ÉTRANGERS DES FOSSES NASALES
On reconnaît les polypes fibreux à leur consistance, à leur développement lent et souvent à l’absence de pédicule ; la possibilité de les sentir par les fosses nasales et l’impossibilité de les sentir par le pharynx constitue le seul moyen de diagnostic différentiel avec les polypes naso-pharyngiens (V. Naso -pharyngien polypes). On se rappellera aussi que les polypes naso-pharyngiens se développent de préférence chez les jeunes sujets, et spécialement sur les hommes encore jeunes.
On ne confondra pas l’hypertrophie de la muqueuse du cornet inférieur avec un polype, parce que la muqueuse est violacée, irrégulière, grenue, tandis que les polypes fibreux sont lisses, puis l’épaississement de la muqueuse existe en général des deux côtés à la fois.
Les polypes cartilagineux ou tumeurs cartilagineuses de la cloison (Holmes) ont été vus surtout sur la cloison; ils sont durs et sont visibles facilement par la narine. Ou peut les confondre avec une déviation de la cloison, mais pour éviter l’erreur on examinera la fosse nasale du côté opposé au polype ; s’il y a une dépres- 1 sion de ce coté sur le cartilage de la cloison, il
l’ÜLV
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s’agit d'uue déviation de la cloison et non d’un polype.
Les polypes cancérens marchent vile, saignent beaucoup et causent des douleurs vives; ou ne peut les confondre qu’avec un cancer des régions voisines, ayant pénétré dans les fosses nasales, mais ces derniers ont déformé la face, et souvent causé l’evophthalraie avant de passer dans les fosses nasales.
Tous les polypes récidivent, escepté peutêtre les polypes cartilagineux.
Lorsqu’un polype muqueux ou vésiculeux est reconnu tel, on n’a pas besoin d’explorer son pédicule, tandis que le pédicule des polypes fibreux et cancéreux sera exploré avec un stylet recourbé afin de savoir si la tumeur appartient aux fosses nasalas ou à ses annexes [V. Sinus MAXILLAIRE (POLYPES DU) , FONGUS DE LA DURE-MÈRE)], ct, s’ils sont pédiculés, où est le pédicule. On sondera la fosse nasale du côté opposé, parce qu’il peut se faire que le polype ait traversé la cloison (Gerdy).
Thérapeutique. ~ Les polypes muqueux seront enlevés avec des pinces à anneaux, à point d’arrêt de Charrière, courbes et droites (fig. 461). On saisira les polypes en tâtonnant, ct l’on renouvellera les recherches jusqu’à ce que l’expiration forte par le nez semble libre .
On arrêtera l’écoulement du sang qui a lieu par la narine en versant sur le front de l’eau coulant sur le nez; c’est là un bon moyen hémostatique. On prescrira ensuite des injections dans les fosses nasales avec :
Eau . iOO grammes.
Alun . 1 id.
Ou, si l’on peut voir le point d’implantation du polype, 011 le cautérisera avec le crayon au nitrate d’argent.
Les insufflations de poudre d’alun, pour dessécher le polype, sont insuffisantes.
Lorsqu’on ne peut enlever tous les polypes, on peut passer dans les fosses nasales une sonde chargée de nitrate d’argent au niveau d’un de ses yeux. Les polypes ainsi cautérisés peuvent quelquefois guérir.
Ou extraira les polypes cartilagineux avec le bis- Fig.lol. — Piuee à polvpe à gj jgg ciseaux courbes.
pomtsdarrêtdeChamère. Lorsqu’ils sont situés profondément, comme les polypes fibreux naso-pharyngiens, ou fera les mêmes opérations que pour c^s derniers. i
Lorsqu un polype fibreux existe et siège dans la partie antérieure des fosses nasales, on cherchera à l’arracher s'il est pédiculé, et, pour cela, on se comportera comme pour les polypes muqueux.
La cautérisation, le déchirement, la compression, sont inefficaces ; l’excision expose aux hémorrhagies ; mieux vaut, dans le cas où le polype est limité à la portion antérieure des fosses nasales, et dans le cas où l’arrachement est insuffisant, enlever une portion du maxillaire, l’apophyse montante après une incision du tégument suivant les contours de l’aile et de la racine du nez. Si le polype est implanté sur ces points, on l’enlèvera avec l’os; s’il est situé plus profondément, à la voûte de la fosse nasale ou sur le corps du sphénoïde, on pourra, à travers le jour que l’on se sera fait, aller à la recherche du polype et lier son pédicule ou amicher le polype, puis on cautérisera la plaie avec le fer rouge pour éviter la récidive.
Les polypes cancéreux seront traités par la cautérisation au fer rouge, s’ils sont accessibles aux explorations, ou on les extraira avec une portion d’os, après ablation partielle du maxillaire supérieur, s’il est nécessaire, et l’on cautérisera la plaie.
Polype du laryn.'x. Les polypes du larynx sont muqueux et fibreux, ce sont des hypertrophies partielles de la muqueuse, quelquefois ce sont des bourgeons charnus ou des végétations développées (Guinier) sur une ulcération ; ils sont pédiculés ou sessiles.
On reconnaît les polypes du larynx à un enrouement, à des signes de laryngite qui disparaissent bientôt pour faire place à des accès de suffocation passagers qui se montrent pendant la déglutition. Dans certains cas la respiration est facile, dans d’autres l’expiration est libre et l’inspiratiou gênée comme dans l’œdème de la glotte. L’exploration du larynx avec le laryngoscope, complète le diagnostic.
Fig. 462. — Image laryngoscopique d’an malade de Moura. —
£. Epiglotte. — R.' Repli sus-glossi(jae - P. Polype. —
C. Corde vocale droite. — M. Cartilage de Morgagni. — G. Glotte. S. Cartilage de Sautorini. — I. Repli iiiteraryténoïdien. — AE. Repli ary-épiglottique.
%* Les polypes du larynx se compliquent soave.it d’asphyxie mécanique.
im POLY
On a vu un polype du larynx rejeté sponta- ! némeoi dans un effort de toux (Leroux, Journ, de méd. t. XXXI).
Thérapeutique. — Lorsque le polype commence à se développer, lorsqu’il a été reconnu par le laryngoscope, on appliquera les topiques mêlés à l’eau pulvérisée (V. Laryngite chronique). On peut, avec un porte-pierre recourbé, ou les instruments pour cautériser le larynx de Loyseau ou de Fournier (de l’Aude) (fig. 463), toucher le polype, enseguidantaumoyen du laryngoscope.
Lorsqu’on voit avec le laryngoscope un polype bien pédiculé, on le saisira avec une pince à griffes courbes et on Farrachera, ou bien on le liera (Trélat) avec la canule porte-fil de Moura, la main gauche tenant le miroir laryngoscopique, la main droite armée de la pince ou delà canule courbe est portée sur le polype. Il est aisé de saisir celui-ci en faisant expirer fortement les malades.
Si le polype, développé d’une manière insidieuse, produisait une asphyxie comme les corps étrangers dans le larynx, on fera la trachéotomie. On incisera le cartilage cricoïde et deux anneaux de la trachée. On prolongera l’incision sur le cartilage thyroïde. Lorsque le larynx sera ouvert, le malade respirera librement.
On apercevra alors la tumeur et on l’arrachera ou on la cautérisera, ou on la liera, en prenant tout son temps (Ehrmann). On peut faii’C aussi la laryngotomie sous-hyoïdienne (V. L.4ryngotomie) lorsque rien ne presse.
Pour prévenir les récidives après l’opération, on touchera les parties avec une solution aluminée :
Si l’on a fait la trachéo-
Fig. 463. — L’épiglotte ( saisie entre les deux mors G, D, manœuvres au moyen des anneaux C et C». — E, F.
Tige porte-caustique pour cautériser le larynx. — B.
Seringue destin^ à proje- tomig qu la larXTlgOtomie, ter des liquides dans le la- , , . °
^ on fera la cautérisation ré¬
currente avec les instruments de Loyseau. Cn mandrin, garni d’une éponge imbibée d’une solution de nitrate d’argent au centième, conduite sur le larynx au moyen d’une canule d’ar¬
gent, est le meilleur instrument à employer. On l’introduit par la plaie de la trachée, et on le dirige de bas en haut vers le larynx.
Polypes naso- pharyngiens. V. NASO- PHARYNGll-N.
Polypes du reetnm. Les polypes du rectum sont des tumeurs pédiculées ou sessiles, simples ou ramifiées, formées aux dépens de la muqueuse. On a rencontré des polypes fibreux du rectum (A. Forget).
Les enfants sont plus sujets que les adultes aux polypes du rectum (Stoltz) ; maïs chez eux la tumeur est toujours formée aux dépens de la muqueuse.
Les polypes du rectum sont uiiiquès ou multiples. Ils siègent à des hauteurs variables et leur coloration est rouge ou un peu violacée.
Au moment de la défécation, les polypes du rectum occasionnent des douleurs, du ténesme anal. Ils causent des hémorrhagies, des écoulements muqueux par l’anus et quelquefois une chute de la muqueuse rectale.
En examinant les malades après une selle, ou reconnaît un polype du rectum situé près de l’anus I on voit le polype sorti ; si le malade est constipé, on donne un lavement et on examine l’anus immédiatement après que le lavement est rendu. Le doigt introduit dans le rectum sent quelquefois le pédicule du polype.
On reconnaît un polype, situé très-haut, par le toucher rectal, qui donne la sensation d’un corps dur, et par la déformation du bol fécal (P. Guersant),
La mobilité des polypes descendant dans ,l’anus après chaque défécation, leur rondeur ou leur ramification multiples ne peuvent les faire confondre avec une chute du rectum que par un esprit inattentif. Sur le rectum renversé en effet, on trouve les plis de la muqueuse; le polype est lisse ou ramifié et l’aspect des tumeurs est bien différent.
Les hémorrhagies par l’anus chez un enfant au-dessous de sept ans doivent faire soupçonner un polype à l’exclusion des liémorrhoïdes.
Chez les adultes c’est par des examens répétés , et par une exploration avec le doigt qui pourra sentir le pédicule que l’on reconnaîtra les polypes du rectum.
Un polype descendu dans l’anus se reconnaît à la simple inspection.
On a vu une fois un polype tomber spontanément après la rupture de sou pédicule peiidaut un effort pour aller à la garderobe (Enaux).
*,(.*11 y a des végctatiou.s sèches du rectum qui semblent être de petits p'ilypes, qui récidivent comme les végétations syphilitiques ; elles se distinguent en cela des polypes muqueux qui ne récidivent pas.
Thérapeutique. — Les polypes qui ont leur pécU-
cule âtué près de Tanus, seront saisis avec une pince à griffes, et l’on excisera le pédicule en enlevant en même temps un peu de la muqueuse du rectum (Dupuytren). On cautérisera la plaie.
Les polypes situés plus haut seront traités de même, lorsqu’ après avoir fait sortir la tumeur par des efforts d’expulsion pour aller à la selle, on aura pu voir le pédicule. Dans ces conditions, l’excision vaut mieux que la ligature.
Les polypes situés plus haut seront arrachés avec une pince à polype, on tordra le pédicule en enroulant la tumeur sur elle-même. Les hémorrhagies consécutives sont peu abondantes et s’arrêtent seules. Si elles persistaient, on donnerait des lavements froids. On peut faire la ligature et l’excision d’un polype situé assez haut dans le rectum èn guidant sur le doigt introduit dans ce conduit, une anse de fil portée sur une pince, ou passée dans un bout de sonde de gomme (A. Guérin) et conduit par une pince; on lie le polype et l’on coupe le pédicule avec des ciseaux courbes; mais l’arrachement est aussi bon, car il y a des chances pour que l’on coupe mal le pédicule d’une tumeur qu’on ne voit pas.
Après la destruction du polype, on donnera des lavements de 200 grammes d’eau additionnés de 1 gramme d’alun.
Si le polype, quoique pédiculé, ne peutetre atteint, les purgatifs répétés en provoquant les selles seront susceptibles de déterminer la rupture du pédicule (Guersant).
Les végétations visibles du rectum seront coupées avec des ciseaux courbes ; on cautérisera les plaies avec le nitrate d’argent.
Polypes de l’arèthre che* l’homme. Lorsqu’un malade éprouve des cuissons en urinant, et rend une urine légèrement teintée de sang avec des petits caillots, il est à présumer qu’il y a une ulcération dans le canal, ou un polype de l’urèthre. Lorsqu’après avoir éprouvé ces symptômes le malade a de la gêne pour uriner, lorsque le passage d’une sonde est néanmoins relativement facile, on est autorisé à diagnostkjuer un polype de l’urèthre.
Les polypes de l’urèthre se forment aux dépens de la muqueuse; ils occupent la face inférieure de ce conduit (Huguier), sont sessiles ou péd.culés, uniques ou multiples, et quelquefois ce sont des bourgeons charnus exubérants. On les rencontre au méat, quelquefois au col de la vessie (Nicod). Ces polypes récidivent facilement.
On ne confondra pas les végétations syphilitiques de l’urèthre avec les polypes, car les polypes sont rouges, saignent facilement, tandis que les végétations sont sèches.
L’inspection simple fait reconnaître les polypes qui siègent au méat. Il y a toujours des incertitudes pour les polypes situés profondément (Rufz).
Thérapeutique. — Les polypes situés au méat réclament le même traitement que les polypes de l’urèthre chez la femme. V. plus loin.
Pour détruire les polypes profonds de l’urèthre,
on se servira de grosses sondes introduites souvent (Hun ter).
Une bougie à boule, promenée dans le canal (Leroy, d’Etiolles), est plus propre à écraser le polype et le déchirer et même à l’arracher.
On laissera avec avantage les bougies emplastiqucs à demeure, et l’on pourra les enduire d’alun en poudre et les laisser quelques heures en place.
Polypes de l’nrèthre chez la femme. La nature des polypes de l’urèthre chez la femme est la même que celle des polypes de Turèthre chez l’homme.
Les polypes de l’urèthre chez la femme sont pédiculés ou sessiles. Lorsqu’ils naissent à l’oriflce externe de l’urèthre , ils sont presque toujours pédiculés. Ceux qui naissent dans le canal sont sessiles ; ils occasionnent des douleurs intolérables (Rufz), dues à ce que l’urèthre est irrité par la présence du polype (Henry), et non à une sensibilité propre de la tumeur.
Jusqu’à ce que les polypes de l’urèthre se soient montrés au méat ils causent des douleurs très-vives pendant le coït, pendant la miction et même en dehors de tout effort ; il y a des envies fréquentes d’uriner, delà cuisson, et c’est au point que s’il n’y avait pas des écoulements de sang mêlé à l’urine, on pourrait, dans certains cas, croire à une affection utérine, surtout lorsqu’il y a quelques pertes blanches (Yvan).
On reconnaît les polypes profonds de l’urèthre chez la femme : par le cathétérisme qui est douloureux; par l’examen avec une pince à pansement introduite dans l’urèthre dans lequel les mors sont écartés ; par l’examen avec le spéculum de l’oreille (Espezel), I.es polypes au méat sont reconnus par l’inspection. On les distingue du cancer par l’abondance moins grande des hémorrhagies, par le défaut d’induration à la base de la tumeur et le défaut de toute odeur des liquides qui suintent hors de l’urèthre.
Thérapeutique. — Les polypes qui sont au méat et sont pédiculés seront excisés au niveau de leur pédicule avec un lambeau de muqueuse saine (Boyer), et l’on cautérisera la plaie avec le nitrate d’argent.
Les polypes sessiles existant au méat seront traités par les cautérisations répétées. Les polypes sessiles existant sur toute la longueur de l’urèthre seront cautérisés au moyen de bougies enduites de cérat saupoudrées d’alun, laissées deux heures en place ou plus. On peut aussi cautériser au moyen des crayons de tannin, laissés une à dix heures en place.
Polypes «le l’atérns. Les polypes de l’utéros sont formés par l’hypertrophie partielle des éléments constituants de cet organe ; il y a des polypes muqueux développés dans la muqueuse et des polypes fibreux développés dans la couche musculeuse de l’utérus.
Les polypes muqueux naissent, ou de la muqueuse du col, dont les follicules sont hy-
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pertrophiées [ce sont les polypes utéro-follicn-
îaires (Huguier)], ou des fongosités utérines
organisées (V. Fois'GOSITés utérines). Les
polypes fibreux sont des corps fibreux qui se
sont développés sous la muqueuse et se sont
pédicülisés.
I. .Polypes muqueux (cellulo -vasculaires, utéro-folliculaires). — Les polypes muqueux se montrent sous l’aspect de tumeurs multiples, en forme de végétations, d’une couleur blanchâtre, d’une consistance peu ferme, se déchirant sous le doigt et donnant parfois la sensa tion d’artérioles qui battent dans leur intérieur. Les polypes utéro-folliculaires sont constitués par une tumeur ordinairement lisse, parcourue de vaisseaux nombreux, ils naissent sur le col. Ces dernières tumeurs quelquefois se perforent à leur centre, laissent écouler du sang et renferment une cavité. On a pu les prendre pour l’utérus, mais on a évité l’erreur par le toucher rectal qui a fait sentir l’utérus à sa place, et par le cathétérisme utérin, qui ne peut permettre d’entrer dans la cavité du polype, aussi loin que dans un utérus.
On reconnaît les polypes muqueux à ce qu’ils causent des douleurs, des hémorrhagies, à ce que le stylet introduit dans le col ne peut en faire le tour, arrêté qu’il est par le pédicule du polype.
Les polypes muqueux, moins que les polypes fibreux, causent l’épuisement par les hémorrhagies, parce que le polype arrivé plus vite à l’extérieur, peut être opéré de bonne heure.
Thérapeutique. — La meilleure opération dans un cas de polype muqueux est l’arrachement, en tordant le pédicule, et mieux la ligature du pédicule avec un porte-fil ordinaire et ensuite l’excision ; ou bien on saisira le polype avec une pince à griffes et l’on excisera son pédicule avec des ciseaux courbes.
On peut faire tomber la tumeur par la ligature avec le serre-nœud à vis, le serre-nœud de Roderick ou le serre-nœud avec le fil de fer, mais il n’y a pas avantage à substituer ces procédés à l’excision.
S’il y a hémorrhagie, on tamponnera avec un bourdonnet de charpie sèche ou un bourdonnet de charpie imbibée de perchlorure de fer. On aura recours à la cautérisation au fer rouge, si ce moyen échoue.
IL Polypes fibreux. — Lorsqu’un corps fibreux développé dans l’utérus, fait saillie dans la cavité utérine, il se pédiculise, la muqueuse qui le recouvre s’épaissit, l’utérus se distend, le col s’entr’ouvre, et l’on voit sortir de l’utérus une tumeur pédiculée.
Ces cas sont les plus favorables , mais cette évolution des corps fibreux de l’utérus demande longtemj» à s’accomplir. V. Ltébus, Corps fibreux.
On reconnaît nu polype fibreux, aux symptômes antérieurs de corps fibreux de l’uté-
l’OLY
rus (V. ce mot), à une augmentation de volume de l’ntérus, constatée par le toucher rectal et le palper abdominal et par le cathétérisme utérin (Huguier), enfin plus tard h une tumeur globuleuse faisant saillie dans le col utérin entr’ouvert. V. Utérus (Exploration de l’).
% On ne confondra pas un corps fibreux de l’utérus descendu et formant polype avec un renversement de l’utérus, parce que dans le renversement de l’utérus le toucher rectal donne la sensation d’un vide à la place de l’utérus, puis lorsque le polype est sorti de l’utérus on sent une rainure autour de la partie du polype engagée dans le col où l’on peut introduire le stylet ou la sonde utérine.
Un polype utéro-folliculaire ordinairement inséré sur le col ne permet pas de promener le stylet dans tous les sens autour du pédicule du polype.
Les polypes fibreux de l’utérus peuvent être éliminés seuls, par rupture du pédicule.
Les polypes existants pendant la grossesse prêtent à des remarques spéciales. V. Dystocie PAR TUMEUR DU COL.
On a vu des polypes fibreux qui étaient constitués par une masse végétant sur la place de l’insertion placentaire consécutive à une grossesse.
Thérapeutique. — L’arrachement des polypes utérins, la Ugature et l’excision, sont les seuls procédés consacrés pom- les polypes visibles.
Avant d’opérer un polype, on administre le seigle ergoté, à la dose de 2 grammes en quatre paquets, ou l’ergotine, à la dose de 4 grammes en quatre
PÜLV
fuis^ contre les hémorrhagies. Ce médicnmcnt aide à l’expulsion du polype hors de rutérus.
Si le pédicule de la tumeur est difficile à sentir, il est peut-être bon d’attendre.
Dans le cas où l’on serait dans la nécessité d’opérer. à cause des hémorrhagieSj on pratiquerait, après dilatation du col, l’arrachement combiné axec la torsion du pédicule. V. Corps fibreux.
Dès qu’il y a un pédicule évident, on peut appliquer l’excision, si l’on ne sent pas une ou plusieurs artères battre dans le pédicule; l’écrasement linéaire, si l’on redoute des hémorrhagies.
Toutes les fois qu’une malade a des coliques et des malaises, on ne doit pas opérer, car, dans ces cas, une péritonite peut survenir, quelle que soit l’habileté avec laquelle ait été faite l’opération.
Pour faire V arroxhemerd, on saisit le polype avec une pince à deux ou trois griffes par mors, on tourne la pince sur son axe plusieurs fois, en tirant avec une force modérée (fig. 466) (Levret, Herbiniaux). On
Fig. 465, — Seire-nœnd à, Fig. 466. — Pince à griffes
bonle de Roderiek. pour polypes de rutérus.
applique le spéculum s’il est possible, ou bien on guide la pince par le doigt placé dans le vagin.