dans le texte pour en faciliter V intelligence : figures d’accouchement et de dystocie, — figures de médecine opératoire indiquant les procédés à suivre, — figures indiquant les instruments à employer, — figures de matière médicale ou d’anatomie pathologique, etc. Nous n’avons rien négligé de ce qui pouvait servir à donner à ce dictionnaire le cachet pratique qu’il doit avoir pour entrer dans la bibliothèque de tous les médecins et de tous ceux qui voudront se faire une idée de la thérapeutique au xix® siècle.
Du reste, pour nous montrer équitables envers tous, nous avons cru devoir conserver cette tradition française , qui consiste à citer dans nos publications
VTJI
PHl^FACE.
le nom des nationaux ou des étrangers qui ont découvert une maladie, imaginé un procédé opératoire, apprécié un symptôme ou composé une formule, et comme nous ne pouvions mettre des notes au bas de nos pages, nous avons placé, aussi souvent que nous l’avons pu, entre parenthèses le nom de Fauteur à côté de son œuvre.
E. BOUCHüT — A. DESPRÉS.
Paris, le 1®'' novembre 1865.
INTRODUCTION