‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 650 sur 731 · TANN · texte numérisé non relu

TANN

un vomitif, ou, si le bourdonnet était avalé depuis longtemps , un purgatif.

Lorsqu’on n’a pas de sonde de Belloc, une sonde de gomme à l’œil de laquelle est fixé un fil comme sur la sonde de Belloc, dans laquelle est passé un mandrin courbe, peut servir pour introduire le fil qui doit supporter les bourdonnets de cbarpie postérieur. La sonde est conduite jusque dans l’arrièrecavité des fosses nasales ; on retire le mandrin en poussant la sonde, dont le bout se recourbe dans la bouche comme la sonde de Belloc (Bertherand), et l’on termine le tamponnement comme avec l’instrument de Belloc. — Un condom introduit vide dans les fosses nasales et distendu avec de l’air (Miquel d’Amboise) ; — le rhynobion, composé d’un tube à l’extrémité duquel est fixé une petite vessie qui est introduite vide et que l’on distend avec de l’air (Martin Saint- Ange), sont des procédés analogues aux pelotes à air de Gariel, et qu’on peut employer à défaut de ces dernières.

Tamponnement du vagin. V. AGGOUCHE- MEINT, DÉLIVRANGE (HÉMORRHAGIE GOMPLI- QUANT la).

TAT«. Écorce de chêne finement broyée, employée pour le tannage des peaux, et dont on se sert en thérapeutique pour faire une décoction (30 grammes par litre d’eau), utilisée en irrigations vaginales, contre la leucorrhée El.

TAiKAisiE (Herbe aux vers). Plante de la famille des synanthérées, dont les fleurs, très-aromatiques et amères, se donnent comme antispasmodique et comme vermifuge.

On les administre : en poudre, 2 à fi grammes dans du miel ou dans du pain azyme ; — en infusion, fi à 8 grammes par litre d’eau, et contre les oxyures du rectum, — en lavement, à la dose de 15 à 30 grammes par litre d’eau El. La tanaisie se prescrit également contre l’hystérie et dans la goutte □.

TAIXIVATES. Sels que l’on produit avec le tannin ou acide tannique, et les bases solidifiables.

On a préparé un tannate de fer contre la chlorose El ; — un tannate de quinine contre les fièvres El , — un tannate de plomb pour sécher les plaies El ; — un tannate de zinc pour collyre astringent El: — un tannate de bismuth contre la diarrhée El, mais ces remèdes ne valent pas ceux auxquels on voudrait les substituer.

TABJA’E. Petite tumeur formée par l’accumulation de la matière sébacée dans les folli- • cules de la peau ou à la racine des poils.

11 suffit d’une pression bien faite pour évacuer l’humeur sébacée des tannes et faire à jamais disparaître les tannes.

Quand les tannes sont trop volumineuses pour être guéries par une simple pression, il faut les inciser au sommet et presser leur contenu au dehors. T. Kystes séragês.

TAl^ATÎV. V. AGIDE TANNIQUE.

TART lfil3

TAPIOCA. Fécule du manioc. V. ce mot.

TAREA'TiSjME. Névrose mentale, convulsive, sporadique ou épidémique, engendrée par la piqûre de la tarentule ou d’un insecte quelconque et même sans piqûre d’aucun animal par la seule influence de l’imitation.

Le tarentisme est une névrose épidémique du XV® et du xvi® siècle, aujourd’hui inconnue, caractérisée , soit par une tristesse et une mélancolie profondes, soit par une irrésistible envie de danser, facilement satisfaite et poussée jusqu’à l’épuisement.

TARTRATES. Sels engendrés par l’union de l’acide tartrique avec les bases. Plusieurs ont une grande importance thérapeutique. Ce sont :

1“ Les tartrates de fer; comprenant le tartrate de protoxyde de fer, insoluble, puis le tartrate dé peroxyde de fer très-soluble; le tarlrate ammoniacal soluble, employé dans la chlorose, compliquée d’hystérie, à la dose de 50 centigrammes à fi grammes (Boinet) El, et enfin le tartrate de fer et dépotasse, également solivble. Viennent ensuite : le tartre chalybé, et il sert à préparer la teinture de Mars tartarisée, qui se prescrit dans la chlorose, à la dose de 1 à fi grammes El; V extrait de Mars, employé dans les mêmes circonstances, etc.

2". Les tartrates de potasse, comprenant le tartrate acide ou bitartrate de potasse, ou encore crème de tartre, peu soluble, jadis employée à R ou 10 grammes par jour comme acide rafraîchissant, chez les personnes constipées El, et à 30 grammes comme purgatif El. Pour en augmenter la solubilité on y ajoute une partie d’acide borique pour fi parties de sel, ce qui forme la crème de tartre soluble, préférable à l’autre. Il y a en outre le tartrate neutre de potasse, très - soluble, quelcpefois employé comme purgatif, à la dose de 20 à 30 grammes.

3° Le tartrate de potasse et d’antimoine ou émétique. V. ce mot.

fi“ Le tcirtrate de potasse et de cuivre ou cupro-potassique, ou liqueur de Barreswil. Cette préparation n’est employée en médecine qu’à titre de réactif de l’urine pour reconnaître la glycosurie ou diabète. Dans ce but on fait bouillir dans un tube trois parties de tartrate pour une partie d’urine, et s’il y a dépôt immédiat d’oxyde de cuivre rouge ou jaune, c’est ■ que l’urine renferme du sucre.

5“ Le tartrate de potasse et de soude ou sel de Seiynette, jadis très-employé en solution dans ta limonade comme purgatif, à la dose de 30 grammes.

TARTRE DEATAIBE. Dépôt phosphatique jaunâtre plus ou moins dur, de la couronne des dents, pouvant s’étendre à leur surface et enflammer les gencives. Il suffit de se nettoyer les dents I tous les jours avec une brosse pour l’empêcher

TEIG

de se produire, et s’il existe on l’enlève avec la pointe d’une langue de carpe. V. Dents.

TATOiiACE (Accidents du). Le tatouage, habitude vulgaire, originaire d’Orient, répandue encore dans le peuple et chez les matelots, a pour effet de produire des cicatrices colorées, par la piqûre de la peau qu’on recouvre ensuite de matière colorante.

Ce n’est pas impunément que des corps étrangers colorés, encre de dessin, carmin, bleu de Prusse, poudre à canon, vermillon ou autres substances colorantes, sont introduites dans la peau. Les ganglions lymphatiques contiennent de ces matières colorantes qui y ont été amenées par absorption, et il y a des engorgements ganglionnaires consécutifs. Les plaies faites pour le tatouage avec des aiguilles peuvent être l’occasion d’érysipèle, d’angioleucite et d’adénites (Butin, E. Berchon) (V. Cicatrices colorées).

Il y a quelquefois des accidents septiques qui sont dus à l’usage d’instruments sales et qui peuvent causer des gangrènes locales qui ont exigé l’amputation et ont été parfois suivies d’infection purulente (E. Berchon).

TAXIS. V. Hernies.

TEIGXES. Les maladies du cuir chevelu, qu’entretiennent la présence de parasites végétaux, tels quel’AcAonon Schœnleinii (fig. 5ù7, 5^i8, 5û9), le Tricophyton tonsurans {üg. 550 et 554) et le Microsporon furfur, sont des teignes ayant chacune son aspect différent.

Les teignes sont généralement décrites sous les noms de Porrigo favosa, et de Porrigo decalvans. V. ces mots.

Il y a quatre espèces de teignes, la faveuse, la tonsurante, la décalvante et Vachromafeuse, et elles sont d’un aspect tellement différent qu’il est impossible de les confondre (Bazin.)

\ ° Teigne favense OU Favus. Des godelS jaunâtres, infects, plus ou moins larges, formés d’une matière solide et friable, reposant sur le cuir chevelu érodé, au milieu de cheveux décolorés, amaigris, se réunissant quelquefois les uns aux autres, pour former de larges plaques terreuses et entraînant à la longue une alopécie définitive, caractérisent la teigne faveuse.

2° Teigne tondante. Une surface arrondie, noirâtre, plus ou moins chagrinée sür un point du cuir chevelu, entièrement dépouillé de cheveux, comme par la tonsure, pouvant durer très-longtemps, mais n’amenant jamais la calvitie, caractérise la teigne tondante.

3" et h° Teigne décalvante et achroniatense. Quand on voit les cheveux tomber sur différents points sans aucune maladie du cuir che\elu, et que la peau du crâne reste glabre, lisse et brillante, on doit reconnaître la teigne décaluante ou pelade, et si on ne l’arrête pas à temps, il en résulte une alopécie définitive, Lors-

TEIG

qu’en même temps la peau est décolorée ’ la teigne achroma terne. ' > c est

Fig. 545, — Cheveu de fàvus , vu a un grossissement de 30Ü diamètres (Bazin). — 1. Racine du cheveu, dépourvu de sa capsule; — 2. Renflement de l'a partie supérieure de sa capsule.

— 3. Bouton couvert de cryptogames. — 4. Fibres longitudiSalés de la tige et spores dans les intervalles, — 5. Sporiiles isolées .

' sur la partie moyenne et les bords de la tige. — 6. Petit groupe de spores sur le renflement dé la souche, — 7. Spornlés sur le bouton.

Fig. 546. — Cheveu de pelade opbiasique (Bazin). — 1, Partie intérieure de la tige. — 2. Racine du cheveu dépouillée de sa capsule. — 3, Renflement sphéroïdalde .la partie inférieure de la tige, formé par la dilatation et l’incurvation des fibres. longitudinales entre lesquelles on aperçoit des spores. — 4. Ffetit groupe .de spores sur un des côtés de la tige. — 5. Rupture des fibres longitudinàles sür un point du renflement splié'roïdal de la tige.

— 6. Spores du renflement de la tige.

Toutes les teignes sont contagieuses et

Fig. 547. — Parcelle de favus montrant des spores, des tubes sporulaires, des sporidiea et des granules (Bazin). — 1,1. Sporules réunies. — 3, 3, 3. Tubes sporulaires. — U. Spmrnles formant un filament. — 5, 6. Filaments tubuleux réunis.

transmissibles, à l’aide des semences invisibles

grisâtre, cassant, par suite de son contact avec le parasite.

de VAchorion, du Tricophyton et du Microsporon furfw\ apportées par le contact d’un objet sali ou par un courant d’air atmosphérique.

La teigne tondante n’est pas autre chose

Fig. 548. — ïarcelle de poussière faveuse, vue au microscope (Bazin). — 1, 1. Sporules isolées. — 2, 2. Sporules en chapelet, — 3. Tube formé de sporules réunies bout à bout.

que Vherpes tonsurans ordinaire de la peau, placé sur le cuir chevelu, où il coupe les cheveux au" niveau du derme comme dans une tonsure circulaire faite avec le rasoir.

cheveux brisés de l’herpès tonsurantj vue àu miçroseopé. — 1. Sporules isolées. — 2. Sporules réunffis. — 3, 3. Tubes vides; ~ 4. Tube sporulaire.

La teigne faveùse, beaucoup plus que la tondante ou la décalvante, produit sur la tête dés

Fig. 551 . — Pod du menton dans la dernière période Je la teigne tonsurante (Bazin). — 1. Rupture de l’extrémité supérieure. — 2. Rupture de l’extrémité inférieure. — 3,3,3. Tunique épidermique. — 4. Gaine ou enveloppe sporulaire de la tige. — 5, 5. Chaîne de spores triehophytes.

Fig. 552. — Poil du menton extrait de la eîreonférenee de plaques herpétiques (Bazin). — 1 et 2. Partie intérieure de la tige et racine du poil dépourvu de sa capsule. — 3. Stries tinnsverses. — 4. Rentlement napiforme de la souche. — 5, 5 Rupture des fibres incurvées sur les bords du renfiement radiculaire. — 6. Partie centrale on médullaire de la tige. — 7,7. Rupture du poil auprès du bouton de la racine.

éruptions secondaires d’impétigo ou d’eczéma,

Cheveu provenant de parties atteintes de favus Commencement de la tige. — 2. Souche. — . Fibres longitudinales entre lesquelles existent . Stries transveises. — 6. Sporules sur la souche.

Dans les teignes il y a toujours maladie seau, qui est érodée ou ulcérée avec

1416 TEIG

dont les sécrétions s’altèrent, et forment des croûtes plus ou moins épaisses, à l’état de plaques irrégulières ou de petits grains situés à la racine des clieveux.

Les poux sont les compagnons ordinaires du favus ou teigne faveme.

L’impétigo et l’eczéma du cuir chevelu sont souvent les causes de la teigne en servant de gangue au développement des parasites qui pénètrent plus tard dans les follicules pileux et dans les poils.

Le pityriasis produit quelquefois sur la

Fig. 553. — Parcelle de crasse parasitaire, extraite d'un pityriasis versicolor datant de dix ans, et vierge de tout traitement (Bazin). — Cellules épithéliales. — 2. Spores de l’épidermopbyton. — 3. Chaînes de spores. — 4. Tubes et spores aux extrémités. — 5. Tubes sans spores.

Fig. 554. — Cheveu extrait d’une plaque de teigne tonsurante (Bazin). — 4. Tige du cheveu. — 2. Extrémité supérieure rompue. — 3. Extrémité inférieure cassée au niveau de la peau. — 4. Fibres longitudinales écartées et brisées. — 5. Spores infiltrant la tige.

peau des sécrétions dans lesquelles germent des spores et des tubes d’épidermophyton.

La teigne faveuse et les éruptions impétigiueuses qui l’accompagnent si souvent déterminent toujours un peu d’angiolencite et des adénites auriculaires ou occipitales.

Il faut plusieui-s mois et souvent plusieurs années pour guérir les différentes espèces de teigne.

La teigne tondante peut guérir seule sans produire d’alopécie, mais le favus et la teigne décalvanle ne cessent de faire des progrès tant qu’il y a des cheveux sur la tête, et ils ne guérissent qu’en produisant la destruction des follicules pileux et la chute définitive des poils.

T/.éi-apeiitiqiæ. — Contre les teignes il n’y a qu’un bon moyen à employer pour les guérir et pour conserver les cbeveui^ c’est l’épilation par la calotte, moyen abandonné ÇW. C.4lotte), Vépilntion avec les

TEIG

doigts (procédé des frères Mahon) et Vépilation avec une pince, accompagnée de lotions parasiticides.

On pratique l'épilation à l’aide de la calotte, en coupant les cheveux avec des ciseaux et en appliquant sur les parties malades des bandelettes de toile agglutinative qu’on retire au bout de quinze jours en arrachant les cheveux; mais ce moyen, très-efficace, est pareillement douloureux, et l’on ne doit le mettre en usage qu’en ayant recours à l’anesthésie chloroformique.

Pour pratiquer Vépilation avec les doigts, on coupc les cheveux et l’on frotte le cr<âne avec une poudre de chaux et de charbon (V. le Formulaike). On arrache les cheveux dans le sens de leur insertion, en ayant soin de graisser ensuite le cuir chevelu avec de l’axonge.

U épilation avec la pince (Bazin) se fait lentement par degrés en arrachant les cheveux malades, selon leur insertion sur le cuir chevelu, dans une étendue de 1 centimètre qu’on lave avec une solution de sublimé au centième, et l’on recommence ensuite à épiler jusqu’à ce qu’on ait dégarni une surface de 5 centimètres toutes les parties malades. Chaque jour on graisse la tête et l’on épile de la même manière. Au bout d’un mois, on recommence, l’opération sur les poils follets qui reparaissent à l’endroit épilé.

Pour bien faire l’épilation, il faut d’abord couper les cheveux ras avec des ciseaux.

Dans la teigne faveuse, l’épilation se fait assez facilement, les cheveux malades ayant conservé une certaine longueur ; mais, dans la teigne tondante, les cheveux étant coupés par la maladie à la surface de la peau du crâne, il est plus difficile de les prendre avec des pinces. Il en est de même dans la teigne décalvante, où il n’y a que du poil follet sur les parties dégarnies. Cependant, malgré ces difficultés, l’épilation est encore le meilleur moyen à mettre en usage. — Dans ces deux derniers cas, il est d’une exécution plus difficile, mais, avec de l’adresse, on peut l’employer avec succès.

Si la peau du crâne enflammée était trop douloureuse, il faudrait y appliquer tous les jours de l’huile de cade et attendre une semaine avant d’épiler.

Les lotions parasiticides combinées avec l’épilation, sont nécessaires pour agir sur Tintérieur des follicules pileux, dont on vient d’arracher le poil afin de détruire le parasite et de l’empêcher de reparaître sur les nouveaux cheveux.

Les impétigos et les eczémas du cuir chevelu qui simulent la teigne, se guérissent très-bien sans épilation par les applications quotidiennes de goudron végétal pur ou de pommades et de glycérolés au goudron.

On guérit quelquefois la teigne par des applications topiques sans épilation. Ce sont des moyens empiriques indiqués dans le formulaire ci -joint et dans l’article Par.asitisme.

Page 1