TRIC TRIG
de son développement, la trichine s’enroule sur intestins et dure jusqu’au huitième ou douelle-même et, autour d’elle il se forme uu petit zième jour, c’est-'a-àre jusqu’au moment où kyste d’isolement recouvert du sarcolemme elles en sont expulsées ; alors la langue est sale, épaissi, ce qui produit au centre une masse et dans les cas graves il y a de la fièvre, des transparente globuleuse (fig. 567) avec deux nausées et des vomissements, appendices opaques au-dessus et au-dessous Quand les trichines ont quitté l’intestin
(fig. 566 et 567) qui peuvent manquer. et que leurs embryons ont pénétré dans les vais-
Si les trichines se développent en très- seaux et dans les muscles, ce qui dure ({uatre à grand nombre il en résulte des accidents locaux cinq septaines, il y a de la lassitude et des friset généraux très-graves de trichinose (V. ce sons bientôt suivis de douleurs dans les memmot) qui peuvent entraîner la mort. bres et d’œdème de la face et des paupières.
THiCMlKOSiE. Maladie occasionnée par la Les douleurs musculaires de la trichinose
présence d’un entozoaire parasite, le Trichina sont telles que tout mouvement est presque ims'piralis (V. TRICHINE)’, dans les muscles (W. possible, et qu’il y a de la contracture ou plus Barin, Rupprecht, Bœhler, Kestner). Elle a été tard une demi-paralysie, surtout observée dans toutes les principautés *,j,*Dans la tiichinose, l’œdème delà face et de l’Allemagne et a fait périr un très-grand des diverses parties du corps apparaît en génénombre de personnes. ral vers le dixième jour, et très-souvent il est
*** La trichinose est le résultat de l’alimen- borné à un seul membre.
tation par de la viande de porc crue ou à peine L’incubation de la trichinose est de deux
cuite et remplie de trichines (fig. 569). heures à quatre semaines.
Des vomissements et de la diarrhée au Deux guérisons durables de trichinose
début, des douleurs sui generis et caractéris- ont eu lieu par suite de vomissements survenus tiques dans les muscles fléchisseurs des extré- immédiatement après l’ingestion de la chair emmités, des sueurs abondantes et répétées, de poisonnée. A cet égard, le jeune âge exerce une l’insomnie, pouls faible et plus fréquent qu’à influence favorable.
l’état normal, des douleurs névralgiques irèî- La sueur accompagne quelquefois la tri-
intenses du plexus cœliaque et mésaraïque et chinose, et si elle est très -abondante il en réune douleur constante à la région épigastrique suite une véritable miliaire, caractérisent la trichinose. A la dernière période de la trichinose, si
Une oppression intense, de véritables les malades doivent guérir, vers le vingt ou quaaccès de dyspnée survenant la nuit vers la troi- rantième jour, tous les symptômes s’affaiblis sième ou la cinquième semaine dans les cas sent, mais les malades restent faibles, a’oattus, graves, suivis d’un marasme profond, moutreut un peu œdématiés, anémiques, avec des bruits alors une grande quautité de trichines infiltrées de souffle dans les vaisseaux, et leurs cheveux dans les muscles de la respiration, surtout tombent pour repousser plus tard, dans le diaphragme. Si les malades atteints de trichinose doi-
La diarrhée aqueuse, avec quelques taches veut succomber, iis présentent des symptômes de sang et des coliques, accompagne presque graves, semblables à ceux de la fièvre tjqthoïde toujours l'introduction des trichines dans les etcaractériséspar du gargouillement abdominal,
des coliques, de la diarrhée, du délire, des contractures, des soubresauts de tendons et un coma plus ou moins prononcé, précurseur de la mort.
Chez les malades qui succombent à la trichinose, avec la diarrhée, il y a seulement rougeur de la muqueuse intestinale, mais pas d’ulcération des plaques de Peyer.
Thérapeutique. — La thérapeutique de la trichinose est prophylactique et pharmaceutique.
A. Pour se préserver de la trichinose il ne faut jamais manger de porc cru, car les trichines introduites dans les voies digestives s’y développent et y jettent des embryons qui passent dans les muscles.
Si la viande de porc renferme des trichines on peut la manger après l’avoir fait bouillir à 80 degrés, ce qui entraîne la mort de tous les parasites.
B. Traitement curatif. — Le traitement de la trichinose est basé sur deux indications : 1° détruire et expulser les trichines intestinales ; 2“ détruire les trichines une fois qu’elles ont pénétré dans les muscles.
La médication évacuante est le moyen le plus rationnel de remplir la première indication. Elle doit être mise encore en usage, suivant Kestner, alors même que la présence prolongée des parasites dans l’intestin aurait déterminé une entérite diarrhéique. Plusieurs médecins ont associé aux évacuants les vermifuges proprement dits, tels que la santonine, l’écorce de grenadier, l’extrait de fougère mâle, etc. Voici le mode de traitement qui est préconisé par M. Kûchenmeister : le premier jour, calomel et jalap; le lendemain, poudre de jalap et poudre dé fougère mâle, de chacune 2 à 8 grammes; répéter la même dose une fois encore si elle n’a pas produit un effet purgatif suffisant, et administrer ensuite la térébenthine de Venise plusieurs fois par jour.
Le camphre, le sublimé, le soufre, le phosphore, l’oxyde de cuivre, ont été préconisés par les uns, rejetés par les autres, sans qu’il soit possible jusqu’à présent de se prononcer sur leur utilité respective. .
Le picronitrate de potasse, qui pendant un certain temps a passé en Allemagne pour le meilleur remède contre les trichines, a été reconnu depuis inefficace.
. Il en a été de même de la glycérine, qui a été recommandée tout récemment. Rodet a expérimenté la glycérine sur des cochons d’Inde et sur des lapins infectés de trichines, et il n’en a obtenu aucun effet. L’eau ne tue les trichines qu’à 100 degrés.
D’après le professeur Mosler :
L’huile rectifiée de térébenthine ne tue pas les trichines musculaires après trente heures d’immersion. Elles ne résistent point au chloroforme pur audelà de cinq heures.
Elles .ont été trouvées vivantes dans la solution arsenicale de Fowler au bout de trente heures. Elles vivent au delà de quarante-huit heures dans un mélange de santonine, 2 grammes, huile de ricin et huile d’olive, de chacun 8 grammes.
L’extrait de fougère mâle à 4 grammes, avec gomme arabiquè et eau distillée, de chacune 15 gr., ne les tue point dans l’espace de trente heures.
Une forte décoction d’écorce de gi-enadier, 8 gr. sur 15 grammes d’eau, donne le même içésultat.
Dans l’iodure de potassium, 2 grammes sur 30 gr. d’eau, les trichines vivent après trente heures.
Dans une solution de carbonate de potasse, 8 gr.
sur 30 grammes d’eau distillée, elles avaient cessé de vivre au bout de vingt heures.
Une solution concentrée de chlorure de sodium tuerait les trichines au bout d’un quart d’heure d’après Golberg, au bout d’une à deux heures d’après Rupprecht.
Le bichlorure de mercure ne les a tuées, sous les yeux de Rodet, qu’au bout de dix-huit heures d’immersion ; le vin aromatique, au bout de vingttrois heures; le perchlorure de fer, seize heures après. L’huile d’olive lui a semblé les faire mourir assez rapidement.
Elles résistent longtemps encore à la putréfaction : Rodet les a trouvées bien vivantes chez un lapin qui était mort depuis sept jours et dont les chairs, qui avaient été exposées à une haute température, tombaient en déliquescence. Enfin l’électricité, que Rodet a essayée, n’a pu les faire périr.
Dans ces derniers temps , Mosler a fortement préconisé la benzine, 4 à 8 grammes, contre les trichines musculaires et les trichines intestinales. Rodet a répété quelques-unes des expériences, et le résultat a, dit-il, dépassé son attente.
Il a fait avaler à un lapin infecté de la veille,
20 centigrammes de benzine en capsule, et il a élevé la dose dè 20 centigrammes chaque jour. Bientôt une diarrhée intense est survenue, puis des vertiges, des troubles dans la marche se sont montrés chaque fois qu’il lui a fait avaler la benzine. L’animal est mort le neuvième jour. L’autopsie ne lui a pas permis de retrouver la moindre trichine, soit dans le tube intestinal, soit dans les muscles.
Plus tard il a donné de la benzine à un chat depuis la dose de 50 centigrammes à 1 gramme 20 centigr. L’animal a été sacrifié treize jours après le début de * l’ingestion de la viande trichinisée, et à l’autopsie on n’a pu retrouver aucune trichine dans son corps.
Rodet pense qu’il y aurait lieu de multiplier les expériencee avant de se prononcer sur la valeur de cet agent. Quant à lui, il n’hésiterait pas, dit-il, au début de la trichinose, à recourir tout de suite à la benzine, substance qui jusqu’ici lui semble avoir le mieux réussi.
Pour ce qui est de la deuxième indication ou du traitement de la deuxième période dite musculaire, on ne connaît jusqu’ici aucun remède qui ait donné de bons résultats ; l’arsenic, le cuivre, le phosphore, le soufre, le mercure, le camphre, le picronitrate de potasse, ont été tour à tour vantés, puis abandonnés. La benzine elle-même, qui a donné de bons résultats contre les trichines intestinales , a échoué contre les trichines musculaires. Rodet n’en a obtenu aucun bon résultat dans tous les essais qu’il a tentés. Chez un lapin porteur de trichines depuis dix-neuf jours
Iet chez lequel les kystes n’étaient pas encore formés, il a donné la benzine depuis 30 centigrammes jusqu’à 1 gramme 20 centigrammes, la plus forte dose qu’il ait pu lui faire absorber. Au bout de trente-deux jours l’animal a été sacrifié et l’autopsie a révélé de nombreux kystes, tous bien formés, contenant des trichines parfaitement vivantes.
Dans la troisième période enfin, le traitement n’offre d’autre indication que celle des toniques, des ferrugineux, d’une bonne nourriture et de l’exercice, qui seuls pourront, dit Rodet, donner (au malade les forces dont il a besoin pour traverser la longue convalescence dans laquelle il va entrer.
trichocëphjlLE. Entozoaire nématoïde, long de 4 à 6 centimètres, épais vers la queue et mince comme un cheveu du côté de la tête. Il est très-commun dans le cæcum de l’homme bien portant, et il n’est guère d’individus dans les excréments duquel on ne trouve des œufs de cet helminthe.
Fig. 570. — Trichooépliale dispar.
Le développement accidentel de nombreux trichocéphales est quelquefois la cause d’une sorte de fièvre muqueuse, accompagnée de symptômes typhoïdes, et que pour ce motif on a appelé fièvre vermineuse.
Les affections inflammatoires de l’intestin et la fièvre typhoïde favorisent le développement des trichocéphales. V. Parasitisme.
Quelques malades atteints d’entérite chronique rendent par l’anus des trichocéphales en très-grand nombre au moment de la défécation, absolument comme d’autres rendent des oxyures.
Thérapeutique. — Contre les trichocéphales, il faut administrer la santonine, le calomel, et faire prendre des lavements d’acide phénique au deux-millième.
TRiCHO]HO]\’ADE. Entozoaire infusoire trouvé par M. Donné, dans le pus vaginal de
,Fig. 571. — Trichomonade du vagin.
certaines leucorrhées, et particulièrement de la blennorrhagie. Ces infusoires ont un corps glo-