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%* Le typhus est la maladie des camps, des prisons trop remplies et des villes assiégées.
Le typhus épidémique est à la fièvre typhoïde ce que le choléra asiatique est au choléra sporadique, c’est-à-dire ce qu’est l’espèce comparée à l’une de ses variétés.
Des malaises, de la céphalalgie , des épistaxis, de la surdité, de la stupeur et du délire, de l’inappétence, de la diarrhée ou de la constipation, quelquefois du météorisme, des taches lenticulaires sur le ventre et sur tout le corps, des pétéchies et une fièvre vive, souvent rémittente, sans lésions intestinales, tels sont les symptômes du typhus, très-analogues comme on voit avec ceux de la fièvre typhoïde.
Comme la fièvre typhoïde, le typhus a une forme inflammatoire, bilieuse, adynamique et ataxique.
Dans le typhus, les taches lenticulaires, rosées, ainsi que les pétéchies, sont plus nombreuses et plus généralisées que dans la fièvre typhoïde.
L’hypertrophie et l’ulcération des plaques de Peyer et des follicules de Brunner, qui existent presque toujours dans la fièvre typhoïde, manquent souvent, au contraire, dans le typhus, mais sauf cette différence anatomique, les symptômes de ces deux maladies sont presque entièrement semblables.
Il y a des fièvres typhoïdes sidérantes^ qui tuent les malades en cinq ou six jours sans qu’aucune lésion anatomique révèle la cause de la mort, et ces cas ressemblent entièrement au typhus épidémique sidérant qui emporte les malades au bout de quelques jours.
S’il est rare d’avoir deux fois la fièvre typhoïde, ce malheur est possible et il en est de même du typhus et des autres maladies contagieuses ou infecto-contagieuses.
Le typhus est une maladie protéiforme, qui se présente sous des aspects diff^érents, suivant les circonstances, selon les climats et les locaütés ; ainsi, dans les camps, dans les prisons, c’est le vrai typhus ; en Amérique et sur le littoral, c’est le typhus jaune; dans les grandes villes, c’est la fièvre typhoïde ou typhus dégénéré.
La fièvre typhoïde est au typhus ce que la varioloïde et la varicelle sont à la variole, ce que les éruptions scarlatiniformes sont à la scarlatine, et c’est ce que la roséole est à la rougeole véritable.
Il est évident, si l’on en juge par les conditions de développement du typhus, que cette maladie résulte d’un poison miasmatique engendi’é par l’encombrement des êtres humains, et qu’une fois formé, ce poison transmis par l’air devient la source d’une infecto-contagion très-grave.
Le typhus est à ce point contagieux, que
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des effets transportés à 2000 lieues de distance peuvent engendrer de nouveau le typhus.
Des régiments français décimés par le typhus en Crimée sont rentrés en France n’ayant plus de malades depuis longtemps, et ont vu la maladie reparaître après leur arrivée à Paris sous l’influence du déballage de leurs effets.
Thérapeutique. — Avant toute chose on doit arrêter la propagation du typhus et pour cela éviter l’en- ’ combrement et disperser les foyers épidémiques.
Au début du typhus un éméto-cathartique en arrête souvent les progrès.
Les toniques et les excitants doivent être la base du traitement du typhus.
Quand la fièvre du typhus est évidemment rémittente, il faut administrer le quinquina et le sulfate de quinine.
Les accidents nerveux du typhus doivent être combattus par le camphre, le musc, l’asa fœtida et l’opium donnés par la bouche ou en lavements.
De nombreux vésicatoires volants à la nuque, sut la poitrine et sur les membres ont été considérés comme étant de la plus grande utilité dans le typhus (Hildenbrandt).
Dans les cas ordinaires, les boissons acides et vineuses, les bains répétés, le quinquina, du bouillon etdespotages sont la meilleure médication du typhus.
ULCÉRATIOIV. Travail morbide qui a pour effet la gangrène moléculaire des tissus. C’est un mode de terminaison de l’inflammation dans/ lequel il se produit une liquéfaction des molécules organiques qui se résorbent ou qui se convertissent en pus et occasionnent des pertes de substance plus ou moins étendues.
ULCÈRES. Les ulcères sont des plaies en suppuration entretenues par une inflammation chronique arrêtant le travail réparateur de la cicatrisation.
On observe les ulcères chez des individus diathésiques, scorbutiques, dartreux, scrofuleux ou syphilitiques, et dont les fonctions languissent en vertu d’une mauvaise hygiène ou d’écarts de régime.
Les traumatismes et les inflammations extérieures, locales ou gangréneuses, sont souvé'nt suivies de la production d’ulcères, lorsque les plaies sont mal soignées.
Il y a des ulcères qui sont dus à un traumatisme, mais, dans ces cas mêmes, il y a une lésion de la peau et des vaisseaux qui explique la formation de l’ulcère, tels sont les ulcères variqueux.
Certains virus appliqués sur une plaie y déterminent un état particulier qui est l’état ulcéreux. V. Syphilis, Mousuues.
Les cancers donnent souvent lieu à des
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ulcères par le fait de leur accroissemeiil et de leur ramollissement.
Toutes les ulcérations procèdent d’un travail inflammatoire, qu’il y ait inflammation ulcérative (Dupuytren), gangrène moléculaire (Vidal, de Cassis) ou inflammation simple, on voit toujours un abcès, une plilyctène^ une ))Iaque gangréneuse ou une pustule avant la production d’un ulcère, ou bien les bords d’une plaie s’agrandissent, laissent suinter une sérosité louche, quelquefois fétide, et le fond prend une teinte grisâtre.
Tous les ulcères, au début, sont caractérisés par une solution de continuité irrégulière, à fond grisâtre, qui laisse suinter une sanie puriforme et qui n’est pas recouvert d,e bourgeons charnus.
C’est le défaut de soin et de précaution qui entretient la plupart des ulcères même spécifiques.
Les ulcères se compliquent : 1“ de phagédénisme (V. Chancre), c’est-à-dire d’extension de la solution de continuité, en largeur et en profondeur, avec suppurationsanieuseabondante et fétide ; 2“ de fongosités, c’est-à-dire l’infiltration, des bourgeons charnus qui végètent et se développent rapidement en donnant une suppuration abondante et des hémorrhagies ; 3° de callosités dues à une induration • de la peau sans doute sous l’influence de l’inflammation chronique de la peau (Boyer) ; 4° de cutite; 5° de l’éléphantiasis; 6° de sclérose; ce sont surtout les ulcères des jambes qui présentent ces deux complications; 7° de vers de mouches, seulement chez les individus qui ne se soignent pas et vivent dans la saleté.
Les ulcères non cancéreux ne causent d’engorgements ganglionnaires que quand ils sont enflammés ou irrités.
L’inflammation des ulcères est une poussée inflammatoire sur une partie atteinte d’inflammation chronique. Elle est caractérisée par des douleurs, de l’œdème, et elle cause des phlegmons et des angioleucites, des érysipèles et des cutites de voisinage.
Les ulcères atoniques sont dus à une altération de la santé générale, à un mauvais état des forces, et ils existent encore chez les individus atteints de quelque maladie aiguë septique grave avec fièvre.
Au point de vue thérapeutique on doit admettre que les ulcères sont dus à une cause locale ou à une cause générale.
Les ulcères de cause locale, simples, sont dus à une contusion, plaie ou brûlure sur une partie où la circulation se fait difficilement, ou à une inflammation chronique située profondément, et dans ces cas l’ulcère tend à se transformer en une fistule ; telles sont les ulcérations scrofuleuses consécutives à des plaies
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mal soignées, et les ulcérations consécutives à des maladies des os et du périoste. Les ulcères qui résultent de la rupture et de l’inflammation d’une varice sont des ulcères du même ordre. Les ulcères des jambes, des élépliauthiasiques, sont aussi des ulcères dus à une cause locale.
Les ulcères dus à une cause générale sont les ulcères nés à la suite d’un épanchement de sang suivi d’inflammatiou et.de gangrène de la peau, coïncidant avec un état général scorbutique ; tels sont les ulcères scorbutiques.
Il y a des ulcères dus à des sypbilides, à des éruptions scrofuleuses. V. Syphilis, Scrofule.
Les ulcères qui résultent de l’extension d’un chancre mou sont les ulcères dus à un virus qui a agi localement.
L’ulcère cancéreux et l’ulcère de l’esthiomène sont des ulcères spéciaux qui représentent une phase de la maladie cancéreuse.
Les ulcères de Mozambique, les ulcères des boutons d’Alep et de Biskra sont des ulcères simples ou syphilitiques chez des malades qui sont dans des conditions hygiéniques défavorables, conditions dans lesquelles la chaleur du climat, la poussière et la saleté sont un inconvénient contre lequel on ne peut se prémunir.
*^*Les ulcères longtemps restés stationnaires, quelque soit leur siège, peuventguérir après une inflammation violente. Ce n’est pas là le fait d’une dérivation. La guérison est due à une inflammation longtemps cherchée au moyen de topiques et que l’on produit sans le vouioir ou sans le savoir, et qui est plus complète que toutes celles que l’on avait tenté de provoquer. Un érysipèle, un phlegmon, détruisent une ulcération mieux que les topiques irritants : le seul qui se rapproche de Faction topique de ces inflammations est le vésicatoire.
Chez les individus qui portent des ulcères depuis longtemps, la suppuration est presque devenue une fonction, on ne la supprime pas impunément. Il y a des pneumonies graves, des congestions, des diarrhées chroniques qui n’ont pas d’autre cause que la suppression brusque d’un ulcère.
Les ulcères récidivent ou se reproduisent dans un point voisin. Les ulcères en voie de cicatrisation sont exposés à de nombreuses rechutes aux moindres excès, ou défaut de soin.
Thérapeutique. — Tous les ulcères de cause locale doivent être traités par une médication locale.
Ceux qui sont dus à une inflammation chronique locale ne réclament en fait de traitement général que des purgatifs légers et des tisanes amères.
Les ulcères liés à la diathèse scorbutique réclament le traitement général antiscorbutique, le régime tonique, les alcalins, le quinquina et Lhabitation dans un lieu sec (V. Scoebct), le traitement local des ixlcères et des topiques appropriés.
Les ulcères liés à la diathèse scrofuleuse récla-
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ment le traitement général antiscrofuleux (V . Scrofule) et des topiques appropriés.
Les ulcères liés à la syphilis réclament le traitement général de la syphilis et des topiques spéciaux unis au traitement local de l’ulcère.
Les ulcères cancéreux exigent le traitement du cancer.
Le traitement local d’un ulcère comporte deux indications principciles : atténuer les phénomènes inflammatoires du début et favoriser la cicatrisation.
Pour atteindre le premier but, les cataplasmes de farine de graine de lin, ou mieux les cataplasmes de fécule, sont les meilleurs moyens. Les bains ou les lotions avec Veau de guimauve, l’eau additionnée de moitié d’eau-de-vie camphrée, tous les jours, sont d’un bon usage pour les ulcères liés à une cause spécifique. On emploie quelquefois à la place de ces liquides d’autres topiques.
Lorsque l’ulcère commence à bourgeonner et à donner du pus louable, on panse avec les onguents, les emplâtres, les pommades ou les cérats. Ils ont pour but de faire cicatriser la plaie.
Lorsqu’on peut faire la compression, elle est toujours plus avantageuse que tous les topiques généralement en usage.
Pendant la période de cicatrisation des ulcères, on traite comme les plaies simples en voie de cicatrisation. V. Plaies.
Les malades doivent observer le repos absolu en gardant une position qui favorise la circulation, et ils devront éviter les refroidissements, les excès, car toute altération de la santé aggrave l’état local.
Lorsque les ulcères s’enflamment, on revient à l’application des cataplasmes de fécule. Ou applique quelquefois avec succès un vésicatoire sur l’ulcère. (Thémison). Les badigeonnages avec la teinture d’iode sont moins douloureux et produisent presque autant d’effet. Les lotions avec l’eau et l’eau-de-vie camphrée sont bonnes. Il en est de même des lotions avec le chlorate de potasse. Ces derniers moyens permettent en même temps l’usage des cataplasmes. Le même traitement sera employé s’il y aune cutite. Les mouchetures autour de l’ulcère sont parfois utiles. Les érysipèles et les phlegmons seront traités par les moyens appropriés. V. Cutite, Angio-