‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, avee l'indication des moyens de les reconnaìtre (volume 2)Chapitre 13 sur 192 · ACÉTATES DE PLOMB · texte numérisé non relu

ACÉTATES DE PLOMB

Usages. — L'acétate de plomb neutre est employé en médecine; on s'en sert dans les fabriques de toiles peintes pour préparer l'acétate d'alumine.

Altérations. — L'acétate de plomb exposé au contact de l'air en absorbe facilement l'acide carbonique et se convertit en carbonate de plomb, insoluble. Cette altération se reconnaît bellement à l'aspect du sel qui, de brillant qu'il était, a pris de l'opacité ; en outre, l'eau ne le dissout pas entièrement et laisse, suivant que l'altération a été plus ou moins profonde, un dépôt plus ou moins abondant, soluble dans les acides, avec effervescence.

Quelquefois l'acétate de plomb, exposé à l'air des laboratoires, a pris une coloration noire due à une petite quantité de sulfure de plomb formé par des émanations d'acide suifhydrique.

Dans le commerce, on rencontre de l'acétate de plomb plus ou moins coloré en jaune et en masses ayant un aspect fibreux et une odeur d'empyreume. Ce sel nommé pyrolignite de plomb a été préparé avec de l'acide acétique brut ou acide pyroligneuxeoutemnt de l'huile pyrogénée qui est elle-même un mélange de carbures d'hydrogène, d'acétone, d'esprit de bois et de créosote.

L'acétate de plomb peut aussi contenir de Y arsenic et de Yacétate de soude. Ces impuretés proviennent de celles de l'acide employé à la préparation de l'acétate. Quelquefois l'acétate de plomb retient du cuivre provenant des chaudières où on l'a préparé ; on s'en assure par l'ammoniaque en excès qui colore en beau bleu la solution aqueuse du sel.

Falsifications. — Ebermayer a dit qu'on avait trouvé dans ' le commerce de l'acétate de plomb mêlé de nitrate; ce qui - pouvait provenir de l'acide acétique qui aurait été allongé d'acide nitrique. Cette falsification se reconnaîtrait d'abord par Faction du feu, le nitrate de plomb brûlant avec scintillation ; puis par la limaille de cuivre et l'acide sulfurique qui dégageraient des vapeurs rutilantes, et une partie de l'acide nitrique naissant se combinerait avec le cuivre oxydé par l'autre partie, pour former du nitrate de cuivre bleu verd&tre ; en outre, un papier imprégné de teinture alcoolique de Gayac,

exposé au-dessus du vase où se fait l'expérience, prendrait une coloration bleue.

L'acétate de plomb basique, ou vinaigre de Saturne, vinaigre de plomb, sous-acétate de plomb, est employé assez fréquemment en médecine, en dissolution dans l'eau, sous les noms A* extrait de Saturne, extrait de Goulard ; il doit marquer 30° à l'aréomètre. Ce sel cristallise en lames blanches et opaques, possédant une saveur semblable à celle de l'acétate neutre. Il sert à la préparation de la céruse, d'après le procédé de M. Thénard.

Altérations. — L'extrait de Saturne a quelquefois une coloration jaune due à l'impureté du vinaigre employé à sa préparation ; une teinte bleuâtre due à un peu de cuivre que contenait la litharge dont on s'est servi, ou au métal des chaudières dans lesquelles on Fa préparé : pour s'en assurer, on traiterait une solution de sel par l'ammoniaque en excès qui précipiterait le plomb à l'état d'oxyde et redissoudrait l'oxyde de cuivre en prenant une belle coloration bleue. On aurait aussi un précipité ou une coloration brun-marron par le cyanure jaune ; un dépôt de cuivre avec une lame de fer décapée.

Dans le cas où l'extrait de Saturne contiendrait du fer, on acidulerait la liqueur et on y ferait passer un courant d'acide sulfhydrique pour précipiter le plomb et le cuivre, puis dans la liqueur filtrée, on verserait de l'ammoniaque pour précipiter l'oxyde de fer. On pourrait encore traiter la liqueur par le sulfate de soude qui précipiterait le plomb à l'état de sulfate; puis par l'ammoniaque en excès qui précipiterait l'oxyde de fer et retiendrait l'oxyde de cuivre en dissolution. Préalablement on ramènerait le fer au maximum par une addition de chlore.

AOSTATS »S FOTAMX.

Ce sel, qui a été désigné sous le nom de terre foliée de tartre, terre foliée végétale, tartre régénéré, arcanum tariari, mor gistère purgatif de tartre, sel diurétique, sel digestif de Syl~ viuSy etc., est très-anciennement connu. Au treizième siècle, Raymond Lulle en fit la description. L'acétate de potasse est blanc, doué d'une saveur fraîche, il est très-soluble dans l'eau et F alcool, très-déliquescent ; il cristallise, mais difficilement,

en longues aiguilles minces et confuses ; le plus ordinairement, il se présente en masse feuilletée, onctueuse au toucher. L'acétate dépotasse est composé de: acide acétique 52,16; potasse 47,84.

Usages. — Il est employé en médecine comme diurétique, mais surtout comme fondant et apéritif; dans les laboratoires il sert à enlever Veau à certains liquides.

Altérations. — L'acétate de potasse vendu autrefois dans le commerce avait une coloration grise due à la nature du vinaigre employé à sa préparation. Il peut être altéré par la présence de matières étrangères provenant de son mode de fabrication, telles que le sulfate dépotasse, le chlorure de potassium, si Ton a employé des potasses du commerce ; des sels de plomb, de fer, de cuivre, de zinc, de V arsenic, provenant soit des ustensiles, soit de l'impureté du vinaigre employé.

La présence du sulfate de potasse se reconnaît au moyen du chlorure de baryum; celle du chlorure de potassium, au moyen du nitrate d'argent.

Les sels de plomb sont décelés par l'acide sulfhydrique qui donne un précipité noir de sulfure de plomb ; l'iodure de potassium, un précipité jaune d'iodure de plomb ; le sulfate de soude, un précipité blanc de sulfate de plomb.

La présence du fer se reconnaît à l'aide du cyanure jaune qui donne lieu -à du cyanure de fer (bleu de Prusse) ; l'ammoniaque, un précipité d'oxyde de fer ; l'infusion de noix de galle, un précipité noir.

Pour reconnaître le cuivre, on emploiera une lame de fer décapée, le cyanure jaune, l'ammoniaque ; les sels de zinc seront décelés par le précipité blanc qu'y occasionnera le cyanure jaune, par le précipité jaune orange qu'y formera le cyanure rouge. La potasse donnera un précipité blanc, soluble dans un excès d'alcali.

Quant à l'arsenic, pour s'assurer de sa présence, il faudrait introduire dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc, une certaine quantité de solution aqueuse d'acétate à essayer, et examiner non-seulement si l'on obtient soit des taches, soit un anneau, mais encore rechercher si ces taches, si cet anneau, présentent les caractères de l'arsenic.

En6n par suite d'une préparation défectueuse, l'acétate de

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