‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 588 sur 731 · RENO · texte numérisé non relu

RENO

nnes présentent souTent dans leurs cours des exacerbations quotidiennes ou tierces régulières ou irrégubères qui caractérisent la rémittence et servent d’indication à l’emploi du quinquina. V. Fièvre.

A côté de la rémittence, il y a la fièvre rémittente, maladie rare en France, plus commune en Orient, et qui est de la même nature que les fièvres intermittentes. Elle lui succède quelquefois, et alors, après avoir eu des accès de fièvre intermittente, le malade a une fièvre continue, traversée par des paroxysmes quotidiens ou tierces périodiques. Chez d’autres, c’est une fièvre continue, avec des accès intermittents réguliers.

Thérapeutique. — La fièvre rémittente doit être traitée par le sulfate de quinine, 50 centigrammes à 1 gramme, administrés à la fin du paroxysme.

RE]MiOLliO]%' (Hautes -Alpes). Eau bicarbonatée et froide, légèrement sulfureuse, peu connue.

REiKAisonv (Loire). Eau bicarbonatée trèsgazeuse, froide, employée dans la dyspepsie comme eau de table Œl.

REK^VEIS-EES-RAIIVS (Aude). Eaux minérales chlorurées à une source, et ferrugineuses à l’autre, ayant 20 à 45°, employées contre l’anémie, la chlorose, la dyspepsie, etc.

REKOiKCEiiES. Plantes de la famille des renonculacées, dont les feuilles contiennent un principe âcre et assez irritant pour rubéfier la

Flg^. 496. — Renoacule des prés.

peau ou produire la vésication. Parmi elles les plus communes sont : la renoncules des prés ou bouton-d'or, — la renoncule aquatique, — la renoncule douve, — la renoncule scéléy'ate ou mort aux vaches, — renoncule des jardins, etc. Aucune n’est plus employée en médecine.

REXOEÉE. Plante de la famille des polygo-

REPE 1273

nées, dont la racine âcre et rougeâtre est employée en décoction comme astringente S. A cette famille appartiennent la historié ou Polygonum historta, — la sanguinaire ou traînasse, — la renouée âcre ou poivre noir, et le blé noir ou Polygonurn fagopyrum. — Ce dernier, connu sous le nom de sarrazin, donne une farine qui, eu Auvergne, sert à faire des galettes destinées à remplacer le pain.

RÉPERCL'SSIES. Médicaments employés en topiques dont l’action est de sécher une plaie, une dartre ancienne, un vésicatoire, ou de faire disparaître un exanthème fébrile, etc. , de façon à produire à l’intérieur, dans les viscères, sur les séreuses ou sur les muqueuses, une pWegmasie aiguë ou chronique plus ou moins grave. V. Répercussion.

Les astringents, tels que le sublimé, le tannin, l’acétate de plomb, l’eau froide, la glace et l’air froid, sont des répercussifs.

RÉPERCESSION. État morbide intérieur dû à la disparition rapide d’une maladie externe sous l’influence des topiques.

L’asthme, la dyspepsie, l’entérite chronique, l’angine granuleuse, les engorgements chroniques du foie ou des poumons, et les tumeurs fibro-plastiques, épithéliales ou cancéreuses des viscères, peuvent être la conséquence d’un principe diathésique primitivement fixé au dehors et guéri d’une façon inopportune et précipitée. V. Diathèse.

Les principes arthritique et goutteux peuvent se déplacer des articulations et se fixer à l’intérieur, où ils produiront des viscéralgies variées ou une maladie organique du cœur avec toutes ses conséquences.

Le principe daiTreux ou herpétique guéri à la peau produit l’angine granuleuse et la surdité, la bronchite chronique, l’emphysème, l’asthme, la dyspepsie, l’entérite chronique, et peut-être certaines transformations organiques. V. Herpétisme, Dartre.

La scrofule se porte souvent au dedans sur les os et sur les poumons après avoir existé au dehors. V. Scrofule.

Sans prétendre que toute diathèse dont la manifestation extérieure aura été guérie devra se reproduire au dedans sous une forme plus grave, il faut savoir que, dans un grand nombre de cas, les maladies chroniques sont de nature scrofuleuse, syphilitique, goutteuse, arthritique, dartreuse ou herpétique.

Chez quelques malades enfin, ce u’est pas sous la forme chronique que se présentent les effets de la répercussion, et c’est à Vétot aigu (pi’on les observe immédiatement après la guérison d’une dartre ou d’un rhumatisme simple et goutteux. Ainsi se produisent quelques pueu • monies et quelques méningites mortelles.

1274 RKSE

REPOS. Le repos à la chambre ou au lit, à la ville ou à la campagne, loin du bruit des affaires, des préoccupations du monde, et même de la conversation des intimes, est dans beaucoup de maladies aiguës et chroniques un des plus puissants moyens curatifs que puisse employer le médecin.

Dans toute maladie aigue grave, le repos est indispensable ; et dans beaucoup de maladies chroniques, surtout dans les affections du cerveau, il est absolument nécessaire.

RÉSECTION. Les résections sont des opérations qui ont pour but d’enlever un os ou une portion d’un os, une extrémité articulaire ou une articulation malade, en conservant la continuité des parties molles.

On a recours à la résection pour les nécroses totales d’un os, si cet os peut être enlevé sans causer la perte complète des fonctions de la partie, ainsi la résection du premier métacarpien.

On iait la résection d’une portion d’os sortie par une plaie du tégument, lorsqu’on ne peut réduire, lorsque l’os est fracturé comminutivemenl.

On fait la résection d’un seul ou des deux os qui constituent les articulations atteintes d’ostéite périarticulaire compliquant une synovite fongueuse, la résection des extrémités articulaires blessées par une balle. Pour le bras cette pratique est préférable à une amputation, à moins que les contusions des parties molles ne soient considérables.

La résection a été appliquée à des tumeurs des os, et l’on a réséqué seulement la tumeur.

Pour les cals difformes, pour les fausses articulations des résections ont été faites. Y. ces mots.

*** Les complications des résections sont les complications générales des plaies; l’arthrite traumatique, si toute l’articulation n’a pas été enlevée ; — l’ankylose ou la mobilité excessive de la fausse articulation n. uvelle ; — la récidive du mal et la persistance de fistules qui nécessitent une amputation consécutive.

Les lois générales de la gravité des résections et de lem*s indications sont les mêmes que les lois générales pour les amputations.

Les résections faites pour des lésions traumatiques

sont plus graves que les résections faites pour les lésions inflammatoires chroniques, et parmi les premières les résections faites immédiatement sont moins

riLSE

graves que les résections faites entre le troisième et le trentième jour après la production de la plaie.

Les résections des articulations sont les plus graves entre toutes les résections. La gravité des résections en particulier est dans l’ordre suivant:

La résection de la hanclic, celle du genou, du coude, du poignet et des os des mains et du pied.

Les résections des os, loin des articulations, ne sont généralement pas graves, même les résections pour pseudartbroses.

Comparée aux amputations, la résection du genou, par exemple, n’est pas plus grave que l’amputation de la cuisse (École anglaise).

On fait les résections avec la pince coupante, les

Fig. 498. — Scie à résection de Bonnet, de Lyon.

cisailles de Liston (tîg. 497) et les pinces coupe-net. On se sert de la scie à chaîne d’Aitkeii, que l’on passe à l’aide d’une forte aiguille courbe autour de l’os que l’on veut scier, de la scie à manche de Langenbeck, de la scie de Heine (V. Trépan), de la scie de Bonnet (de Lyon) (fig. 498), la scie à mollettes, de F. Martin, qui est une espèce de scie versatile (V. Résection de la clavicule), la scie ordinaire, la scie des horlogers (O. Heyfelder), sont bonnes pour couper les os très-volumineux. Le porte-scie à chaîne de Mathieu (ffg. 499) est encore un bon instrument.

On a coupé les os encore avec le galvano- cautère (Bardeleben, 1854).

Pour éviter la section des parties molles pendant la section des os, on place une planchette entre l’os et les parties molles qu’on veut protéger. On se sert anssi pour protéger les chairs d’une sonde cannelée, à manche de Blandin.

11 n’y a pas de règles absolues pour faire les incisions de la peau, si ce n'est qù’il faut se faire un jour suffisant. On do t toujours éviter la section des artères, des nerfs et des tendons de là région.

Ou a fait des résections sous-cutanées (Langenbeck) en incisant les tissus loin des os à couper, des portions de la mâchoire inférieure ont été extraites par la bouche (Malgaigne, J. Heyfelder), mais ce sont là des complications inutiles, à moins que Tos à enleyer soit très-petit ou qu’il ne soit très-facile de faire ces opérations.

Les plaies des résections seront pansées comme les plaies irrégulières (V. Plaies). On ne réunira pas par première intention , ou on laissera au moins une partie de la plaie non réunie. Les parties seront tenues dans une gouttière qui les immobilisera. Tous les jours pn fera bien sortir le pus de la plaie.

Pour les résections d’un membre, pour les résections partielles et les résections articulaires, on place le membre dans une gouttière de fil de fer rembourrée, ou dans une gouttière de bois rembourrée et garnie d’une toile cirée.

Après la guérison des plaies on fora porter des appareils prothétiques , soit des jambières ou brassières de cuir lacées, appareil à coxal-

Porte-scie à cLalne.

AA. Points d’attache pour fixer gie OU une bottine à la scie à chaîne. tuteur et à talon.

Le régime des opérés devra être suivi ; on donnera de la nourriture et des toniques. V. Plaies et Ixni- CATIOSS OPÉRATOIRES.

Les accidents immédiats des résections sont les mêmes que ceux des plaies. Le principal accident est l’hémorrhagie fournie par les os; elle nécessite une pratique spéciale. Si une artère un peu volumineuse donne du sang, on l’oblitérera avec une boule de cire. S’il y a des hémorrhagies capillaires, on tamponnera ou bien on placera sur les os pendant nne ou deux minutes une rondelle de pâte au chlorure de zinc (A. Richard).

I. Résections articnlaîres . Dans les résections articulaires, on enlève toutes les surfaces osseuses qui composent une articulation ou une seule de ces surfaces.

Résection de la lianctae (Filkin, Vigaroux, White). La résection de la hanche pratiquée pour des coxalgies anciennes et des plaies par armes à feu, plus de 97 fois, a donné les résultats suivants : pour 11 résections faites pour des plaies pai' armes à feu il y a eu 10 morts. Sur les 85 observa'ions publiées jusqu’en 1860, il y a eu 72 observations

authentiques de résection pour de véritables coxalgies qui ont donné 42 guérisons dites complètes, 29 morts et une récidive; sur les 29 morts, 21 peuvent être attribuées â l’opération, 2 érysipèles et 5 infections purulentes ont été observées (statistique de L. Lefort). Ces statistiques viennent de l’étranger.

La résection de la hanche est toujours partielle, quoique l’on ait réséqué les bords de la cavité cotyloïde, la résection de la hanche est presque toujours bornée à la section du grand trochanter, du col du fémur et de la tête du fémur. Pour exécuter cette opération on fait une incision droite (White), allant de la crête iliaque au grand trochanter, et mieux un lambeau semilunaire, à base supérieure et à convexité regardant en bas et ,'en arrière (Velpeau), étendu seulement à la largeur de la main (Sédillot). Si l’on fait une incision seulement sur le grand trochanter, se fera du jour par une incision transversale (Fergusson). S’il y a luxation consécutive de la hanche on doit faire correspondre l’incision et le lambeau à la partie la plus saillante de la tumeur formée par la tête, et l’on incisera couche par couche afin de ne point léser ni le nerf crural, ni le nerf sciatique.

Après avoir mis à nu l’articulation on coupe avec un couteau court la capsule comme pour la désarticulation, on croise la jambe malade sur la jambe saine, on luxe puis on coupe le ligament rond et la tête fémorale vient faire saillie dans la plaie.

On resèque toute l’extrémité supérieure du fémur, s’il y a lieu, avec la scie à chaîne montée ou avec la scie à main, en protégeant les parties molles avec une planchette de bois. Chez les enfants on peut réséquer la tête fémorale, lorsqu’elle est seule malade, avec une cisaille.

La section préalable de l’os et la désarticulation ensuite (Chassaignac) est plus difficile à faire que la première opération.

Si la cavité cotyloïde est malade dans toute .son étendue, réséquer des portions de l’os est une opération inutile, si au contraire les lésions sont limitées au bord libre de la cavité on réséquera, avec la pince coupe-net, les points altérés, ou l’on ruginera les os (Erichsen, Bowman); l’ischion même a pu être resé- . qué (Erichsen).

On place les malades dans un hamac (hôpitaux anglais), ou sur un cadre muni de sangles des hôpitaux français, ou mieux dans une gouttière de Bonnet, munie d’une fenêtre au niveau de la plaie; on fixe le malade par le bassin et par les membres inférieurs . L’attelle de Boyer (V. Fractures de la cuisse) et modifiée par Liston est un bon appareil contentif, elle prend point d’appui sur le thorax et. sert de point d’appui à la jambe.

Lorsqu’on juge convenable de faire l’extension, alors que l’inflammation est calmée, on se sert de l’appareil à extension continue pour les fractures de cuisse (V. Fractures de la cuisse). Le meilleur appareil est celui qui laisse l’articulation à découvert, des lacs ou une alèze passés dans l’aine, attachés à la tête du lit et un étrier fixé au pied du lit par deux lacs extenseurs suffisent.

On traite la plaie comme les plaies contuses, on peut réunir avec des sutures la partie la plus élevée de la plaie, en laissant ouverte la partie la plus déclive, ou fera des injections légèrement iodées pouf éviter le croupissement du pus.

On traitera l'état général comme il est indiqué. V. Coxalgie et Plaies par armes a feu.

La résection de la hanche est indiquée seulement quand le mal a débuté par les os, quand il y a ostéite périarticulaire primitiTe et l’on n’attendra pas qu’il y ait luxation consécutive complète ; dès qu’un abcès froid s’est formé et que l’on sent l’os à nu, on peut opérer (V. Coxalgie), toutefois nous ne conseillons pas cette opération.

La résection est indiquée pour les plaies par armes à feu du grand trochanter, avec fracture comminutive. Cette opération n^est en réalité qu’une extraction d’esquille.

La résection est contre-indiquée quand il y a des lésions du bassin que l’on peut constater par le toucher rectal, des lésions du fémur s’étendant loin do l’articulation et que l’on reconnaît à des fistules multiples et surtout à une tuméfaction de l’os malade comparé à celui du côté sain.

Résection du genou (Filkin, 1762; Park, 1789; Moreau, 1792). La résection du genou pour les tumeurs blanches et les ankylosés doit toujours porter sur les deux os, à moins qu’il ne soit évident qu’une seule extrémité articulaire est malade.

Les résections pour les tumeurs des os, pour les plaies par armes à feu, pour les luxations avec plaie et issue d’une extrémité articulaire ne réclament pas la section des deux os.

La mortalité dans les résections du genou est, diton, moindre que pour les amputations de la cuisse. Donc la résection du genou est indiquée quand il est évident que les os sont malades, c’est-à-dire quand on sent le frottement sec des surfaces articulaires l’une contre l’autre, et quand on peut supposer que le malade peut résister à l’épuisement dû à une longue suppuration. La résection pour les ankylosés (V. ce mot) n’est pas admise dans la pratique française.

Pour réséquer totalement le genou on fait une incision en H (Ried, Moreau),’ dont la barre passe au-dessous ou au-dessus de la rotule ; on écarte les lambeaux et l’on désarticule (V. Désarticulation), on scie les os que l’on fait basculer dans la plaie, avec la scie à chaîne ou la scie à main,mais si l’on se sert du dernier de ces instruments, quand on est arrivé à la face postérieure de l’os on s’arrête pour éviter de toucher les vaisseaux, et l’on achève de séparer le coin osseux en le brisant.

Après l’opération on place le membre dans l’extension dans une gouttière métallique. On ne redressera pas le membre si l’on a réséqué pour une ankylosé du genou. On panse comme les plaies conluses. Quelques jours après le membre se place de luimême dans l’extension ; on applique alors le membre dans une gouttière et l’on serre avec des liens élastiques. La gouttière d’Esmarch, c’est-à-dire une gouttière formée de plusieurs pièces suspendues à des tiges métalliques fixées sur un support de bois est un appareil que les goutières métalliques de Mayor peuvent suppléer.

On panse tous les jours et l’on donne le traitement général des plaies par armes à feu et des arthrites et ostéites périarticulaires.

Les incisions longitudinales (Park), l’incision transversale (Samson et Bégin), lïncision courbe transversale, à conveirité inférieure (Textor), ne sont pas préférables aux incisions en H.

Lorsque la rotule est malade on peut faire deux incisions elliptiques comprenant un lambeau de peau qu’oii enlève avec la rotule (Syme), deux incisions longitudinales sur le côté interne et externe du genou (Jeffroy) sont bonnes lorsqu’on veut respecter la rotule et le tendon du triceps; l’opération avec cette incision est laborieuse et il faut couper les os avec la scie à chaîne.

Outre les accidents communs à toutes les plaies, l’accident particulier de la résection du genou est la saillie d’un fragment par la plaie. Pour parer à cet inconvénient on applique la pointe de Malgaigne. Le membre étant placé sur un plan incliné de bois, la griffe est placée comme pour les fractures de jambe avec saillie des fragments. V. Fracture de jambe.

Le résultat le meilleur de la résection du genou est une ankylosé. Cependant on peut essayer d’obtenir une fausse articulation en faisant marcher les malades vers la dixième semaine. Lorsque le tendon rotulien est conservé cette tentative est quelquefois suivie de succès.

hes résections partielles du genou (Jausoii, Textor père) se font par les mêmes procédés que la résection totale, seulement au lieu de faire deux lambeoux par l’incision en H on n’en fait qu’un seul, le supérieur ou l’inférieur. L’incision courbe de Textor est assez bonne.

Lorsqu’il y a plaie par armes à feu, on agrandit la plaie par une incision longitudinale.

Lorsqu’il y a issue d’une extrémité articulaire, on resèque l’os sorti par la plaie. Cette opération, il faut le dire ici, n’est pas moins grave, que l’amputation de la cuisse. On sectionne les os avec la scie à chaîne ou la scie à main, on panse comme pour la résection totale du genou. Le pansement à Feau froide par l’irrigation continue est d’un bon usage.

En général les résections partielles du genou sont peu avantageuses, et s’il était possible de formuler une proposition légitimée par les faits connus on devrait établir que même dans les cas où une seule extrémité osseuse a été blessée, la résection totale du genou est préférable à la résection partielle. (O. Heyfelder.)

Résection du cou-de-pied (Rumsey , Moreau père, 1792). La résection totale du cou-de-pied a été faite pour un traumatisme et pour une lésion chronique du tibia et du péroné.

En principe cette désarticulation ne doit pas être recommandée dans les affections chroniques des os, parce qu’on n’est jamais sûr de l’état sain des os du tarse.

On fait une incision verticale (Chassaignac) ou deux incisions latérales droites ou convexes (Guépratte), ou une incision postérieure divisant le tendon d’Achille (Wakley, Textor fils).

On désarticule dans l’articulation tibio-péronière, après avoir scié le péroné dans la diaphyse, puis on fait saillir le tibia dans la plaie, on désarticule, on dénude l’os et on le resèque avec la scie à chaîne, un aide immobilisant la jambe, ou avec la scie à main, à lame peu élevée.

Le membre étant fixé avec des attelles de carton, et mieux dans une gouttière, la plaie est pansée comme une plaie contuse; les bains permanents, c’est-à-dire prolongés, sont d’un bon emploi.

Lorsqu’on commence une résection du cou-depied, on peut avoir affaire à des lésions des os du

IIESE ■

piedj et celles-ci nécessitent une amputation tibiotarsienne. Dans le cas où l’on soupçonne cette éventualité il faut faire l’incision à la partie antérieure ou sur un seul côté, de façon à pouvoir faire séance tenante la désarticulation du pied au lieu de la résection.

La résection du cou-de-pied a donné 3 morts sur 22 opérés; c’est beaucoup de guérisons, mais il faut songer aussi de quelle utilité peut être le pied après la résection, et à cet égard les observations laissent à désirer.

L’appareil prothétique qui convient dans le cas de résection du cou-de-piéd est une bottine à tiges latérales fortement unies par un demi-anneau métallique au niveau de la cheville.

La résection partielle du cou-de-pied aété faite pour une luxation avec issue du tibia (Hippocrate, Hey), pour une carie du péroné (Moreau fils, 1823, J. Heyfelder) . Quoiqu’il semble que le péroné seul ne puisse soutenir la jambe (Lienhard), la résection de l’extrémité inférieure du tibia a pu être faite sans fi-actures consécutives du péroné. Ces résections se font au moyen d’une seule incision sur le trajet de l’os. La dénudation de l’os et la section avec la scie à chaîne doivent être ensuite faites ; l’os mobilisé ainsi est désarticulé.

Gu bien on fait simplement la section des portions d’os sorties. On panse comme pour les résections totales du cou-de-pied. Sur 16 résections partielles du cou-de-pied, il y a eu 3 morts.

Réi^ection dans les artïculaiiens de la clavicule.

Pour réséquer V. extrémité externe de la clavicule (Velpeau). — Incision cruciale, dissection des quatre lambeaux, ou incision parallèle à la clavicule ; section des ligaments acromio-claviculaires et des fibres du trapèze et du deltoïde, écarter à l’aide d’une plaque de ‘bois les surfaces articulaires de l’articulation acromio-claviculaii^ et section de l’os, avec une cie à main, une sonde cannelée de Blandin étant passée sous la clavicule (Velpeau, Malgaigne) ou avec , la scie à chaîne.

Pour réséquer l’extrémité interne de la clavicule , (Davie). — Incision longitudinale suivant l’axe de la clavicule,' diviser les parties molles en rasant la clavicule, écarter les lèvres de la plaie avec des ténaculums mousses, glisser sous la clavicule un morceau de cuir ou une plaque de gutta-percha, scierl’os avec une scie de Heine ou la scie à molette, ou mieux avec la scie à chaîne, un aide maintenant la clavicule avec un davier.

Résection tie l'épaule. La résection de l’épaule a été faite pour des traumatismes (Larrey), pour des blessures de l’épaule, des ostéites périarticulaires et des synovites compliquées d’ostéite (White, 176fi), pour une nécrose de la tête de l’humérus.

On fait sur le moignon de l’épaule une incision droite, longue de 8 centimètres de long, parallèle à l’humérus et commençant au niveau de l’acromion (Wbite), ou un peu en avant (Malgaigne), ou une incision transversale un peu convexe du côté du bras, à 1 centimètre et demi au-dessous de l’acromion, et ayant une longueur de 6 à 9 centimètres iNélaton), une incision oblique (Stromeyer), un lambeau tiâangnlaire, à base postérieure (Cbampion). L’incision enT renversé, le lambeau quadrilatère (Moreau père), à base supérieure, le lambeau en V droit (Sabatier,

Syme), le lambeau arrondi, à base supérieure, ne sont pas des procédés meilleurs que l’incision simple. Si le jour obtenu avec l’une de ces incisions était insuffisant, on combinerait les deux incisions de façon à obtenir un T, et c’est le procédé de Bent.

Après avoir mis à nu l’os on désarticule (V. Désarticulation DE l’épaule), on scie l’extrémité supérieure de l’humérus avec la scie à cbaîne ; si la cavité gléuoîde est saine l’opération est terminée, on fait rentrer l’humérus dans la cavité articulaire et l’on panse.

Si la cavité gléuoïde est malade, la cautérisation de i’os malade (Lafaye) est insuffisante, la résection est meilleure. Pour cela on saisit le col de la cavité glénoïde avec la pince tricoise de Nélaton et l’on sectionne, puis ou réduit l’humérus ot l’on panse comme les plaies contuses, la réunion par première intention doit ici être proscrite. Le membre est placé dans une gouttière attachée au thorax.

^Les accidents de la résection de l’épaule sont les mêmes que ceux des antres résections.

Résection du coude. Pour réséquer totaleineat le coude (Moreau, 1794), on fait sur le bord externe de l’articulation une incision longue de 1 0 centimètres, puis ù partir du milieu de cette incision une incision transversale allant jusqu’à l’olécrâne (Nélaton); on coupe jusqu’aux os, on dénude le radius, on ledésarticule et on le resèque avec la scie à chaîne {l’incision postérieure un peu en dehors (Park, Ghassaignac ) est moins avantageuse] ; on luxe l’avant-briis en dehors pendant que l’on coupe le tendon du brachial antérieur ; ou dissèque l’olécrâne, on coupe le tendon du triceps et l’on continue j de luxer le cubitus, on scie l’olécrâne et l’on détache les ^ insertions du muscle cubital. On resèque l’humérus avec la scie à cbaîne ou la scie à main, sans se préoccuper autrement du nerf cubital qui a été évité quand on a rasé le cubitus et l’humérus.

Si l’incision simple est insuffisante, on fera les incisions doubles en H, ce qui donne deux lambeaux (procédé ancien) ; on peut faire rincision droite sur le côté interne de l’olécrâne, avec une incision transversale, partant du milieu de la première jusque sur la tête du cubitus (Maisonneuve, J. F.

Heyfelder) .

Pour conserver quelques mouvements au membre lorsque le radius est scié ' assez haut pour que l'insertion du biceps soit conservée, 011 laissera une portion de l’olécràne attachée au triceps (Burns). Cet os contractera des adhérences avec les parties molles et peutêtre avec les os de Favant-bras. Laqilaie sera pansée

tig. 500. — Résection Jii coude. — A. Hiiincms. rr?- C. Radius. — E, G, H, F.

Résection de rextréniité du radius. (Guérin.)

comme une plaie contuse^ le coude sera placé dans une gonttière coudée à angle droit j on fera exécuter de légers mouxements au membre, à partir du huitième ou du douzième jour (Stubbs, Bickersteth).

La résection du coude a donné les cinq sixièmes de guérisons avec conservation des fonctions du membre. Il y avait eu quatre résections pour ankylosés, trente-une pour blessures par armes à feu et fractures compliquées, cent soixante-quatre pour caries et tumeurs blanches. 11 y a cinquante-une observations non détaillées de résection qui ont été négligées et qui comptent des succès et des revers.

Outre les accidents généraux des plaies, les accidents de la résection du coude sont : l’ankylose, ce qui n’est rien si le membre est ankylosé dans la flexion, et cela peut toujours être obtenu; un endolorissement du membre consécutif à une résection a été tel que l’amputation a dû être pratiquée (Tiersh) ,

On a réséqué partiellement un ou plusieurs des os qui concourent à former l’articulation du coude. L’extrémité supérieure des deux os de l’avant-bras, l’extrémité supérieure du radius, l’olécrâne, l’extrémité supérieure du cubitus, l’extrémité inférieure de l’humérus seul, ou de l’humérus avec le radius, ou avec l’ojécràne, ou avec le cubitus.

Sauf pour l’extirpation de l’olécrâne seul et pour les cas de plaies par armes à feu où il suffit de faire des débridements en haut et en bas, on doit pratiquer l’incision sur le bord externe du bras si l’on veut enlever le bord supérieur du radius ; l’incision postérieure si Bon veut enlever l’extrémité supérieure du cubitus, comme pour la résection totale du coude.

On coupe les os avec la scie à chaîne.

La résection d’un condyle de l’humérus peut être faite avec une cisaille. Cette résection est une des plus défavorables au point de vue du résultat. Dans presque tous les cas où elle a été faite, il y a eu ankylosé consécutive de l’articulation du coude.

Résection du poignet (Bilguer, 1762). Cette résection a été faite pour des traumatismes, pour des caries et des nécroses.

On la pratique ainsi : Une incision latérale est faite sur le côté radial ou cubital de l’avant-bras ; une incision double est encore un procédé des plus simples et l’on peut débrider transversalement au niveau du poignet dans une étendue de 1 centimètre. Si l’on taille un lambeau, il ne doit intéresser que la peau ; on écarte les tendons, ou scie un seul ou les deux os avec la scie à chaîne, à deux ou trois travers de doigt au-dessus de l’articulation et l’on désarticule ensuite.

Si les os du carpe sont malades on les extraira avec les pinces, et les ciseaux détacheront les ligaments qui les retiennent.

On a réséqué seulement les os du carpe à travers des fistules agrandies (Cock et Stanley).

Si la résection est faite pour rme plaie par arme à feu, on agrandira les ouvertures du tégument, on extraira les séquestres et l’on régularisera la plaie de Los avec une scie à main ou la scie à chaîne.

On panse la plaie comme une plaie coutuse. Le bras est placé sur une attelle, ou fléchit les doigts sur une pelote de charpie, ou ne fait exécuter quelques mouvements passifs que quand la consolidatiou commence.

S’il y avait plus tard une trop grande laxilé de l articnlatioH nouvelle, on soutiendrait la main par une

attelle d'acier, flexible, ou deux demi-gouttières de gutta-percha, serrées avec des lacs élastiques.

La résection d’un seul des deux os de l’avant-bras est plus grave que la résection des deux os.

L’amputation de l’avant-bras donne une mortalité de un quart, tandis que la résection n’est mortelle que pour un cinquième des cas.

Résection des métacarpiens et des phalanges. On résèque les extrémités articulaires de CCS os pour des luxations avec issue des fragments, pour des caries, pour des fractures compliquées.

En cas d’issue de l’os à travers une plaie, on agrandit la plaie s’il est nécessaire, et l’on coupe les os avec la cisaille de Liston, on réduit les restes de l’os dont on a réséqué une extrémité et l’on panse avec les cataplasmes.

Les résections des métacarpiens et des premiers métatarsiens ont été faites pour des lésions des os, ostéite chronique, nécrose, etc. Pour cela on fait une incision droite sur la saillie de l’os, ou un lambeau triangulaire ou arrondi, puis on dénude l’os, on le scie avec une scie à chaîne, on saisit l’extrémité que l’oij veut réséquer avec un davier et l’on désarticule.

Lorsqu’on resèque une articulation tout entière, on fait une incision sur un des côtés du tendon principal qui passe au-dessus de l’os, on met à nu les os, on désarticule, puis on resèque avec une pince de Liston chacune des deux extrémités articulaires.

Enfin après- une désarticulation dans les règles, si la tête de l’os restant est malade , on l’excise avec une pince- cisaille. V. Amputation.

II. Résection de la diaphyse des os et résection partielle des os. .La l’ésectioil de la diaphyse des os est une opération indiquée pour les tumeurs des os ; la résection pour les nécroses n’est pas indispensable : il vaut mieux extraire le séquestre. Mais, dans cette manœuvre, on coupe presque toujours une portion d’os sain, lorsque le séquestre est invaginé, par exemple, et c’est là une variété de résection qu’on a appelée résection superficielle.

Pour réséquer la diaphyse d’un os long, 'on dissèque jusqu’à l’os, on passe, à l’aide de l’aiguille courbe, la scie à chaîne sous l’une des extrémités de l’os, et l’on scie l’os; puis on passe la scie à chaîne à l’autre extrémité, et l’on scie en ayant soin de faire immobiliser l’os au moyen d’un davier tenu par un aide.

On resèque les extrémités des os qui sont réunis par une pseudarthrose, en incisant les tissus d’un seul coup jusqu’à l’os, s’il est superficiel, ou en disséquant si l’os est situé profondément. On détache le périoste avec urie rugine et l’on scie avec la scie à chaîne, passée avec l’aiguille courbe ou la scie à main, si l’on peut écarter les chairs ou les éloigner suffisamment afin de placer une planchette ou la sonde cannelée de Blandin entre l’os et les tissus.

On resèque un cal difforme par le même procédé, sauf que l’emploi de la gouge, du maillet et de la cisaille est quelquefois nécessaire pour tailler l’os et l’approprier à une cousolidation régulière (V. Cals difformes). Néanmoins la scie à main a pu être employée, mais après une section préalable de l’os avec la scie à chaîne.

Pour réséquer un fragment d os sorti, dénudé ou non et irréductible, par une plaie, tel qu'une portion d’os fracturé, ou un décollement épiphysaire du radius ou du fémur (Maisonneuve, J. Heyfelder), on détache le périoste de l’os avec une rugine et on le repousse vers la partie saine de l’os et l’on sectionne l'os, soit avec une scie à main, pendant qu’ime planchette protège les parties molles et qu’un aide maintient la pointe du fragment, soit avec un davier, soit avec une cisaille de Liston.

Pour les résections des extrémités osseuses qui blessent la peau par suite de cals difformes, les points osseux seront mis à nu par une incision en croix- ou en T et réséquées de même.

Les plaies des résections partielles seront pansées comme les plaies contuses ; on ne les réunira pas ; des compresses d’eau froide ou un cataplasme recouvriront la plaie.

La partie où a porté une résection doit être tenue dans une immobilité absolue. Ainsi on placera les membres dans un bandage plâtré, muni d’une fenêtre.

Résection des côtes (Gelse). On resèque une portion de côte pour une carie, pour une nécrose, pour une fracture compliquée. Lorsqu’il y a une plaie, il suffit de l’agrandir ; lorsqu’un fragment fait saillie sous la peau, on incise la peau au niveau de ce fragment. Lorsqu’on veut enlever toute une fausse côte à travers une fistule, ou une plaie, on agrandit l’ouverture et l’on dissèque la côte.

Mais si, pour enlever une côte, on coupe sur des parties saines, on incisera le périoste sur la côte et on le décollera. Le doigt passera en arrière de la côte, décollera la plèvre avec pi-écaution et la côte sera coupée avec une scie à chaîne. Chez les jeunes sujets on pourra se servir de la cisaille.

Les résections des côtes sont relativement graves, elles causent des pleurésies et des péritonites. On ne doit faire cette opération que quand les fistules osseuses sont intarissables (V. Ostéite chrokique, Nécrose). Lorsque la plèvre est indurée au niveau d’une lésion osseuse, la résection n’est pas aussi dangereuse que quand la plèvre est à peu près saine.

L’extraction des séquestres, l’ablation de l’os malade portion par portion est beaucoup moins grave que les résections dans la plupart des cas.

Réj^ection partielle de l'omoplate (Walther, Liston, Haymann). Cette résection a été faite pour des cancers, des cai'ics, des nécroses. On se sert du même procédé que pour l’extirpation de l’omoplate, et l’on fait des incisions moins grandes. Ou resèque l'os avec la scie à chaîne ou même une cisaille.

On a désigné sous le nom de résection partielle de l’omoplate les ablations d’exostoses (Dupuytren, Lobstein) .

Résection des os courts. La résection partielle du calcanéum se fait au moyen d’incisions comme pour la résection totale, et l’on enlève les portions d’os avec une gouge et un maillet ou la scie à main. V. RÉSECTIOXS T0T.4UES.

Les résections des os du carpe et du tarse se font par des procédés du même geni'e, seulement on se sert avec plus d’avantage de la gouge, de la pince à mors coupants ou pinces grugeoires, des cisailles dites coupe-net ou des cisailles de Liston courbes.

Toutes ces opérations ont été faites pour des caries et des nécroses ; c’est dans ce cas qu’on peut pratiquer Tévidemeut des os.

Résection partielle des mâchoires.

I. Résection partielle du rnaxillnire supérieur. — . On resèque une partie du maxillaire supérieur pour des tumeurs du sinus maxillaire, des cancers et des caries.

A. Pom- extraire une portion du maxillaire supérieur, l’arcade alvéolaire seulement, on fait relever la lèvre supérieure par un aide. Puis s’il s’agit d’un épulis, on sectionne d’un seul coup ou en plusieurs fois l’alvéole avec une pince coupe-net à mors larges (Velpeau). On ne fait aucun pansement, le malade se gargarise deux ou trois fois par jour avec un gargarisme :

Eau . 200 grammes.

Alun . 2 id.

et gai’de le repos.

B. S’il s’agit d’une tumeur qui remonte plus haut, on fait, à partir de Taile du nez jusqu’à la commissure des lèvres, une incision, en suivant le sillon naso-labial. On dissèque jusqu’aux os, on coupe avec une cisaille la voûte palatine, la partie sous-nasale du maxillaire et l’on sectionne avec la cisaille la paroi inférieure du sinus maxillaire et Ton coupe l’attache de Tos malaire avec l’os maxillaire à l’aide d’une scie à main mise en mouvement par le chirurgien qui se place derrière la tête du malade, ou bien on coupe l’os avec une cisaille; on mobilise Tos avec un davier et on l’arrache. Cette opération laisse intact le plancher de l’orbite.

S’il s’agit d’une tumeur volumineuse, on fait Tiiicision comme pour l’extirpation totale du maxillaire.

IL Résection partielle du maxillaire inférieur. — On resèque la partie moyenne ou corps de Tos, le tout ou ime portion, on resèque une partie de la mâchoire, enfin ou resèque une portion du bord alvéolaire.

A. Pour réséquer la' partie moyenne de Tos (Dupuytreu), on fait une incision correspondant au bord inférieur de la mâchoire (J. Heyfelder) et dépassant les limites de la partie que Ton veut enlever; on passe le bistouri en rasant Tos entre la mâchoire et la peau, puis on rase la face postérieure de Tos avec le bistouri pour sectionner les muscles du plancher de la houche, on scie Tos avec la scie à chaîne à droite et à gauche, après avoir arraché la dent qui correspond au point que Ton veut scier. On peut encore inciser au fond du pli géno-labial, renverser la peau du menton, mettre à nu Tos, et le réséquer comme précédemment (Malgaigne, J. Heyfelder); ou bien ou taille deux lambeaux horizontaux sur la ligne médiane, ou bien on taille un lambeau inférieur de la largeur de la bouche par deux incisions descendant des commissures (J. Cioquet), ou bien on taille un lambeau à base supérieure, enjoignant à Tincision sous le menton deux incisions verticales ou obliques (Mott, Lisfranc) et en relevant le lambeau sur la face.

Lorsqu’on a enlevé une portion du maxillaire inférieur, la langue retombe sur le larynx, parce qu’on a rapproché les fragments de Tos (Soc . de chirurgie, 1863, Bœckel).

On évitera les accidents, d’une part, en faisant placer une gouttière de gulta-percha qui conserve aux deux parties de la mâchoire inférieure leur position, et Ton ne cherchera pas à rapprocher les os.

B. Pour réséquer toute la portion horizontale du maxillaire inférieur, on fait Tincision sous le men-

1280 RÈSE

ton, on relèré la pèau de la face, on dénude l’os et l’on scie avèc la scie à chaîne en avant de l’apophyse coronoïde.

III. Résection d’une moitié du maxillaire inférieur (Desault, Palm, Graefe, Langenbeck). — On fait une incision suivant le bord inférieur de l’os de la mâchoire ou une incision partant de l’apophyse zygomatique jusqu’à la symphyse du menton, on incise sur la ligne médiane à partir de ce point toute la lèvre inférieure, on arrache une incisive ou la canine, oh scie l’os avec la scie à chaîne, on détache avec un bistouri la joue de ros> puis avec un bistouri boutonné, on rase l’os pour couper les muscles du plancher de la bouche ; on coupe l’insertion du muscle masséter sur l’arcade zygomatique, l’insertion du temporal sur l’apophyse coronoïde.

Gn attire ensuite au dehors la moitié de la mâchoire, ou coupe les parties molles, les genches, en rasant l’os jusqu’au niveau de l’orifice postérieur du canal dentaire, hir sectionne le nerf et l’artère ; arrivé au condyle de la mâchoire, on rase l’os en disséquant les parties molles. Lorsque l’os ainsi disséqué est mobilisé, quoique tous les ligaments de l’articulation ne soient pas coupés, on tordra l’os sur lui-même et en l’arrachant ainsi par torsion, on prévient les hémorrhagies (Nélaton, Maisonneuve). On réunit la plaie cutanée par suture, et l’on fait gargariser les malades quatre à six fois par jour avec l’eau de guimauve.

Ces opérations ont été suivies de succès pour un grand nombre de cas de tumeurs fibreuses du maxillaire inférieur; pour les cas de cancers, la récidive est venue compromettre le succès de l’opération. On compte quatre-vingt-quatre guérisons sur cent trentetrois résections d’une moitié de la mâchoire ; les guérisons pour des ablations de tumeurs fibreuses sont les plus nombreuses.

Page 1