CÉSARIENNE
— Pendant le travail : Si l’enfant est vivant et resté en place, on applique le forceps tandis qu’un aide, pressant sur la paroi abdominale, maintient l’enfant en place dans l’utérus; si le bassin est rétréci, l’opération césarienne est indiquée. — Si l'enfant est en partie hors de l'utérus, il est encore indiqué de l’extraire par le vagin, la main introduite dans l’utérus va chercher les pieds du fœtus. Si une partie de celui-ci est étranglée par la plaie de l’utérus, on essayera de dilater cette plaie avec les doigts, et l’on tirera dans l'intervalle des contractions. — Si l'enfant est entièrement dans le ventre, on introduira la main dans l’utérus, on se rendra compte de la déchirure ; si l’on sent les pieds du fœtus à travers l’ouverture et si celle-ci est large, on attirera le fœtus et l’on cherchera à l’amener dans la cavité utérine ; le placenta et les caillots passés dans la cavité abdominale seront extraits de la même façon. Si la déchirure de l’utérus était très-rétrécie, et si l’on ne pouvait saisir le fœtus, l’opération césarienne serait indiquée. S’il y a un rétrécissement du bassin et si le fœtus mort ne peut passer, on fera la céphalotripsie et l’embryotomie ; mais si le fœtus est vivant il vaut mieux recourir d’emblée à l’opération césarienne.
Utérus (Tubercules de l’). (Lisfranc, Pégot. ) Il se développe dans l’utérus des tubercules qui siègent : dans l’épaisseur de la muqueuse, sous le péritoine, et rarement d’emblée dans la couche musculaire de cet organe. V. Tubercules.
Il est rare que les tubercules de l’utérus existent dans l’utérus, sans qu’il y en ait dans les trompes ou dans les ovaires et sans qu’il y en ait en même temps, soit dans les poumons, soit dans le péritoine.
Lorsque chez une malade qui présente les signes de tuberculisation pulmonaire, il y a conservation des règles et des pertes avec un écoulement blanc, il est possible qu’il y ait des tubercules de l’utérus. Si le toucher indique qu’il y a un engorgement de l’utérus, si avec le spéculum on reconnaît un écoulement dé pus mêlé à des grumeaux blanchâtres (Pégot, Ecole anglaise), s’il y a une ascite, ou une péritonite circonscrite limitée au petit bassin, le diagnostic a quelque certitude de plus. Mais on ne peut être absolument sûr que s’il y a en même temps des tubercules pulmonaires.
Les tubercules de l’utérus, comme le
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cancer du corps de cet organe, peuvent être cause de suppuration ou de destruction de l’ulérus; seulement lorsqu’il s’agit d’un cancer, les produits rejetés par l’utérus ont toujours une mauvaise odeur, et c’est là un signe de diagnostic différentiel.
Les corps fibreux de l’utérus compliqués d’ascite, et ne s’accompagnant pas d’hémorrhagies, ne peuvent pas être confondus avec les tubercules de cet organe, car on sent une tumeur dure développée sur l’utérus qui manque quand il s’agit de tubercules.
Thérapeutiqiæ. — Il n’y a pas de traitement local contre les tubercules de l’utérus, les cataplasmes laudanisés sur le ventre ; les injections vaginales d’eau de morelle, sont des moyens palliatifs. Si une ascite complique la tuberculisation utérine, on fera la paracentèse de l’abdomen.
Le traitement général de la tuberculisation sera appliqué. V. Phthisie et Tüberculose.
Utérus (Ulcération du col de l’). V. mé-
TRITÈDOCOL.
UVA. URSI OU RAISIN R’OURS. Plante de la famille des éricinées dont les feuilles semblables à celles du buis se donnent comme diurétiques, à la dose de 10 à ZiO grammes en infusion contre la cystite chronique |T] et le cancer de la vessie □.
VACCIN. Virus produit chez l’homme par l’inoculation de la picote des vaches ou cowpox, et dont les générations successives servant à faire des inoculations préservatrices de la variole sont connues sous le nom de vaccine.
Le vaccin hominal résultant des inoculations faites chez l’homme avec du cowpox ayant paru s’affaiblir ou s’altérer, on a imaginé de se servir du vaccin animal (Negri, James, Lanoix), c’est-à-dire d’un vaccin produit par les inoculations successives du cowpox à des génisses.
Pour avoir du vaccin animal, on prend des génisses auxquelles on rase le pli inguinal jusqu’au mamelon, et là, par de nombreuses incisions, on inocule le cowpox qui, se produisant, fournit pendant huit jours du vaccin avec lequel on prépare une seconde génisse, puis une troisième, et ainsi de suite, afin d’avoir un vaccin toujours récent.
Le vaccin animal met plus de temps à se développer que le vaccin hominal, mais si l’on régénère assez fréquemment le vaccin avec du cowpox, on n’aura pas besoin d’entretenir des génisses vaccinifères.
VACCINE. L’inoculation à l’homme du vaccin, virus trouvé sur le pis de la vache, est le
VACG
meilleur remède spécifique et préservatif de la variole et constitue la vaccine.
Jenner, qui a imaginé la vaccine, croyait que le vaccin n’était pas originaire de la vache et qu’il venait des eaux aux jambes du cheval, dont le virus était transmis aux trayons par les mains des servantes de ferme chargées de la traite.
Geux qui soignent les eaux aux jambes du cheval ont souvent sur les mains des pustules qui ressemblent à celles de la vaccine, et dont l’humeur inoculée au pis de la vache ou à l’homme reproduit la vaccine. (Jenner, Lafosse, Manoury. )
Qu’il vienne du cheval ou de la vache, il y a un agent spécifique de la variole, c’est le virus vaccin dont l’inoculation, suivie de succès, produit la vaccine.
La vaccine doit se pratiquer au troisième mois de la vie, au moyen de deux piqûres distantes d’un centimètre, faites sur chaque bras au niveau de l’insertion du muscle deltoïde avec une aiguille ou une lancette chargée de vaccin.
L’aiguille ou la lancette chargée des vaccin doit être enfoncée dans la direction d’une tangente au bras, et ne pénétrer qu’à 2 millimètres environ sous l’épiderme.
Le vaccin se prend sur le bras d’un enfant au cinq ou au septième jour de la vaccine ; sur une plaque de verre renfermant une goutte de vaccin desséché qu’on mouille; dans des tubes capillaires remplis de vaccin liquide ou sur le pis d’une vache ayant le cowpox naturel ou artificiel produit par inoculation.
Un bon moyen d’emporter le vaccin, c’est de tremper la pointe d’une aiguille ou d’une lancette dans une pustule de vaccine, de la laisser sécher et de s’en servir pour inoculer sous l’épiderme, comptant avec raison sur l’humidité des tissus pour détremper le virus desséché.
Le vaccin doit être conservé entre deux petites plaques de verre enveloppées d’une feuille de plomb, dans un tube capillaire fermé, à la lampe, en un mot, à i’abri de l’air et de la lumière.
Des croûtes vaccinales conservées dans de la glycérine peuvent servir à la vaccine quand on n’a pas mieux à employer.
Le vaccin doit être pur, recueilli du cinquième au septième jour de l’éruption vaccinale chez des enfants de bonne santé, et n’ayant aucune diathèse apparente ; car s’il provenait d’enfants syphilitiques, il pourrait transmettre la syphilis. V. Syphilis vaccinale.
Pour éviter d’avoir de mauvais vaccin, et surtout du vaccin syphiliti((ue, il ne faut vacciner qu’avec des enfants vaccinifères âgés de trois mois, car aloi's l’époque ordinaire de l’ap-
paritioii des symptômes de syphilis héréditaire est passée, et l’on a toute chance de puiser son vaccin sur un enfant sain,
\* Si l’on ne vaccinait pas si souvent avec des enfants de huit à quinze jours, il n’y aurait pas de syphilis vaccinale.
Du troisième au cinquième jour de la vaccine, apparaissent au bras des élevures qui se convertissent en pustules aplaties, blanchâtres, ombiliquées au centre, larges de 7 à 8 millimètres, entourées d’une large et douloureuse auréole inflammatoire, se desséchant du douzième au vingtième jour.
C’est une faute de faire trop d’inoculations à chaque bras, car de nombreuses piqûres, surtout si les enfants sont très-jeunes, provoquent une vive inflammation de la peau, l’engorgement des glandes de l’aisselle, des érysipèles ambulants fort graves, et même la résorption purulente.
La vaccine n’entraîne presque jamais d’accidents sérieux, et il faut, ou que les enfants soient trop jeunes, ou qu’ils aient subi de trop nombreuses inoculations, ou qu’ils soient à l’hôpital au moment d’une épidémie de fièvre puerpérale, pour que des complications ou la mort en soient la conséquence.
La vaccine, beaucoup plus active autrefois qu’elle ne l’est aujourd’hui, que le virus vaccin a perdu sa force par suite de ses générations successives, doit être pratiquée plusieurs fois dans le cours de la vie, à la naissance, à quinze et même trente ans. C’est ce qui constitue la revaccination.
Thérapeutique. — Jusqu’au sixième jour delà vaccine, les enfants peuvent sortir et ne rien changer à leurs habitudes, , mais lorsque les pustules vaccinales sont entourées d’une large auréole inflammatoire et provoquent la fièvre, le séjour dans l’appartement est absolument nécessaire.
Des cataplasmes de fécule, ou de mie de pain dans du lait peuvent être appliqués sur les pustules au moment où existe une forte inflammation d% voisinage et sans qu’il y ait lieu de crainte d’affaiblissement du vaccin. La vaccination a été employée comme traitement des tumeurs érectiles. V. ce mot.
VACCIXELLE Oü VACcmoÏDE. Éruption pustuleuse analogue à celle du vaccin, produite par la revaccination. — C’est du vaccin modifié par une première diathèse vaccinale.
AACQEEiROS-mowviiRAiL. Eau minérale sulfatée magnésienne froide, légèrement purgative, contre les affections chroniques des voies digestives liées à la constipation □.
AAGliV (MALA.DIES DU). Les maladies chirurgicales du vagin sont très-nombreuses. Ce sont : des adhérences, des corps étrangers et le prolapsus, ou chute de la muqueuse, etc. V. aussi Vaginite, Fistules, Névralgie, Hernies.
Vagin (Explouation du). Oiî explore le
vagin atteint d’inflammation et de tumeurs ; le toucher vaginal et le spéculum sont les moyens d’exploration habituels qui suffisent souvent, mais on retire toujours un avantage du toucher rectal dans les cas de tumeur du vagin..
Le toucher vaginal indique la consistance des parois du vagin et l’état de la surface muqueuse. L’exploration avec le spéculum se pratique comme l’exploration de l’utérus par le spéculSm (V. Utérus [Explol- EATiONDE l’]) avec cette différenee que l’on n’examine le vagin qu’en retirant le spéculum. Dans cette manœuvre en effet, on voit passer successivement devant les yeux toutes les parties du vagin depuis l’utérus jusqu’à la vulve. Le spéculum bivalve est bon pour cette exploration. Dans le cas où rinflammation n’empêche pas de l’introduire, le spéculum plein est très-commode. Le spéculum fenêtré de Dugès, le spéculum de fil de fer, ne sont plus usités aujourd’hui.
Le toucher rectal fait avec l’index, tandis que le pouce entre dans le vagin, est un bon moyen pour reconnaître la nature des tumeurs de la cloison recto-vésicale.
Les spéculums univalves tenus par plusieurs aides sont avantageux pour explorer une partie du vagin, mais le spéculum de Sims et de Bozeman leur est préférable dans ces conditions V. Fistules yésico-
VAGIXALES.
Vagin (Adhérences du). A la suite de brûlures du vagin, de manœuvres faites dans un but de provoquer l’avortement ; après une gangrène de la vulve et du vagin ; après une vaginite, des adhérences peuvent rétrécir le vagin ou l’oblitérer.
On reconnaît les adhérences du vagin par le toucher et l’examen au spéculum.
Thérapeutique. — Lorsqu’il y a oblitération vaginale complète, on appliquera le traitement de l’atrésie. V. ce mot.
S’il y a rétrécissement du vagin, on fera des incisions multiples et l’on dilatera avec l’éponge préparée.
S’il y a un rétrécissement annulaire, on excisera une portion du rétrécissement on disséquera audessus du rétrécissement, une languette de muqueuse qu’on abaissera et qu’on fer^ glisser pour la réunir avec la muqueuse au-dessous du rétrécissement.
S’il y a des brides on les excisera et l’on maintiendra le vagin dilaté par un pessaire Gariel. V. Pessaire. (
Vagin (Brides du). Il y a des brides du vagin qui ne sont autre chose que des brides cicatricielles, d’autres sont des brides congénitales, des rudiments de cloison du vagin, dans le cas de vagin double.
Thérapeutique. — Les brides cicatricielles qui gênent le coït seront incisées; les brides congénitales ne seront pas touchées ; il est ordinaire qu’elles ne gênent pas les malades. Celles-ci souvent n’en ont même pas la notion.
Vagin (CORPS ÉTRANGERS DU). LeS COrpS étrangers observés dans le vagin, sont des objets divers introduits par lubricité ou des pessaires restés à demeure et incrustés de sels calcaires (J. Cloquet). __
Les corps étrangers qui Ajournent dans
le vagin causent une sécrétion muco-purulente plus ou moins fétide, qui s’accumule quelquefois entre le corps étranger et l’utérus. Lorsque les corps sont très-volumineux ils compriment la vessie, le rectum, et causent de la dysurie ou de la constipation. Les corps qui sont demeurés longtemps dans le vagin peuvent ulcérer ce conduit, perforer ses parois et produire des fistules v&sico-vaginales et recto-vaginales; enfin, il peut y avoir consécutivernent-des adhérences du vagin (V. ce mot), mais il est rare que le corps s’entoure de fongosités.
On reconnaît les corps étrangers du vagin au toucher vaginal, et par l’examen direct en écartant les grandes lèvres. Le toucher rectal indiquera si le vagin est perforé ; le cathétérisme permettra de reconnaître l’état d’intégrité de la vessie, et si la sonde touchant le corps produit un bruit sec, il y a perforation de la vessie. L’écoulement de liquide, l’érythème de la vulve et l’odeur urineuse répandue par la malade, indiqueront du reste le passage de l’urine par le vagin. — Lorsqu’il y a des fongosités, on pourrait croire à un cancer, mais il n’y a pas une altération de la santé générale, comme celle qui existerait avec un cancer présentant des fongosités saignantes et portant d’ailleurs une mauvaise odeur.
Thérapeutique. — On enlèvera les corps étrangers du vagin avec les doigts ou les pinces à griffes ; si le corps étranger est trop volumineux, on le morcellera avec une pince de Liston, on débridera au besoin sur la fourchette dans le cas où le vagin serait rétréci à la vulve (Lisfranc).
Vagin (Chute du). La chute du vagin analogue à la chute du rectum est un relâchement de la muqueuse du vagin tel qu’une portion de la muqueuse, ou toute la partie inférieure de la muqueuse vaginale, vient faire saillie entre les grandes lèvres, l’utérus restant à sa place ou étant à peine abaissé.
La muqueuse vaginale qui fait hernie à travers les grandes lèvres s’hypertrophie et s’ulcère, forme une tumeur ou un bourrelet circulaire rouge, plissé, douloureux au toucher, et qui est quelquefois étranglé à l’anneau vulvaire. Les malades éprouvent de vives douleurs pendant la marche et pendant la station assise.
On ne confondra point la chute partielle du vagin avec la cystocèle et la rectocèle, car ces tumeurs sont situées sur la ligne médiane, ne présentent pas de coloration rouge et elles sont réductibles et indolentes.
La chute du vagin existe quelquefois en même temps que la chute de l’utérus et en est une des conséquences, mais elle peut exister seule, et c’est dans ces cas qu’elle est douloureuse.
Thérapeutique. — Ou réduira la muqueuse vaginale par la compression avec les doigts, ou fera des
injections astringentes avec l’alun ou l’acétate de plomb, 5 grammes pour 250 grammes d’eau, ou l’on saupoudrera les parties avec la poudre de noix de galle, on placera ensuite un pessaire en bondon et l’on fera garder au malade le plus longtemps qu’on pourra la position couchée; s’il s’agit d’un bourrelet irréductible et enflammé, on pourra l’exciser avec des ciseaux et une pince à griffes.
Si le prolapsus du vagin a lieu au moment de l’accouchement, on fera des scarifications sur la tumeur (Velpeau), et si elle ne diminue pas on appliquera le forceps. V. Dystocie.
Vagin (KYSTES Dü). Les kystes du vagin se forment aux dépens des parties constituantes du vagin ou aux dépens des organes voisins.
Les kystes du vagin se produisent par l’hypertrophie des follicules des glandes vaginales. Ils se développent superficiellement dans l’épaisseur de la muqueuse ou bien ils cheminent sous la muqueuse, entre le vagin et le rectum.
Les kystes du vagin nés hors de ces organes sont des kystes formés autour de l’utérus et du vagin ou dans le cul-de-sac péritonéal rétroutérin. (Soc. de chirurgie 1863.)
Les kystes folliculaires superficiels (Huguier) sont uniques ou multiples, et se montrent sous l’aspect de tumeurs arrondies de couleur variable suivant l’épaisseur de la muqueuse qui les recouvre, non réductibles et fluctuants. Si la muqueuse vaginale est amincie, le kyste a une coloration verdâtre, due à la transparence du liquide qui laisse l’ombre de la cavité du kyste se montrer à travers la muqueuse; lorsque la muqueuse est encore épaisse le kyste est rose. Les kystes qui sont situés à la partie inférieure du vagin occupent en général le voisinage de la glande vulvo-vaginale, et l’on retrouve auprès d’eux le conduit de cette glande. Ces kystes ne se pédiculisent que longtemps après leur apparition, ils se rompent quelquefois et se reproduisent. Ils ne causent que de la gêne.
Lorsque le kyste est fluctuant et non réductible, on ne saurait le prendre pour une hernie. Une ponction exploratrice lèvera du reste tous les doutes, mais on ne la fera que quand il sera absolument démontré que la tumeur est mobile avec la paroi vaginale et non réductible. En cas de doute, et à défaut de pouvoir distinguer la mobilité de la tumeur de sa réduclibilité, on pratiquera le toucher rectal ; si l’on sent pendant cette exploration une tumeur qui est arrondie, non pédiculée à sa partie supérieure, il est certain que l’on a affaire à un kyste.
Les kystes folliculaires profonds sont des tumeurs fluctuantes, indolentes, se développant dans l’épaisseur des parois du vagin, mobiles avec celles-ci, présentant une coloration jaunâtre ou tirant sur le jaune. Ces kystes acquièrent un plus grand volume que les kystes superliciels, la fluctuation y est d’autant moins
évidente que le kyste est plus gros et plus tendu. On fera une ponction exploratrice, s’il est nécessaire, pour les diagnostiquer.
*,j,* Les kystes du vagin se développent lentement et sans douleur, ce signe et l’exploration par le rectum sont les meilleurs éléments du diagnostic pour les kystes un peu volumineux. Les kystes qu’on peut bien limiter par le toucher pendant l’exploration par le vagin ne présentent du reste aucune difficulté a être reconnus.
Les kystes du péritoine, les kystes consécutifs àdes hématocèles, sont réguliers comme les kystes du vagin; mais ils sont un peu réductibles. On les reconnaît d’abord en considérant les antécédents des malades , puis ils sont franchement fluctuants, et le toucher rectal apprend qu’ils remontent très-haut. L’absence de réduclibilité totale empêchera de les confondre avec une hernie vaginale et une rectocèle. V. ces mots.
Thérapeutique. — Les kystes du vagin un peu volumineux seront traités par la ponction et l’injection iodée ou mieux par le séton perforé et les injections iodées. — L’incision d’une portion des parois des kystes et le pansement avec la charpie trempée dans la teinture d’iode ou l’eau-de-vie comphrée pure sont de bons moyens à employer, mais le séton perforé est tout aussi avantageux. — Les petits kystes qui ne croissent pas et ne causent pas de gêne ne seront pas opérés. — Les kystes pédiculés seront enlevés par section du pédicule,
Vagin (Plaies du). Les plaies du vagin sont rares, on les observe quelquefois chez les femmes adonnées à la masturbation qui se sont introduit des corps étrangers dans le vagin , et plus souvent à la suite d’une mauvaise application de forceps.
En général, les plaies du vagin ne causent pas de graves accidents, à moins qu’une des artères vaginales n’ait été blessée, ou à moins que la plaie n’ait traversé toute l’épaisseur du vagin et n’ait intéressé la vessie ou le rectum.
Thérapeutique. — Lorsque des artères ont été intéressées, s’il y a une hémorrhagie, on l’arrête avec les injections d’eau froide, un tampon de charpie ou une série de boulettes de charpie disposées en queue de cerf-volant, et la ligature du vaisseau divisé, si elle est possible. Si l’hémorrhagie est légère, on fera des injections avec une solution d’alun, eau 200 gr., alun 8 grammes, l’eau glacée ou un quelconque des agents styptiques employés comme hémostatiques. V. Hémorrhagies.
Si la muqueuse est traversée, s’il y a plaie de la vessie ou du rectum, ou fera une suture, si la plaie est large. Si la plaie est petite, on se bornera à faire des injections d’eau fraîche dans le vagin et l’on cautérisera la plaie avec le crayon de nitrate d’argent pendant la période du bourgeonnement de la solution de continuité. V. Fistules vésico-vagixales.
Vagin (Polypes du) Les polypes du vagin sont sessiles ou pédiculés, mobiles avec la mu-
queuse, ils saignent facilement, et ne donnent point lieu à une cachexie.
On ne les confondra pas avec un kyste pédiculé du vagin, car celui-ci est fluctuant. Une hernie est réductible, a un pédicule qu’on peut sentir et qui est reconnu par le toucher vaginal combiné avec le toucher rectal : les polypes n’ont aucun de ces caractères.
Thérapeutique. — On enlèvera les polypes du vagin à l’aide de l’écraseur linéaire. Puis pour tout pansement on fera des injections d’eau de guimauve tiède dans le vagin, plusieurs fois par jour.
Vagin (Spasme du) ou vaginisme. Il est des jeunes filles c|ui, aux premières approches de leur mari, ont un excès de pudeur et un spasme involontaire du muscle constricteur du vagin et de la vulve. Quelquefois une hyperesthésie de l’hymen cause ce spasme (iMarion Sims), Mais le fait de l’impossibilité du coït n’est jamais lié exclusivement à la contracture du sphincter vaginal, à moins d’une disposition anatomique spéciale ; le plus souvent les malades contractent énergiquement les adducteurs des cuisses, et c’est là qu’est le principal obstacle au coït.
Thérapeutique. — Il n’y a pas de constrictioii spasmodique du vagin capable d’empêcher l’introduction du membre viril d’un homme bien constitué (Gaffe, Debout).
Lorsque l’hymen est dur et non dilatable on l’incisera. V. Atrésie bu vagix.
Lorsque le vagin est étroit, on dilatera avec un tube fermé conique de verre ayant une dépression pour éviter de comprimer l’urèthre, on laissera ce dilatateur eu place pendant une heure, deux heures même et les malades prendront des bains fréquents.
S’il y a des femmes dont les muscles du vagin soient puissants, et soient contracturés, le meilleur moyen de dilatation est celui qui est employé pour la fissure à l’anus, le massage cadencé de Récamier. (V. Fissure a l’axus). On endort la malade pour cette opération.
La section sous-cutanée du sphincter a été faite (Demarquay) ; — les injections sous-cutanées de six à dix gouttes d’une solution de sulfate d’atropine :
Eau . 30 grammes.
Sulfate d’atropine . 10 centigrammes.
sont encore un moyen très-utile ; mais chloroformiser une femme pour la livrer à son mari (Marion Sims) est peu digne d’un médecin.
Vagin (Ruptures du). Le vagin se rompt pendant l’accouchement à la partie inférieure, à la partie moyenne, ou à la partie supérieure.
Les ruptures de la partie inférieure du périnée sont liées à la rupture du périnée (Voy. ce mot).
Les ruptures de la partie moyenne du vagin sont des fissures, des fentes dirigées dans des sens variables.
Ces lésions seront traitées par les injections d’eau tiède et par des sutures si elles sont trèsétendues.
Les déchirures de la partie supérieure du vagiu ont lieu à l’union de l’utérus avec le vagin et semblent être dues à des contractions énergiques de l’utérus, la tête du fœtus fixant le vagin contre le petit bassin et l’utérus tirant sur les insertions du vagin sur le col. (Duparcque.) Il est rare qu’une déchirure eu ce point ne s’étende pas à tout le pourtour du col. Le fœtus dans ce cas peut passer dans la cavité abdominale, son extrémité inférieure s’engageant la première dans l’ouverture ; mais pour que le fœtus passe en entier dans la cavité abdominale, il faut qu’il y ait eu des manœuvres exercées sur le fœtus. Après la délivrance, les intestins peuvent s’engager dans la déchirure du vagin et sortir par la vulve (Burns).
Une douleur modérée annonce les déchirures du vagin; mais on les confond souvent avec une contraction utérine.
Thérapeutique. — Lorsqu’il y a une déchirure. du vagin au moment de l’accouchement, on doit toujours chercher à extraire le fœtus par le vagin. Le forceps et le levier sont contre-indiqués, un aide pressera sur le ventre, pendant que par des pressions avec -les doigts le chirurgien chercliera à dégager la tête. Lorsque le fœtus est passé dans la cavité abdominale, ou va le chercher par les pieds, à travers la déchirure du vagin, que l’on agrandira au besoin, mais on ne fera pas l’opération césarienne.
Si le vagin et le rectum avaient été déchirés ensemble, on ne tenterait pas d’opération immédiatement après les couches ; on se bornerait à donner des injections vaginales et des lavements tièdes répétés et l’on opérerait plus tard. V. Fistule recto-vaginale.
VAGIXAI.ITE (A. Gooper, Rochoux). La vaginalite est l’inflammation de la tuiiique vaginale; elle est aiguë et chronique.
I. VaginaïUe aiguë. Elle existe dans une bonne partie des orchites. V. Orchite.
IL Yaginalite chronique. La vaginalite chronique est une inflammation caractérisée par le dépôt de fausses membranes sur la tunique vaginale, par l’épaississement de cette membrane. Des couches celluleuses superposées constituent cet épaississement, et il n’est pas rare qu’elles renferment des foyers hémorrhagiques. La tunique vaginale est d’ailleurs distendue par un liquide brun ou couleur chocolat : il est des cas où cette membrane s’ossifie.
La vaginalite chronique existe dans les héma tocèles vaginales anciennes, dans les hydrocèles ponctionnées et enflammées, après les orchites suppurées et les hématocèles du testicule; plus rarement elle existe spontanément.
L’hydrocèle a parois épaisses, la vaginalite avec liquide chocolat dans la tunique vaginale ou vaginalite hémorrhagique, sont les deux types de la vaginalite chronic{ue, V. Hydrocèle.
On reconnaît une vaginalite chronique à une tumeur arrondie, dure, peu fluctuante, sans bosselures. La peau présente quelquefois de
l’œdème, et lorsque la tumeur est très-ancienne, la peau semble plus épaisse, elle ne se meut pas facilement sur la tumeur formée par la tunique vaginale distendue et épaissie. La tumeur ne se meut point facilement dans le scrotum comme une tumeur du testicule (Fabrice d’Acquapendente). Ces deux symptômes servent à distinguer immédiatement cette lésion des cancers du testicule qui présentent toujours de grosses bosselures et sont plus ou moins mobiles dans le scrotum.
Une ponction exploratrice faite dans une vaginalite chronique donnera issue à de la sérosité rousse, ou à du liquide couleur chocolat.
La vaginalite chronique est décrite comme une hématocèle spontanée, mais on sait déjà que le sang contenu dans la tunique vaginale peut avoir été fourni par la face interne de la tunique vaginale ou par une fausse membrane (Gosselin).
Thérapeutique. — La vaginalite chronique qui sera reconnue doit être traitée au début par les applications de pommade stibiée, de pommade d’Autenrieth ou mieux.de badigeonnages avec la teinture d’iode sur la peau du scrotum, ou bien par un vésicatoire appliqué sur la peau préalablement rasée, puis après la cicatrisation du vésicatoire, on serrera le scrotum avec un bon suspensoir.
Lorsqu’il y a du liquide en abondance dans la tunique vaginale, on se trouve dans les conditions d’une hydrocèle, on fera la ponction et une injection iodée si les parois de la tunique vaginale sont peu épaisses.
Lorsque la tunique vaginale est épaissie, il vaut mieux placer un séton perforé qui traverse le scrotum de haut en bas, et laisser la .tumeur se vider d’ellemême et l’on fait des injections iodées dans la tunique vaginale à travers les tubes perforés : des cataplasmes en permanence sont tenus sur le scrotum.
L’incision et l’excision d’une portion de la tunique vaginale épaissie, la décortication de la tunique vaginale, c’est-à-dire l’arrachement des lames superficielles des fausses membranes (Gosselin), sont des opérations qui ne peuvent être utiles que parce qu’elles font suppurer la tunique vaginale. L’excision et le pansement avec la charpie imbibée d’eau et d’eau-de-vie camphrée est la moins mauvaise de ces trois opérations, mais elle ne vaut pas le séton ; seulement, le traitement est moins long dans les premiers cas. L’incision et les mèches ne sont qu’une application incomplète du procédé du séton. La décortication de la tunique vaginale ne peut jamais être que partielle, et elle n’est alors qu’un procédé presque semblable à celui de l’excision.
V. Plaies, pour le traitement de la plaie et les soins généraux.
AAGBMisME. V. Vagin (Spasme du).
VAGBixiTES. La vaginite est liée à une irritation de la muqueuse vaginale par la masturbation ou autre cause, et à son contact avec du pus blennori'hagique.
Il y a une vaginite simple^ une vaginite érythémateuse, une vaginite hlennorrhagique,
mie vaginite granuleuse et une vaginite syphilitique.
La vaginite simple est caractérisée par de la chaleur, de la rougeur des parties, et un écoulement blanchâtre qui succède à une période de sécheresse du vagin.
Il y a une vaginite érythémateuse chez les femmes atteintes de métrite, et chez les femmes enceintes ; il y a une vaginite causée par le contact de l’urine avec les parois du vagin chez les femmes atteintes de fistule vésico -vaginale.
La vaginite bUnnorrha gigue succède à un coït impur, elle s’annonce par de la cuisson, des démangeaisons, puis apparaît la suppuration, du deuxième au troisième jour. Le vagin est baigné de pus jaune verdâtre ou brun, quelquefois sanguinolent, qui exhale une odeur de poisson pourri (Ricord). A l’examen au spéculum, on trouve- le vagin rouge, violacé par places, et présentant en quelques points des ulcérations, des points rouges saillants qui sont dus à la tuméfaction des papilles de la muqueuse; le vagin saigne facilement pendant l’exploration.
L’inflammation du vagin qui se propage à l’urôihre ou à la vulve est une cause de douleurs vives, et c’est dans ces cas que les malades présentent quelquefois de la fièvre. Dans d’autres cas l’utérus est enflammé, et cause des douleurs hypogastriques violentes ; mais ce ne sont pas là les seules complications de la vaginite. La glande vulvo-vaginale peut s’abcéder, l’ovaire peut s’enflammer, ce que révèle une douleur dans le flanc, et comme l’ovaire gauche est plus sou- | vent atteint, c’est dans la fosse iliaque gauche qu’il faut chercher la douleur. On se rappellera cependant que la constipation est une cause de douleurs dans la fosse iliaque qui pourraient induire, en erreur (Ricord, Baumes, Vidal de Cassis).
Lorsqu’il y a inflammation de la vulve, il y a des engorgements ganglionnaires dans l’aine. Quelquefois des abcès se développent dans les grandes lèvres, en dehors du voisinage de la glande vulvo-vaginale, ils sont dus à des angioleucites suppurées. Le pus qui découle de la vulve baignant sur l’anus y détermine souvent un érythème.
Quand la vaginite blennorrhagique passe à l’état chronique, elle se montre sous la forme d’une leucorrhée rebelle, capable de retentir sur la santé générale des malades qui deviennent dyspeptiques et ont des palpitations.
La vaginite blennorrhagique est contagieuse, elle conserve longtemps cette propriété parce qu’il reste quelquefois après la guérison apparente de la vaginite des plis de la muqueuse vaginale qui sont encore exulcérés. On appelle cet état h vaginite des culs-desac ; mais il faut aussi attribuer les communi-
cations tardives de la blennorrhagie aux ulcérations du col entr’ouvert ou ramolli (V. MÉ- TRITE DU COL) qui se sont développées sous l’influence de la blennorrhagie vaginale.
La blennorrhagie vaginale chez une femme qui accouche est une cause d’ophthalmie purulente pour le nouveau-né.
Les vaginites, et surtout la vaginite blennorrhagique, sont la cause ordinaire des végétations.
Lorsque la vaginite aiguë passe à l’état chronique, l’écoulement devient blanchâtre et séreux, forme une variété de leucorrhée, mais parfois il existe des points rougeâtres ou ulcérés qui suintent pendant longtemps. C’est en général dans la voisinage du col que celte lésion existe. V. Vaginite granuleuse.
La vaginite a des récidives dans le cas où l’inflammation s’est propagée au col de l’utérus, il y a, en effet, une métrite du col présentant des exacerbations aux moindres excès. If utéims laisse écouler tour à tour du liquide filant et visqueux et du liquide purulent. Dans le moment où il y a une poussée inflammatoire, l’utérus présente les signes évidents d’un engorgement du col, celui-ci est rouge et son orifice est exulcéré. Les récidives, assez souvent, sont dues à ce que les parties malades du vagin et du col contaminent les parties qui viennent d’être guéries (Bourdon). ■
Les douleurs à la pression dans le bassin, les douleurs utérines, et la fièvre qui accompagnent les vaginites, ont été attribuées à une pelvi-péritonite (Bernutz). V. Phlegmon péri-
UTÊRIN, PÉRITONITE.
Thérapeutique. — La vaginite blennorrhagique sans complication d’ovarite et de pelvipéritonite ne réclame pas l’usage des antiphlogistiques. S’il y avait un peu de fièvre, un purgatif avec 30 grammes d’huile de ricin, est ce qu’il y a de mieux à faire. Les malades sont mises à la diète ou à un régime herbacé et aux viandes blanches.
Au début de la vaginite, on fera des injections émollientes avec l’eau de morelle ou de guimauve. Dans les premiers jours de la vaginite, les injections sont moins bonnes que le tamponnement avec la charpie renfermant de l’alun en poudre ; les jours où.Ton ne placera pas de tampon astringent on introduira dans le vagin un tampon d’ouate imhibé de glycérine.
On peut faire avorter l’inflammation en cautérisant le vagin avec une solution de nitrate d’argent.
Nitrate d’argeut . 50 centigrammes.
La cautérisation avec le crayon de nitrate d’argent n’est pas meilleure que la première cautérisation. Poui faire ces cautérisations, on applique le spéculum bivalve et l’on cautérise avec un pinceau en retirant l’instrument lentement.
On ne donnera de copahu que s’il y a uréthrite, ce que l’on reconnaît à un écoulement uréthral et à des cuissons qui accompagnent l’émission de l’urine.
On donnera aux malades un grand bain tous les | deux jours.
Lorsque le col de l’utérus est malade, lorsqu’il y a des douleurs hypogastriques, on explorera avec le spéculum ; s’il y a une ulcération sur le col, ou la touchera avec un pinceau de charpie imbibé de perchlorure de fer à 30° ou avec la teinture d’iode pure, ou avec la solution saturée de chlorure de zinc si l’ulcération a un aspect blanchâtre et a des bords taillés à pic. V. Vaguïte syphilitique.
En cas d’ovarite et de pelvipéritonite ou de phlegmon péri-utérin, on appliquera 15 ou 20 sangsues sur le point douloureux à l’hypogastre, ou l’on fera une saignée du bras de 200 grammes. (Nonat.)
Dans les cas où il y a une métrite, une ovarite ou une complication inflammatoire dans le bassin, un vésicatoire placé sur Ehypogastre est d’un bon usage.
Les inflammations érythémateuses de la vulve seront traitées par les applications de compresses d’eau blanche.
Lorsque la vaginite passe à l’état chronique, lorsque l’écoulement persiste, on aura recours aux injections astringentes qui seront répétées tous les jours; mais les injections de nitrate d’argent sont encore celles qui sont les plus efficaces (V. le formulaire). On examinera la malade au spéculum et l’on cautérisera les culs-de-sac qui sont encore malades avec la solution de nitrate d’argent affaiblie :
S’il y a métrite interne, on traitera comme il est indiqué. V. Méthite.
FORMULAIRE DE LA VAGINITE. V. LEUCORRHÉE.
Topiques.
On emploie comme topique calmant.
Amidon .
On a recommandé :
Nitrate d’argent . 15 à 20 céntigr.