DELTOÏDE
Paralysie essentielle de l’enfance. Une fausse position des membres, la compression d’un membre sous le poids du corps, l’action du froid sur les parties, le froid humide du lit trempé d’urine, une attaque d’éclampsie, produisent souvent une paralysie essentielle dés muscles chez les enfants.
La paralysie essentielle de renfance porte snr un seul muscle, le sterno-mastoïdien, sur un des membres supérieurs, sur tout- un côté du corps à l’exception du visage, sur les deux membres inférieurs ou sur un seul des membres, et peu à peu si la maladie dure il en résulte une atrophie granuleuse et graisseuse des muscles paralysés.
Quand la paralysie essentielle de l’enfance est douloureuse à ses débuts, on peut affirmer qu’elie est rhumatismale et provoquée par le froid .
On ne s’aperçoit pas toujours du début d’une paralysie essentielle chez les enfants ; mais, dans quelques cas, le mal apparaît subitement au milieu du jour et des jeux de l’enfant ou, plus ordinairement, au milieu du sommeil, et l’enfant qui s’était couché bien portant se réveille paralysé.
Chez les jeunes enfants la paralysie essentielle des membres s’accompagne d’inûltraliou granuleuse, de dégénérescence graisseuse et d’atrophie ; puis comme le membre opposé, s’il est sain, profite et s’accroît, tandis que l’autre reste stationnaire, il en résulte une difformité très-considérable.
La paralysie essentielle des membres de l’enfance produit des déformations articulaires lellfô, qu’on pourrait croire à l’existence d’une luxation.
Dans les paralysies dites essentielles de l’enfance, il y a quelquefois myélite des cordons antérieurs ou névrite partielle, mais cela est iiare (Laborde, Cornil).
Chez les jeunes eulants qui n’ont pas
encore marché, la paralysie essentielle est au début très-difficile à reconnaître, en raison même de l’absence de coordination des mouvements volontaires.
Le rachitisme d’un jeune enfant qui n’a pas encore marché est très-difficile à distinguer de la paralysie essentielle, mais la présence des nodosités articulaires rachitiques, l’évolution dentaire tardive et la persistance des fontanelles dissiperont tous les doutes.
La paralysie essentielle de l’enfance est fort souvent incurable.
Thérapeutique. — Des bains sulfureux, salés ou bromures, les eaux minérales chlorurées sodiques, les frictions stimulantes , — les applications de teinture d’iode, le massage, les pointes de feu, les rayures quotidiennes de teinture d’iode, l’électricité continue par les chaînes de Pulvermacher ou l’électrisation par des courants intermittents, sont le traitement local des paralysies essentielles de l’enfance.
A l’intérieur, le sirop de strychnine ou de brucine, à 5 centigrammes pour 100 grammes; une cuillerée par jour doit être donnée aux enfants.
Quand la paralysie occupe les membres inférieurs et produit la luxation du pipd ou du genou, il faut maintenir le membre dans une.situation convenable, au moyen d’un appareil spécial (fîg. 424) (Laborde). V. Pied bot.
Paralysie générale progressive. Tout homme qui a un embarras subit de la parole, suivi d’incertitude de la marche a une paralysie progressive générale.
On dit, mais à tort, que la paralysie générale progressive conduit à l’aliénation, car il y a beaucoup de gens atteints de paralysie pro- ^eisive qui ne sont pas et qui ne deviendront jamais fous.
Les excès vénériens et au très, l’alcoolisme, lenicoliauisme, l’ambition exagérée de la fortune et des honneurs conduisent souvent à la paralysie générale progressive, maladie infiniment plus commune chez l’homme que chez la femme.
%* L’embarras de la parole est le premier symptôme de la paralysie générale, et peu après arrivent l’incertitude de la marche, le tremblement des mains et de l’écriture, l’inégalité des pupilles, l’impuissance plus tard suivie d’érotisme, la boulimie et la gloutonnerie, la constij)aliou, la rétention des urines, la perle de la mémoire et de l’intelligence, le délire ambitieux et la violence ; enfin la congestion cérébrale, l’affaiblissement général avec excrétion involonlaire des fèces ou des urines et la mort.
Chez les sujets atteints de paralysie générales, il y a de temps en temps des rémissions suivies de congestion cérébrale donnant lieu à une aggravation des phénomènes paralytiques.
H n’est pas rare de voir mourir de complication thoracique les sujets atteints de paralysie générale progressive.
*** Quand la paralysie générale progressive est très-caractérisée et affecte l’œsophage ; les malades ne peuvent manger et il faut les nourrir au moyen de la sonde œsophagienne.
On a dit que la paralysie générale progressive était la conséquence d’une méningoencéphalite diffuse (Calmeil), cela est souvent vrai ou du moins il est vrai que cette lésion a été observée après la mort, mais dans beaucoup de cas on ne trouve rien dans le cerveau et dans les méninges de ceux qui ont succombé (Lélut, Thorc, Aubanel).
Si la paralysie générale progressive sans aliénation guérit quelquefois, en revanche, celle qui est accompagnée des désordres de l’intelligence ne guérit presque jamais, et conduit, dans la plupart des cas, à une mort précédée des infirmités les plus dégoûtantes.
Thérapeutique. — Un homme atteint de paralysie générale progressive doit cesser tout travail, se retirer des luttes et des affaires du monde pour vivre en repos à la campagne.
11 faut traiter la paralysie générale progressive par des bains salés et sulfureux, par les eaux thermales, par des exutoires à la nuque et le long de la colonne vertébrale, par de nombreuses ventouses sèches mises tous les jours le long du dos, enfin par l’électrisation.
Dans les cas très-fréquents de congestion cérébrale chez les sujets atteints de paralysie générale progressive, il faut mettre des ventouses scarifiées ou des sangsues derrière les oreilles ou à l’auus. et purger fréquemment avec des pilules aloétiques.
Dans la paralysie générale progressive, exempte de dyspepsie antérieure ou d’entérite chronique, il faut purger tous les huit jours.
Les malades atteints de paralysie progressive générale doivent se uourrU- comme tout le monde j
mais il faut supprimer de leur régime l’alc :ol, le vin pur, le café et le tabac à fumer.
On peut combattre, la paralysie générale progressive par les préparations de Rhus toxicodendron et de nitrate d'argent.
Rhiis toxifioilendron . . 5 centigraaiai-s.
Poudre de sucre . 30 grammes.
Pour dix paquets.
Trois paquets par jour, et l’on peut aller jusqu’à 1 gramme dans les vingt-quatre heures.
Nitrate d'argbnt . 5 centigrammes.
Extrait ifiipium ......... 25 milligrammes.
Pour dix pilules.
De deux à six pilules par jour [3- (Bouchut.)
Paralysies hystériques. CllCZ les hystériques, avec ou sans attaque préalable, il se produit souvent des paralysies sensorielles ou motrices, plus ou moins persistantes, et quelquefois incurables.
La paralysie partielle ou générale de la sensibilité tégumeutaire, c’est-à-dire du sens de la douleur ou analgésie (V. ce mot), est uii fait constant chez les hystériques (Gendius, Beau). V. Hystérie,
Certaines hystériques ne s’aperçoivent qu’on les touche, qu’on les pince ou qu’on les pique, que parle secours des yeux; car, si elles ne voient pas ce qu’on leur fait, elles ne sentent rien et le sens de la douleur leur est fei-mé.
L’amaurose se produit quelquefois «chez les femmes sujettes à l’hystérie, et il n’y a dans le fond de l’œil aucune lésion qui puisse expliquer l’existence de ce trouble visuel.
Chez quelques hystériques, il se produit suhitement dos paralysies partielles ou générales, de l’aphonie (V. ce mot), de la paraplégie, de l’hémiplégie on une paralysie générale, et ces différentes lésions du mouvement peuvent être très-graves.
Les paralysies hystériques se dissipent quelquefois tout à coup, elles s’en vont aussi rapidement qu’elles arrivent et leur guérison subite est aussi étonnante que leur apparition instantanée.
Thérapeutique. — Le traitement des paralysies hystériques exige l’emploi des antispasmodiques (V. ce mot), des moyens usités contre l’hystérie (V. ce mot) et des remèdes à l’aide desquels on combat les paralysies essentielles. V. Paralysies essentielles.
Toutefois, il y a quelque chose de spécial. Les paralysies hystériques guérissent très-bien sous l’influence des moyens moraux qui sont de nature à frapper Timagination des malades. C’est surtout contre elles que Ton voit souvent réussir Tactioii morale des incantations et des remèdes secrets, des pratiques mystérieuses du charlatanisme et du magnétisme auimal, de l’homœopathie, des pèlerinages profanes et sacrés où la foi conduit les malades avec une sorte d’en • thousiasme, enfin de tout ce qui peut frapper l’imaj ginatioü des sujets paralysés. .
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La cautérisation au fer rouge réussit aussi trèsbien contre les paralysies hystériques, et il suffit souvent, après avoir fait pressentir au malade tout les avantages qu’on peut tirer de ce moyen, de faire quelques cautérisations superficielles de la peau des parties paralysées pour rappeler le mouvement. —
On a même vu la crainte de la cautérisation réussir aussi bien que la cautérisation elle-même et sur une jeune fille paraplégique par hystérie, les fourneaux étant allumés devant elle, au lieu de prendre un cautère rouge pour lui brûler le dos, on prit, sans qu’elle s’en doutât, un fer froid dont le contact sur les reins lui donna la sensation d’une brûlure vive et amena une guérison instantanée.
Paralysie myogénique. Maladie de l’ellfance caractérisée par une paralysie subite, occa-^ sionnée par l’altération graisseuse des muscles.