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DARTRES

SYPHILIS. Maladie contagieuse, virulente, diathésique, inoculable, se manifestant par des lésions primitives, secondaires et tertiaires (Ph. Ricord).

Importée, dit-on, d’Amérique en Europe au XV® siècle, la syphilis s’est rapidement étendue chez tous les peuples, mais par suite de ses transmissions successives son virus paraît avoir beaucoup perdu de son intensité.

Il y a une syphilis primitive acquise, virulente, inoculable, et une syphilis constitutionnelle, diathésique, héréditaire, rarement inoculable, dont les conditions de transmission ne sont pas encore bien déterminées. Mais, à côté de ces deux formes principales, il y a comme variétés indispensables à connaître, — une syphilis viscérale, — une Syphilis des femmes grosses, — une syphilis congénitale ou héréditaire, — une syphilis des nourrices transmise par le nouveau-né, — eimxe. syphilis infantile.

La syphilis se propage surtout par le coït impur, maisellese transmet sonvent pard’autres voies que les organes sexuels, dans les pratiques obscènes de la débauche et par le contact accidentel de certaines parties du corps chez un sujet sain, avec un objet quel qu’il soit, sur lequel se trouve par hasard du pus syphilitique.

L’homme et la femme adultes sont les personnes le plus ordinairement atteintes de syphilis, mais cette maladie s’observe souvent chez le nouveau-né et chez les enfants à la mamelle, soit que la maladie ait été inoculée avec la vaccine, ce qui est rare (Rascoli, Ricord, etc.), soit qu’elle résulte du contact de personnes atteintes de syphilis, soit enfin qu’elle ait été transmise par hérédité.

La syphilis ne prend pas sur tous les individus exposés à des contacts virulents.

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Le chancre (V. ce mot) est généralement le point de départ de la syphilis acquise et accidentelle ; sauf les cas de syphilis héréditaire, c’est par lui que débute cette maladie diathésique.

Il ne faut pas confondre le chancre mou (Bassereau, Ricord) ou chancrelle, ou chancroîde, avec le véritable chancre ou chancre infectant, car le premier est une ulcération inflammatoire, ne produisant pas la syphilis, tandis que c’est le second qui introduit dans le sang le principe virulent syphilitique. V. Chancre mod.

Chancre non syphilitique ou chancrelle. — Le chancre simple, mou, non infectant, est une petite ulcération peu étendue des parties génitales qui a un aspect irrégulier, vermoulu, un fond grisâtre mou, des bords rouges taillés à pic, qui s’accompagne fréquemment d’une adénite mono-ganglionnaire aboutissant à une suppuration virulente et inoculable, tout en restant lui-même une affection locale, enfin ne donnant lieu à aucune lésion secondaire de syphilis. V. Bubon.

Le chancre simple mou, non 'infectant, est quelquefois saisi d’ulcération rongeante qui étend beaucoup l’ulcération, lui donne un aspect grisâtre, diphthéritique, ce qui constitue le phagédénisme. V. ce mot.

Le chancre mou infectant produit V adénite mono-ganglionnaire sous forme de bubon virulent qui arrive très-vite à suppuration quand les malades ne soignent pas ou irritent leur chancre (A. Després). V. Bubon.

Thérapeutique. — Pour le traitement du chancre mou ou chancrdide ou chancrelle V. Chancre, et pour le phagédénisme V. ce mot.

Chancre syphilitique. — Le chancre dur ou chancre induré, ou chancre infectant, annonce presque toujours l’existence d’une syphilis coiistitutiounelle, c’est-à-dire d’une infection syphilitique. On l’observe sur la peau et sur les muqueuses. Au début la surface de l’ulcération est plus lisse, moins vermoulue, moins déchiquetée que celle du chancre mou, et à la période de progrès elle est grise, lardacée, unie, brillante et irisée. Elle est cupuliforrne et taillée à Vévidoire, tandis que dans le chancre mou elle est creusée à V emporte-pièce et a ses bords coupés à pic. Enfin à sa base existe une induration élastique spéciale.

Le chancre induré est peu enflammé, peu douloureux, suppure à peine et s’accompagne toujours d’un engorgement indolent, le plus souvent multiple des gauglious voisins. C’est le bubon indolent ou l’adénite symptomatique du chancre infectant. V. Bubon.

Le pus du chancre infectant perd rapidement ses propriétés inoculables, au moins chez le sujet affecté qui devient promptement réfractaire à sou propre virus(Ph. Ricord, Calvo).

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Thérapeutique. — Dans le chancre induré il faut prescrire des pansements trois fois par jour avec la pommade au précipité blanc, faire des lotions avec le vin aromatique ou des pansements opiacés s’il y a de la douleur (Ricord).

A l’intérieur on donnera la tisane de saponaire aver le sirop de salsepareille, — le mercure s’il est supporté (V. le Foemulaire)j et dans le cas contraire on l’introduira par la peau en f net ions mercurielles (Ricord).

Il est bon d’attendre, pour donner le inercurej que la roséole ait paru (Diday).

S’il survenait de la salivation mercurielle on ferait prendre 5 à 6 grammes de chlorate dans une potion gommeuse. V. Stomatite mercurielle, Bubom et Chancre.

Syphilis constitutionnelle. La SyphiUs constitutionnelle succède toujours au chancre induré, à moins qu’elle ne soit la conséquence d’une transmission héréditaire, et elle se révèle par des accidents secondaires de chlorose, d’alopécie, d’engorgement des ganglions cervicaux postérieurs, de sternalgie vague, d’arthralgie erratique, de céphalée, de névralgies intermittentes, des éruptions de la peau et des muqueuses connues sous le nom de syphilides (V. ce mot), et enfin ^'accidents tertiaires occupant les tissus cellulaire , glanduleux , fibreux, osseux et les organes intérieurs.

Accidents secondaires de la syphilis. — C’est au bout de quatre à six mois que paraissent les accidents syphilitiques secondaires de roséole, d’érythème, de lichen, de psoriasis, de syphilide cornée, d’onyxis, d’iritis, d’eczéma, de pemphigus, d’acné, d’impétigo, d’ecthyma, de I tubercules cutanés et d’ulcération de la peau ou de la gorge, observés chez les malades.

Accidents tertiaires de la syphilis. — Ici les lésions ne se montrent qu’à des époques indéterminées, et elles peuvent ne pas apparaître ou venir un au, deux ans, cinq ans ou vingt ans après le chancre induré (Ricord), soit qu’il y ait eu, soit qu’il n’y ait pas eu d’accidents secondaires. Ce sont les gommes sous-cutanées, certains abcès froids, les engorgements glandulaires ou viscéraux, les périostoses, les ostéites, i les caries osseuses ou arthrites (Richet), et les exostoses constatées chez les malades.

Thérapeutique. — ^ Dans la syphilis secondaire, c’est- ! à-dire dans les syphilides de la peau et des muqueuses, le traitement hygiénique et fortifiant, associé de préférence à la médication mercurielle, est ce qu’il y a de mieux à prescrire.

Au contraire, dans la syphilis tertiaire, c’est à l’zodure de potassium surtout qu’il faut avoir recours, et on l’emploie à la dose de 3 à 6 et 10 grammes par jour.

Syphilis viscérale. La sv^ihilis viscérale s’observe surtout dans le thymus, le foie et les poumons, comme manifestation de la syphilis héréditaire et congénitale, mais elle se montre quelquefois chez l’adulte sous forme d’entérite.

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d’engorgement chronique du foie, de pneumonie chronique et de phthisie, d’encéphalite chronique et d’engorgements glandulaires, et de perturbation des organes des sens (P. Dubois, Gubler, Virchow, Lancereaux).

La syphilis viscérale est un accident ordinairement tardif de la 'syphilis.

Le diagnostic de la syphilis viscérale est toujours environné des plus grandes difficultés, et c’est par une étude approfondie de la filiation des phénomènes morbides antérieurs autant que par les symptômes du moment que l’on peut arriver à déterminer la nature du mal.

Thérapeutique. — Dans les cas de syphilis viscérale il faut essayer le traitement intérieur par l’îodure de potassium, 2 à 8 grammes par jour, en ayant soin de placer les malades dans des conditions d’atmosphère et d’alimentation favorables à la récorporation de l’individu.

Syphilis des femmes grosses. La syphilis antérieure à la grossesse sous forme de maladie constitutionnelle produit quelquefois l’avortement à partir du troisième mois, ou bien l’accouchement avant terme d’un enfant mortné, qui est ou qui n’est pas atteint de lésions secondaires et tertiaires de syphilis.

Les femmes enceintes peuvent contracter la syphilis : soit au moment de la fécondation, soit dans le cours de la grossesse, mais la syphilis qui commence avec l’imprégnation a beaucoup de chances d’infecter l’enfant, tandis que celle qui apparaît au septième ou au huitième mois n’a en général aucun effet fâcheux pour le fœtus.

Thérapeutique. — Si la syphilis est encore à la période primitive du chancre mou ou à celle du chancre induré, il faut traiter la malade comme si elle n’était pas enceinte. Quant aux accidents secondaires et tertiaires, ils doivent être combattus par les mêmes moyens qu’on emploie hors l’état de gestation.

ISyphilis des nourrices transmise par les mon veau-nés. Qu’uii enfant ait reçu la syphilis de ses parents ou que par vaccination, ce qui est rare, et par toute autre voie, il ait été infecté, lorsqu’il est malade il peut transmettre son mal à la nourrice par la succion de la mamelle.

La syphilis constitutionnelle des nouveaunés engendre, dit-on, sur le sein des nourrices, une syphilis primitive [chancre] qui donne rapidement lieu à une syphilis constitutionnelle.

En tétant leur nourrice les enfants atteints de syphilis constitutionnelle irritent le mamelon, y font venir des plaques muqueuses, que quelques personnes considèrent comme des chancres transformés, puis de là le mal passe dans les ganglions de l’aisselle, se manifeste dans la gorge par des syphilides tuberculeuses, à la peau par des éruptions diverses, et enfin envahit toute l’éco-

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nomie comme la syphilis acquise par un chancre infectant.

Les nourrices qui ont reçu la syphilis de leur nourrisson la transmettent h leur propre enfant, s’il tette encore, et quelquefois à leur mari, de sorte que toute la maison est infectée.

Thérapeutique. — Le traitement de la sy{)hilis chez les nourrices est le même que celui de la syphilis en général.

Syphilis infantile. L’âge modifie d’uiie façon notable les formes de la syphilis, et, chez les enfants, cette maladie se présente avec des caractères différents, selon qu’elle a été contractée d’une façon accidentelle par l’enfant luimême, ou selon qu’elle lui a été transmise par ses parents comme diathèse héréditaire.

1“ Syphilis infantile acquise. — La syphilis acquise accidentellement par les enfants leur est communiquée par le contact des doigts ou des lèvres de personnes syphilitiques, par des verres ou des cuillers imprégnés de virus, enfin par la vaccination d’un virus vaccin recueilli chez un enfant syphilitique, et alors la maladie suit la marche habituelle d’un chancre primitif suivi à' induration et (^'accidents secondaires ou tertiaires.

On a dit que l’inoculation du vaccin recueilli chez un enfant syphilitique ne pouvait pas transmettre la syphilis, et que cet accident n’avait lieu que si l’on avait inoculé du sang, de sorte que ce serait l’inoculation du sang plutôt que d’un vaccin syphilitique qui serait la cause de l’infection, ce qui est à démontrer. '

Thérapeutique. — La syphilis accidentellement acquise par les enfants doit être traitée de la même façon que la syphilis de l’adulte, et surtout par les bains de sublimé, comme il est dit plus loin dans le traitement de la syphilis héréditaire.

2“ Syphilis infa7ïtil€ héréditaire. — • La syphilis infantile héréditaire peut être congénitale ou ne se montrer que longtemps après la naissance et elle apparaît toujours sous forme d’accidents secondaires.

Les parents atteints de syphilis constitutionnelle, qu’ils aient ou qu’ils n’aient pas de lésions apparentes au moment du coït fécondant, peuvent communiquer la syphilis à leur enfant, qui peut mourir à quelques mois dans le sein de la mère, qui peut naître prématurément, et enfin qui peut apporter avec lui des lésions syphilitiques secondaires et tertiaires.

*** La syphilis héréditaire provient du père ou de la mère, et dans quelques circonstances des deux à la fois.

Si dans quelques circonstances les enfants atteints de syphilis héréditaire naissent avec des lésions syphilitiques de la peau, des os, du poumon, du foie et du thymus, ordinairement la maladie ne se déclare qu’au bout d’un temps

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qui varie de un à vingt mois, et qui, exceptionnellement, peut aller jusqu’à la quatorzième année (Ricord).

Lorsque les parents sont atteints de syphilis constitutionnelle, même à l’état latent, il arrive souvent que l’enfant de leurs œuvres ne peut arriver à terme, et meurt dans le sein de la mère, en donnant lieu à un avortement.

Les accidents syphilitiques d’un enfant né d’un père et dinne mère en puissance de syphilis existent au moment de la naissance ou n’apparaissent qu’au bout d’un mois ou de six semaines après la naissance et rarement au delà d’une ou de plusieurs années.

Lorsque la syphilis héréditaire existe au moment de la naissance, elle se révèle par des accidents secondaires et tertiaires variables. Ici des plaques muqueuses à l’anus, aux parties génitales et dans la gorge ; ailleurs du pemphigus; chez d’autres de la roséole cuivrée, de l’eczéma, des fissures et des excoriations autour de la bouche ; du coryza obstruant les narines ; de l’iritis; des abcès du thymus ; des infiltrations fibro-plastiques du poumon et du foie ; des périostites, des onyxis, etc.

La syphilis héréditaire est caractérisée vers la peau par de l’eczéma, du lichen, du pemphiguset des plaques muqueuses, du cnryza, par l’anémie autour des parties génitales ou de l’anus, sur les lèvres ou dans le gosier, et à l’intérieur par des noyaux purulents ou fibro-plastiques du thymus, des poumons et du foie (Dubois, Gubler).

La mort est toujours la conséquence de la syphilis héréditaire viscérale, mais lorsqu’il n’y a que de l’anémie, du coryza, de l’angine et des syphilides cutanées, on peut guérir les malades.

La syphilis héréditaire congénitale, bien qu’elle n’existe que sous forme à'accideyits secondawes, se transmet souvent des nouveau-nés à des nourrices saines, d’abord sur le mamelon sous forme de plaques muqueuses, d’ulcération indurée et d’adénites axillaires, puis au bout de quelques mois sur la peau, à l’état de roséole, dans la gorge sous forme de plaques muqueuses, et enfin, par tout le corps avec les caractères ordinaires de la syphilis.

*,i.*Chez les enfants atteints de syphilis héréditaire congénitale, iesaccidents secondah'es sont doués de propriétés inoculables et sont transmissibles aux nourrices de façon à reproduire tous les accidents de la diathèse syphilitifpie.

La syphilis viscérale héréditaire des nouveau-nés est toujours mortelle.

La plus grave des formes de la syq)hilis congénitale est le coryza qui, par sou intensité, empêche l’allaitement et peut occasionner la mort.

Quand la syphilis héréditaire des enfants ne se manifeste que par des syphilides cutanées,

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il est facile de la guérir par des moyens appropriés.

Thérapeutique. — Contre la syphilis du nouveauné il faut donner aux enfants du protoiodure de mercure ou du sublimé corrosif à l’intérieur et des bains de sublimé.

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les remèdeS; parce qu’on sait exactement la dose de médicament que l’on fait prendre.

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